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 Missed me, my dear? ♥

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MessageSujet: Missed me, my dear? ♥   Ven 31 Oct 2014, 5:16 pm

Un homme marchait sur l'un des quais de la fameuse île de la Tortue, Tortuga pour les intimes. Un tricorne ornait sa tête, bien posé sur des cheveux noir mi-longs et légèrement frisés, alors qu'un long manteau de pirate ondulait à chacun de ses pas et que ses bottes claquaient sur le bois. Il portait, à sa ceinture, une épée quelconque et diverses babioles un peu inutiles, comme une tentative vaine de cacher son début d'embonpoint. La seule chose qui semblait trahir le personnage était son pas confiant et son regard un peu arrogant alors qu'il possédait toujours un certain port princier, ses mouvements teintés d'élégance. Oui bon, j'avais travaillé sur cette illusion avec soin, mais il y avait certaines choses que même moi je n'arrivais pas à dissimuler. Il se fondait parfaitement dans la masse et personne ne se retournait sur son passage, trop occupés à accoster les demoiselles et à embrasser la bouteille sans doute.

Je ne me trouvais pas là par hasard. Remarque, un esprit sensé serait tenté de dire que je ne faisais jamais rien par hasard et quel individu perspicace il serait. La vérité était que je cherchais quelqu'un de très précis et, comme maints autres matelots en ville ce soir là, il s'agissait d'une femme. La différence, toutefois, était que la mienne aurait tué n'importe lequel de ces rats de fond de cale s'ils avaient du simplement la regarder d'une façon qui ne lui plaisait pas. Comme quoi il y a toujours des femmes de caractère en ce monde. Bref, je fis mon entrée dans une taverne quelconque, laissant au passage une pièce au videur afin de payer mon droit d'entrée. Quel meilleur endroit pour trouver des rumeurs au sujet d'une sorcière que dans une taverne remplie de pirates supersticieux? C'est avec cette idée en tête que je gagnai donc le comptoir pour demander à boire, mais bien sûr on ne pouvait pas simplement me laisser tranquille. L'inconvénient, lorsque l'on modifie souvent son apparence, c'est que les gens vous prennent toujours pour quelqu'un de nouveau. Évidemment, ça ne poserait pas de problème ailleurs, mais un nouveau sur Tortuga, ce n'était pas comme ailleurs. Tout le monde ici avait déjà entendu parler de tout le monde au moins une fois et, dans un monde où tous voulaient scander leurs exploits avec vantardise, un individu silencieux était le plus incongru des hommes. J'estimais donc à dix-huits secondes le temps qui séparerait l'arrivée de mon verre dans ma main du moment où une autre main se poserait sur mon épaule afin de m'entraîner dans une conversation houleuse.

Hmm, perdu. Dix-neuf secondes. Je me retournai vers l'homme au nez proéminent qui avait jugé bon de me déranger pour que je lui décline mon identité et je me retournai sur mon tabouret, appuyant le dos contre le bar derrière moi et prenant mes aises, y appuyant également les coudes alors que je le dévisageais avec un sourire moqueur. De ma nouvelle position, je repérai presque immédiatement les deux hommes qui se tenaient derrière le premier, en plus d'environ trois ou quatre autres individus dans la pièce qui surveillaient la situation du coin de l'oeil. Les esprits étaient rendus flous par l'alcool et les bagarres étaient courantes dans les repaires de pirates comme celui-ci, même qu'ils n'attendaient que ça. Quoi qu'il en soit, le porte-parole croisa ses bras, prenant un air renfrogné alors qu'il avait probablement l'impression que je me moquais de lui puisque, sans grande surprise je pense, je vous annonce que c'était tout à fait le cas.

- Who do ya think y'ar?
Spoiler:
 


- Nothing more than a men looking for the Lady of the mist. Might you be the kind pig who'll show me the way, or are you too drunk to put a feet in front of the other?
Spoiler:
 


Bien sur, il ne lui en fallu pas plus pour vouloir se jeter sur moi et j'étendis la jambe, sans quitter mon siège, pour appuyer mon pied contre son abdomen et ainsi mettre un terme à son avancée. Pendant ce temps, je baissai la tête vers l'avant, dissimulant mon visage à l'aide de mon chapeau de la main droite et dévoilant un couteau de lancé de la gauche. Curieusement, cela suffit à calmer leurs ardeurs, ne serait-ce que le temps que je les provoque à nouveau en lançant mon chapeau dans la foule, dévoilant le visage d'un jeune homme au début de la vingtaine, aux cheveux d'ivoire et aux yeux d'ambres.

- What a shame. I guess I'll juste take the answer from you then. Who shall I start with?
Spoiler:
 


- Don't move.
Spoiler:
 


Je me retournai, curieux de voir qui venait de m'apostropher pour voir que ce n'était nul autre que le tenancier de l'établissement, un pistolet pointé vers ma tête. Mon sourire s'étira en un air amusé, presque comme si je venais d'ouvrir un cadeau qui me plaisait. L'homme était toutefois des plus sérieux et il ne comptait pas détourner de moi cette menace que j'ignorais avec brio.

- I can tell ya, but ya never come here 'gain, clear?
Spoiler:
 


- Now that's what I'm talking about. You should learn from him, spoiled brat.
Spoiler:
 


---

De retour au temps présent alors que je parcourais maintenant les rues de Tortuga, le sourire aux lèvres malgré la fine rigole de sang qui en coulait et se poursuivait sur mon menton. Ah, rien de mieux qu'un peu d'exercice en pleine taverne avant d'aller retrouver une vieille amie, bouteille de rhum à la main. Espérons qu'elle ait un onguent contre ça, il n'avait après tout rien d'agréable à avoir la lèvre fendue et le goût du sang partout en bouche. Au moins je pourrais utiliser ça pour lui faire un peu de chantage, lui montrer tous les efforts que j'avais du faire pour la retrouver. Mes lèvres s'étirèrent en un sourire plus vaste encore à cette simple pensée, je l'imaginais déjà soupirer ou encore me dire que je l'avais mérité, quelque chose dans ces eaux là. Et bien sûr, je me garderais bien de lui mentionner l'état dans lequel j'avais laissé ces pauvres pirates, bien que je ne la croyais pas capable de me gronder pour si peu. Certes, j'étais peut-être le responsable d'un incendie de vaste envergure qui pourrait éventuellement se propager aux bâtiments environnants, mais rien n'en était certain. D'ailleurs, n'était-ce pas une nette amélioration considérant que les deux précédents mondes où j'avais élu domicile avaient été détruits par les ténèbres? Nouvelle gorgée de rhum. Ah, je pouvais presque me repérer à l'odeur qui me rappelaient son antre à l'époque où nous vivions encore à Solaria. La trouver à partir de là serait un jeu d'enfant. C'est presque gambadant d'enthousiasme que je gagnai sa porte avant d'entrer sans cogner, me dirigeant vers la table avant de me tirer une chaise et de m'asseoir, comme si de rien n'était, poussant même l'audace jusqu'à appuyer les pieds sur la table. Oh allez, je ne l'avais pas vu depuis longtemps maintenant, soit depuis mon dernier passage au Colisée de l'Olympe, je pouvais bien m'amuser un peu à ses dépends.

- I'm home, darling! Is dinner ready?
Spoiler:
 


HRP : Désolé si c'est pas génial, je suis nulle pour ouvrir. x)
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MessageSujet: Re: Missed me, my dear? ♥   Dim 02 Nov 2014, 9:17 pm



NOCTIS&AISLING; DAY 60; 2193WORDS; #B3BAF2;
IF YOU WERE STILL AROUND, I SWEAR, WE WOULD SIT AND STARE; WE WOULD BE NOWHERE.
La Dame de Brume.

Sobriquet bien particulier, mais si représentatif. Aisling ne laisse derrière qu’un nuage de brume dans lequel elle paraît imperceptible, un voile la rendant immuable, où la blancheur de sa peau laisse présager une lueur spectrale. Peut-être rien de plus qu’une légende pendant des années pour les hérétiques, elle n’en reste pour le moins réelle aux yeux des marins l’ayant aperçu du coin de l’œil, à la proue de leur navire, dansant entre les vagues ou flottant au-dessus d’un corps froid comme l’ébène. Un mirage bien réel. Un danger potentiel. Dangereuse, certes, mais surtout imprévisible: ils disent qu’elle arrache le cœur à même le torse, sa main passant outre les compositions charnelles pour le dénicher, sans laisser de traces, si ce n’est que cette brume qui sévit encore, d’une douce odeur, brume que la chaleur des Caraïbes ne peut arracher comme le Mistral ne peut l’en défaire. Une journée entière, sa présence surplombe le cadavre de sa dernière victime, inspire la peur et crée des légendes.

On dit que lorsqu’un marin pose pour la dernière fois ses yeux sur elle, son regard ne veut aucune malice alors qu’il brille dans la noirceur d’un bleu pâle, presque gris, et que son sourire ne montre aucune satisfaction, mais plutôt un profond soulagement. Elle assassine les plus braves d’entre eux, parfois les plus vaillants, ceux qui ont au creux de leur âme le désir ultime de voyager, de liberté. Personne n’échappe à sa main et personne ne sait ce qu’elle recherche réellement; que ce soit de dénicher le cœur empli de la plus grande pureté ou même l’esprit du plus insolite vagabond. C’est pour ainsi dire que les traces de ses desseins restent imperceptibles aux yeux de ceux qui, de leur frêle acabit, sont dépourvus de toutes traces occultes. Malgré ce fait, cependant, certains osent croire que ce n’est pas du hasard et qu’il y a bien, quelque-part, quelque-chose qui motive la Dame de Brume à assassiner ainsi. Un conte de marin, certes, une légende, qui, pour certains, n’est rien de plus que cancans sordides, dénudés de sens.

Cet endroit est cependant un monde où les légendes tirent sur une réalité beaucoup plus proche et bien que plusieurs vivent dans l’inconscience totale de ces faits, d’autres, des marins plus expérimentés, sauraient mieux dire. Ils l’ont vue, scandent-ils, remuant de leur poigne ridée et pleine de corne une chope d’un liquide des plus enivrants. Ils l’ont vue, la Dame de Brume, et savent même où elle se cache, oui! Elle est terrée au fond de Tortuga, dans une maison, non, dans une caverne, plus loin, elle est en bois, non, en roche, et on peut sentir l’effluve de sa brume à des mètres, non, des kilomètres, avant d’y arriver, il suffit de sentir pour y arriver, de la voir danser entre les arbres pour s’y savoir près, d’entendre un murmure…

Mais bien sûr, seulement un fou oserait se présenter devant sa demeure, espérant en ressortir vivant. L’inconscient qui ose y mettre les pieds doit attirer son attention, lui promettre quelque-chose en échange du service dû.

Mais quel fou sacrifierait une partie de son âme à la Dame, seulement pour s’y voir donné ce qu’il désire?

Il faut quelqu’un de bien pieux pour qu’un jour lui vienne l’envie de tenter sa chance avec la Dame de Brume, elle qui, cachée loin des regards curieux, se rit bien de toutes les légendes qui, au fil des dix années passées en ce monde de geôliers, lui ont donné une notoriété hors norme.

D’une manière, ça l’aide à subsister, malgré son autosuffisance – et le fait que les pirates sous l’effet d’un alcool trop fort sont trop lents pour ne serait-ce comprendre où leur bourse s’en est allée – puisqu’ainsi, elle peut être certaine que personne ne viendra la déranger ou même tenter quoique ce soit contre elle. Elle n’est qu’un mirage, après tout. Qui pourrait bien venir à la poursuite d’un mirage, si ce n’est que ceux qui ont quelque-chose à lui reprocher?

Oh, elle peut penser à une seule personne dont seule l’arrogance peut palier à son entêtement.

Doucement, la racine de Lune s’effiloche avant de mourir cognée contre la roche sableuse du mortier, pressurisée sur celle-ci à l’aide du pilon habilement manipulé. Elle laisse dans l’air des éclats blanchâtres qui illuminent des mains graciles et expertes, explosent contre les parois du mortier, s’effacent dans un nuage invisible. Déplaçant le pilon hors du récipient, l’alchimiste s’empare d’une pincée de la poudre récemment produite, la laissant lentement tomber alors qu’elle frotte doucement ses doigts, ceux-ci surplombant un petit chaudron, le liquide en son intérieur créant de l’effervescence au contact du nouvel ingrédient qui est ajouté, des volutes de fumée argentées s’en échappant. Elle laisse les particules tomber au fond du chaudron avant de finalement agripper une cuillère en bois qu’elle plonge dans celui-ci, remuant d’un mouvement fluide.

Les chandelles vacillent, projetant son ombre svelte contre les murs de son antre, contre les bibliothèques et les armoires, s’amusant à créer de sinistres formes avec le verre reluisant des potions dispersées çà et là, des feuilles et des racines pendues au plafond où elles sèchent, attachées à une corde comme des damnées.

Ressortant la cuillère du contenant, elle la secoue pour laisser les gouttes y retomber avant de passer sa main par-dessus la mixture, murmurant quelques paroles, tournant en spirale, le liquide autrefois bleuté prend une allure violacée. De sa main libre, elle agrippe une feuille séchée qu’elle déchire dans sa paume, la frottant contre son autre main pour laisser les parcelles délicatement tomber dans le mélange, au moment même où un claquement sonore se fait entendre derrière elle. Par réflexe, ses mains se serrent en poing par-dessus le chaudron.

Aisling baisse les yeux, laissant ses longues mèches blanchâtres tomber devant son visage. Tournant légèrement la tête, elle porte son regard par-dessus son épaule sans même y voir quoi que ce soit, épiant les ombres se mouvant sur les murs. Et c’est alors que cette voix se percute contre son dos, qu’elle doit se faire violence un instant. Son regard opalescent se ferme à la lumière alors qu’elle fronce légèrement les sourcils. C’était lui. Bien sûr que c’était lui. Qui d’autre, après tout?

Elle se garde de soupirer, ne faisant que rouvrir ses yeux et les poser devant elle, contemplant le vide un instant, secouant par la suite ses mains pour que le reste de la plante se retrouve à sa place – dans le chaudron. Heureusement que cet ingrédient n’avait pas besoin d’un temps précis afin d’être acheminé à sa concoction. Dans un autre cas, ç’aurait été fort désagréable.

▬ You should know better than to bother an alchemist at work, Noctis.▬ Tu devrais savoir qu’on ne doit jamais déranger un alchimiste, Noctis.

C’est bien malgré ces paroles qu’elle s’attend à une réponse dotée d’une désinvolture sans pareille ou même d’un rire amusé de sa part. Bien sûr qu’il le sait déjà : combien de fois lui a-t-elle répété ces mêmes paroles? Après toutes ces années, on finit par perdre le compte. Ce qui, cependant, marque celles-ci, c’est l’intonation presque lassée qu’elle emploie. Plus rien ne l’étonne – et puis, en quelle occasion n’est-elle pas en train de concocter une quelconque potion? Sa compagnie n’y changerait rien.

Malheureusement, par contre, ce n’est pas en l’ignorant qu’elle s’en débarrasserait. Elle sent presque son cœur se serrer à cette pensée. N’avait-il pas cessé sa course folle que quelques secondes avant? L’adrénaline de savoir quelqu’un entré chez elle d’une telle manière ne devrait cependant pas autant l’affecter. De le faire partir, encore moins.

Éclaircit des idées, bon sang.

Elle plaque ses mains contre le rebord de sa table de travail, ses bras bien droits la laissant surplomber pendant un court moment le chaudron sur lequel elle s’était penchée pendant une bonne partie de la journée.

Elle croit pendant un instant voir son reflet dans les volutes bleues. C’est une perte totale de concentration qui l’assaillit : elle sent son regard sur son dos, une pression étrange dans sa gorge, une étrange envie de briser le silence, sans trop savoir quoi dire – que des insultes et diverses injures. Le soupir qu’elle retenait depuis quelques interminables secondes déjà finit par s’échapper de ses poumons alors qu’elle détend finalement ses épaules, levant la tête vers le haut comme pour implorer une quelconque divinité de lui venir en aide.

Ou simplement pour tenter de faire un sens à cette présence trop, beaucoup trop envahissante.

Aisling se redresse, balançant son poids sur son autre jambe avant de reposer ses yeux sur sa nouvelle création, utilisant une voix à la fois douce et composée, balayant le sarcasme.

▬ If I didn’t have to wait two full moons for this one to be complete…▬ Si je n’avais pas à attendre deux pleines lunes pour que celle-ci soit prête…

Tendrement, elle passe ses doigts sur le rebord du chaudron, telle une mère qui effleure les cheveux de son enfant endormi. Elle laisse un faible sourire présager sur son faciès, une expression tendre au visage alors qu’elle continue.

▬ I would have loved to give you the first taste.▬ Je t’aurais volontiers donné la première gorgée.

Peut-être bien ne révèlera-t-elle aucunement le fait que les mauvaises intentions jouées dans ses tons et ses paroles ne sont en fait que supercheries afin de lui faire voir un point; la concoction n’avait rien d’un poison, bien au contraire. Ça, cependant, il n’avait aucunement besoin de le savoir. Sa main se lève lentement du chaudron alors qu’elle se retourne, finalement, pour faire face à cet intrus qui se sentait, d’après sa désinvolture évidente, tout à fait comme chez lui.

L’alchimiste se contente d’arquer un sourcil, laissant planer le silence et danser les ombres sur son visage. La lueur de celles-ci le fait paraître plus mature, ce qui n’est que foutaises risibles, malgré son regard qui trahit une once de ce qui est véritable, le reste n’étant qu’illusions. La Dame de Brume sort de son apparence stoïque, laissant glisser d’entre ses lèvres bleuâtres de nouvelles intonations emplissant l’air.

▬ Since when have you had such bold manners? I reckon you have spent too much time with the pirates, mate. ▬ Depuis quand as-tu oublié tes manières? Je crois que tu as passé trop de temps avec les pirates.

Elle lâche le dernier mot avec une ironie non-dissimulée, chassant de son visage une tresse argentée, jugeant d’un simple regard les bottes du Shadow Dancer sur sa table comme la bouteille de rhum ouverte dans sa main. Elle retrousse le nez, un air presque dégoûté au visage alors qu’elle imagine l’arôme qui s’immisce dans sa demeure.

De nouveau, elle reprend un air solennel alors qu’elle repose son regard sur lui et ses yeux, s’approchant de nouveau de la table, faisant mine de lui tourner autour, histoire de se garder en mouvement, même si ses pas sont trop calculés, trop rythmés, peut-être par simple habitude, peut-être pour enlever ce sentiment désagréable qui la ronge.

▬ I do have inquiries on how you knew of my whereabouts…▬ Je me demande bien comment tu savais où je me trouvais…

Sa silhouette se profile à sa droite alors qu’elle sort d’une poche une petite dague, s’amusant à la tourner, la retourner dans ses mains, comme obnubilée par celle-ci, par la manière dont le métal se reflète à la lumière des chandelles. Elle continue, inlassable, arrêtant de nouveau tout mouvement pour poser son regard vers le vide, son air neutre faisant un avec sa voix douce, la fin de sa phrase pointée d’une touche d’agacement.

▬ However, I can’t say that I am surprised. Pirates have a perilous tendency to put their nose where they shouldn’t.▬ Cependant, je ne peux pas dire que je suis surprise. Les pirates ont une fâcheuse tendance à mettre leur nez où ils ne devraient pas.

La dague, nichée entre ses doigts, prend entre les derniers mots place dans sa paume alors qu’elle la plante vivement dans la table de bois, à quelques millimètres près des bottes de son invité.

▬ Why, this world suits you just fine from this perspective, doesn’t it?▬ Eh bien, de cette perspective, ce monde te sied à merveille, n’est-ce pas?

La tête légèrement penchée, elle le toise, ses yeux directement dans les siens, comme si, outre l’illusion, elle essayait de briser son masque, de pénétrer son âme. Sa poigne se délaisse de l’arme doucement, ses doigts l’effleurant avant de se poser sur la table. Un nouveau silence plane. Elle fronce de nouveau les sourcils, se penchant plus près de lui et s’emparant doucement de son menton de sa main gauche, son pouce essuyant subtilement le filet de sang coulant sur sa mâchoire.

▬ And my, what happened to your lip? I should almost be flattered – all that trouble only to find me. What a shame. Now, what do you want from me?▬ Et puis, qu’est-il arrivé à ta lèvre? Je devrais être flattée – tout ce mal seulement pour me trouver. C’est dommage. Alors, que me voulais-tu?

© Pitchounette sur Apple Spring


Dernière édition par Aisling le Lun 03 Nov 2014, 12:06 am, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Missed me, my dear? ♥   Dim 02 Nov 2014, 11:22 pm

J'en laisserais presque échapper un soupire d'aisance, ou même de soulagement. Tout en cet endroit, jusqu'aux ombres léchant les murs, semblait être une véritable ode à Solaria. Il semblerait donc que je ne sois pas le seul individu étant frappé de nostalgie bien que, dans son cas, il serait plus tentant de dire qu'elle n'arrivait tout simplement pas à passer à autre chose. Que lui apporterait donc cette nouvelle concoction sur laquelle ma mentor semblait avoir travaillé depuis de longues heures maintenant? Que pourrait-elle retirer de cette jeunesse si elle ne la vivait même pas? Voilà quelque chose qui me laissait perplexe, je me dois de vous l'avouer. Quoi qu'il en soit, c'est presque par miracle que la dame daigna m'adresser la parole, non sans se détourner de son nouvel amour. C'est le sourire aux lèvres, après avoir laissé une nouvelle gorgée de rhum m'enlacer, que je lui répondis.

- I could listen to you spite my name in anger and disgust all night long. Regardless, you do understand that knowing a fact and caring are two completely different things, don't you?
Spoiler:
 


Et en ces paroles, je n'avais pas complètement menti. Que dis-je, je m'étais montré tout à fait honnête. D'autant plus que je me faisais un point d'honneur à la déranger de temps à autres, ne serait-ce que pour lui rappeler ce que c'était que d'être réellement vivant. Autrement, comment le saurait-elle? Aisling aurait pu périr en les ténèbres ce jour là que son coeur n'aurait pas vu la différence. Je la surveillais du coin de l'oeil alors que sa silhouette demeurait résolument auprès de cette préparation, comme cherchant à savoir s'il serait possible de m'y noyer. Hmm, non. Je plissai quelque peu les yeux, tentant d'analyser sa posture et son temps de réaction. Oh, je vois. La Dame de la brume était en fait plongée dans un dilemme plus compliqué que cela, n'est-ce pas? J'aurais tant aimé pouvoir me glisser en son être le temps de dérober quelques unes de ses pensées, espionner à la dérobée le fil de son raisonnement et percer à jour tous les secrets se dissimulant en l'esprit de mon mentor. Remarque, je pourrais simplement attendre qu'elle me laisse voir via ses actes qui la trahissaient presque toujours, tout comme ses paroles. J'avais presque envie d'appuyer mon menton dans la paume de ma main et de la regarder faire tel un gamin suivant avec passion son émission favorite, car c'est un peu ce qu'elle était. Ma distraction favorite, celle que j'étais le seul à avoir le droit de visiter. J'aurais toujours bien pu la mettre dans un coffret de verre afin de la posséder précieusement, mais elle en était capable toute seule vu l'isolement dans lequel elle s'était recluse.

C'était d'ailleurs la fin de la pause publicitaire puisque, comme ayant finalement décidé de la façon dont elle agirait avec moi cette fois, elle délaissa son chaudron. Mon sourire s'étira en un air moqueur, j'avais si hâte de voir. Comme à chaque fois, Aisling tenterait désespérément de me repousser de ses manières aussi habiles et sournoises que celles d'un serpent, mais quel somptueux reptile que voilà. Pourtant, tout en ses mots et en ses gestes ne serait que contradiction. Un splendide jeu de va-et-vient, exécuté de façon inconsciente. Voilà enfin ce que j'attendais, sa voix qui s'éleve de nouveau au sein de l'odeur d'encens, se glissant jusqu'à mon oreille alors que je buvais ses mots avec une certaine fascination. Comme j'aimais la regarder danser avec elle-même, prisonnière de ses hésitations. Oh, comme cette réplique sonnait doucement à mon oreille, la femme au coeur de suie avait-elle seulement pris le temps de s'entendre parler?

- My, I should feel blessed. Two months of work, night and day, only to please me. And there I thought, as the dumb man I am, that you didn't care about me.
Spoiler:
 


Il semblerait que cette nouvelle provocation soit tout juste ce qu'il manquait, un simple murmure pour rallumer la braise. Enfin, Aisling délaissait son chaudron pour me tourner autour, tel un oiseau de proie se préparant à charger. Sans doute était-elle à la recherche d'une faille en ma personne afin de m'administrer son venin, de me déstabiliser et de retourner la situation à son avantage. Aller, parle petite colombe. Laisse moi me délecter de ton chant et m'y abreuver, laisse moi rire de ta vivacité d'esprit, pourtant si abîmée aujourd'hui. Ainsi elle me réprimandait pour mes manières? Certes, cela n'était peut-être pas entièrement faux. Que voulez-vous, il aurait été bien trop suspect pour un homme d'équipage de parler tel un prince et de marcher tel un roi. Certaines choses étaient inévitables après dix ans de vie en territoire pirate. Néanmoins, une fois de plus, je ne pouvais bien sûr pas demeurer muet face à cette invitation. Elle-même devait mourir d'envie de découvrir la réplique que je lui préparais avec soin.

- This is odd. Your lips whisper words, but my ears hear something else. Was this your way to ask me to come visit you more often, or perhaps am I mistaken?
Spoiler:
 


Est-ce ma réplique qui a provoqué chez l'alchimiste cet air de dégoût ou était-ce simplement l'odeur du rhum? Voilà une perspective qui savait me faire sourire de plus belle, sans aucun doute. Tout élixir n'ayant pas été préparé par ses soins la révulserait donc à ce point? Remarque, si j'arrivais à la convaincre que cette bouteille venait de Solaria, elle me baiserait les pieds pour en avoir une seule goutte. Il est presque amusant de voir à quel point les horizons d'un individu se ferment lorsqu'ils ont perdu quelque chose qui leur semble trop précieux. Ils s'avèrent alors incapables de remarquer toutes les autres splendeurs qui ne demandent pourtant qu'à être découvertes, pour ensuite être elles aussi perdues. Mais, bien sûr, qui étais-je pour faire la morale à ce sujet? La voilà qui valse, me dis-je en m'arrachant à mes pensées pour revenir au temps présent. Je ne la suis même pas du regard, elle ne m'effraie pas. Il y a bien longtemps qu'Aisling n'était plus pour moi une menace, mais il en était tout autre de cette bouteille de rhum que je surveillais, il valait mieux ne pas laisser cette fourbe chose me prendre par surprise. Nouvelle gorgée de rhum. Ainsi, elle se demandait comment je l'avais retrouvée?

- I just followed the call of my damsel in distress. I had to know how you were doing after that... glorious fight.
Spoiler:
 


Bizarrement, cette réponse ne semble pas la satisfaire. Elle me semblait pourtant tout ce qu'il y a de plus complète. De plus, à quoi s'attendait-elle de la part d'un homme ayant travaillé pour les renseignements des Shadow Dancer durant huit années complètes? Il avait été un véritable jeu d'enfant de la retrouver sur Tortuga si je devais mettre cela en perspective avec toutes les autres choses que j'avais déjà eues à trouver par le passé, mais c'est un autre récit. Poursuivant sur sa lancée, la danseuse des ombres m'avoua son absence de surprise avant de me comparer vulgairement à l'un de ces pirates peuplant les mers des caraïbes. Je pris un air faussement blessé, mais elle ne se laissa bien sûr par attendrir et c'est une jolie dague qui se retrouva plantée à une distance raisonnable de mes pieds, comme une pause pour ponctuer son dialogue. Cette femme avait toujours eu un implacable sens du rythme, je dois devant cela m'incliner. Son regard vint s'ancrer en mes iris, comme une vaine tentative de m'atteindre malgré cette distance nous séparant, celle que j'érigeais toujours entre moi et le monde. L'on pouvait me regarder autant qu'on le voulait, mais au final Aisling n'était pas la plus secrète des entités ici présentes. Ainsi, selon elle, ce monde m'allait à merveille? Voilà qui me rendait curieux alors que mes profondes orbes de miel et d'ambre ne quittèrent pas les siennes, douces telle l'eau d'une rivière ondulant entre le bleu et le gris.

N'était-ce donc toujours pas assez pour elle? Non, bien sûr. Aisling n'en aurait jamais assez, puisque j'étais littéralement la seule chose qui lui restait de Solaria. Était-ce de moi qu'elle désirait se rapprocher, s'accrochant à ma personne avec l'énergie du désespoir? Non, pour moi, l'alchimiste ne désirait rien de plus que le souvenir de nos moments partagés ensemble en son repaire d'autrefois. Sans doute est-ce menée par cet instinct que la sulfureuse femme vint poser sa main gauche contre ma peau en un geste doux, presque affectueux. J'en aurais presque frissonné d'un plaisir malsain tant ses contradictions m'amusaient, encore et toujours. Croyait-elle que je ne la remarquerais pas essuyer ce sang? Je l'avais même laissé là exprès, juste pour vérifier. Qu'une femme si obnubilée par l'ordre, la propreté et la cérémonie accepte de souiller ses doigts de sang simplement pour ne plus me voir blessé, n'était-ce pas un message assez clair en soit? Les lèvres toujours animées d'un sourire, je retirai finalement mes pieds de sa table et ce fut à mon tour de tendre la main vers elle. Je glissai mes doigts en ses cheveux, effleurant sa nuque, avant d'attirer son visage encore un peu plus près du mien alors que je me redressai un peu également. Ce faisant, mon front vint s'appuyer contre le sien, en un geste certes enfantin, mais exécuté avec la douceur du velours, la subtilité d'un soupir et l'intensité d'un coeur qui bat dans l'orage.

- Nothing but a scratch, left there to please your desires. I thought you'd enjoy the sight of my pain. What about yours? I saw what he did to you, I saw your heart crumbling. You may hate me as much as you like, but I cannot stand still in front of your pain, just like you can't in front of mine. Now show them to me, I need to know how serious your wounds are. Try to resist and I'll take a look myself, using your own dagger.
Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Missed me, my dear? ♥   Lun 03 Nov 2014, 2:58 am

[HRP : mon poste a paniqué je sais pas si c'est bon ou pas on s'en parlera hein amour sur toi. ♥]



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Pourquoi l’a-t-elle laissé faire?

Aussitôt qu’il s’est approché, elle aurait dû le chasser, chasser sa main de la sienne, lui tenir le poignet, l’empêcher d’aller plus loin dans son geste. Mais elle est restée là, obnubilée par sa main comme les matelots se voient hypnotisés par le chant de la Sirène, prise au piège avant même qu’il n’ait fait le geste, son regard l’ayant pris en otage avant même qu’elle ne puisse s’en détacher. Et quand sa main est arrivée vers son visage, passant outre sa joue, glissant contre sa nuque, elle ne put qu’à peine broncher, pas plus qu’un simple, trop simple mouvement de recul qui n’en fit rien alors qu’il la poussait vers lui sans même en démontrer une quelconque force, geste empreint de la plus parfaite des incompréhensions de la part de l’alchimiste – ne venait-elle pas tout juste de le repousser de mots amers? – qui se voit presque à sa merci, contrainte de le suivre comme si, finalement, il y avait eu quelque-chose qu’elle avait déniché au plus profond de son regard doré. Elle sent son cœur se serrer, d’un seul coup, laissant frissons se propager de son cou jusque dans l’entièreté de son corps, ses yeux s’éteignant un court instant alors que leurs fronts rentrent en collision, que sa main réchauffe sa nuque.

Et sa main, elle, son pouce plein de sang, reste dans un arrêt stagnant, figée à même le mouvement.

Et elle rouvre les yeux, l’opale cherchant au creux de l’or la réponse à ses interrogations qui restent silencieuses, dansant d’un œil à l’autre, la lumière, ou son absence, dilatant ses paupières comme elles se dilatent par intérêt, par affection. Fini, les enfantillages. Elle vient de se faire prendre à son propre jeu, juste comme ça. Du revers de sa main experte, Noctis vient chasser ses paroles et sa répartie des siennes, l’emportant avec lui dans une danse dans laquelle elle saute sans préparation aucune, dans laquelle le rythme et les pas lui sont incertains, la plongeant dans un profond désarroi, un qu’elle n’arrive pas à contourner, dès les premières paroles, dès qu’il se met à lui répondre, faisant fi de la question posée à peine une minute avant qu’il ne joue son numéro.

Oh, mais évidemment. Si elle se mettait à jouer le jeu, elle se prendrait bien vite à approuver ses dires, à raconter qu’elle se délecterait certainement de sa souffrance, de le voir dans ne serait-ce que la plus minime des douleurs qui puisse lui être imposée. Elle se rirait de celle-ci sans plus de cérémonie, le laissant souffrir avec désinvolture, ou même, causant plus de douleur encore que celle qui est déjà présente. Certes, si elle continuait ses simagrées, c’est bien ce qu’elle aurait pu lui répondre, mais elle ne pouvait tout simplement pas le laisser dans cet état. Certainement qu’elle avait quelque-chose, même si, au fond, il l’avait mérité. Même si, au fond, il aurait très bien pu le faire par lui-même. Il se joue d’elle comme il l’a toujours fait, la plongeant dans ce vortex incompréhensible de pensées contradictoires qui s’interceptent, se cognent et s’emboitent pour ne former qu’un tout difforme et bâtard. Elle devient une contradiction en elle-même, continuant de le repousser sans pour autant le vouloir, cherchant en vain à continuer de le détester, de le détester et de l’aimer en même temps, laissant dans sa bouche un goût amer, mais doux; glaçant son corps et réchauffant ce qui lui reste de son cœur.

C’est attentivement qu’elle continue de l’écouter, dénichant la vérité dans ses dires comme elle l’avait elle-même raisonné quelques secondes à peine plus tôt – que de contradictions de sa part aussi, d’un point dire, peut-être ironiquement, qu’elle se délecterait de sa souffrance seulement pour démentir ce fait d’autres paroles. Elle ne peut rester impassible comme lui ne le peut pas non plus ; il sait ce qu’il lui a fait. c’est ce qu’il affirme, il le sait, connaît l’état de son cœur, sent sa douleur même au plus profond de son jeu.

Aisling suffoque.

Elle l’a entendu. Elle l’a entendu, oui, mais n’a pu faire le lien, s’est enchevêtrée dans une telle détresse que tous les pores de son corps ont semblé se tendre et être aux aguets des premiers mouvements. Elle sent un haut-le-corps puissant la happer, mais sa main, sa main sur sa nuque la retient en place, son regard agrippant le sien et l’empêchant de bouger elle ne peut pas bouger il l’empêche de bouger. Mais il ne fait rien pour le faire. Il la retient là de sa seule présence, la retient prisonnière de ses mots. Elle se sait en tout point capable de l’éviter, de contrer son geste, elle est apte à la faire, mais elle ne peut pas. Elle n’en a pas la force.

Elle n’a pas la force de lui montrer à quel point elle est impure. Elle n’a pas la force de lui montrer à quel point elle souffre, à quel point elle a mal, à quel point ça la ronge et à quel point tout ça est tout simplement trop, trop pour elle.

Il m’a fait mal. Il m’a tellement fait mal, tu ne sais même pas à quel point j’ai mal. Tu n’as pas besoin de le savoir, non, tu n’as pas besoin, tu sais, ce n’est rien, c’est du passé, tu sais. C’est du passé, mais j’en souffre. J’en souffre tellement que j’ai ce sentiment qui explose à l’intérieur de mon être, je le sens et j’ai mal j’en sens les parcelles qui stagnent et qui me déchirent de l’intérieur.

Ça n’arrêtera pas. Tu sais, ça n’arrêtera pas. Pas tant que j’aurai terminé. Ça n’arrêtera pas tant que tout ne sera pas réglé, et que, finalement, je pourrai me retrouver. Je lui en veux. Je lui en veux tellement, Noctis, je lui en veux.

Et je m’en veux, à moi aussi.

C’est insupportable.

▬ No. ▬ Non.

Non. Ce simple murmure qui semble raisonner dans la pièce alors que l’écho n’a nulle place pour s’y faire entendre. Elle a senti sa gorge se nouer au moment même où cette simple syllabe s’est vue prononcée. Mais ce n’était pas ça. Ce n’était pas de ça qu’il voulait parler. Noctis parlait d’autre chose, d’une autre douleur inquiétante, celle qui, pour ceux dotés de raison, est plus importante encore. Et pourtant. Pourtant, cette douleur est plus vive et plus profonde que celle de n’importe quel combat qu’elle aurait dû sévir. Cette douleur se ravive trop souvent et trop ardemment pour qu’elle ne puisse laisser des ecchymoses, des muscles étirés ou des fractures prendre le dessus; elles ne sont rien, elles ne se soignent que trop biens comparé au reste, aux ténèbres qui l’ont envahie depuis cette danse funeste qui a laissé leur monde tomber en ruines, cette danse qui a détruit tout espoir d’un jour revenir en arrière et guérir le passé, reconstruire le présent. Elle a mal des ténèbres qui continuent de la hanter et qui l’assaillissent que trop profondément, l’empêchant de rester en vie l’empêchant de vivre et de subsister.

Impure. Impure. Elle est impure et fragile, impure et frêle, si frêle que la brise pourrait l’anéantir et que les ténèbres continuent de doucement la narguer et l’emporter vers elles de leurs doigts aquilins dans des chemins de plus en plus sinueux.

Tout ce qu’elle veut. Tout ce qu’elle veut c’est de retrouver ces plaines, ce soleil et ces fleurs. Tout ce qu’elle veut c’est de revoir encore ce monde qui l’a vu grandir, le monde où elle a laissé d’inlassables souvenirs qui ne sont plus que poussière, dorénavant rien de plus que poussières dans un temps révolu.

Trop loin, elle est revenue trop loin en arrière quand elle aurait simplement dû faire le parallèle avec les événements d’il y a une journée à peine. Mais son ton, c’est son ton qui l’a ramené si loin, cette manière dont il s’est adressé à elle, d’une voix pourtant si douce s’étant voulu une caresse devenue une menace, des griffes qui s’emparent de son voile pourtant immuable et l’enlève, révélant l’intérieur de son âme et ses peurs depuis longtemps dissimulées aux yeux du monde pourquoi est-ce que tu dois me faire ça pourquoi veux-tu vraiment le savoir pourquoi ne m’as-tu pas laissée seule quand je l’ai voulu pourquoi m’as-tu retrouvée je voulais être seule je ne pouvais plus continuer, je ne pouvais plus.

Je ne peux plus.

▬ I can’t. I just— ▬ Je ne peux pas. Je—

De nouveau ses yeux se ferment, elle serre les paupières comme si elle ne voudrait plus rien voir, comme une enfant qui se croit cachée pour la seule raison qu’elle ne voit plus ses assaillants, comme une gamine qui n’aurait aimé que ça, de partir et de de dissimuler aux yeux de tous. Aisling secoue la tête, une vague d’émotions envahissant sa gorge alors qu’elle se redresse et se défait de son emprise en faisant volte-face d’un pas gracile, marchant obstinément loin de lui, retournant à son chaudron, les mains de nouveau sur le rebord de la table alors qu’elle contemple le vide, incapable de se concentrer, incapable de faire quoi que ce soit de concret.

Elle redevient distante, rangeant aussi soudainement les armes et laissant sa répartie de côté. Elle repasse ses mots dans son esprit, se remémore sa mention du combat et ferme les yeux, soupire, s’empêche frisson alors qu’elle serre de nouveau ses paupières. Il ne parlait pas de lui, et ces blessures, il parlait des coups de bâton. Il parlait de l’afflux trop grand de ténèbres et de sa tentative vaine de rester en vie alors que les spectateurs épiaient ses moindres mouvements. Il parlait de blessures physiques, celles qu’elle avait trop abondamment, celles qui devaient faire mal, mais qui ne le faisaient aucunement, elle ayant persuadé son esprit qu’il n’y avait rien pour que ses nerfs la laissent travailler sur cette concoction qui sévissait depuis déjà un mois chez elle et dont la création demandait la plus grande des minuties. Elle n’avait pas le temps de se soucier de ces choses qui guériront bien d’elles-mêmes si elle n’a pas le temps d’aller dénicher les ingrédients nécessaires pour se guérir.

▬ Just… Just go away, Noctis. I won’t—you won’t see anything. ▬ Pars, Noctis. Je—tu ne verras rien.

Tentative vaine de lui faire croire que tout va bien. Évidemment qu’il ne mordra pas à l’hameçon. Évidemment qu’il voudra quand même voir l’étendue des dégâts. Dans une once de panique, elle se met à déplacer les contenants de part et d’autres de sa table de travail en espérant qu’il comprenne le message, espoir vain, compte-tenu de la personne à qui elle demandait une telle chose, espoir beaucoup trop vain compte-tenu de ses affirmations. Aisling regarde un moment le sang sur son pouce et le frotte compulsivement pour tenter de l'en retirer. Elle se sent trembler, tente d’arrêter le tremblement en serrant ce qu’elle tient plus fort, finit par céder, de reposer ses mains sur la table.

Je suis occupée, laisse-moi tranquille, pars, je ne veux pas endurer tes yeux sur mon corps, je ne veux pas que tu me voies, je vais bien aller, j’irai mieux. Tu le sais bien. Je n’ai pas besoin de ton aide, je vais bien. Laisse-moi, je t’en prie, laisse-moi.
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MessageSujet: Re: Missed me, my dear? ♥   Lun 03 Nov 2014, 10:10 pm


La Dame de la Brume m'avait laissé faire, bien qu'en son regard je devinais une certaine surprise. Son regard demeurait soudé au mien, et cela je le lui rendais bien, ne me dérobant pas non plus à ses iris bleu-gris. Ce moment que nous partagions, en cet instant, était des plus particuliers. Depuis combien de temps n'avais-je pas posé les doigts sur sa personne? Combien de temps l'avais-je laissée à elle-même en ces lieux avant ce jour? Mais, maintenant que je la savais blessée, j'accourais presque immédiatement afin de l'obliger à se guérir avant de repartir comme j'étais venu, aussi insaisissable que la brise. Peut-être étais-je au final le plus grand coupable de cette histoire. Peut-être aurais-je simplement du me montrer clément et l'achever, mais j'en étais incapable. Je devais revenir, toujours, pour lui rendre un souffle de vie lorsqu'elle trébuchait sur le chemin de son existence. Et, pourtant, j'étais tout aussi incapable de rester à ses côtés. Je n'étais pas un protecteur, je n'étais pas un preux chevalier et encore moins un homme aimant. J'étais un homme égoïste qui refusait qu'on lui arrache un trésor qu'il ne chérissait même pas à sa juste valeur, capricieux tel un enfant.

Je lui avais formulé ma demande, bien qu'il serait sans doute plus approprié de parler d'un ordre à ce stade. J'examinerais ses blessures, de gré ou de force. Il devait bien y avoir en ses lieux des pansements et des herbes, ou peu importe quoi d'autre qui me permettrait de prendre soin d'elle. Si seulement j'avais encore le don de la magie blanche. Certes, je n'avais jamais été très doué en la matière, mais mes connaissances sommaires se seraient montrées suffisantes afin de la soulager ne serait-ce qu'un peu. Je la voyais transparaître en elle, la douleur, la suffocation. Mes paroles l'avaient-elles atteintes à ce point? Un éclat incongru passa en mes prunelles d'or et, l'espace d'un instant, je cru que quelque chose venait de me pincer le coeur. Étais-je responsable de son état? Si je ne l'avais pas abandonnée à son sort durant de nombreuses semaines, sans lui donner signe de vie, serait-elle comme cela aujourd'hui? Non, plus encore, si je n'avais pas volontairement laissé Solaria être détruit, serait-elle heureuse aujourd'hui? Si je n'avais jamais croisé son chemin, serait-ce un sourire qui ferait empire sur ses traits? J'entrouvris les lèvres et une plainte m'échappa, un murmure blessé et empreint de regret, un son qui ne semblait pas m'appartenir.

- Aisling...

Non. Voilà qui fut sa réponse. Un simple syllabe, bien trop définitive, qui signifiait son refus irrémédiable. Je la regardais toujours, je pouvais presque sentir la douleur et les ténèbres la traverser. Je pouvais presque sentir ma propre noirceur faire écho à la sienne, prête à prendre du terrain, à m'effacer juste un peu plus. Juste assez pour que je n'ai plus suffisamment la foi. Juste assez pour me faire m'égarer du chemin que je me suis tracé. N'ais-je pas décidé que j'allais la ramener vers la lumière, de gré ou de force, même s'il s'agirait de la dernière chose que je ferais? Je n'étais pas individu à revenir sur mes décisions, loin de là. Néanmoins, même si je m'en serait fiché royalement pour n'importe qui d'autre, je répugnais à employer la force contre cette fleur déjà si fragile. Malgré tout, je ne pouvais la laisser se flétrir, je ne le pouvais pas.

Sa voix me parvint de nouveau, ses mots se faisant l'écho de mes pensées. Ses paupières tombèrent devant ses yeux, rompant l'étreinte de nos regards alors qu'Aisling semblait vouloir prendre du recul, vouloir fuir. Puis, la femme secoua la tête avant de fuir, ce que je la laissai faire. Une fois de plus, c'est auprès de son chaudron qu'elle alla trouver refuge, comme s'il eut put l'enlacer et la libérer de sa douleur, la réconforter et lui dire qu'il n'y avait pas de monstre caché sous son lit. Je me levai à mon tour, abandonnant la bouteille encore à demi-pleine sur la table, mes doigts se refermant plutôt sur le manche de son poignard en un geste bien trop habitué. Je retirai la lame du bois, fronçant légèrement les sourcils. La pauvre table serait à jamais marquée du baiser de l'acier et, chaque fois qu'elle y prendrait place, cela lui rappellerait sans doute ma personne. Elle détestait tellement les choses qui ne respectaient pas sa notion d'ordre après tout. Puis, je rangeai l'arme à ma propre ceinture, lui trouvant une place parmi les miennes, pour l'instant. C'est environ à ce moment, lorsque je reportai mon attention vers mon mentor pour ensuite faire un pas en sa direction qu'elle reprit la parole. Moi, partir? Serait-ce à nouveau de la tristesse qui se façonnait un chemin dans le reflet de mes yeux d'ambre? Ou était-ce de la pitié alors que je la voyais tenter de se débarasser de mon sang avec autant de ferveur qu'elle tentait de se débarasser de moi? Elle semble à deux doigts de craquer et c'est entre mes mains que repose le pouvoir. Il n'en tiens qu'à moi de décider de quel côté cette âme maculée tombera. Ombre ou lumière?

Doucement, pour ne pas la brusquer, je m'approchai d'elle et tendit la main. Je vins caresser son dos du revers de la main, de l'omoplate jusqu'à ses reins, en un geste empreint de douceur et d'affection, pour lui faire comprendre que je ne cherchais pas à la blesser, que j'étais là pour la soutenir et lui offrir ce qu'il lui manquait cruellement. Je n'étais pas ici en ennemi, bien au contraire. Mais, bien sûr, il y avait sans doute une infinité de façons dont elle pouvait réagir à cela, de façons dont elle pouvait interpréter ce geste. Je devais lui montrer ma sincérité, gagner la confiance de l'animal blessé avant d'espérer retirer sa patte du piège dans lequel elle s'était embourbée. Pourquoi me donner autant de mal alors que j'aurais simplement pu l'examiner sans son approbation? Peut-être au fond est-ce cela que d'avoir une once de respect pour un autre être vivant, peut-être. Ainsi, je m'approchai encore un peu plus, penchant la tête vers elle jusqu'à ce que mes lèvres soient tout près de son oreille et que de longs cheveux de jais tombent en cascade contre son épaule, lambeaux de ténèbres qui trahissaient le véritable état de mon propre coeur, bien que je me gardais bien de lui partager cette vérité. Laissant mon regard d'or tomber vers cette étrange substance, je vis apparaître nos reflets, côte à côte, et du réprimer une grimace de dégoût devant mon apparence réelle. Ah, les choses que je ferais pour elle, me dis-je avant de lui susurrer à l'oreille de cette voix plus grave qui était véritablement mienne.

- That won't give you back your heart, it can only slow down the process, can't it? I don't know how wounded you really are, but there are some things I can understand. I may be born from the night, but let me stand by your side. I am dishonest, I am mean, I am not truthworthy, but I'm the only one who'll be there for you. You need me, so stop acting like this little cauldron is your savior, because you'll be disappointed soon enough and it'll be too late. If you let me walk out that door, who knows if I'll come back this time. Choose wisely, other wise I still have your knife.
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Aisling♠ Messages : 73
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MessageSujet: Re: Missed me, my dear? ♥   Mer 05 Nov 2014, 1:51 am



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Vaines. Ses tentatives sont aussi vaines que ses paroles qu’elle n’ose révéler à la lumière du jour. À peine s’est-elle détachée de son étreinte l’a-t-elle entendu se lever et la suivre, s’approcher alors qu’elle tient trop fermement la table, empêchant son corps de frissonner de lui-même par cette panique qui la gagne de plus en plus, plus les pas approchent et plus elle s’enfonce dans cette profonde incertitude. Veut-elle vraiment qu’il parte? Veut-elle vraiment qu’il la laisse tranquille, qu’il s’éclipse seulement pour ne jamais plus revenir, pour ne revenir que dans des jours incertains, encore, toujours?

Pars, qu’elle lui a dit, comme une plainte à contrecœur, une épée à double-tranchant qui revient vers elle et l’exécute, la lame froide contre son cœur qui se tord et s’étire alors que le fer tourne, lentement, l’achevant de plus belle, la laissant à une doucereuse contemplation de ces sentiments qui se cognent et qui meurent contre son cœur meurtri. Elle souffre, là, en silence, comme elle l’a toujours fait, dans cette même contemplation de sa propre douleur, dans un rituel presque trop répétitif où elle se sent chavirer dans les mers tumultueuses de ses pensées noires, stagnant contre son corps qui ne peut plus ressentir – qui ne veut plus ressentir malgré l’analgésie qui peut lâcher à n’importe quel moment, menace de la laisser gésir au sol et s’éteindre comme une chandelle au bout de sa corde, noyée dans les ténèbres comme la flamme s’étouffe dans la cire.

Il s’approche toujours et elle aurait aimé bouger et lui dire de nouveau de partir de la laisser de disparaître. Mais il reste là et il reste là dans un silence qui ne lui est aucunement familier, un silence qui est sans reproche aucune, sans une seule exclamation et sans sarcasme et ça la tue de ne pas l’entendre parler, de ne pas l’entendre revenir une nouvelle fois sur ses paroles de son ton moqueur. Tout est beaucoup trop sérieux. C’est trop sérieux et ça la tue de devoir endurer ce mal qu’il cause avec ce manque de paroles alors qu’il semble la laisser à elle-même, tout en planant trop près pour qu’elle ne le soit véritablement. Noctis la hante et l’habite comme nulle personne aurait pu le faire, la dérange de sentiments toujours plus conflictuels les uns des autres. Et de cette valse funèbre dans laquelle il la traîne, elle y pénètre sans espoir de retour, danse avec lui dans de douces tergiversations; ainsi continue leur valse sempiternelle, qui, à maintes occasions, se termine dans une disparition soudaine, un cœur meurtri, des paroles silencieuses flottant dans le néant de ce qui aurait dû être dit, de ce qui n’a jamais pu être révélé.

Il est près. Elle sent sa présence et son regard posé sur elle, sentiment désagréable qui l’habite alors que ses ongles s’enfoncent dans la table de bois dans une douleur qu’elle ne peut ressentir. Et ce stress qui la démange s’écroule tout aussi soudainement que la pression de sa main contre son dos, suivant la courbe de sa colonne vertébrale alors que son dos en lui-même s’éprend à suivre le mouvement presque instinctivement. Elle ressent de nouveau de désagréables frissons qui s’y propagent. S’ensuit l’ignition profonde dans ses veines alors qu’elle fige de nouveau, comme quand il s’était emparé de sa tête plus tôt. Moment figé dans le temps, qui paraît beaucoup plus long qu’il ne l’est réellement alors que le constat s’enfonce encore dans sa chair : il ne partira pas. Il ne partira pas, aura ce qu’il désire avoir, elle le sait, elle le sent et tous ses gestes ne sont que des moyens afin d’arriver à cette fin qu’il convoite, cette fin qu’elle se refuse de lui donner, qu’elle continuera de refuser malgré ses menaces.

Aisling aurait voulu le stopper, mais n’en fait rien. Elle aurait voulu disparaître et fuir, mais n’en fait rien, reste là, encore là alors qu’elle sent ses doigts se délaisser de son corps seulement pour qu’il s’approche de plus belle. Ses cheveux tombent en cascade contre son épaule frissonnante alors qu’elle contemple sans un mot le visage qui, d’abord flou, s’éclaircit au fond du récipient, entre les douces vagues qui continuent de brouiller ses traits plus matures encore. Elle ne reconnaît qu’à peine celui qu’elle y croise par cette mâchoire plus prononcée, par ces traits inconnus. Noctis a mis fin à cette ultime mascarade qu’il s’amusait tant à jouer, laissant l’immaculé se teindre de cet épais aura de noirceur qui l’entoure et qui l’agrippe, lui aussi, de griffes acérées et sans pitié. Ce qui trouble la Dame reste cependant ces longs filaments noirâtres qui habitent désormais ses épaules, signe probable de l’impureté à laquelle il fait face, lui aussi.

Cette même impureté qu’elle dissimule avec tant d’ardeur.

Et elle ressent son souffle sur son cou, entre ses cheveux immaculés, contre son oreille et c’est le son de sa voix qui pénètre plus profond dans son être, d’autant plus que ses paroles la percute de nouveau, de plein fouet, ne laissant aucune place à la rhétorique alors qu’il la martèle de ces dires trop, beaucoup trop dures à entendre, remettant de plus belle en question la moindre des idées qu’elle s’était faite de Noctis, celui qu’elle connaissait, celui qu’elle croyait si bien connaître, depuis tant d’années déjà, la ramenant de nouveau trop loin en arrière pour qu’elle ne puisse aucunement chavirer.

▬ No. ▬ Non.

Fluide, elle se retourne, se rendant compte de la proximité de leurs corps. Ses mains se posent dans un mouvement glissé sur ses épaules alors qu’elle remet une certaine distance entre eux, assez pour qu’elle se sente apte à respirer. De le pousser pouvait certes être vu comme une provocation, mais ça ne l’aura pas stoppé.

Ses traits se crispent. La douleur d’un monde en entier paraît sur son visage pâle, au-travers de l’opalescence de son regard, on pourrait deviner sans mal l’ultime nostalgie se mouvant parfaitement dans ses airs en concert avec la grandissante dévotion qui se perd et s’épuise, de cette détermination grandissante, un arbre centenaire se déracinant d’un simple coup de vent, elle semble crouler sous la pression trop grande qui s’est accumulée sur ses chétives épaules.

Cherchant dans ses yeux une vérité cachée, son cœur se serre plus son regard se plante dans le sien, comme la dernière fois, mais d’une manière qui lui semble plus poussée encore; elle n’y cherche pas une porte ouverte droit vers son âme, ne tente aucunement de comprendre. Elle cherche des réponses, soutient ses yeux des siens et tente de faire un point, de lui faire comprendre ses émotions à même son visage. N’est-ce pas l’inquiétude qui tire ses traits? N’est-ce pas ça qu’elle voit entre les éclats mielleux de ses iris, dans les sillons creusés subtilement sur son visage? Ses paroles se déchirent aussitôt sorties de sa gorge, percutant les murs et résonnant durement à chaque syllabe, douleur intense à même les prononcer.

▬ I refuse to be as a puppet that you can manipulate at your will and I will not go back on what I have already said. You won’t see anything. I won’t let you – I will resist, whether you have my dagger or not. Who are you to decide of my fate? You claim you understand what I’ve been through. How can you? I don’t care how much the darkness affected you. I have lost many of my brothers through the loss of my world. I have lost allies, friends, family. I let them sink into the pool of darkness and although I could have stopped it, I led them to their demise. They had faith in me and they died because of it! ▬ Je refuse d’être pour toi une poupée que tu peux manipuler à ta guise et je ne reviendrai pas sur ce que j’ai déjà dit. Tu ne verras rien. Je ne te laisserai pas – Je vais résister, que tu aies ma dague ou non. Qui es-tu pour décider de ce qu’il advient de moi? Tu dis que tu comprends ce que j’ai dû vivre. Comment peux-tu? Je me fous de savoir à quel point les Ténèbres t’ont affectées. J’ai perdu tant de frères lors de l’écroulement de Solaria. J’ai perdu des amis, des alliés, de la famille. Je les ai laissé sombrer dans les Ténèbres et même si j’aurais pu faire quelque-chose pour le stopper, je les ai menés à leur perte. Ils avaient foi en moi et ils sont morts par ma faute!

Elle prend une minime pause, sa gorge s’étant serrée à ses dernières paroles trop puissamment alors que le flot de souvenir refaisait surface. Elle ne pleure pas, elle n’en a pas besoin. Tout est parfaitement visible. Ses sourcils se froncent alors qu’elle continue, plus fermement

▬ You claim you can help, that I need you. I, for one, can tell you that I necessitate nothing that concerns your relentless bickering and teasing each time you invite yourself in my home. ▬ Tu dis que tu peux aider, que j’ai besoin de toi. Je peux te dire que je n’ai aucunement besoin de tes remarques désobligeantes ni de tes constantes simagrées chaque fois que tu t’invites dans ma demeure.

J’ai besoin de toi, tu sais. J’ai besoin de toi, parce que tu es la seule personne qui a tenu à moi pendant toutes ces années. Tu es la seule personne à réellement me comprendre.

Mais je te déteste tellement. Je te déteste, mais je t’aime, à la fois.

Arrête. Arrête de me torturer. J’en peux plus.

Je suis déjà à terre, je suis déjà anéantie. Ne m’achève pas plus que je ne le suis.
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MessageSujet: Re: Missed me, my dear? ♥   Mer 05 Nov 2014, 4:03 pm

Je l'avais effleurée et, de façon presque imperceptible, je sentis son être suivre mon mouvement. Était-ce une forme d'invitation inconsciente? Une façon de plus de se contredire et de m'avouer en un murmure qu'elle ne désirait pas réellement que je parte? Voilà une constatation qui, exacte ou pas, était bien plus que suffisante pour me faire sourire d'un air malin. J'ai presque envie de prendre son pouls, de voir comment son coeur réagit à cette présence que je veux délicieusement invasive. Car c'est bien ce dont il est question, c'est bien ce que je m'efforce à faire. Je ne puis la laisser devenir dépendante de ces substances, je dois la conditionner à rechercher autre chose, la forcer à ressentir autre chose. Si j'arrive à la faire haïr, si j'arrive à la faire aimer, si j'arrive à la faire rire, si j'arrive à la faire pleurer. Si j'arrive à la faire tout simplement vivre et forcer son coeur à se plier aux caprices des émotions, peut-être réussirais-je à rendre la vie à cette pauvre poupée désarticulée? Y a-t-il poison plus doux que celui d'un coeur qui bat? Si elle arrive à l'accepter, si elle arrive à retrouver ce goût à la vie, peut-être réussirai-je à atteindre mon but, qui sait? Cette faculté à ressentir la peine était sans doute la seule chose qui la différenciait encore des sans coeurs, il était donc de mon devoir de les séparer un peu plus encore, de m'assurer qu'elle demeurait bien vivante. Néanmoins, c'était un jeu dangereux. Je ne devais pas dépasser certaines limites, autrement je précipiterais sa chute. Voilà une danse bien complexe, mais d'autant plus amusante.

Poursuivons donc notre récit alors que je lui murmurais à l'oreille après m'être raproché de sa personne. Comme elle a l'air fragile. Comme elle est délicate. Comme, en cet instant, elle est précieuse. En un simple souffle, je pourrais la faire s'effondrer comme un château de cartes. Et, une fois de plus, la dame ne répond que d'un mot. Serait-elle dépossédée de ses moyens d'élocution par la faute d'une distraction quelconque? Voilà qui s'avérait de plus en plus intéressant. Je reculai légèrement alors qu'elle se retourna vers moi, lui adressant un sourire presque sincère alors que mes yeux dorés accueillirent les siens sans hésitation. Ses douces mains au doigt toujours maculé de sang vinrent se poser sur mes épaules afin de me repousser presque doucement. Durant un instant, je me demandai même si elle désirait m'éloigner ou, au contraire, s'accrocher à mon être. Voilà qui serait déjà une nette amélioration à comparé du chaudron, bien que je n'en demandais pas tant. Son visage est torturé, ses émotions transparaissent et cela provoque des réactions contradictoires en mon être. Il m'est si réconfortant de la voir là, souffrante, vivante. Il m'est si difficile de la voir là, souffrante, agonisante. Et l'alchimiste cherchait à me percer à jour, à découvrir en moi ces émotions, sans doute pour découvrir ce qui se tramait derrière mes iris d'ambre. Je me demande si elle approuverait mon plan, voilà qui serait à débattre très certainement.

Enfin, la réponse venait. Sans doute était-il plus facile pour elle d'articuler ses pensées maintenant que je n'étais plus aussi près, maintenant que son coeur ne battait plus aussi fort. Refuser d'être une poupée que je pouvais manipuler à ma guise? La pauvre, elle n'avait donc pas encore remarqué? Ma jolie petite marionnette, mon petit trésor, mon Aisling. Ainsi, la femme ne me laisserait rien voir, ne me laisserait pas panser ses plaies et lui offrir un peu de cette affection qui lui faisait tant défaut. Quelle anormale forme d'auto-mutilation, tout de même. Qui étais-je pour décider de son destin? Une fois de plus, je me souvins qu'elle ignorait la vérité. Son destin, il y avait bien longtemps que je l'avais tracé, presque à mon propre insu. La suite, toutefois, fit luire en mes yeux un éclat de peine, de profonde douleur. Je ne pouvais pas comprendre? Elle avait perdu des frères dans la perte de son monde? Juste pour cela, j'aurais voulu la plaquer contre son plan de travail adoré et l'entailler jusqu'à lui faire implorer mon pardon, mais cela aurait été beaucoup trop anti-constructif. Bien sûr, je ne lui avais jamais raconté la destruction des plaines de lumière, je ne lui avais jamais parlé de mon aimée, Lumen, ma soeur. Je ne lui avais jamais dit que je savais que Solaria serait détruit. Elle ne savait même pas que j'avais eu l'audace de tenter d'asservir les sans coeurs. Elle ne connaissait pas l'ampleur de mes erreurs, elle ne connaissait pas l'ampleur de ma peine et encore moins de ma solitude. La shadow dancer prétendit même ne pas se soucier de la gravité avec laquelle les ténèbres m'avaient affectés et, cela, je le méritais amplement. Il valait mieux, de toute façon, qu'il en soit ainsi.

Elle avait marqué une pause, mais elle n'avait pas fini. Je le savais, je le voyais. Je demeurai donc silencieux, l'invitant à poursuivre. Qu'elle me blesse, de toute façon mon chemin était déjà tracé. Si cela pouvait la faire éprouver quelque chose, si cela pouvait la faire vivre, alors c'est le sourire aux lèvres que je recevrais le poids de ses maux. Ainsi, selon ses dires, ma présence n'était pas requise? Elle souhaitait que je parte avec cette intensité? Oh, mais quel homme cruel serais-je si je devais m'opposer à sa volonté. Ainsi, je me rapprochai à nouveau, rictus aux lèvres, réduisant une fois de plus la distance nous séparant. Je voulais la faire suffoquer juste une dernière fois, je voulais faire battre son coeur, je voulais qu'elle me maudisse et qu'elle se consume. Juste un dernier frémissement. Juste un dernier pas. Juste un dernier soupir alors que ma main vint caresser sa joue avec une affection non-dissimulée.

- You are right, how could I understand any of this. I don't care about how shattered you are, I don't care about all those who perished either and I don't care about us. I am but a monster, seeking pleasure in your everlasting pain. What a bliss it is that your medecine as way more empathy than I do or else, where would we be now? What a bliss... for me to hate you, Aisling.
Spoiler:
 


Sur ce, je laissai ma main glisser, délaisser sa joue alors que je me retournai. En mon mouvement, ma chevelure se fit plus courte, pâlissant jusqu'à rappeler la teinte de la neige. Ma carrure se fit également plus délicate et mes vêtements redevinrent ceux d'un pirate lambda de Port-Royal. Me dirigeant vers la table, j'y abandonnai la dague que je lui avais subtilisée plus tôt, refusant de m'en servir. Je n'en avais pas besoin, plus maintenant que son désir était si clair. Elle ne voulait pas que je la manipule? Bien, je la laisserais choisir. Qui gagnerait? Serait-ce son orgueil ou son coeur? Voilà qui me rendais des plus curieux. Fort heureusement, j'allais bientôt le découvrir. Certes, le prix de cette expérimentation pourrait s'avérer lourd, mais cela ne m'avait jamais arrêté auparavant et ne le ferait certainement pas aujourd'hui.

- Have a beautiful life, my dear.
Spoiler:
 


HRP : Donc vouala, libre à toi de décider. Tu peux sois conclure au prochain post ou le retenir de la façon que tu veux, en espérant que mon post te plaise =3
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MessageSujet: Re: Missed me, my dear? ♥   Mer 05 Nov 2014, 11:31 pm



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IF YOU WERE STILL AROUND, I SWEAR, WE WOULD SIT AND STARE; WE WOULD BE NOWHERE.
Il s’approche; il s’approche et elle suffoque de nouveau, ses yeux écarquillés témoignant de sa surprise bien qu’elle sut déjà qu’il allait continuer et qu’il allait revenir et qu’il n’allait pas la laisser. Sa présence se fait envahissante et elle se sent soudainement reculer contre la table comme elle suit son mouvement, sa main se plaquant tout aussi durement sur le bois épais qui constituait le meuble et glissant au rythme de son impulsion. Aisling panique, suffoque, son regard trop loin planté dans le sien.

Réaction presque trop instinctive; exagérée par ne serait-ce que le mouvement même qui anime Noctis alors que sa main trouve sa place sur sa joue, son toucher chaud sur sa peau de marbre. Un contact doucereux, mais invitant, ancré dans une douce contradiction dans laquelle elle plonge et s’enfonce.

Il aurait été trop doux de le laisser faire à nouveau en sachant qu’une tempête pouvait éclater à tout moment. Il aurait été trop simple de se laisser aller à ce contact après ces menaces qu’il n’avait cessé de répéter au fil de cette courte conversation. Elle aurait pu le jurer : au fond de ses yeux régnait cet détermination qu’elle connaissait que trop bien de lui, détermination qu’elle avait su voir lors de certaines séances de collecte d’informations de la part de sujets capturés de camps ennemis lorsque la cible s’obstinait dans son silence. Ce constat l’effrite et l’effraie, la laisse dans un sentiment désagréable qui ne cesse de tirer ses entrailles au plus profond de son corps et provoque une vague de malaise tellement profonde qu’elle aurait cru en vomir. Elle se sent malade du stress qui l’envahit et se sent malade de constater que la simple mention d’une résistance quelconque pourrait signifier une fin beaucoup plus douloureuse qu’elle ne voudrait envisager.

Il enchaîne de son geste par des paroles qui malgré la douceur de sa voix se veulent horriblement tranchantes, d’une ironie qui la laisse affreusement dépourvue de ses repères. Elle peut sentir son cœur sauter douloureusement un battement, si ce n’est pas qu’il s’arrête durant d’interminables secondes, comme son souffle se coupe, comme sa gorge se serre. La Dame de Brume se voit soufflée de sa protection d’une puissante brise, mise à nue de paroles soupirées pourtant si tendrement.

Il te déteste, vient-il de te soupirer, sa main toujours sur ta joue, si tendrement que tu aurais presque pu y croire et t’y perdre.

Il la déteste comme elle le déteste, dans une danse folle et contradictoire changeant de temps comme de rythme à chaque moment qui passe, à chaque caprice de leur cœur respectif, chaque soupir s’extirpant de leur bouche et chaque pas de travers qu’ils exécutent.

Je te déteste. Je te déteste tellement que ça me consume. Ça me consume de sentiments incompréhensibles. Je te déteste tellement que je t’aime et que ça me consume, parce que je ne peux dissocier les deux – je t’aime parce que je te déteste. Je te déteste parce que je t’aime. Pourquoi? Pourquoi dois-tu rester là à me faire souffrir, pourquoi dois-tu rester là à m’épauler? Je te déteste. Je te déteste et je t’aime. Je veux ta mort et je te veux, toi. Ça m’enrage. Ça me déstabilise. Ça me tue.

Sa main glisse de sa joue, ses yeux ayant pris l’emprise des siens les laissant finalement s’enfuir, mais Aisling ne peut simplement détourner le regard, trop prise, éprise, mais surtout confuse.

Qu’est-ce qui vient de se passer?

Il ne peut pas être en train de la laisser. Il ne peut pas être en train de partir, juste comme ça, sans rien faire d’autre, sans qu’autre chose ne se passe. Non – il tente de lui faire baisser sa garde, voilà ce qu’il fait, voilà le stratagème qu’il utilise, elle pourrait presque en être certaine. Mais sa nonchalance aurait presque pu la tromper. Et alors qu’il se recule, elle se repositionne, descendant de la pointe des pieds et arrêtant de se pencher sur la table. Aisling se redresse et détend ses muscles du même coup, enlevant le stress auquel ils étaient imposés depuis déjà beaucoup trop de temps et croit ressentir à ce mouvement de désagréables sensations sur l’étendue de son corps.

Faible grognement à la prise de conscience de la douleur renaissante engendrée par ses blessures, qu’elle croyait, un instant seulement, avoir oublié. Une plainte involontaire, peut-être simplement instinctive, qui semble cependant passer inaperçu aux yeux de la seule personne qui aurait pu l’entendre et qui, déjà après lui avoir tourné le dos, reprend une forme beaucoup moins mature, celle qu’elle est tant habituée de voir, l’illusion qu’elle prétend connaître par cœur.

Ça ne prend qu’une fraction de seconde avant qu’elle ne se fige, un air horrifié ornant son visage. Non. Non, il ne peut pas partir. Il ne peut pas être sur le point de partir. Nouveau haut-le-corps, sensation désagréable, elle crie en silence dans son esprit, scande des injures, mais surtout panique, soudainement, en prenant conscience de la douloureuse vérité qu’elle impose.

Il part. Il te quitte, Aisling, pour de bon, cette fois. Il te souhaite de mener une belle vie, comme ça et part sans même demander son reste.

Mais c’est impossible. C’est impossible. Non.

Noctis n’est pas en train de partir il ne peut pas être en train de partir comme ça ce n’est pas lui c’est contre lui-même c’est contre tout ce qu’elle s’attendait pourquoi est-ce qu’il part il n’a pas le droit il n’a pas le droit de la laisser seule non.

À même la porte par laquelle Noctis s’apprête à sortir de son illusion maintenant refaite et bien vivante se dessine, grandissante, son ombre, contre-jour certain des nombreuses chandelles éparses de sa demeure.

▬ Don’t you dare turn away and leave ! ▬ Je te défends de simplement tourner les talons et partir!

Deux pas et elle disparaît, se mouvant dans les ombres de mouvements trop simples de déplacements, ses paroles faisant écho à même celles-ci. L’ombre du Shadow Dancer devient alors plus imposante alors que sa comparse en sort, se rematérialisant d’un mouvement fluide, son corps faisant office de barrage entre lui et la porte alors que ses dires finissent de faire écho dans l’atmosphère.

D’autant puisse son regard sembler empli de la fureur la plus tumultueuse peut-elle sembler alarmée de son ton de voix, paniquée par ses mouvements qui s’enchaînent alors qu’elle s’approche de lui, d’un pas, d’un autre, continuant dans sa lancée furibonde, ses yeux ne quittant pas les siens d’une seule seconde.

▬ Who do you think you are? How foolish do you think I am? You think I’m unable to see what scheme you are plotting? I know you too well to even consider the fact that you are walking out that door for good. ▬ Tu te prends pour qui? Me crois-tu aussi naïve? Tu crois que je suis incapable de voir ton plan? Je te connais que trop bien pour même considérer le fait que tu passes cette porte pour la dernière fois.

Ne pars pas, je t’en prie, ne pars pas. Tu n’as pas le droit de partir.

▬ You can’t just— ▬ Tu ne peux pas

Ses pupilles se dilatent soudainement, au même moment qu’une plainte s’échappe de sa gorge. Aisling rapporte ses bras contre son corps et recule, titubant maladroitement pour finalement trouver appui contre le mur derrière, utilisant son bras dans une tentative désespérée de ne pas s'écrouler par terre, posant sa main contre le bois de la porte, cette même porte qu’elle avait voulu éviter qu’il ouvre pour s’y engouffrer. Non, non, pas maintenant, pitié, pas maintenant. Mais elle comprend, ou croit comprendre, finalement : Les Ténèbres. Ce geste fut probablement le plus spontané, mais aussi le plus stupide qu’elle n’aurait jamais commis.
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Dernière édition par Aisling le Lun 10 Nov 2014, 2:55 pm, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Missed me, my dear? ♥   Lun 10 Nov 2014, 11:32 am

Comment réagirait-elle maintenant? Me ferait-elle l'immense plaisir de laisser son coeur la guider et me retenir? Ferait-elle plutôt taire ses instincts et ses envies en me laissant partir? Qui gagnerais, son coeur ou sa tête? Allez, ma bien aimée dame de la brume, prouve moi que ton coeur bat toujours, prouve moi que tu peux encore être sauvée. Serait-ce une plainte de ta pars qui me parviens à l'oreille? Oh, mais il faut faire plus, Aisling. Si une si faible plainte suffisait, où irait le monde? Je continuai ma marche vers la sortie, bien décidé à quitter les lieux. Certes, j'aurais déjà pu être loin d'ici en un simple pas de danse, mais je m'obstinais à lui laisser le temps de réagir, lui laisser le temps de vivre un peu. Que de joie ressentis-je lorsque je vis mon ombre s'épaissir sans que je lui eu ordonnée. Quel soulagement lorsque j'entendis sa voix qui me tonnait de ne pas partir. Quel plaisir lorsque je vis ses traits émerger des miens, projetés sur le mur me faisant face par toutes les chandelles brillant dans mon dos. Bien évidemment, un sourire régnait sur mes traits, pour ne pas changer, et j'aurais presque pu l'accueillir à bras ouverts. D'autant plus que sa rage à mon égard était perceptible, ce qui me donnait encore plus envie de jouer, mais je savais bien sûr que la partie devrait s'arrêter bientôt, autrement j'irais trop loin. Aisling s'approcha de moi en furie, reprenant la parole d'un débit bien plus impulsif qu'à l'accoutumée, bien plus vivant. Qui plus est, je devais admettre qu'elle avait probablement raison. Un jour ou un autre, mes pas m'auraient guidés jusqu'à elle, que je le veuille ou pas. Puis, la femme marqua un arrêt avant de se préparer à repartir de plus belle et la situation me glissa des doigts, doucement, comme un ballon qui s'envole.

En un instant, la situation venait de basculer du tout au tout alors qu'une nouvelle plainte lui échappa et que, bientôt, elle s'enlace de ses bras en un geste défensif, reculant vivement jusqu'à trouver un peu de support auprès de la porte close. Elle tente encore de ne pas glisser que je suis déjà sur elle, avalant la distance nous séparant sans même en avoir conscience, animé par un sentiment d'urgence qui met tous mes sens en alerte. Je passai mes bras autour d'elle, l'enlaçant avant de la guider vers le sol avec moi où nous pûmes nous asseoir, appuyés tous deux contre le bois de la porte. Ce n'était pas grave si elle ne tenait pas debout, ce n'était pas le combat le plus important qu'elle devait mener maintenant. Dans l'instant, Aisling devait lutter pour conserver son coeur. Toujours en la gardant contre moi, je lui caressai doucement le dos d'une main, déposant l'autre sur sa joue comme un peu plus tôt afin de guider son regard vers le mien cette fois. Elle devait savoir que j'étais là, que je ne la laisserais pas succomber à la noirceur. Également, avant de songer à prendre la parole, je me bornai à créer une illusion olfactive, couvrant l'odeur d'encens et d'autres compositions qui hantaient la demeure de la dame de brume. En cette odeur trompeuse, je recréai l'odeur de l'ancienne salle de bal, du buffet qui y était servi, des fleurs qui poussaient dans nos jardins et l'odeur de la montagne. Je voulais la bercer en une atmosphère familière, la ramener vers la lumière en lui rappelant cette époque où elle la possédait toujours. Certes, j'aurais pu y allier le son ou le visuel, mais je ne voulais pas non plus lui provoquer un choc trop grand et, à dire vrai, j'ignorais si moi-même j'aurais pu conserver une illusion si complète et élaborée aussi longtemps en plus de celles qui affectaient ma personne. Après tout, mon propre coeur était bien fragile, mais comme dit plus tôt, elle n'avait strictement pas envie, ni besoin, de le savoir.

- You need to breathe, Aisling. I am still here, with you. Come back to me now. Listen to my voice and find the light back, in your heart. I am sorry, I went too far. But it is so good to see you alive, to see you being so human. Embrace your feelings, accept them. They're the only thing you have that they don't. Even if it is hate, even if you must curse me for the rest of your life, hold on to it because hate is the closest to love, and love the closest to light.
Spoiler:
 


Au fil de mes paroles, mon regard d'ambre avait retrouvé le sien et c'était maintenant un sourire bien différent que je lui offrais. De plus, j'avais laissé tomber une fois de plus l'illusion me rajeunissant, ce qui était plus simple que d'affecter son sens du toucher pour le faire correspondre à ce qu'elle voyait de moi. Sur mes traits fins, c'était un air bienveillant que je portais, tentant de la rassurer comme je le pouvais. Néanmoins, je ne puis vous contredire si l'envie vous prend de dire que je ne m'y prenais pas très bien. Après tout, il est autrement plus facile de faire parler un homme que de réconforter une femme. Délicatement, je continuai de lui caresser le dos et, de l'autre main, l'attirai contre mon torse avant de lui caresser les cheveux, tentant de la calmer et de l'apaiser comme je le pouvais. Je déposai ensuite ma joue sur le dessus de sa tête, de sorte qu'il lui serait impossible de voir mon expression se modifier. De bienveillante, elle se fit attristée, un peu souffrante peut-être, alors que je sentais mon propre coeur se serrer, mes propres ténèbres me faire frissonner et un étau se refermer sur ma personne, lentement. Ce n'était réellement pas le moment, mais je ne pouvais m'empêcher de tituber sous le poids de la noirceur lorsque je la voyais souffrir par ma faute. Si seulement je pouvais traverser le cours du temps. Si seulement j'avais pu mourir aux plaines de lumière et la laisser vivre, heureuse et loin de moi. Si seulement je pouvais la laisser, si je le pouvais, ne serait-elle pas plus heureuse? Ou serait-elle déjà morte? Si seulement je possédais le moyen de savoir ce qui était bien ou pas, pour cet être si cher à mes yeux.

- Maybe you are right, maybe I can't leave. Perhaps are you, to me, the closest thing to... Light.
Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: Missed me, my dear? ♥   Lun 10 Nov 2014, 7:39 pm



NOCTIS&AISLING; DAY 60; 1383WORDS; #B3BAF2;
WILL YOU STAY WITH ME, MY LOVE, FOR ANOTHER DAY? ‘CAUSE I DON’T WANT TO BE ALONE WHEN I’M IN THIS STATE.
Elle n’eut qu’à peine le temps de toucher à la porte de son dos, de tenter de l’agripper de sa main et de ses ongles grattant contre le bois. Il n’y eut qu’un souffle, à peine un mouvement. Avec la fluidité du vent, Noctis vient la serrer alors qu’elle s’apprête à s’effondrer, guidant de ses bras son mouvement vers le sol alors qu’elle se plie à cette soudaine exigence. De la délicatesse de ses gestes, c’est à peine s’il la touche, si ses mains se posent sur son corps qui perd subrepticement de sa force pour reprendre de cette fragilité longtemps dissimulée. Elle est la porcelaine craquelée qui n’aurait besoin que d’un souffle pour briser. Elle est la délicate neige de printemps luttant pour un dernier soupir. Elle contemple le vide sous ses yeux, le sent qui l’engouffre pas à pas vers l’inexistence, vers des Ténèbres plus vives qu’elle n’en aurait jamais contemplé.

Et c’est la peur qui s’immisce dans son regard, prenant le dessus sur la douleur qui dominait déjà ses traits et ses pupilles dilatées. C’est une terreur plus vive encore qui s’engouffre en elle et qui se creuse un lit dans son esprit alors qu’elle touche le sol. Et il est là. Il est là, il n’est pas parti. Il la berce dans ses bras qui glissent contre sa peau, ses mains qui trouvent son dos, sa joue. Elle sent sa main qui entoure ses traits agonisants alors que son regard se voit porté vers le sien, qu’à nouveau, ils entrent en collision, qu’elle se retrouve en lui à la lueur faible des chandelles qui continuent de brûler en laissant émaner des odeurs qui se fanent en laissant place à un vide momentané, une absence de sens, une odeur différente émergeant soudain. Aisling n’est plus là, elle est ailleurs. L’odorat, comme le goût, est le sens relié le plus étroitement à la mémoire et l’effluve la plonge soudainement dans un monde tout autre, entièrement différent que le premier. Port-Royal et ses airs salins est loin derrière. Dans une vallée doucement bercée par le soleil, elle sent l’herbe sous ses pieds d’enfant, les fleurs sous son regard d’adolescente. Elle hume sa première danse et le parfum trop présent des hauts placés de la salle de bal en tant que jeune adulte, elle inspire les montagnes et la vallée tout entière dans la douce rosée du matin, suivant un jour de pluie alors que le soleil commence seulement à se lever et à réchauffer sa peau pâle.

Elle respire Solaria et les traces de son passé détruit. Elle revoit dans son esprit les ruines avant même qu’elles ne le deviennent, se revoit, elle, dans l’éclat d’une étendue d’eau, un lumineux sourire ornant ses lèvres.

Dans un temps où tout était encore parfait, avant que le malheur ne frappe, frappe contre son cœur, frappe sa vie et celle des autres.

Pulsions désagréables. Sa vision se brouille. Elle s’efface devant son regard. Nouvelle pulsion. Elle passe dans son corps tout entier et l’asphyxie, tordant ses entrailles, bloquant sa gorge, une décharge électrique la rendant impuissante, improbablement vulnérable. Retrouve ta lumière, retrouve ta lumière, scande-t-il, doucement, si doucement quand ses yeux croisent les siens, son visage défiguré de la douleur et de la peine. Aisling a mal, elle a tellement mal. Ses yeux s’emplissent de larmes alors qu’un nouveau haut-le-corps l’assaillit. Confuses plaintes alors que son cœur crie de l’intérieur de sa poitrine et veut en sortir comme si on l’arrachait, comme si on le déchirait en des fragments de verre. Elle les sent se nicher douloureusement dans sa peau; ils s’enfoncent.

L’amour se rapproche de la haine comme elle se rapproche de la Lumière. Pour retrouver la lumière, devrait-elle le détester? Devrait-elle le détester de tous les pores de sa peau, devrait-elle le détester jusqu’à ce que son dernier souffle soit rendu? Devrait-elle se consumer de sentiments négatifs seulement pour se retrouver elle-même?

Les Ténèbres se rapprochent de la haine comme l’amour se rapproche de la Lumière.

La lumière…

Noctis, c’est ta lumière. C’est celui qui t’a guidée jusqu’ici. Noctis, c’est lui qui t’a aidé quand tu sombrais. C’est sa main que tu as prise à plusieurs reprises déjà, sans t’en tendre compte, Aisling, parce que tu étais trop bornée pour le voir. Noctis, c’est cette lanterne faible que tu vois au bout de la plus grande de tes noirceurs. C’est son cœur que tu entends battre et qui te guide quand tu t’éloignes. Tu le sais, ça, tu le sais, et pourtant tu te bornes à ne pas vouloir le comprendre, à ne pas vouloir lui dire, à lui cracher dessus et à lui piler dessus. Tu lui piles dessus comme tu as écrasé tes ailes il y a de ça trop longtemps déjà. Tu te bornes à le détester comme tu te détestes toi-même, tu te bornes à le détester pour oublier l’amour que tu lui portes, pour oublier que cet amour-là te fait vivre.

Tu l’aimes, bon sang, et c’est peut-être ça, ce n’est peut-être que ça qui t’a tenue en vie pendant tout ce temps encore.


Elle frissonne, Aisling. Elle a froid. Elle a froid des pulsions ténébreuses qui s’immiscent dans ses veines à chaque faible battement de son cœur incertain. Il varie en rythme, pulse trop fort ou pas assez, se débat dans sa poitrine comme un déchaîné, se stoppe et elle, elle suffoque, perd le souffle, tente, tente trop fort de respirer, pas assez, et ça la serre, la lacère de l’intérieur comme ses sentiments qui entrent en collision.

Et son regard reste toujours sur le sien bien qu’elle n’arrive pas à le soutenir, trop loin, beaucoup trop loin, entre les souvenirs de Solaria et la lumière qui s’éloigne d’elle-même si elle tente de la saisir – elle s’échappe de ses doigts, glisse entre eux comme de l’eau. Son corps en entier se plie sous la douleur qui fait rage des endroits où il l’a frappée. Faibles soubresauts endoloris entre ses hoquets entremêlés de larmes et de cris étouffés. Elle a l’impression que ses ecchymoses s’agrandissent et laissent derrière des traces noirâtres sur sa peau de marbre. Il lui sourit, mais elle n’arrive pas à en construire le sens. Et le voilà qui la colle contre lui, sa tête venant se nicher contre son torse alors qu’elle tremble encore, qu’elle a du mal à même garder les yeux ouverts, qu’elle souffre.

Elle laisse ses yeux se fermer et son esprit s’embrumer de souvenirs plus doux alors qu’elle sent sa tête contre la sienne dans une embrassade doucereuse, sa main jouant dans ses cheveux. Ne me laisse pas partir, je t’en prie, ne me laisse pas.

Il ne te laisserait pas tomber il ne te déteste pas il a menti, il a menti. Et elle lui en veut d’avoir menti, elle lui en veut même si elle l’entend. Elle lui en veut de lui avoir menti pour seulement la faire souffrir de plus belle et son cœur hurle dans sa poitrine et se déchire encore et elle a mal. Elle se plaint, elle souffre. Elle se bat contre elle-même, belligérante, n’atteignant qu’avec difficulté les fragments dispersés et brisés de la lumière qui reste en son cœur.

Il frissonne, elle aurait pu le sentir comme elle a senti son cœur défaillir une seule seconde avant qu’elle ne pose sa main contre son torse pour se serrer plus fort contre lui, pour baigner dans cette lumière qu’il représente.

Seras-tu ma lumière, si je suis la tienne?

▬ Don’t let me go. ▬ Ne me laisse pas partir.

Faible murmure dans la brume des pensées disparates. Elle se presse contre lui à nouveau.

▬ I won’t let you leave. ▬ Je ne te laisserai pas t’en aller.

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MessageSujet: Re: Missed me, my dear? ♥   Mar 11 Nov 2014, 7:46 pm

Elle glissait, et glissait. Souffrait et s'enlisait. Plus mon étreinte se resserrait sur elle et plus j'avais l'impression de la perdre. Plus elle s'éloignait et plus je le sentais en moi, cette chose qui grattait les murs de mon esprit. Je devais continuer à la ramener vers la lumière afin de ne pas perdre la mienne. Si cela se produisait, si elle comprenait ce que je lui cachais, je la perdrais irrémédiablement. Et alors, c'est nos deux êtres qui aboutiraient dans les ténèbres, sans espoir de rédemption. Si mon propre destin ne m'était pas inconnu et que je l'avais depuis longtemps accepté, il en allait autrement du sien. J'avais laissé deux mondes entier périr sous mes yeux, mais ce coeur là, je ne le pouvais pas. Je sentis sa main se poser contre moi, comme si la dame de la brume recherchait soudainement ma présence. Avait-elle senti que je m'éloignais aussi? Je l'entendis murmurer, faiblement, et un sourire vint étirer mes lèvres. Ne pas la laisser partir? Comme si. Ne pas me laisser partir? Comme si. Le coeur toujours assaillit, la voix tremblante, je tentai toutefois de n'en rien laisser paraître, de maintenir mon illusion olfactive, de la laisser croire que tout se passait normalement dans le meilleur des monde. Doucement, je penchai la tête vers elle, venant déposer un baiser sur son front avant de lui répondre.

- Don't worry, I won't. You are mine after all.
Spoiler:
 


Aisling semblait déjà apaisée, déjà calmée, mais ses ténèbres étaient encore présents et je voyais en ses veines la noirceur couler. Je devais faire plus, mais quoi? Comment devait-on réconforter quelqu'un? Comme devait-on offrir son amour à quelqu'un et les sauver? Voilà qui était, pour moi, l'énigme la plus complexe que l'on m'ait jamais posée. Je savais comment aider son corps à guérir, mais l'âme était bien plus capricieuse, bien plus difficile à effleurer. Devais-je la rendre heureuse? Comment faire cela? Comment offre t-on cette chose intangible appelée bonheur? Toute cette douleur, était-ce simplement car elle avait cru que je partirais? Aisling était-elle dans cet était car je lui avais témoigné ma haine, bien que ce ne fut que paroles? Une fois de plus, devais-je user de méthodes similaires, renverser la situation de nouveaux mots? Si je te dis que je t'aime, ton coeur va t-il battre de nouveau? Mais ce ne sont que des mots, une fois de plus. Seront-ils suffisants pour te faire croire? Après les menaces viennent la torture. Après les belles paroles, est-ce là que viennent les baisers? Est-ce le chemin vers le bonheur?

Néanmoins, chacun de mes mensonges m'arrachait une plume, m'arrachait l'une des pièces de mon coeur, l'un des lambeaux de mon existence. Ce que je dirais, ce que je ferais, serait-ce un nouveau mensonge ou une vérité? Serait-ce une tromperie, provoquée par l'urgence? Serait-ce un aveux, forcé par la peur? Je ne le savais point, mais je ne voulais pas le savoir. Je voulais simplement la protéger, la sauver. Quel mal ce serait si, pour la guider vers la lumière, je devais me brûler les ailes? N'était-ce pas ce que j'avais décidé de faire? Si c'est ce que son coeur désirait, si c'était ce que son coeur criait, si c'était ce dont son coeur avait besoin, j'avais déjà décidé de ne pas reculer. On atteint pas un être par les mots, mais bien par les gestes. Mon regard d'ambre se posa sur ses traits affaiblis et, une fois de plus, ma main trouva le chemin de sa joue alors que je m'approchai. Mes paupières commencèrent à tomber, mon coeur à se serrer. Je pouvais sentir son souffle affaiblit s'entremêler au mien. Je marquai un temps d'arrêt, une hésitation, un battement de coeur. Mon front vint s'appuyer contre le sien, comme un peu plus tôt et mes yeux se fermèrent, laissant une expression de souffrance traverser mon visage. Je ne le pouvais pas, je n'y arriverais pas. Il est des choses qui sont sacrées, que même moi, je ne pouvais bafouer. Des choses qui ne se font pas au hasard, juste parce que la situation le demande.

- They are only words, but believe me. I...
Spoiler:
 


Et je le sentis. Un tremblement qui me secoua, qui me traversa, se glissant sous ma peau. Je sentis cette morsure, je vis les traits de mon être devenir plus flous. Ma chevelure noire se brouilla, comme si elle disparaissait dans l'ombre. Je sentis l'illusion que j'avais maintenue pour elle se diluer, m'échapper. Mon souffle se coupa et je la serrai un peu plus fort contre moi, délaissant son front du mien pour aller enfouir mon visage dans son cou. Je ne devais pas céder, je n'en avais pas le droit. Aisling avait trop besoin de moi. Retrouver la lumière, hein? Lorsque, soudainement, c'est moi qui me retrouvait dans cette situation, ça ne paraissait plus si aisé. J'étais la nuit, j'étais le noir, j'étais le monstre sous le lit et la bête qui regarde par la fenêtre. Si sombre que je l'entraînerais dans ma chute si je ne me ressaisissais pas. Mais comment? Les potions de la dame de la brume. Je relevai la tête, quittant le nid douillet de sa chevelure pour jeter un regard circulaire dans la pièce. Loin, elles étaient si loin. Je n'aurais pas la force de la porter avec moi, mais je n'avais pas non plus la force de la laisser là. Priorités, je devais faire mes priorités. L'alchimiste, sans le moindre doute. Si elle remarquait, si elle me voyait chavirer avec cette intensité, si elle réalisait ce qui se passait, ce serait fini.

- Stay here... I'll just go... get your medecine...
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MessageSujet: Re: Missed me, my dear? ♥   Mar 11 Nov 2014, 10:58 pm



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C’est à peine si ses paroles résonnent encore qu’elle le sent se mouvoir et finalement sent ses lèvres contre son front, que ses frissons trouvent un soudain repos entre une nouvelle rechute, le temps d’un soupir. Et jamais ces paroles n’avaient semblé si merveilleuses à ce moment précis. Je t’appartiens, d’accord, je t’appartiens. Ne me laisse pas m’évanouir, je ne veux pas disparaître. Ne disparais pas…

Mais n’avait-elle pas déjà dédaigné ces mêmes paroles, jugeant totalement faux le fait de lui appartenir? N’avait-elle pas juré qu’elle n’était pas sienne seulement un moment avant? Même si aucunement une poupée entre ses mains méphistophéliques, n’en était-elle pas moins à sa merci d’une manière inavouée, cachée dans les recoins les plus noirs de son esprit, camouflé sous un masque? Je t’appartiens peut-être, juge-t-elle, si pour moi tu es la lumière qui me guide loin de la mort que je rejette depuis si longtemps, si tu es pour moi ce que je suis pour toi, si tu es mien, pourquoi ne serais-je pas tienne?

Sous ses yeux clos transparaissent des miasmes de réminiscences s’évaporant tant le réel la replonge durement dans son corps et loin de son esprit. Elle s’agrippe en vain à une lumière depuis longtemps éteinte. Quand avait-elle tant brillé? Briller dans les ténèbres comme elle n’a jamais brillé dans la lueur du jour, être de la nuit qui s’efface au soleil en ne laissant plus qu’une faible ombre, l’ombre dans laquelle elle danse dans l’élégance d’une rivière et d’une chute dans un bruit clair, flocons de neige sous le vent. Fut-elle un jour destinée aux étincelantes lumières des mondes qui s’enflamment?

Et sa main s’était agrippée à ses vêtements. Elle s’était pressée de plus belle contre lui pour contrer sa douleur, contrer le mal, contrer sa peau qui semblait craqueler sous le poids de l’épaisse botte du temps, vulnérable feuille d’automne sous les vents glaciaux. Elle avait murmuré l’incompréhensible, laissant son corps trembler au gré des ténèbres environnantes en tentant de s’en défaire, de la laisser passer outre son âme noire, au moment où la main de l’homme s’approchait de sa joue pour la caresser de nouveau, son front revenant sur le sien, geste si familier et puissant d’une symbolique à laquelle elle puisait de subtiles significations. Aisling sent son souffle contre ses lèvres glacées alors que ses yeux papillonnent difficilement, son regard oscillant vers le sien, porté vers son visage torturé, son visage plissé d’une douleur presque aussi profonde de la sienne.

Ce ne sont que des paroles, mais que dois-je croire? Que dois-je croire, ne t’arrête pas, parle, parle, Noctis, je veux t’entendre. Je veux t’entendre.

Mais sa voix s’évade dans un murmure pour mourir contre ses lèvres. Son corps en entier fut pris d’un frisson contre le sien. Son antre revient dans l’odeur comme elle redevient tangible dans son esprit. Et ça la frappe. Ça la frappe de concevoir que ces frissons soutenaient une profonde lancée de noirs desseins en son être, presque plus encore alors qu’elle sent son visage s’enfouir dans son cou et que de profonds frissons traversent son corps alors qu’il la serre. Sa respiration s’en voit coupée, éteinte momentanément alors qu’il s’accroche à elle comme s’il s’accrochait à la vie. Et sa voix… Sa voix. Elle pénètre son âme comme rien n’aurait pu le faire avant. Son ton paraît si faible, tremblant. Si différent du ton assuré qu’elle lui connaît si bien, de cette voix qui lui est inconnue, cette voix qu’elle connaît à peine. Elle diverge de ce qu’elle a toujours connu, de ce qu’elle a cru connaître. Ne te connaissais-je pas par cœur? Je ne te laisserai pas partir, Noctis. Je ne te laisserai pas.

Et dans sa propre souffrance, elle prend le temps de juger la sienne et de voir à quel point elle a pu être aveugle.

▬ No…▬ Non…

L’élan de panique qui la gagne à ce moment est tangible. Ses paupières s’ouvrent brusquement cette mention plaintive. Ne me laisse pas, tu as dit que tu ne me laisserais pas, pouruqoi, pourquoi tu veux me laisser là? Je suis rien. Tu sais, je suis rien sans toi. Mais… L’élixir, l’élixir de vie, cette potion qui lui rendait la vie à chaque gorgée, cette potion qui empêchait les ténèbres de la ronger et de la tuer à petit feu. Il y en avait. Il y en avait toujours, mais la seule mention de la potion la laisse dans un profond frisson, un soupir étouffé, exclamation silencieuse. Elle panique de ne pas y avoir pensé avant. Elle panique du fait qu’il y pense et qu’il s’apprête à aller en chercher. Elle est loin. Elle est trop loin. Ne m’abandonne pas. Ne m’abandonne pas, je t’en prie.

Je ne veux pas te laisser partir. Pas dans cet état.

▬ Noctis.

Murmure qui se fait audible seulement par le silence. Le silence alors que ses narines s’emplissent d’encens et que ses yeux coulent des larmes de cette trop grande souffrance qui s’immisce dans son corps et qui brûle ses veines.

Il n’a pas le choix d’y aller. Il n’y a aucune autre issue.

Son état était critique. Plus critique qu’elle ne l’aurait pensé. Plus critique qu’il ne l’avait été depuis si longtemps. Mais le sien…

Est-ce de sa faute si lui aussi nage dans le noir?

Est-ce de sa faute, sont-ce ses ténèbres qui ont envahi son corps alors qu’il la tenait, est-ce même possible?

▬ Drink it. ▬ Bois-la.

Paroles qui sont tombées comme tombe par terre la neige, doucement, inaudiblement dans un souffle de vent inconstant s’extirpant de ses lèvres presque closes et bleuâtres par le froid, tremblantes.

Grande respiration chevrotante alors que ses doigts se délaissent en glissant de leur poigne, glisse sur son torse pour tomber par terre. Expiration tout aussi tremblante alors que des paroles s’entremêlent à un râle plaintif.

▬ Drink…▬ Bois...

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MessageSujet: Re: Missed me, my dear? ♥   Mer 12 Nov 2014, 12:02 am

Non? Je tournai mes iris d'ambre vers elle, lisant la panique en ses traits, ses yeux ouverts et tournés vers moi. Je ne peux pas la laisser faire, je ne peux pas la laisser réaliser ce qui m'arrive. Son coeur est déjà bien plus qu'affaiblit, plus rien ne la sépare de cet abysse sans fond et, si elle réalise que sa lumière n'est que tromperie, il disparaîtra. Puis, sa voix murmura mon nom, le laissa lui échapper comme une faible plainte de douleur, comme un appel au secours dans le noir. Et en ses joues je vis des larmes. De fines gouttes que j'aurais voulu faire disparaître, mais qui me rassuraient à la fois. Aisling est encore vivante. Si elle pleure, c'est qu'elle vit. Son coeur est toujours là, l'espoir est toujours là. Je peux encore la sauver. Je les essuyai du pouce, sauvegardai sa peau du liquide quelque peu salé, l'empêchai d'être souillée. Voilà, c'était déjà bien mieux. La suite, néanmoins, est difficile à entendre. Elle a deviné. Elle sait que, si je recherche cet élixir, ce n'est pas seulement pour elle. Je dois la protéger de ma personne, la protéger de mes ténèbres et de ce que j'ai fait. Que dirais-tu, Aisling, si je te susurrais à l'oreille que je le savais? Que j'aurais pu sauver Solaria avant même qu'elle ne soit détruite? Oh, mais je suis certaine que tu voudrais m'achever de tes propres moyens, à ne pas en douter. L'éloigner de moi, je devais éloigner ses pensées de moi. La lumière, sa lumière, voilà la seule chose qui devait compter pour elle.

- I don't think that... this is the right ti...me...to be drinking rhum. I'll be... right back with the potion. Hold on.
Spoiler:
 


Tels furent les mots que j'employai. Cette voix si faible, ces pauses involontaires, je les masquai en un effort surhumain, frôlant de m'arracher une plainte. Chaque illusion, lorsque j'étais dans cet état, m'affaiblissait un peu plus. J'avais l'impression de puiser en des ressources que je ne possédais pas et je savais qu'éventuellement, cet emprunt me reviendrait au visage telle une dette alourdie par le temps. Néanmoins, c'est tout de même un jeune homme aux cheveux blancs qui abandonna Aisling, se dirigeant vers les potions d'un pas qui se voulait confiant, normal, pressé. La vérité, c'est que je peinai à bouger, que je du m'agripper à la table pour me lever et ne pas la quitter pour gagner finalement le plan de travail de l'alchimiste. Les dents serrées, le coeur battant à tout rompre, le corps tremblant, je me sentais à deux doigts de flancher, de la laisser voir. Il ne le fallait pas, je ne le devais pas. Déjà je n'avais pu modifier mon ombre avec moi et cela me trahirait peut-être, je ne devais pas en plus de cela lui laisser voir mon visage ravagé et mes iris d'ambre devenus vitreux. Qu'aurais-tu dis, ma bien aimée Lumen, si tu avais du me voir dans cet état pathétique? M'enlacerais-tu comme autrefois? Serait-ce une nouvelle promesse que prononceraient tes lèvres ou lirais-je du dégoût sur ton visage pour tout ce que j'étais devenu?

Deux bouteilles, je devais en prendre deux. L'une que je lui ferais boire, puis une autre que j'emporterais avec moi. Je sortirais aussi rapidement que possible, m'éclipsant alors qu'elle serait encore en pleine confusion et elle irait bien, protégée une fois de plus par ses substances illicites. C'est loin de ses yeux à la couleur de la rivière que je boirais la mienne, que je chasserais les ténèbres et que je me gagnerais encore un peu plus de temps pour la sauver, juste un peu. Certes, elle serait sans doute blessée par mon départ précipité, mais je reviendrais, comme toujours, souriant, et elle ne comprendrait jamais ce qui s'était passé. Il est fort heureux, d'ailleurs, que je ne me sente pas coupable de lui cacher tant de choses. Si j'eu été un homme quelque peu honnête, il y a longtemps que son agonie se serait terminée sous le poids de mes révélations. Bien que, si j'eu été un homme quelque peu honnête, peut-être n'aurais-je jamais fait tout cela.

Enfin, j'agrippai les bouteilles, en glissant une dans une poche de mon manteau choisie aléatoirement, tant que ça pouvait y entrer. Maintenant, retourner auprès d'elle, enlacer Aisling, la faire boire et la sauver, la protéger, comme je le pouvais. C'est tremblant que je retournai jusqu'à la dame de brume, sentant mon illusion se faire plus ténue à certains endroits. Des éclats de jais dans ma chevelure d'ivoire, une épaule soudainement plus carrée, un vêtement plus sombre le temps d'un battement de cil. L'image se mouvait, oscillait, dépérissait. Tant d'années que je maintenait cette illusion aussi naturellement que je respirais, maintenant que mon souffle était coupé, il semblait presque normal que mon véritable visage cherche à percer mes mensonges. Je m'effondrai presque à ses côtés, maintenant l'illusion visuelle avec le peu d'énergie qu'il me restait, tentant simultanément de résister au poids de mes ténèbres. Je déposai la bouteille devant elle. Si je la lui donnais directement, la femme sentirait ma main trembler, elle me forcerait à boire avant elle. Son être passait avant le mien, une fois de plus, bien que cette vérité périrait avec moi, de concert avec tous mes autres secrets si bien gardés. Je m'efforçai de lui sourire, d'endormir sa vigilance et de lui faire croire que tout allait bien. Je devais tenir quelques instants de plus, souffrir un peu plus si cela permettait de la sauver. Car il est des choses en ce monde pour lequel le plus grand des sacrifices n'est qu'une pure formalité.

- You should drink, in this state I would not be surprised to see you hallucinating. Don't make me... force you...
Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Missed me, my dear? ♥   Mer 12 Nov 2014, 1:04 am



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Le voilà qui essuie ses larmes. Le voilà qui fait fi de ses paroles comme il le fait toujours. Serait-elle en train de le retrouver, de retrouver celui qui se cache sous cet épais manteau immuablement ténébreux? La suite confirme à l’alchimiste de l’effort qu’il tente de faire pour cacher tout ce mal qu’il lui a montré ne serait-ce que quelques secondes avant. Aisling referme ses yeux au moment où ses mots sont prononcés, serre son poing sur le sol alors que son cœur tente de vaincre une nouvelle vague ténébreuse s’immisçant dans ses veines par l’afflux de ses paroles.

Mais tu sais ce que je voulais dire. Tu sais exactement ce que je voulais dire et ta voix te trahit, Noctis, ta voix te trahit, le son de ta propre voix aurait pu en dire plus long sur ces diatribes saugrenues que tu m’envoies à la figure. Pourquoi? Pourquoi ne veux-tu pas t’aider, pourquoi ne me laisses-tu pas te sauver? Je ne veux pas te voir partir, je ne veux pas te voir disparaître comme tu disparais à chaque fois et comme tu disparaîtras encore si tu pars si tu t’éloignes.

Il se lève et elle se sent glisser au sol de plus belle, laisse son corps choir au sol, un moment, accotée au mur.

Son regard se pose sur lui et elle ne le voit pas tant sa vision se brouille alors qu’il la quitte et qu’il avance loin d’elle qu’il s’éloigne pour retrouver ce qu’elle s’efforce à vouloir qu’il retrouve et qu’il boive. Noctis se veut assuré de sa vision blanchâtre, il est trop blanc dans la noirceur, mais ses pas le trahissent, le son de ses pas se font entendre comme la vibration de ceux-ci sur le sol et résonnent sur le mur sur lequel son oreille tombe pendant un instant. Le bois est froid contre sa joue et elle a glissé sans mal contre celui-ci pour seulement s’y réfugier.

Je t’ai laissé partir pour que tu ne meurs pas, ne me reviens pas avec ces paroles en tête, Noctis, ne me reviens pas avec ce mal qui m’agresse. Arrête. Arrête de me mentir.

De tout ce qu’elle aurait aimé lui dire n’en sort qu’un gémissement, soubresaut de l’âme qui retient un cœur qui se bat contre ses ténèbres alors que son souffle se coupe encore une fois et que ses plaies veineuses s’agrandissent des ténèbres envahissantes.

▬ Y—you know…w…what I. …meant. The potion… ▬ T—tu sais c..ss..ce que je… voulais dire. La potion…

Sa voix est teintée d’un empressement certain, d’une panique qui la quitte alors qu’il s’approche, dans son entêtement, de sa table de travail, où il y trouve l’endroit où elle laisse ce qui lui reste de l’élixir. Et le voilà qui revient. Il revient vers elle de cette démarche qui s’entend plus qu’elle ne se voit, qui s’entend de ses accrochages, de ses pas chancelants et de sa lourdeur. Noctis revient à elle, mais ne daigne la toucher de nouveau alors qu’il murmure que ses yeux la trompent, qu’elle hallucine – non. Non, tu mens, arrête.

Pourquoi la forcer à boire quelque-chose qu’elle aurait bu de surcroît? Pourquoi ose-t-il penser qu’elle ne l’aurait pas fait, elle aussi, qu’elle n’aurait pas laissé sur ses lèvres couler ce liquide précieux à sa survie? Pourquoi la forcer?

Elle ne peut répondre logiquement à cette pensée qui lui semble plus qu’erronée. Elle n’arrive plus à penser clairement, mais ça lui paraît si étrange et si faux qu’il lui dise une telle chose de ses mots qui se coupent et qui s’éloignent comme sa voix s’éloigne.

Pendant un instant, son regard se tourne entre lui et sa forme changeante comme la lueur de la chandelle et la potion qu’il a soigneusement déposée à ses côtés. Pendant un moment, elle se perd dans son regard et tente d’y voir autre chose que ce vide et ce brouillard qui l’habite.

Et encore sa main atteint la potion, dans sa hâte, dans les tremblements qu’elle exerce, la fait tomber et la regarde rouler avec un air plus horrifié encore au visage alors qu’elle la rattrape du bout de ses doigts frémissant sous l’effet de la grande fatigue qui la gagne. Mais même si l’opalescence faible de son regard scrute la lumière dansante au creux du liquide à la blanchâtre lueur de perle et que son instinct lui dicte de vider la fiole d’une gorgée, elle n’y arrive pas. Elle n’y arrive pas et se retourne vers lui qui ne daigne plus la prendre et qui continue de lui mentir et qui continue de souffrir – si tu ne me mentais pas, pourquoi reprendre cette forme quand tu l’avais quittée, pourquoi, Noctis?

Ce n’était pas une requête. C’était un ordre. Elle lui avait ordonné de la boire. Elle lui avait ordonné de le faire parce qu’elle voulait le sauver, elle voulait le garder. Tu m’as dit que tu ne partirais pas, je ne te laisserai pas partir, tu n’as pas le droit de me laisser, pas dans cet état.

Et la potion qu’elle tient quitte le sol alors qu’elle balance difficilement pour se redresser son poids sur son coude niché entre la porte et son corps et sa main se serre sur le verre de la fiole encore fermée pour arrêter ne serait-ce qu’une partie des tremblements qui l’assaillissent. Et alors que sa main quitte le sol sur lequel elle s’appuyait, elle retrouve appui sur lui, sur son bras qu’elle empoigne solidement en laissant son corps tanguer vers le sien. Sa main glisse de son bras vers sa main dans laquelle elle dépose d’un geste envahi par de violentes secousses la fiole qui lui était destinée, à elle.

Son regard fait le chemin de sa main vers ses yeux. C’est la plus grande des douleurs qui jaillit dans sa voix alors que ses lèvres s’entrouvrent pour laisser passer de nouvelles paroles murmurées.

▬ Drink it. ▬ Bois-la.

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MessageSujet: Re: Missed me, my dear? ♥   Jeu 13 Nov 2014, 12:05 am


De l'ironie. Voilà ce que c'était. J'aurais pu en rire à m'en casser les cotes si je n'avais pas été en train de m'éteindre à petit feu déjà. La voilà, brisée par la perte de son monde, tentant de sauver l'homme qui serait son sauveur, celui-là même qui l'avait fait sombrer dans le néant pour commencer. Peut-être était-ce pour cela que je n'avais pas pu? Était-ce une confusion des sentiments ou la culpabilité? Oh aller, soyons sérieux, moi, me sentir coupable? ... Peut-être... Dans tous les cas, ça ne ferait pas taire sa détermination, ça ne la ferait pas changer d'idée. Je devrais boire, autrement elle ne lâcherait pas l'affaire. L'alchimiste était dans un état bien trop critique, je devais obéir. Voyons donc voir si ses concoctions étaient aussi efficaces qu'elles n'y paraissaient. Esquissant un sourire torturé, c'est en un soupir que je lui répondis.

- What a stubborn woman.
Spoiler:
 


Néanmoins, c'est vers la poche de mon manteau que je dirigeai ma main, allant y récupérer la fiole que j'avais subtilisée. Je la lui désignai, lui faisant comprendre que j'avais la mienne et qu'elle pouvait donc boire l'autre avant qu'il ne soit trop tard. Des dents, j'arrachai le bouchon et l'envoyai valser plus loin dans la pièce. J'étais mécontent de la tournure des événements, mais je pouvais toujours me rattraper si je jouais comme il faut. Je prendrais cette potion et me remettrais et, plus tard, je pourrais lui dire que c'était seulement sa propre noirceur qui avait débordé sur moi. Il me suffirait de quelques mots pour construire une mascarade élaborée. Certes, elle s'en blâmerait peut-être et tenterait sans doute de me fuir, mais ça ne m'avais jamais empêché de la retrouver, donc le problème venait de pousser son dernier soupir dans l'oeuf. Mes orbes d'or tournées vers la potion, c'est une moue incertaine qui régnait sur mon visage.

- The things I do for love...
Spoiler:
 


Je me jetai à l'eau, portant la flasque à mes lèvres, inclinant la tête vers l'arrière afin d'aider la substance à faire son chemin dans ma gorge. Je sentis mon être entier se révulser, j'entendis crier le noir, je sentis mon être s'enflammer. Je n'en avais pas bu la moitié que la fiole m'échappait des mains avant d'aller choir au sol, de laisser quelques précieuses gouttes êtres perdues. L'on m'arrachait le coeur. L'on me brûlait vif. Je ne devais pas crier, je ne le pouvais point. La douleur, je devais la garder pour moi, je ne devais pas l'inquiéter, mais il est des limites à toutes les illusions et j'avais atteint la mienne. Convulsion, yeux humides, plaintes de douleur, les iris dénués de vie, les pensées dénuées de sens. Quand cela prendrait-il fin? Quand reverrais-je Aisling à mes côtés? Quand pourrais-je lui sourire de nouveau et lui assurer que j'allais bien, malgré que ce fut tout sauf le cas? Quel mensonge pourrais-je formuler pour lui faire croire que rien de cela ne s'était produit? Aucun, à ne pas en douter.

Dans la confusion, dans cet entre deux mondes, en cette éclipse, je cru revoir ma vie défiler de nouveau. Des images, des odeurs, des sons, des reflets dans le miroir et des voix qui prononçaient mon nom. La lumière, je devais trouver la lumière parmi les ténèbres. Je devais tendre la main et retrouver cette chose qui me sauvait, qui l'avait fait, qui le ferait encore et encore. Où se cachait, en mon esprit, le rayon de lumière qui me gardait encore en vie? Une fenêtre, cette fenêtre là. Humide, embuée et ne me laissant pas apercevoir la nuit. Néanmoins ça ne comptais pas, je pleurais trop. Mon coeur dérivait trop. Sentiment de déjà-vu. Histoire qui se répète, encore et encore. Solitude. Lumière. Lumière!

J'ouvris les yeux, le coeur battant toujours. Je ne vis pas tout de suite, le monde était encore trop embrouillé. Que se passait-il? Quelle était cette chose à laquelle je m'accrochais? Cet objet que j'enlaçais de mes petits bras tremblants? Quelle était cette bouée que je m'étais trouvé dans les abysses? Je devais l'apercevoir de l'autre côté de mes mèches aussi blanches que la neige. Non... mes cheveux n'avaient plus cette couleur, plus depuis des années. Je baissai les yeux vers ma main, de courts doigts d'enfant. Qu'avais-je fait? Pourquoi étais-je affecté par mes propres illusions, soudainement? Me voyait-elle ainsi elle aussi? L'alchimiste voyait-elle un enfant l'enlacer ou serait-ce un homme? Derrière le voile de mystère, quelle était la vérité? Le temps d'un clignement des yeux et je redevins le shadow dancer, je redevins l'individu aux cheveux d'encre, celui qui ne se souciait que de l'état d'Aisling maintenant que le sien n'était plus à craindre. Dans mes bras, elle était toujours là. Je m'étais accrochée à elle, j'avais serré son corps contre moi et j'espérai ne pas l'avoir fait souffrir. Allait-elle bien? Avait-elle également réussi à revenir? Ma douce, entends-tu mes appels?

- Aisling?
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MessageSujet: Re: Missed me, my dear? ♥   Ven 14 Nov 2014, 3:24 am



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Tu meurs.

Tu meurs, Aisling. Chaque souffle que tu pousses hors de tes poumons est compté. Chacun des murmures qui s’extirpent de tes lèvres pour mourir dans le silence sont tes derniers. Ton cœur s’effrite, ton cœur hurle, hurle encore, mais tu ne l’écoutes pas, tu ne l’écoutes pas et tu continues de t’acharner pour le sauver, lui, quand c’est toi qui en a le plus besoin.

Parce que tu l’aimes.

Même si tu te ne l’avoueras jamais assez, jamais assez pour que ce ne soit tangible, pour que ça ne soit réalisable, tu l’aimes et tu veux son bien plus que tu ne veux le tien, c’est indissociable. C’est peut-être de voir pour la première fois les filaments d’ébène de ses cheveux qui t’a poussé à agir ainsi. C’est peut-être de voir la souffrance dans ses traits qui t’a convaincu. C’est peut-être ta propre douleur qui est venue jouer le rôle de catalyseur à cette soudaine pulsion. Non – ce n’est rien de tout cela. Et tu le sais. Tu le sais très bien; dans n’importe quelle autre situation, tu aurais été là. Tu aurais été là, contre ton gré, à le sortir de sa noirceur, parce que tu avais toujours tenu à lui, depuis la première fois que tu l’avais vu, lui, lui et son regard fasciné, lui et sa détermination, même si ça avait tant évolué, depuis.

Ça t’avait complètement glissé des doigts.

Ça t’a glissé des doigts et tu n’aurais jamais pu le croire.


Elle n’aurait pas pu consentir à boire sa propre potion tant qu’il n’aurait pas bu la sienne malgré toute la hargne qu’il semblait porter à ce même geste. Son entêtement n’était pas comparable au sien. Il aurait pu dire tout ce qu’il voulait; jamais elle n’aurait été plus entêtée que lui à ce moment-même et ses paroles lui auraient valu la plus grande de ses indignations si l’état et la lucidité lui aurait permis de même comprendre ce qu’il disait. Aisling n’arrivait tout simplement plus à se concentrer que sur des parcelles, des éléments bâtards qui se dissociaient trop vite dans son esprit. La danseuse des ombres s’accrochait tout de même à ce qu’elle avait compris, martelant son esprit des paroles tantôt dites, celles qui ne laissaient aucun doute sur ce qui se passait réellement et qui ne faisait qu’attiser sa détermination. Il ne pouvait plus mentir. Aussi loin puisse-t-elle sembler à ce moment, le noir de jais que ses cheveux avaient révélé avant même que son manège ne se mette en marche en disait long sur son état. Sur l’immaculé de son âme avait tombé les cendres des ténèbres qui s’étaient longtemps sédimentées sur les parois de son cœur inatteignable. Ton secret est dévoilé, la mascarade est finie. Laisse tomber ton masque, Noctis, il est inutile de te cacher plus longtemps.

Il avait pris une potion, et de ce simple geste où elle entrevoit entre ses mains une deuxième fiole, elle comprend mieux encore son manège. Une nouvelle tentative de la duper d’une quelconque manière aurait été bien vaine, malgré son mal, malgré sa tête qui ne cesse de tourner et de cogner, malgré son cœur qui lui inflige la pire des tortures. Elle savait, et c’était tout. C’était tout ce dont elle avait besoin de comprendre dans toute sa douleur qui continuait de déchirer le reste de son cœur, la laissant haletante, mais déterminée; la laissant là, lâcher de faibles gémissements, mais ne lâchant pas prise.

La Dame s’était contentée de serrer dans ses mains vacillantes la potion qu’elle avait posée au creux de sa main pour la ramener vers elle, contre sa poitrine, et d’attendre, attendre qu’il n’entame la sienne pour seulement consentir à ouvrir celle qu’elle tenait au creux de sa main. S’il avait fallu qu’elle soit parcellement plus ludique qu’elle ne l’était, peut-être aurait-elle jugé bon de l’avertir de la puissance de l’antidote qu’il s’apprêtait à boire sans la moindre appréhension, ou très peu de celle-ci, dans le cas présent. L’alchimiste n’en fit rien, cependant, le laissant à son triste sort, celui même par lequel elle devrait passer d’ici encore quelques secondes, après s’être bien assuré qu’il ne lui mentirait pas de nouveau et qu’il extirperait bien les ténèbres de son être.

Et il le fit.

Il le fit après avoir murmuré des paroles qui lui furent incompréhensibles alors qu’elle s’accrochait toujours à lui pour se tenir stable, sa main s’accrochant au tissu de sa manche, qu’elle serrait plus ardemment à chaque nouvelle décharge envoyée de son cœur, attendant, attendant trop pour que ce ne soit endurable. Des lamentations de douleur continuaient de siffler entre ses dents. Mais la douleur que Noctis ressentait à ce moment-même n’était rien de comparable à toute la douleur supplémentaire qu’elle venait de lui infliger à même lui ordonner de boire sa concoction, bien que cette soudaine brûlure allait le ramener vers elle, ça n’avait jamais été agréable. Et elle le voit alors qu’il hurle. Elle l’entend hurler et ça lui perce les oreilles de cette souffrance inattendue qu’il ressent soudainement, de cette souffrance qu’elle ressent juste à l’entendre se lamenter de la sorte. Aisling ne connaît que trop bien ce chemin douloureux par lequel les Ténèbres s’extirpent d’un corps lors de ce processus de purification.

Mais elle n’aurait pu s’attendre à la suite. Elle n’aurait pu s’attendre à cette confusion qui s’infligeait soudainement à ses yeux dans les siens. Elle entend son nom, à lui, qui tonne dans l’atmosphère au plus profond de sa tête alors que ses cris s’étouffent. Elle entend et elle voit des choses jamais vues auparavant dans une suite d’images trop rapides pour qu’elle ne puisse s’arrêter sur l’une d’elles seulement. Elle s’arrête et voit, sent, ressent, et ce soudain choc l’empêche de faire quoi que ce soit. Elle se voit entraînée dans sa démence et, dans sa confusion, souffre des ténèbres qui continuent de l’assaillir et de la pousser plus loin dans de sinueux embranchements.

Au-delà de l’irréel et des illusions qui gagnent subrepticement son corps déjà amenuisé de sa force, elle ressent soudainement que des bras l’entourent alors qu’elle-même lâche prise, la serrent, la sortent soudainement de cette danse. Et ses cris reviennent à elle. Et sa souffrance la frappe de nouveau comme l’éclair alors qu’elle s’étouffe de ses bras qui l’empoignent et qui la serrent. Aussi soudainement ressent-elle une pression que celle-ci disparaît, juste comme ça, dans un soupir.

Soupir de son nom qui est murmuré dans les abimes incertains de son âme partiellement détruite.

Noctis…

Tu es revenu à moi, mais je n’ai pas pu en faire de même.

Aisling se perd, la potion toujours nichée dans sa main, contre sa poitrine. Elle n’a plus la force. Ses doigts se délient de leur poigne bien qu’elle tente de lutter; ses yeux se ferment et se rouvrent, douce agonie de se battre contre soi-même pour si peu. De ses lèvres s’échappe un soupir, seule réponse à son nom murmuré alors que son visage se reporte sur le sien et que dans le brouillard de ses yeux laiteux, elle croise ses traits et ses yeux qui cherchent les siens. Aisling se bat contre elle-même, utilise sa main tremblante pour atteindre le bouchon, qu’elle tente de déloger à l’aide de son pouce, qui tremble, qui doit se reprendre à plusieurs reprises avant que ses tentatives ne portent fruit.

Le bouchon tombe au sol et elle porte finalement le liquide à ses lèvres chevrotantes, utilisant ses doigts pour soulever le verre, laissant le liquide couler dans sa gorge. Elle a du mal à avaler, le fait quand même – ce n’est qu’une gorgée – et alors que ça finit, qu’elle avale, son bras se défile de son cou, de sa poitrine et touche le sol, délaissant la fiole qui roule paresseusement à quelques millimètres, sa course arrêtée par une planche de bois inégale.

Et ça vient. Elle sent le liquide descendre dans sa gorge. Elle le sent qui cherche la lumière afin de la défendre. Et elle a peur, parce qu’elle le sent venir, même si ça prend plus de temps, même si ça la laisse languir pendant une seconde entière alors qu’elle cherche, dans une poussée soudaine d'adrénaline, confort vers lui, lui qui la tient déjà, mais qu’elle tente de serrer plus fort, comme un enfant qui appréhende l’orage. Elle sent le blanc qui chasse le noir après avoir cherché le surplus et sent son être brûler alors qu’il l’extermine. Ça commence par une sensation désagréable de brûlure à l’intérieur, par des plaintes aigues, mais silencieuses. Aisling ressent tous les pores de sa peau en même temps, prend conscience de son corps meurtri, secoué de violentes convulsions. Elle n’a plus la force de retenir ses cris. Elle n’a plus la force de lutter contre son propre corps qui hurle au même moment où elle s’époumone et pleure de ce mal qui s’évanouit.

Dans d’autres conditions, elle aurait pu se montrer plus forte; elle en connaissait déjà les effets. Elle connaissait déjà ce mal, l’avait affronté la tête baissée depuis des années.

Pour la première fois depuis des années, sa fragilité transparaissait dans ce simple geste qu’elle exécutait quotidiennement, sans plus y penser.
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MessageSujet: Re: Missed me, my dear? ♥   Lun 24 Nov 2014, 12:48 am

Je l'avais fait, malgré moi. Je m'étais arraché aux ténèbres car c'était là le seul moyen de la convaincre d'en faire de même. Qui eut cru que cette concoction puisse s'avérer à la fois si terrible et si efficace? Cette brûlure en mon sein, lente agonie à la fois sourde et fulgurante. Puis, j'avais tourné mes yeux d'ambre vers la belle, j'avais cherché sa présence, cherché à la serrer un peu plus en mes bras. Elle n'allait pas bien. La dame de la brume se fanait devant mes yeux telle une pauvre fleur abandonnée du destin. Quelle funeste tragédie l'attendait si ce n'était la mort, la disparition, le départ silencieux dans le domaine des ténèbres? Voyant que je m'étais exécuté, néanmoins, il était maintenant à son tour de remplir sa part du contrat, de survivre avec moi. Je ne pouvais point l'aider, sa vie ne dépendait pas de moi, seulement de sa volonté à demeurer à mes côtés, en ce monde si imparfait. Je l'implorai presque du regard et, enfin, elle le fit. Aisling retira difficilement le bouchon et bu. Je n'étais plus inconnu aux souffrances qui accompagnaient ce remède et, dans son état critique, je me demandai si cette seule épreuve ne serait pas suffisante pour l'arracher à mon étreinte. Voilà une pensée bien désagréable, une éventualité que je me refusai à envisager. Elle serait tirée d'affaire. La souffrance viendrait l'étreindre, mais la réussite de son entreprise n'était pas à discuter.

J'effleurai sa joue de ma main, une fois de plus. Juste une toute petite fois en plus, une simple marque d'affection, de support. Je pouvais la perdre, aujourd'hui, demain, maintenant. Peut-être était-ce déjà fait? Oh, si tu meurs, Aisling, je veux au moins que tu partes en sachant que je t'ai mentis. Oh, si je meurs avant toi, laisse moi emporter mes secrets dans l'autre monde, laisse moi partir sans te priver de mon amour. Je t'ai déjà volé tant de choses, aussi sournoisement que la lame d'un poignard. L'espoir, le bonheur, voilà des choses que je me refuse de t'enlever, bien que je le ferai. Si longtemps, j'ai refusé de te les donner, mais il est trop tard maintenant, tu en as bien trop besoin. Oh, comme je souffre de savoir. Comme je m'en veux, mais je ne puis rien y changer. Je t'ai fais souffrir, je te fais souffrir, je te ferai souffrir. Y a-t-il au moins un temps, un moment, une époque, un endroit ou même un rêve où je ne te fus pas douloureux? Comme cette pensée me serait réconfortante, mais un être comme moi ne mérite point ce réconfort. Voilà, au fil des années, une certitude dont je ne me suis jamais séparée. Puis-je, l'espace d'un battement de mon coeur, t'être réellement bénéfique? Puis-je, en un geste ou en une parole, effacer tout ce mal que je t'ai fait?

Mais si cet acte que je veux pur, ce geste d'amour, s'avère inefficace? S'il est déjà trop tard, m'en remettrais-je? Et si, en voulant te sauver, je précipitais ma chute? Ne précipiterais-je donc pas la tienne également? Voilà un risque bien trop lourd, un prix bien trop élevé. Te mettre en danger une énième fois, voilà qui serait contraire à mes plus intimes désirs, pourtant je le ferais bien, seulement pour brouiller les pistes. Pour que tu ne le saches pas, que tu n'en sois pas certaine. Pour que cette parcelle de doute subsiste. Une infime hésitation, suffisante toutefois pour que je me dissimule, que je déforme les faits et que je te contrôle, que je te gardes bien loin de moi. Mais alors, pourquoi vouloir te garder au creux de ma main? Pourquoi vouloir te posséder, pourquoi ne pas simplement réussir à t'abandonner? Comme cette vie m'est difficile, Aisling. Comme il m'est difficile de te regarder ainsi souffrir au creux de mes bras, de par mon fait. Ta voix me vrille les tympans, ton être endolori m'arrache un gémissement et ton coeur oscillant dans les ténèbres m'angoisse. Pourquoi ne puis-je rien faire? Pourquoi suis-je si impuissant? Depuis quand est-ce que tout ceci m'a glissé des mains? Depuis quand ne suis-je plus le narrateur de notre histoire? L'ais-je seulement été? Un antagoniste peut-être, un imposteur aux mille visages, mais le conteur, peut-être jamais. Y a-t-il un moyen d'arriver à cette fin? Un moyen de me munir de la plume et d'écrire les prochaines lignes, de décider de ton destin et donc, peut-être, du mien? Si je te perds aujourd'hui, quand pourrai-je te chérir? Y aura-t-il un temps, un moment, une époque, un endroit ou même un rêve où tu seras mienne?

Peu à peu, les cris s'estompaient, la douleur semblait moins vive. Était-ce ton retour ou ton départ? Était-ce la fin ou le commencement? Saisir le jour, saisir ces quelques secondes, peut-être les dernières. Fidèle à mon être, je me devais de guider cette danse, de faire virevolter cette pauvre existence entre mes mains et, cette fois, être celui qui enseignait. Je devais la ramener dans mes bras, lui donner une raison de rester et de briller. Mais le risque était toujours présent, la crainte de précipiter la chute était toujours là. Néanmoins, une seule chose importait. Que la colombe s'envole ou que les plumes tombent, ce devait-être de ma faute. Je n'en pouvais plus de cette vie, de cette hésitation. Là, maintenant, pour cet ultime instant, je ne désirais plus jouer, simplement provoquer le destin. Qu'il me détruise s'il le désirait, qu'il m'écorche vif et qu'il m'abandonne en lambeaux, mais lui-même n'aurait plus emprise sur mon être. Car demain ne viendra jamais, mon amour, pas pour nous. Toi et moi, nous ne sommes qu'un mensonge. Nous sommes des mots qui ne riment pas. Nous sommes une histoire jamais écrite. Nous sommes une idée jamais achevée. Nous n'existera jamais, mais en cet instant, laisse moi l'imaginer. Laisse moi faire battre ton coeur, même si c'est la dernière chose que je ferai, même si c'est la dernière chose que tu feras. Car il est impossible de perdre ce qui n'existe pas.

- This as to end. Heed my voice, Aisling. I shall say it only once. I need you too. Don't leave me alone.
Spoiler:
 


Puis, je m'approchai de sa douce peau de porcelaine, de son être chevrotant, tremblant et si loin de moi alors qu'elle était pourtant dans mes bras. Du bout des doigts, je chassai sa chevelure de son visage pour mieux contempler ses traits, lui offrant quelques secondes de répit supplémentaire, lui offrant le temps de me revenir par ses propres moyens. Autrement, j'allais utiliser les miens. Non, c'était faux, je ne lui laisserais pas le choix. Si ce sentiment que je devinais en son coeur était bien tangible, je la forcerais à le reconnaître. Aisling, ton coeur brillera, j'en fais le serment. Même si tout cela n'est qu'un mensonge, pour toi je m'enliserai jusqu'à disparaître. Au fond, peut-être est-ce cela que d'aimer réellement, me dis-je en fermant les yeux. Cette fois, je n'hésiterais pas. Cette fois, je l'embrassai.


When you feel my heat, look into my eyes. It’s where my demons hide. It’s where my demons hide. Don’t get too close; it’s dark inside. It’s where my demons hide, it’s where my demons hide ~
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MessageSujet: Re: Missed me, my dear? ♥   Lun 24 Nov 2014, 11:03 pm



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Cris agonisants. Mains crispées sans plus de pensée sur des vêtements qui ne sont pas les siens, ses yeux fermés laissant maintes larmes s’échapper, ses traits rongés par cette douleur trop intense. Trop intense et trop vive. Elle la brûle, elle la brûle comme de l’eau bouillante dans sa gorge, contre son corps. Elle aurait cru mourir. Mourir de cette douleur qui la torture qui la martyrise qui l’assassine doucement. Elle se fait tuer par sa propre création, elle meurt de sa propre concoction, de l’antidote qui était censé lui redonner vie.

Et elle aurait aimé mourir. Elle aurait aimé quitter son corps parce que la douleur était trop forte. Pitié, je veux que ça s’arrête tout en sachant que ça ne s’arrêterait pas; elle ne pouvait pas mourir, elle ne pouvait pas. Elle ne se laisserait pas mourir pour si peu, malgré le fait que cette douleur est trop vive et qu’elle est plus intense qu’à l’habitude, plus intense encore que toutes ces autres fois, journellement, cette potion prise n’avait jamais semblé si puissante. Elle laisse passer convulsions dans son corps en chocs puissants, un éclair qui la frappe à chaque mouvement trop brusque de son corps qui tremble et elle s’agrippe, stresse ses muscles qui se cabrent et qui s’étirent à chaque nouvelle vague. Elle aurait cru s’évanouir, elle aurait cru s’échapper.

Une main sur sa joue. Sa main sur sa joue. Ramène-moi à toi, Noctis, ramène-moi, je meurs, je m’évade, je m’essouffle.

Plus de souffle. Mais elle n’en a plus besoin. Doucement. Doucement, la douleur s’amenuise alors que la potion finit de chasser les Ténèbres de trop, ces ténèbres qui n’ont pas leur place et qui s’affairent à détruire son âme. Aisling ressent les brûlures qui se fanent doucement en laissant la lumière intouchée.

Tremblements de ses lèvres. Le souffle court, elle laisse ses cris endoloris se fondre dans un vide insonore. Ils sont toujours bien présents, comme sa peau qui continue de frissonner à chaque soubresaut de son âme fracturée. S’évadent des cris qui se métamorphosent en sanglots, étouffés par ce souffle qui a mal de ne plus respirer.

Et là voilà, si détruite, qui tente de respirer, de retrouver une parcelle d’air alors que ça lui paraît impossible, que de ses poumons s’échappent l’air qu’elle veut garder dans une lamentation rauque, ses yeux toujours fermés scrutant son propre corps et ses ressentis, son corps qui tente de s’évader de sa douleur qui s’estompe, de ces ténèbres qui cessent leur machiavélique influence. Et elle reste là, sans bouger, que des tremblements plus faibles encore, trop faibles, sa tête roulant sur son épaule.

Et tu entends ses paroles qui viennent à toi. Tu les entends, car elles te ramènent doucement hors de toi, elles te ramènent hors de ce monde où tu t’évadais pour ne plus revenir, sommeil trop profond qui te voulait jalousement, l’intime précipice qui t’aurait perdu, l’ultime saut vers l’assoupissement sans conscience. C’est lui qui te garde et qui t’a toujours ramené, tu le vois comme tu l’entends, en toi, cette lanterne qui se remet à briller, sa main qui se tend vers la tienne au fil des mots qui se brodent et que tu suis comme un chemin. Il est tout ce que tu entends, tout ce que tu vois alors que tes yeux s’ouvrent difficilement, que dans ton regard de voie lactée il puisse croiser tes yeux qui cherchent les siens et qui ne voient qu’un brouillard incertain de cheveux et de traits caoutchouteux alors qu’ils se referment. L’écouter, l’écouter serait ta seule option, parce que tu ne peux rien faire de plus, parce que tu es trop faible pour faire quoi que ce soit de plus.

Elle l’entend et ses paroles semblent si belles, pour une raison qui lui échappe. Nouveaux tremblements. Nouvelle, courte, plainte, avant que des doigts n’effleurent son visage perlant de sueurs froides, qu’à nouveau, son souffle s’estompe pour laisser place au sien. Un instant encore. Son souffle sur ses lèvres.

Ne me laisse pas partir. Si tu as besoin de moi, ne me laisse pas partir.

Elle sent son visage qui effleure le sien, son nez contre le sien un ultime instant.

Douce collision de leurs lèvres, secondes interminables dans une incompréhension palpable. C’est ses lèvres qui sont venues chercher les siennes, comme ça, le temps d’un battement d’ailes. L’ignition de cette flamme qui vacille, qui s’éteint pour revenir, ardente, vigoureuse. Elle brille et l’enflamme, une chaleur intense, si douce brûlure dans son être, un feu duquel n’émane aucune douleur, aucun maux; ils s’effacent, s’endorment, s’apaise, retournant dormir dans les coins insoupçonnés de son esprit.

Ses mains se délient de leur poigne sur ses vêtements, effleurent son cou – comme pour le retenir une seconde de plus – retrouvent son dos, se stabilisant, gardant cet équilibre qu’il retient déjà de sa main autour d’elle. Elle goûte le fer de sa blessure qu’elle avait tenté avant d’effacer, son sang entre ses lèvres tremblantes. Une étreinte imparfaite, ruinée depuis son commencement. Un champ de bataille sanglant dans une atmosphère envahissante. Tous deux assassinés par leurs propres ténèbres et las, là, dans un dernier souffle incertain.

La Dame de la Brume de l’aurait jamais avoué. Elle n’aurait jamais avoué à quel point ses lèvres sur les siennes agissaient comme un baume venant calmer le tumulte de son esprit. Elle n’aurait jamais avoué ce flot d’émotions incompréhensibles. Comment expliquer ce sentiment, cette sensation de vide qui vient de se combler, cette sensation de solitude achevée, de peur qui s’effrite et s’éloigne? Comment expliquer cette incompréhension qui s’immisce dans son esprit et qui efface sa raison, encore, de nouveau et plus ardemment qu’avant? Comment expliquer cette contradiction qui creuse un précipice plus large encore?

La douleur s’apaise pour laisser place à une autre, à cette faiblesse intense, à ses membres qui crient et qui hurlent du combat précédemment perdu. Aisling laisse présager ce mal sur son visage alors que leurs lèvres se séparent, qu’en baissant sa tête, leurs fronts se rencontrent de nouveau; une douleur qui semble moins intense, mais qui est bien là, engourdissant ses membres et pulsant dans son cœur, cet autre cœur qui est beaucoup plus littéral, ce cœur qui pompe son sang sporadiquement, créant en elle une souffrance erratique. Elle n’avait jamais attendu aussi longtemps avant d’ingurgiter son élixir de vie – l’analgésique, assez puissant pour endormir tout mal, s’était affairé à neutraliser les Ténèbres en elles-mêmes.

Encore, les gestes commis auraient pu causer sa mort. Encore, elle aurait pu y rester. Ça avait été stupide. Assez stupide, trop stupide. Son affliction était palpable, probablement bien trop présente, mais Noctis ne devait pas le savoir. Noctis ne devait pas voir cette douleur-là, celle pour laquelle tout ce mal s’était produit, celle pour laquelle elle était toujours aussi vulnérable.

Du bout de ses lèvres des paroles qui se cherchent et s’enfuient. Elles sont presque inaudibles, mais entre les lumières des chandelles et entre l’écho du vent salin dans les fenêtres, elle paraît bien là, présente. Et il est si près, si près de son corps chétif et tremblant, il est si près. Il ne pourrait que trop bien l’entendre, trop bien entendre ces paroles malgré le murmure, arriverait à l’entendre malgré le tumulte de son cœur qui se serre et qui s’essouffle.

▬ I won’t. I wouldn’t. ▬ Je ne partirai pas. Je ne peux pas.

Je ne partirai pas. Ce serait stupide de partir, je suis chez moi. Murmures de pensées trop lointaines. Peut-être la fatigue l’empêche de réellement construire le sens de ce qui a été dit, peut-être s’amuse-t-elle à jouer de ses propres pensées. Elle ne s’y retrouve pas. Elle ne s’y retrouve plus. La fatigue se fait un poids sur son corps en entier – elle doute qu’elle soit même en mesure de se relever. Aisling préférerait de loin rester là, rester là dans ses bras que de bouger ne serait-ce que d’un seul centimètre.

Si belle contradiction, quand, seulement quelques moments avant celui-ci, celui-ci qui se fige et qui reste dans un inconscient presque imperceptible, elle avait voulu qu’il soit le plus loin d’elle possible.

Un léger sourire plane sur ses lèvres, une douce béatitude, celle qui ne dure pas, qui s’effrite et qui s’envole en parcelles de poussière, mais pas maintenant, elle la garde, la garde et la dissimule.

▬ I wouldn’t dare leave. Not yet. ▬ Je ne pourrais penser à partir. Pas encore.

Ses lèvres se détendent dans un air neutre à nouveau, ses yeux se ferment dans un soupir. Le stress qu’elle avait ressenti s’était évaporé comme les Ténèbres qui s’étaient évanouies de son corps. Une sérénité hors norme venait chasser son stoïcisme, n’y laissant aucune place sur ses traits déliés où les signes de sa souffrance antérieure miroitaient, liquide iridescent contre ses joues, se mariant aux lumières dansantes des chandelles. Elle en fait fi, fait fi de cette peine, quelques secondes encore quand sa main droite, serrée sur sa nuque, glisse sur sa mâchoire, sur sa joue. Elle cherche ses yeux des siens qui se referment trop souvent, laisse sa voix se porter dans un murmure chevrotant.

▬ Not when so much is still on the line. ▬ Pas quand il me reste encore tant de choses à accomplir.

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MessageSujet: Re: Missed me, my dear? ♥   Mar 25 Nov 2014, 1:15 am

Un baiser. N'était-ce pas là un acte romantique? Un geste que je n'avais pas le droit de poser? Pourtant je l'avais fait, comme tant d'autres choses auparavant que je n'aurais jamais du faire. Ça ne m'avait pas arrêté, pas plus que le doute, pas plus que la peur des répercussions de mon geste. De toute façon, il n'y avait rien à perdre. Ses mains semblèrent se délier, ses lèvres chercher la douceur des miennes. Elle m'embrassait en retour, elle était revenue. Aisling aurait donc réussi à revenir, pour cette fois? Est-ce cette constatation qui vint me réchauffer le coeur ou était-ce simplement une réaction normale à cet échange pour le moins improvisé? Je sentis ses doigts sur mon cou, je la sentis qui me retenait, qui prolongeait notre baiser. Car c'est bien ce dont il s'agissait, aussi douloureuse que cette pensée puisse l'être. Qu'avais-je fait? Qu'étais-je en train de faire, l'embrassant avec un peu de douleur, mais avec un peu de passion également?

Enfin, ce baiser cessa et son front vint s'appuyer contre le mien. Elle semblait si faible. Que ce serait-il passé si je n'avais pas agis de la sorte? Serait-elle partie? Serait-elle plus forte maintenant? Déjà, je regrettais ce geste. J'avais noué l'un des fils du destin et, en désirant l'écrire de mes propres mains, je venais de nous condamner à un sort pire que tout autre. Que se passerait-il lorsqu'il reviendrait pour moi? Lorsque les ténèbres me feraient disparaître et que ma mort viendrait? Elle avait beaucoup trop besoin de moi maintenant. Si je disparaissais, qu'est-ce qui resterait d'elle? Tant de maux, tant de souffrances, tout ça car j'avais cru bon de l'embrasser, de la posséder réellement le temps de quelques secondes déjà écoulées. Puis, me rappelant mon crime, me rappelant cet espoir que je lui avais offert, l'alchimiste pris la parole une première fois, d'un murmure silencieux. Je ne répondis pas, la voix nouée dans la gorge alors que je détaillais ses traits. Il y avait un sourire sur ses lèvres. Elle semblait apaisée, presque heureuse.

Son air redevint plus normal, plus neutre. Mais ce n'était pas suffisant pour me faire oublier ce sourire, bien sûr que non. Elle semblait maintenant si calme, si apaisée. Tirée d'affaire. Voilà qui aurait du me réjouir, voilà qui aurait du me faire danser. Ses doigts bougèrent de nouveau, sa main glissant contre ma peau presque en une caresse. J'en aurais presque frémi, mais réprimai ce frisson naissant. Ses iris opalescent cherchaient les miens et je ne pu les lui refuser. Esquissant un sourire, je dissimulai mon appréhension au plus profond de mon être. Je n'aurais jamais du. Des choses à accomplir? Cet espoir que je lui avais donné, ce mensonge. Voilà un péché de plus parmi les miens. Je l'avais abandonné, elle et son monde, à une destruction certaine. Je lui avais caché ce que j'avais fait, le monstre que j'étais. Je l'avais ensuite abandonnée à son sort, centré sur mon être et lui seul. Maintenant, je revenais à ses côtés et je la laissais être bercée d'illusions.

Ne me fais pas confiance, Aisling. Je te mens. Je t'arracherai cet espoir, je te lancerai contre les murs et je marcherai sur les ruines de ton coeur. Je ne suis plus qu'un mirage qui aurait du s'éteindre il y a de cela dix années complètes. Je ne te sauverai de rien, je ne fais que précipiter ta chute vers les profondeurs. Ce souvenir que je suis n'aurais jamais du retrouver le chemin qui mène à toi. Comment réagirais-tu, si je te murmurais la vérité à l'oreille? Tes yeux d'opale s'agrandiraient-ils? Pourrais-je, l'espace d'un instant, retrouver ce bleu profond dans tes yeux? Comme il me manque, Aisling. Comme cette ancienne vie me manque. Le lis-tu en mes yeux? Est-ce que tu m'entends crier? Est-ce que tu me vois pleurer et implorer ton pardon? Est-ce que tu vois la culpabilité dans ce regard qui n'est plus celui que tu connaissais? Est-ce que tu as deviné la vérité? Est-ce que je pourrai te le dire, un beau jour, et est-ce que cette révélation nous tuera tous les deux? Pourtant, malgré tout cela, je te souriais, le regard triste, mais soulagé à la fois.

- That's good to hear. You need to rest now; I will take care of you.
Spoiler:
 

Sur ce, j'entrepris de me relever, doucement, glissant un bras sous ses genoux et l'autre dans son dos afin de la soulever, telle la princesse que je l'imaginais être en cet instant. Elle ne régnait sur rien d'autre que ses potions, elle n'était d'aucune descendance royale, mais elle m'était précieuse. Elle était la dernière chance que l'on m'avait offerte. La raison pour laquelle je vivais toujours. C'est précautionneusement que je la portai jusqu'à son lit, ayant récupérer quelque peu de mon aplomb. Heureusement que la dame fut légère, autrement le trajet en aurait été autrement ardu. Délicatement, je la déposai sur le lit, sans demander son avis. Dans tous les cas, je doute que son état ne la laisse aller ailleurs. J'étais moi-même affaiblit, donc je ne n'osai imaginer ce dont il en retournait pour elle. Néanmoins, je ne m'arrêtai pas là et grimpai également sur le lit, la surplombant, une main de chaque côté de ses épaules. Je laissai mes mèches d'ébène dégringoler jusqu'à elle alors que mes lèvres esquissèrent un sourire et que mes yeux pétillèrent d'un peu de malice. Aussi rapidement que cela, je retrouvais contenance. Je replaçais l'illusion, une brique à la fois.

- I said I wouldn't leave, didn't I? You can rest assured, I'll be here in the morning.
Spoiler:
 

Sur ce, je terminai de l'enjamber et me laissai rejoindre son matelas, prêt à soupirer de soulagement. Cette habitation était certes un auto-portrait de l'alchimiste, mais son plancher de bois demeurait bien moins confortable que n'importe quel matelas. Passant un bras par dessus la danseuse des ombres, je la serrai contre moi et enfouis mon visage dans son cou, humant son parfum et la laissant se blottir contre moi à son tour si elle en ressentait l'envie. Si ce n'était point le cas? Ce n'était plus de mon ressors, elle n'aurait qu'à échapper à mon étreinte car je n'allais pas la laisser m'échapper. Il était trop tard maintenant, j'avais enclenché les rouages du destin, j'avais joué un coup dont on ne pourrait pas revenir. Autant jouer jusqu'à la fin. Autant jouer à quitte ou double. J'allais profiter de ce moment et lui donner une raison légitime de me maudire par la suite. Ce que j'aurais donné pour pouvoir lui murmurer la vérité, pour la laisser entrevoir mon être. Ce que j'aurais donné pour que cet instant soit réel, légitime. Comme j'aurais désiré, en cet instant, pouvoir partager ce sentiment. Si seulement ce baiser avait eu lieu en d'autres circonstances.

- I'm sorry...
Spoiler:
 

Telles furent les dernières paroles que je lui offris, ce soir là. Ces quelques mots murmurés en un aveu coupable, à eux seuls, étaient plus sincères que tous mes précédents discours. Comme j'espérai, vainement, qu'elle avait compris. Toi qui m'a vu, n'as tu rien remarqué? Ne sais-tu pas ce que je te cache? Ne le sens-tu pas? Moi qui t'as mentis si longtemps, ne vois tu pas à quel point je veux que tu vois la vérité?


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MessageSujet: Re: Missed me, my dear? ♥   Mer 26 Nov 2014, 1:58 am



NOCTIS&AISLING; DAY 60; 1504WORDS; #B3BAF2;
THE WAY YOU HELD ME SO TIGHT ALL THROUGH THE NIGHT ‘TILL IT WAS NEAR MORNING.
Tant de choses inachevées. Tant de choses dont elle ne peut se défaire. Si elle était morte, là, maintenant, peut-être que, dans une autre vie, elle s’en serait voulu. Elle en serait morte à nouveau, morte de ses desseins inachevés, de ce monde qu’elle n’a pu aucunement sauver, dans une ultime, inévitable défaite qui l’attend encore depuis dix ans. C’est un peuple qu’elle veut voir revenir au monde – et de toutes les potions créées, de tous les extraits de cœur cueillis… Si tout avait été en vain, si tout s’écroulait, que serait-il resté de sa longue vie que ces morts qui auraient été dérobées sans raison? La Dame de Brume se serait effacée comme son mythe aurait disparu, pour ne devenir rien de plus qu’un mirage, un rêve inexistant.

La mort lui fait affreusement peur. Elle est beaucoup plus d’un concept. Elle l’a fréquenté depuis si longtemps, dansant avec elle à maintes reprises pour se retrouver toujours vainqueur de leurs ébats. N’est-ce pas pour cela qu’elle tient tant à la vie, la raison pour laquelle elle a longtemps cherché la fontaine de jouvence, aussi aveuglée que les matelots de ce monde par ses fruits interdits au commun des mortels?

L’immortalité. Concept doux qui l’extirpe de ses angoisses les plus profondes. Elle n’avait pas eu à se soucier de cette variable qui effrayait tout le monde, savait qu’elle pouvait tout accomplir, tout en son pouvoir, tout ce qu’elle pourrait faire, sans jamais se retrouver ennuyée, même après de nombreuses années. Elle ne s’était jamais lassée de se délecter du nectar de la vie. Elle avait toujours eu tout le temps qu’il lui fallait, all the time in the world. Même si la mort, elle restait, elle restait là à la côtoyer jour et nuit, ses doigts passant contre ses épaules et glissant dans son dos, la faisant frémir et l’invitant de plus belle, invitation qu’elle rejetait à maintes reprises alors qu’elle chassait son charme d’un souffle, d’un ricanement. Depuis dix ans le danger s’était accentué, leur danse interminable s’était endiablée, mais jamais elle n’avait fait de faux pas. Jamais, sauf à ce moment précis. Frôler la mort et valser dans cet air si funeste alors qu’elle l’apportait passionnément dans ses bras l’avait décontenancée, extirpée de sa torpeur, un trop gros coup dans son âme qui s’éveille alors qu’elle, elle s’endort. Une peur intersidérale, sidérant son esprit et tordant ses entrailles.

Elle avait eu peur et cette peur avait subsisté. Sombrer loin dans l’abîme, le vaisseau s’écroule et se brise, ne laisse que cette épave qui flotte doucement pour retrouver un semblant de cette vie qui s’échappait toujours à la mort. De nouveau, mais cette fois laissant ses séquelles.

Parce que tout geste laisse derrière lui une trace, un point de non-retour, un dénouement qui amène à un autre, une histoire qui n’en peut plus de tourner et retourner sans jamais finir. Ça ne finira pas, pas là, maintenant, alors que son souffle s’apaise et que ses yeux croisent les siens, parfois, croisent son sourire distant sous les ombres et le brouillard, sous sa fatigue et sa faiblesse. L’opale de ses iris ne cesse de disparaître sous le voile de ses paupières avant que ses yeux ne finissent par ne plus s’ouvrir. Assez; c’est assez pour l’instant, tu n’as pas besoin de voir, que de sentir, de le sentir près de toi, d’entendre sa voix. Elle résonne, à ce moment, et tu l’entends qui te murmure que tu dois te reposer. Qu’il prendra soin de toi.

Aisling n’a pas besoin d’acquiescer. De toute façon, elle est trop faible pour broncher, pour faire quoi que ce soit, pour laisser son esprit têtu guider sa pensée caoutchouteuse, qui s’éloigne de plus en plus dans un semblant de réalité, dans un semblant de rêve, dans un drôle de mélange de deux mondes qui s’entrechoquent. Comme si son cerveau criait au malheur, que son cœur criait à l’allégresse, à la plénitude, alors que ce doute persiste et que ces sentiments continuent de s’entrechoquer, de s’entrechoquer et d’entretenir cette flamme qui brûle et qui hurle.

Ne pense plus. Ne fais que suivre le mouvement.

Et elle ne bouge pas, pas plus que ses mains qui retombent sur le côté de son corps et sur son ventre. Elle le laisse la soulever, sans qu’il n’y ait aucun problème et n’ouvre qu’à peine les yeux pour voir les douces lumières de ses chandelles qui passent devant son regard, petites étoiles qui se meuvent au rythme des pas du danseur des ombres. Moment interminable, où elle se sent légère, mais si lourde à la fois, vidée de ses forces, fatiguée. Chaque vibration de ses pas résonne dans ses muscles et envoie des pulsions contre ses blessures; dans sa faiblesse, elle n’arrive qu’à peine à froncer les sourcils, mais n’arrive pas à s’évader. Dormir sera plus simple une fois le chemin traversé. C’est comme une plume qu’elle retrouve son matelas, sentant les mains de Noctis se défiler de son dos, de sous ses jambes alors que sa tête retombe mollement contre l’oreiller, que ses yeux s’ouvrent une fraction de seconde, que ses cheveux s’éparpillent déjà, filaments lunaires contre les draps et les couvertures.

Elle aurait pu tomber endormie là, tout en sachant qu’il partirait, et elle n’aurait pu rien faire pour le garder. Il était resté, juste assez pour la sauver. Elle ne lui en aurait pas demandé plus; elle connaissait que trop bien sa manière d’être, connaissait ses départs soudains et ses longues absences. Mais son raisonnement se stoppe alors qu’elle ressent une pression de plus sur le matelas, un poids de plus qui s’y ajoute et elle force ses yeux à s’ouvrir dans son incompréhension. Et il est là. Juste au-dessus d’elle, avec un sourire qui reluit à la lueur des chandelles. Elles lui donnent un air presque effrayant, malicieux.

Et avoir été ne serait ce qu’un peu plus réveillée, ne serait-ce qu’un peu plus elle-même et non ce fantôme qui subsiste entre le sommeil et l’éveil, peut-être aurait-elle arqué un sourcil, lui aurait demandé ce qu’il faisait là, l’aurait repoussé. Mais elle est juste là. Là, à le regarder faire, à écouter sa voix qui la berce. Tu l’as dit. Oui, tu as dit que tu resterais. Et le coin de sa lèvre s’étire pendant une fraction de seconde, un long soupir quittant ses poumons pour virevolter dans l’air, contre ses mèches qui tombent près de son visage qui surplombe le sien, qu’elle ne voit plus, ses yeux se refermant pour la dernière fois alors qu’il continue son mouvement, prenant place sur le matelas à ses côtés.

Je ne te laisserai pas partir, avait-elle murmuré, il y a de cela ce qui semblait être une éternité. Et voilà que ça se retournait contre elle, qu’il ne la laisserait pas s’évader, se dérober de lui. Elle sent son bras qui se glisse contre son corps et l’entraîne contre lui, la retournant sur le côté. Aisling suit le mouvement, s’emmitoufle dans sa chaleur et se blottit contre lui, son dos contre son torse; elle étire ses jambes, cherchant les siennes alors qu’elle sent son souffle chaud faire écho dans son cou, dans ses cheveux dans une sensation nullement familière, réconfortante. C’est réconfortant, même si son être crie le contraire, même si elle sent que quelque-chose ne va pas, quelque-chose cloche. Mais non, elle ne veut rien entendre, elle est trop faible pour comprendre, trop faible pour voir autre chose que sa fatigue, autre chose que ce sommeil réparateur qui lui ouvre les bras alors que Noctis la serre contre lui et qu’elle s’assoupit lentement.

Même lorsqu’il murmure, doucement, ces deux mots, de ce ton tout autre.

Confusion d’une ultime seconde. Elle a peine à comprendre, peine à mémoriser ce qui se passe et ce qui se dit. Elle comprend son ton, comprend le mal, bronche doucement, imperceptible mouvement de ses cils, de ses sourcils. Son esprit est déjà ailleurs, sa tête trop loin pour effectuer un raisonnement. Elle s’efface à la réalité une seconde entière pour n’être plus rien. Pourquoi, pourquoi t’excuses-tu? Pensées disparates, les paroles n’atteignent pas ses lèvres que, déjà, elle s’enfonce dans ses bras, se blottit dans son odeur, dans sa présence et s’assoupit, laissant le sommeil enfin la gagner, la tension de ses muscles semblant se délier d’un seul coup, dans un dernier soupir.
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MessageSujet: Re: Missed me, my dear? ♥   Mer 10 Déc 2014, 11:30 am

Le sommeil. Le repos bien mérité, bon et tout puissant, nous permettant d'échapper à toutes nos douleurs. Pourtant, en d'autres occasions, il s'avérait également un bourreau implacable, torture de longues heures qui nous pousse à ressasser des faits sans queue ni tête, qui retrouveront malheureusement toute signification au réveil, pour être ensuite oubliés de nouveau en quelques minutes. Tourment rapidement oublié, mais dont les traces subsistent tout au long de la journée. Ce soir, il n'est nulle surprise que le repos fut ma prison. Des cheveux blancs comme la neige dans le miroir. Un rictus des plus malveillant. Un éclat d'ambre perçant, fixant avec dédain l'ample trou dans ma poitrine. Qu'est-ce que tout ceci? Je ne le savais que trop et, tristement, c'était là un rêve qui deviendrait bien trop réel une fois le matin à ma porte. La fuite, voilà ma meilleure option, ne pas laisser le reflet m'observer, se moquer. Mais alors, que trouverais-je dans mes déambulations? De grands yeux bleus, tirant vers le turquoise. Ce n'était pas ceux d'Aisling, ils n'étaient pas assez profonds, pas assez bleus. Ce n'était pas non plus ceux d'Aisling, ils n'étaient pas assez pâle, pas assez envahis. Je vins effleurer la joue appartenant à ce visage, ma main se retrouvant couverte de quelques mèches de cheveux, un turquoise vif. Cette personne qui me regardait, m'analysait sans me reconnaître...

L'éveil, je devais m'éveiller. Je ne voulais pas qu'elle me voit comme ça. Je ne me serais pas senti capable de lui expliquer, pas capable de lui mentir. Après tant d'années d'absence, je lui aurais du la vérité et elle aurait été bien trop difficile à entendre. Pire, elle aurait été bien trop difficile à prononcer. Je devais retrouver l'alchimiste, retrouver son lit et sa petite habitation de Port Royal. Quitter ce monde de rêves, ouvrir la bonne porte et m'échapper. Avais-je pris le mauvais détour? Était-ce mon esprit qui se moquait une fois de plus? Cela expliquerait, sans doute, pourquoi j'ouvris les grandes portes de la salle de bal et m'y engouffrai, me sentant écrasé par les hauts plafonds fort trop familiers et par la musique qui baignait la salle d'une atmosphère festive. Solaria. Ce monde qui n'était pas le mien. Ce monde qui avait été détruit, non pas sans mon étroite collaboration. Toujours pas le bon endroit. La réalité était hors de l'illusion. Plus je cherchais, plus je m'empêtrerais. Je devais sortir. Me réveiller. Fermant les yeux, je me concentrai, je respirai.

Je ré-ouvris les yeux en un battement de cils pour trouver mon visage enfoui dans l'oreiller. Une longue mèche de cheveux noirs me barrait le visage et c'est d'un mouvement nonchalant que je la chassai avant de me redresser, laissant une cascade d'encre reprendre sa place habituelle, avec quelques noeuds en plus. À mes côtés, une silhouette de femme qui avait lutté, la veille, pour ne pas perdre son précieux coeur. En cela, elle était bien plus forte que moi, mais c'était une autre histoire. Doucement, je vins caresser sa joue, avec une tendresse que je n'avais manifesté que peu de fois en ma ténébreuse existence. Aucune réaction, tant mieux. Je me glissai hors du lit sans plus attendre, partant à la découverte des murs de sa demeure, parcourant les étagères, évitant les chandelles et cherchant bandages et remèdes. Une fois mon butin trouvé, je retournai aux côtés d'Aisling et la débarrassai de la couverture, l'exposant à l'air plus frais, mais la fatigue la retiendrait sans doute encore un moment. J'avais le champ libre et n'allait pas hésiter à en profiter. Tel que promis, de gré ou de force, je la soignerais. Ce combat au Colisée n'avait pas été sans répercussion après tout et je m'employai donc à trouver chacune de ses blessures afin de la traiter et de la bander par la suite, faisant bien travailler les choses que j'avais apprises en une autre époque, aux Plaines de lumière. Au final, je l'abandonnai ainsi, avec ses sous-vêtements, ses bandages et la couverture comme seule cachette. Fier du résultat, je remis les choses à leur place et inspectai de nouveau l'habitation.

C'est avec un peu de déception que je remarquai que l'objet de mes recherches ne se trouvait nulle part. Je récupérai donc mon chapeau et le re-déposai sur ma tête avant de reprendre mon apparence habituelle, courts cheveux blancs, vêtements de pirate, air malicieux. Ma mascarade habituelle. Je franchis la porte de son repaire et me dirigeai vers le marché de l'île de la Tortue. J'avais, il semblerait, quelques achats à faire. Des fruits, quelques légumes, du pain et du poisson, sans oublier une nouvelle bouteille de rhum pour mon usage personnel. Il me fallu quelques heures pour assembler mon butin et le soleil était maintenant haut dans le ciel, me poussant à me demander si Aisling ne s'était pas éveillée entre temps. Espérons qu'il ne lui soit pas venu à l'esprit de barricader ses fenêtres pour que je ne puisse pas retourner à son chevet pour la torturer encore un peu. Remarque, je n'aurais qu'à danser. D'ailleurs, pourquoi ne pas me sauver le chemin du retour? Je m'engouffrai donc dans une ruelle peu fréquentée et, en quelques pas de danse et en un gracieux tourniquet, me voilà de retour en un éclat de ténèbres, posant le pied dans sa demeure à nouveau avant de m'avancer pour tout déposer sur la table.

- Hope you slept well, my dear. Missed me?
Spoiler:
 


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MessageSujet: Re: Missed me, my dear? ♥   Mer 10 Déc 2014, 9:05 pm



NOCTIS&AISLING; DAY 60; 1548WORDS; #B3BAF2;
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Quand ses yeux se sont ouverts sur le monde une nouvelle fois, s’habituant à la lumière filtrant des fenêtres, il était déjà loin. Il était déjà loin et c’était probablement pour le mieux. Laissée à elle-même, peut-être serait-elle en mesure de penser correctement, finir ce qu’elle avait entamé, se guérir. Maintenant que l’afflux de Ténèbres s’était évanoui, elle n’aurait aucun mal à aller chercher ce dont elle avait besoin pour concocter une réelle et utile potion de guérison. Ça ne prendrait que quelques heures pour être en mesure de désenfler les ecchymoses et leur enlever leur écœurante allure. Heureusement qu’elle ne s’était rien brisé et qu’elle n’avait aucune entaille sévère. Une potion permettant de souder les os de nouveau prenait des semaines à faire; un philtre de régénération ou de cicatrisation pouvait prendre plusieurs jours.

Il était parti, et elle, elle se retrouvait seule, avec elle-même, sa tête déjà ensevelie sous des potions et des actions qui aideraient son esprit à voguer ailleurs que dans ses pensées le concernant, malgré que l’alchimiste ne puisse s’empêcher de revenir à celles-ci, élan obstiné d’un cœur qui s’exclame.

Tout ce qui s’était passé…

Était-ce réellement possible?

Possible. Plausible, mais improbablement passager. Aussi étrange que ça puisse sembler, cette vague constante laissant ses sentiments s’entrechoquer encore longtemps en elle l’empêchant d’avoir les idées claires, une chose restait bien là indéniablement présente et agaçante : elle aurait aimé sentir sa chaleur contre elle une fois éveillée. Et la voilà avec cette pensée qui guette, cette idée d’avoir sa présence à ses côtés seulement pour se retrouver confrontée à cette solitude qu’elle ne connaissait que trop bien, à ses draps toujours vides.

Présence fantomatique qui s’évade en résidus contre les ombres des draps. Une odeur non familière qui reste encore contre sa peau, contre les oreillers. Spectre de la chaleur de son corps qui s’est depuis longtemps évadé. Elle s’évade. Elle s’éloigne, doit revenir avant de s’enfoncer trop loin. Ne l’est-elle pas déjà? N’a-t-elle pas déjà atteint le point de non-retour en lui rendant son baiser, au bout de ses forces, de l’énergie du désespoir?

Une semi-plainte s’échappe de ses lèvres, dernières notes d’une expiration longue et profonde. Sa tête n’était pas aux pensées philosophiques et aux idylles complexes; malgré toutes les lamentations de son esprit ou même de son cœur. Shut up.

Quelle heure est-il ? La journée doit être avancée. Elle n’a pas le souvenir d’avoir vu une seule fois cet éclairage de ses fenêtres alors qu’elle était toujours alitée, même les jours où elle prenait plus de sommeil après avoir eu une longue journée, voire même une longue et interminable soirée.

Aisling n’avait jamais eu besoin de tant de sommeil, mais elle n’avait aucun mal à croire que cette nuit avait fait exception. Elle estime rapidement que l’après-midi est à sa porte. Ce fut un sommeil réparateur, certes, mais une torpeur sans pareille la touche encore. Elle ne s’était pas réellement reposée depuis son retour d’Olympe, et après une soirée aussi mouvementée, il était probablement normal qu’elle se sente ainsi. Cependant, rester inerte la plongerait dans des contemplations qu’elle se voulait éviter. Son sommeil avait été sans rêve et profond; mais un repos supplémentaire causerait seulement plus de tourments. Autant se lever, puisqu’elle n’allait pas se rendormir de sitôt.

Ses muscles crient alors qu’elle se meut, laissant la souffrance et l’engourdissement la tenir un peu plus longtemps au lit avant qu’elle ne referme les yeux. Allez.

La Dame de Brume roule sur son dos, utilisant ses bras comme leviers alors qu’elle lève le haut de son corps, la tête au plafond dans une tentative de délier les muscles de son cou. Une pression serrant son corps se fait sentir au niveau de ses côtes et il ne suffit que d’un regard pour qu’elle comprenne. Un regard, suivi d’un soupir.

▬ Bandages. I should have known.▬ Des bandages. J'aurais dû m'en douter.

Peu pour dire ce qui lui passe à l’esprit. Noctis était prêt à tout pour obtenir ce qu’il voulait – évidemment qu’il l’aurait soigné avant de partir. Évidemment qu’il aurait jeté un coup d’œil sur ses blessures. N’était-ce pas la dispute qui avait tout commencé? Un air dédaigneux prend place sur ses traits alors qu’elle enlève la couverture de son corps de neige, révélant l’entièreté des ecchymoses cachées de bandes blanchâtres.

Ça faisait légèrement moins mal, pour une raison quelconque. Pourtant, s’il avait fouillé ses étagères, il n’aurait trouvé que des ingrédients disparates ou peut-être un baume qui pouvait calmer la douleur sans pour autant la soigner, elle-même ayant épuisé ses stocks de potions de guérison.

Qu’importe ce qu’il avait fait, ça ferait l’affaire, pour l’instant.

Ses pieds nus touchent le sol avec toute la grâce que son corps lui permet et elle occupe les minutes suivant ce geste de plusieurs étirements communs à toutes ses matinées habituelles. Ça l’aiderait autant à délier ses muscles qu’à s’éveiller, mais aussi à se détendre et à se préparer pour les maints pas de danse qui l’emmèneront d’un monde à l’autre et d’une ombre à une autre pendant le reste de la journée. Le soleil étant à son apogée, elle devrait cependant attendre que celles-ci se fassent plus présentes – ou commencer par les endroits les plus boisés.

Une main passe distraitement dans sa chevelure blanche. Les vêtements de la veille gisent sur une chaise au loin elle les remarque du coin de l’œil et les replie, les remettant à leur place.

Elle avance vers sa table de travail, regarde la potion qu’elle n’a pu finir. Secondes de contemplation. Elle pourrait la sauver – seulement, elle prendrait peut-être un mois de plus à préparer, des heures précieuses ayant laissé trop longtemps infuser un élément qu’elle devait enlever, ce qu’elle entreprit de faire avant d’ajouter au mélange un autre ingrédient, presque machinalement. Qu’importe, elle pouvait la laisser reposer encore quelques heures, dans cet état.

Ainsi, elle retournait devant les armoires. Elle prit un ensemble gris et blanc, comme à son habitude, comportant un capuchon qui serait en mesure de cacher son visage si jamais quelque chose arrivait. Déjà, elle préparait son départ, nichant dagues, poisons, antidotes et remèdes dans les multiples potions de son ensemble auquel elle ajoutait les ceintures qui lui permettrait de tenir plusieurs autres poches utiles pour conserver les divers ingrédients qu’elle allait quérir.

Aisling prend quelques secondes pour remettre ses cheveux en place, défaire et refaire les tresses qui avaient été détruites par le temps passé sous les couvertures, attacher le reste dans une coiffure qui leur est habituelle.

Déjà, elle avait l’impression d’oublier ce qui s’était passé, sa pensée déjà concentrée dans un nouveau but. Jusqu’à ce qu’un bruit familier de pas sur le sol n’interrompt le fil de ses pensées, un bruit de choses déposées sur une table et sa voix. Un court sourire dans une epiration alors qu'elle se redrese. Quelques secondes encore avant qu’elle ne tourne le regard vers lui. Une touche de douceur emplit la voix de la jeune femme, un certain frisson passant dans son échine. Agréable surprise.

▬ I didn’t expect you to come back.▬ Je ne pensais pas que tu allais revenir.

Non, je ne pensais pas te revoir. Pas aussi vite, pas avant quelques semaines, quelques mois.

N’était-ce pas coutume de le voir partir sans qu’il ne revienne? N’était-ce pas coutume de vaquer à ses occupations, de danser entre les mondes à la recherche d’autres ingrédients et d’autres cœurs emplis de lumière pour se retrouver seule avec elle-même, plus seule que jamais encore dans sa demeure à infuser de nombreux liquides d’herbes à portée magique? Si une partie d’elle avait pensé s’attacher à ce rêve, ce rêve flou qu’avait été la veille, une autre, d’une abjecte poussée, était déterminée à oublier tout ce qui s’était déroulé, laissant le vide prendre place dans le creux de son esprit. Vide. Une vide plénitude qui s’exaspérait à murmurer à son oreille de sordides pensées chassées machinalement de sa main. N’était-elle pas soulagée de le revoir? N’était-elle pas confuse, aussi, si éternellement confuse de sa présence et de ses paroles, qui, pour une fois, n’étaient pas empreintes du plus grand des sarcasmes?

Aucun mot de plus ne s’évade de ses lèvres.

Son regard se pose sur la table. De la nourriture. Ah, certes.

Elle allait oublier. Encore.

▬ You weren’t done. I see. You know me better than I would like to admit.▬ Tu n'avais pas fini. Je vois. Tu me connais mieux que j'aimerais avouer.

Elle s’avance vers lui, vers la table qui s’érige entre eux et forme un mur entre leurs deux corps, puis pose ses mains sur celle-ci, relevant doucement un sourcil.

▬ You caught me right on time. I was leaving.▬ Tu es venu au bon moment. Je m'apprétais à partir.

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Bring me home or leave me be
My love in the dark heart of the night
I have lost the path before me
The one behind will lead me


Dernière édition par Aisling le Dim 18 Jan 2015, 4:53 pm, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Missed me, my dear? ♥   Mer 07 Jan 2015, 10:28 pm

Oh oh, prête à partir déjà? Mais où donc croyais-tu t'enfuir, dame de brume? Pas très loin, il semblerait, vu la mélodie formant les mots qu'elle prononça. Oh, rien de particulier, rien d'étonnant. Bien sûr qu'elle ne s'attendait pas à me revoir, le contraire eut été bien étonnant. Néanmoins, le ton de sa voix laissait filtrer sa satisfaction, son soulagement peut-être, son bonheur de me voir. Voilà qui était des plus intéressants. Quand était-ce, la dernière fois où la Dame n'avait pas fait preuve d'animosité lors de l'une de mes apparitions? Voilà qui était distant en ma mémoire. Solaria était-il seulement détruit? Probablement pas. Serait-ce donc si facile de changer le coeur d'une femme? Un simple baiser et la voilà qui frissonne de contentement à ma première apparition. Aurais-je créé un courant d'air en posant le pied en sa demeure ou était-ce réellement le fruit de ma présence? La réponse avait de quoi me faire sourire, soyez en certains.

- Neither did I, to be... honest.
Spoiler:
 

Un sourire malicieux vint étirer mes traits alors que je frôlai presque l'hilarité sur le dernier mot. Avec ce visage d'antan, ces mèches rebelles d'ivoire et cette voix enjouée, je devais paraître bien jeune soudainement. Mais bon, tout de même, cela ne méritait-il pas un sourire? Moi, honnête, depuis quand? Et puis, l'ambiance était, pour moi, à la fête. Pour une fois que l'accueil que l'on me réservait avait quelque chose de chaleureux, pour un peu plus j'aurais cru être en présence de l'Aisling d'autrefois et cela, je le confesse, était réconfortant. Quoi qu'il en soit, j'avais poursuivi ma besogne et mon butin était maintenant sur la table alors que je cherchais distraitement en mes pensées ce que je pourrais préparer à la dame qui soit à son goût, pour la forcer à reprendre des forces avant de partir à la cueillette de je ne sais quel ingrédient. Ce n'est qu'à cet instant, il semblerait, que l'alchimiste compris mes intentions, le partageant même à haute voix. Elle concéda même que je la connaissais mieux qu'elle n'aurait aimé l'avoué. Je tournai un pétillant regard ambre vers elle, haussant un sourcil alors qu'un rictus animait une fois de plus mon visage.

- Seems like we've spent our whole life together, doesn't it? Oh wait, that's not really far from the thruth actually.
Spoiler:
 

Je ne la quittai pas des yeux alors qu'elle s'approcha de la table, demeurant toutefois aussi loin de moi que possible. Avait-elle peur que je sois contagieux? Avait-elle peur qu'une fois de plus, mon être ténébreux ne vienne frôler sa si brumeuse personne? Voilà qui me donnait presque envie de tendre la main vers elle et de lui chuchoter à l'oreille que, même avec toutes les tables du monde, ça ne m'empêcherait certainement pas de l'atteindre. Tu es à moi, Aisling, ne l'oublie pas, ma chère et tendre. Sa voix s'éleva une fois de plus et, attentif, j'en écoutai les intonations, les pauses, le timbre. Ainsi elle se préparait à partir, déjà? Son corps était toujours meurtri et elle n'avait rien mangé, mais pourtant cela n'allait pas l'arrêter, n'est-ce pas? En cela elle ne changerait manifestement jamais. Quelle chance, tout de même, que je sois à ses côtés, ne trouvez-vous pas? Voilà d'ailleurs une pensée qui me donnait envie de jouer encore un peu, à peine, pendant que je l'avais sous la main.

- My, you seem awfully peaceful today. No acid remarks, no furious looks, far less tension in your shoulders. Who knew that a simple kiss could do such marvelous wonders. What a powerful magician I've become.
Spoiler:
 


Voilà le petit discours que je lui servis tout en coupant un morceau de pain à l'aide du tranchant d'une dague de lancée que j'avais prise au hasard, dans un repli quelconque de mes vêtements. Certes, voilà qui était un peu fade peut-être, mais je n'étais ici pas le plus qualifié pour cet exercice. Par défaut une alchimiste n'est-elle pas bien meilleure cuisinière qu'un simple illusionniste ayant passé des années à torturer autrui pour le compte de sa seconde famille? Au final j'en fronçai même les sourcils, mécontent d'étaler mon incompétence aux yeux opalescents de la dame que je tentais pourtant de narguer un peu plus tôt. Ma crédibilité en serait entachée, maintenant, et je me doutais bien que quelqu'un ici allait en profiter pour me répliquer d'une pique. Sauf si, bien sûr, cette Aisling était réellement une autre femme que celle que j'étais venu visiter la veille. Je laissai un soupir résigné glisser entre mes lèvres, synonyme de mon abandon prochain.

- You should take care of it, otherwise we might suffer a slow and horrible death that even I wouldn't recommend.
Spoiler:
 


When you feel my heat, look into my eyes. It’s where my demons hide. It’s where my demons hide. Don’t get too close; it’s dark inside. It’s where my demons hide, it’s where my demons hide ~
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Missed me, my dear? ♥

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