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 Yo ho - No. | Balthier

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MessageSujet: Yo ho - No. | Balthier   Dim 10 Aoû 2014, 11:10 am

Quelle descente! Quel sentiment! Jamais je n’aurais cru me sentir ainsi. Nous étions partis sous un rituel, sous des incantations, un livre tenu fermement dans les mains de Lulu alors que tout se mettait à briller autour de nous. Je ne pourrais expliquer le sentiment qui m’a pris à ce moment, cette espèce de vide qui s’est emparé de moi, suivi de cette peur. J’étais terrifiée à l’idée de partir, à me retrouver ailleurs, bien que mes convictions m’exigeaient de le faire depuis des jours déjà. Journées interminables.

Je leur ai souri avant de partir, avant de me retrouver seule, entourée de toute cette lumière. Ou… était-ce du vide qui nous entourait à ce moment? Combien de temps le voyage dura-t-il?

Je ne pourrais dire. J’avais tenu mon bâton contre moi afin de m’assurer de ne pas le perdre sur la route. J’aurais aimé tenir la main de Kimahri, mais je voulais me montrer forte et mature, alors j’avais tout gardé pour moi, même ma peur, cette horrible boule qui montait dans ma gorge. Même lorsque je ne les voyais plus, je les ressentais près de moi, jusqu’à…

Il y a ce vide d’incompréhension qui m’a envahi. J’aurais pu ressentir le bruit d’une explosion s’il y en avait eu une, mais je ne sais pas. Je n’ai aucune idée de ce qui s’est passé. Ce sentiment de vide est venu m’envahir aussi rapidement que la peur m’avait submergée. Je me suis sentie flotter ailleurs, et…

Finalement, j’ai mis pied par terre. J’ai titubé. Je suis tombée.

Je suis par terre.

La terre me semble si rassurante! Dans mon élan de panique, j’ai osé avoir peur de ne jamais plus la retrouver, de flotter dans le néant pour le restant de mon existence tandis que les mondes mourraient toujours un par un sans que l’on ne puisse y changer quoi que ce soit.

J’ouvre les yeux. J’aurais cru baigner dans la lumière, mais ce n’est qu’une atmosphère glauque et ténébreuse qui m’accueille. Il n’y a cependant pas que cette lumière qui capte mon attention : l’odeur.

Je perçois encore l’effluve saline de la mer, mais celle-ci est mêlée à des fragrances qui me sont nouvelles. C’est confuse que je retiens mon souffle pour tenter d’analyser celles-ci et ne pas en être submergée totalement : Elles ne sont nullement agréables. C’est une pestilence que je n’aurais jamais cru connaître un jour, bien différente de l’air salin et frais de Destiny Islands ou l’air fleuri de mon monde natal. Petites bouffées d’air. J’inspire et expire lentement, tentant de m’acclimater à cet air nauséabond, une main sur mon visage, cachant mon nez et ma bouche alors que je m’assois.

— « Kimahri? Murmure-je, regardant près de moi. Lulu? »

Mes yeux ne voient aucunement ne serait-ce que leurs silhouettes et ma question n’est répondue que par l’écho de ma voix résonnant dans mon esprit. L’atterrissage a été violent : peut-être quelque-chose est-il arrivé? Je me sens horriblement confuse, voire totalement perdue. Où suis-je? Bien sûr, nous avions prévu atterrir dans un autre monde, ce fait ne me choque pas. Cependant, c’est si différent des mondes qui ont jadis croisé mon regard! À mes côtés, je retrouve mon arme et la dépose contre moi, procédant par la suite à délicatement poser une mèche derrière mon oreille.

Un village? Une partie éloignée d’une cité?

L’éclairage est fait par de nombreuses torches; en leur centre dansent des flammes orangées qui se reflètent contre les murs de pierre. Je suis toujours par terre et les passants glissent près de moi sans me voir. Quels drôles de vêtements!

S’ils sont ici, je devrais peut-être me mettre à chercher. Ainsi, je me lève, m’appuyant sur mon bâton, avant de m’avancer d’un côté de la rue. Il doit bien y avoir quelques endroits peuplés dans cette ville, quelque-part où il serait facile de se rencontrer.

Au détour de la rue, je me retrouve face à un port. Et tout un port! Je n’avais jamais vu de goélettes et de navires si grands. C’est impressionnant! C’est si énorme.

C’est à ce moment précis que je me rends compte de ma solitude, prenante solitude, écrasante solitude. Elle me prend aux tripes et me donne envie de vomir. Ou peut-être est-ce que l’odeur? Je ne pourrais dire.

Je me suis retournée dos à la rambarde montrant le port pour faire de nouveau face à la ville. Je perçois la silhouette de plusieurs bâtiments plus gros encore que ceux que j’aurais daigné croiser sur Destiny Islands, peut-être comparable seulement à mon monde d’origine. Je retiens mon souffle. Allez, il est temps de s’aventurer. J’étais partie du calme de Destiny Islands pour cette raison et maintenant, je ne pouvais tout simplement plus retourner sur mes pas.

J’avance dans la ville, entre les rues, pour que, finalement, mon regard croise un endroit qui me semble peuplé. Une taverne? Une auberge? Dans tous les cas, elle paraît bien bondée. Peut-être trouverais-je ce que je cherche en son sein? Il n’y a qu’une manière de le savoir, et, ainsi, je m’aventure en son intérieur.

Aussitôt la porte refermée derrière moi fus-je envahie par un sentiment de divergence. Je n’appartenais pas du tout à l’endroit – les regards posés sur moi à ce moment, même le grand silence qui s’était immiscé à l’atmosphère, était assez pour me le faire comprendre. Je serre de plus belle mon arme contre moi, avançant vers le comptoir, où un homme drôlement habillé se tient, nettoyant un verre d’un chiffon qui ne semble pas du tout propre. Superbe paradoxe.

— « Um. »

Déjà les premiers mots prononcés – si l’on peut définir ceux-ci par des mots – sens-je cette boule à la gorge remonter, bloquant toute tentative de parole. Je devais me reprendre, mais la manière dont il me lorgnait sur moi ne me disait rien de bon.

— « I’m awfully sorry, but it seems that I have lost myself. Son sourire devient affreusement effrayant – par son air, mais aussi par ses dents qui ne semblent pas du tout propres. Could you… Could you please inform me on my whereabouts? I assure you – il se penche vers moi et l’odeur d’alcool me prend au nez. Je retiens mon souffle, une certaine panique submergeant à ce moment ma voix – I’ll be right off as soon as… I… »
v.f. : Je suis affreusement désolée, mais je crois que je me suis perdue. [...] Pourriez-vous... Pourriez-vous m'informer sur l'endroit où je suis? Je vous assure que - que je vais être partie aussitôt que...

Dans quel pétrin me suis-je mise, cette fois? C’est quand il n’est pas là que j’aurais aimé avoir avec moi la présence rassurante de mon gardien, même de Lulu. Mais ils demeurent toujours aussi absents.
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MessageSujet: Re: Yo ho - No. | Balthier   Ven 15 Aoû 2014, 9:33 am

Une seconde. Une minute peut-être. Le temps semblait s'être distordu en même temps que mon esprit pendant cette brève traversée. Cela, je ne pouvais l'expliquer. Combien de temps étais-je resté inconscient, en réalité ? L'avais-je seulement été, ou cela faisait-il partie du processus ? Un flot de questions m'assaillaient alors que j'ouvrais à peine les yeux pour découvrir l'endroit dans lequel j'avais atterri. Rien à voir avec Rabanastre. La lumière criarde du jour avait laissé place à des ténèbres opaques, des rues embrumées percées ça et là par quelques flambeaux. L'agitation qui régnait dans celles-ci, pourtant, n'avait pas changé. Tout comme dans la grande cité d'Ivalice, des passants se pressaient dans les rues, fourmillant de toutes part. La seule différence néanmoins, se voyait dans leur accoutrement. Ici, pas d'Impériaux ni de Vandaags. Pas de Viéras, pas de gamins des rues, pas de Mogs. Seulement des hommes aux barbes fournies, parfois affublés de grands couvre-chefs, d'autres se pavanant les mains remplies de cordages ou buvant au goulot de larges bouteilles de verre fumé.

L'ambiance sonore n'était plus la même. On pouvait percevoir au loin des éclats de voix, des ordres hurlés s'élevaient quelques fois hors du brouhaha général. Si l'on se concentrait, on pouvait même entendre distinctement le bruit que font les vagues lorsqu'elles s'écrasent sur le rivage. Un port. Ou plutôt, une ville portuaire. Voilà où j'avais attéri. Mais j'avais beau connaître Dalmasca et ses royaumes frontaliers comme ma poche, je ne reconnaissais pas du tout cet endroit. Certes, j'avais entendu parler de portes qui permettaient de voyager d'un Monde à l'autre, mais je n'avais jamais vraiment cru à ces légendes. Seulement des trucs que l'on entendait à la Mer de Sable un soir un peu trop arrosé. Des récits d'aventuriers comme il en existait tant. Seulement, à cet instant le doute commença à s'installer.

Réflexions faites, après de longues observations, je repris enfin conscience de ma capacité à bouger. J'étais resté adossé contre ce qui semblait être un tonneau, à moitié affalé au milieu de cordages, le long d'un quai. Je tentais de bouger mes jambes, qui me paraissaient lourdes comme de la pierre. Peu importe de quelle façon je m'étais retrouvé perdu ici, je devais agir et me sortir de ce pétrin. Où étaient passés Fran et ce garçon de Rabanastre... Vaan ? Fran. Je dois bien l'admettre, j'avais tendance à me sentir quelque peu déboussolé en son absence. C'était une femme droite et pragmatique, nul doute qu'elle ne se serait pas perdue comme moi en tergiversations. Elle se serait levée derechef, elle. Mais moi, j'étais aussi statique qu'une statue.

« Debout, matelot ! »

Une main puissante se posa sur mon épaule. Alors que je tournais la tête, je découvrais le visage de mon interlocuteur. Une montagne de cheveux grisonnants, une barbe longue et une dent en or qui luisait au milieu de ce visage crasseux. L'homme était presque aussi répugnant que Ba'Gamnan et ses sbires. Son geste cependant me fit l'effet d'un éléctrochoc. Je retrouvais instantanément l'usage de mes membres et bondit, lui faisant ainsi face. Je ne pus m'empêcher d'esquisser une mimique de dégoût tandis que je ne tardais pas à dégager sa main poisseuse de ma chemise d'un bref coup d'épaule. L'homme me toisa un instant, grommela quelques paroles indistinctes, et fit volte-face. Tandis qu'il s'éloignait, je pris la décision de le suivre. Je n'avais pas vraiment d'autres solutions, et c'était le seul autochtone avec qui j'avais jusque-là interagit. Je longeais les quais, sillonnant la foule sans véritablement penser à autre chose qu'à l'homme dont je suivais la trace. J'en oubliais presque mon environnement. Je le vis au loin disparaître derrière un coin de mur. Je pressais alors le pas, et arrivant au tournant qu'il avait emprunté, je découvris une place, dégagée, quasi-déserte. À ma droite, étaient amarrés de gigantesques navires. Leur vue me remémora Port Balfonheim, bien que les similitudes entre ces deux endroits étaient minces. Je ne leur prêtais pas plus longtemps attention. L'homme que je pistais venait de passer la porte de ce qui semblait être une taverne, de laquelle s'échappaient des éclats de voix et des chants de marins. De la lumière jaillissait de ses fenêtres, aussi me décidai-je à m'en approcher.

Un bref coup d'oeil me permis de repérer les lieux. Au comptoir, un homme en tout point semblable à ses congénères des quais s'affairait à servir les nombreux clients accoudés face à lui, avec leurs faces rosées par l'alcool et leurs airs assoiffés. Ils regardaient ce tavernier avec une telle ferveur, qu'ils semblaient l'adorer comme une idole. Mon entrée dans l'établissement n'avait pas suscité le moindre intérêt. L'endroit était si plein à craquer que personne n'avait remarqué ma présence. Une grande majorité d'hommes étaient attablés, sûrement tous des marins ou des membres d'équipages des bateaux ancrés dehors. Quelques femmes étaient présentes, mais pas plus engageantes que leurs homologues masculins. Je poussais un soupir, et me dirigeai vers le comptoir.

« Qu'est-ce qu'on boit ici ? » demandai-je d'un ton désintéressé au maître des lieux, qui me regarda alors d'un air incrédule, comme si je débarquais d'un autre monde. Ce qui, il fallait le reconnaître, était très probablement le cas. « Du rhum !» s'esclaffa t-il en posant avec violence une grosse bouteille sur le comptoir. Quelques uns de ses fanatiques piaffèrent en avalant de longues gorgées de leurs verres respectifs. Je hochai la tête en signe d'approbation à l'attention du tavernier, qui déboucha sa bouteille sans un mot, et déversa un bon quart de son contenu dans une sorte de choppe en bois qu'il me glissa avant de repartir à ses occupations.

Alors que j'approchai de mon visage le contenu de mon verre, j'entendis derrière moi la porte d'entrée émettre un couinement. Sans regarder derrière moi, je m'aperçus qu'en quelques secondes, l'établissement entier ou presque s'était tut. Surpris, je choisis à mon tour de me retourner, quand j'aperçus une jeune fille, pas plus âgée que Vaan, entrer, toute fébrile et s'accrochant vainement à un bâton. Elle non plus n'était pas vêtue comme les autres occupants du port. Serait-il possible qu'elle aussi, se soit retrouvée au mauvais endroit ? Les conversations reprirent, et je la vis s'approcher du comptoir d'un pas hésitant. Je baissais le regard, retournant à mon verre, concentré pour entendre ce qu'elle avait à dire au tenancier. Perdue ? Cela allait de soit... Un bref regard vers le tavernier, et je vis son air roublard, ses dents jaunâtres se dévoiler à mesure qu'il approchait sa face répugnante de celle de la petite. Cette-dernière était effrayée.

« Un autre verre !» criai-je à l'attention du gros barbu derrière le comptoir. Celui-ci se retourna vers moi et grogna, avant d'attraper mon verre et de s'éloigner pour aller le remplir, et très vraisemblablement, y glisser un bon crachat. « J'ai cru entendre que vous vous étiez égarée, mademoiselle ?» glissais-je alors tout bas à l'attention de la gamine à côté de moi, fébrile et visiblement apeurée.
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MessageSujet: Re: Yo ho - No. | Balthier   Lun 18 Aoû 2014, 12:48 am

L’inconfort s’immisce dans mes veines, incommensurable venin. Dans l’ampleur excessif de ma politesse, je ne peux cependant détourner le regard, voire me lever, même daigner penser à quitter cet endroit inhospitalier. Il me suffit de retenir mon souffle et d’attendre. Parle-t-il ma langue? Peut-il me comprendre? Son regard semble m’indiquer que c’est bien le cas. Je me fais donc comprendre malgré son silence, me pliant à attendre qu’il ne me communique l’endroit où je suis tombée pour que je puisse m’éclipser loin des regards envahissants des matelots – je suis dans une ville portuaire, après tout, alors ce constat me paraissait loin d’être erroné – et ailleurs, où l’accueil serait plus chaleureux et moins incommodant que celui-ci. Je l’espère, du moins.

Mais il ne fait que se rapprocher de plus belle et je me sens me raidir, mon corps en entier se cabrant tout en prenant ses distances de l’homme. J’ai envie de vomir et je n’ai pas l’impression que ce sentiment ne vienne de la pestilence de l’endroit – mais surtout de l’homme – mais plutôt de l’angoisse tourmentant mon estomac. C’est dans une convulsion instinctive que je me braque contre mon arme, comme si sa seule présence serait assez pour m’apaiser.

C’est une voix qui vient cependant  à mon secours, reportant l’attention du barman vers un homme que je n’avais pas remarqué avant ce moment précis – peut être aurais-je dû. Il s’émanait de lui quelque-chose de bien différent du reste des corsaires présents –  vers qui il s’approcha, s’emparant de sa choppe vide pour aller la remplir.

Aussitôt fus-je libérée d’un poids monstre, ses mains glissant hors de mes épaules et cessant de me retenir. Un long soupir s’échappe de mes lèvres et je me retourne vers l’homme qui m’adresse alors la parole, son corps tanguant quelque peu vers le mien, comme en confidence. Son geste n’avait pas été une coïncidence et pour ça, je lui étais redevable.

Après avoir bafouillé à celui-ci un ‘merci’ non-verbalisé et un hochement de tête, je me retourne complètement vers lui – qui sait, peut-être que le tavernier me laissera tranquille, de cette manière – et je lui adresse un sourire.

— « Yes. As a matter of fact, I am… And this place is, well – J’émet un toussotement. Bien sûr, malgré ses airs sympathiques, il venait peut-être tout de même de ce monde et il était primordial de ne pas révéler l’existence de d’autres mondes à ceux qui ne le savent pas, une loi non-écrite que chacun ayant perdu un monde savait respecter – um, rather far from home, but I certainly didn’t think it would end up being so inhospitable! … Not that you are unwelcoming, it’s quite the contrary, in fact, but. »
v.f. : Oui, en fait, je le suis… Et cet endroit est, eh bien […] Euh, assez loin de chez moi, mais je ne m’attendais certainement pas à me retrouver dans un endroit aussi inhospitalier! … Pas que vous n’êtes pas accueillant, bien au contraire, en fait, mais.

Je suis soudainement stoppée par la chope d’alcool qui est plaquée durement sur le comptoir, la surprise me faisant sursauter et retenir une exclamation, mon corps en entier se retournant vers l’imminent danger – qui ne l’est pas, vraisemblablement. La poignée est toujours tenue par la main extrêmement sale du tavernier. Il me lorgne pendant un long moment, son visage s’approchant à nouveau du mien, avant d’offrir son plus effrayant regard noir à mon sauveur. J’ai cru l’entendre grogner, mais avec la cacophonie, un son guttural est quelque peu difficile à entendre. Il s’éloigne, probablement pour servir d’autres clients assoiffés. Je me retourne de  nouveau vers mon interlocuteur. Je baisse ma tête vers lui, m'exprimant à voix basse.

— « The others… I really don’t enjoy the way they look at me. And I… Well. I don’t even know where I am, and—

YOU CHEATER! »
v.f. : Les autres… Je n’aime vraiment la manière dont ils me regardent… Et je… Eh bien, je ne sais même pas où je me trouve, et—
TRICHEUR!

La voix rauque du pirate brise le presque calme qui s’était mêlé à la taverne, en causant cependant un nouveau qui ne dure que quelques secondes, le temps que tout le monde n’arrête de parler et regarde ce qui vient de se passer – moi, inclusivement.

Sur une table non-loin de notre emplacement actuel se trouve plusieurs hommes autour d’une table, cartes vraisemblablement usées à la main, tout autant que leurs habits. Il est facile de savoir qui a levé le ton – l’homme est levé de sa chaise, mais toujours courbé vers la table, ses cartes tenues fermement dans sa main.

L’attention que porte l’ensemble des gens réunis donne une bonne impression de l’intensité du moment, tout autant que les deux regards qui s’affrontent. Tandis que l’un semble totalement outré, son interlocuteur lui offre un sourire plutôt narquois. C’est les paroles suivant celui-ci, dites sur le ton le plus innocent du monde, qui témoignent de sa fourberie.

— « Cheater, me? There’s no need to cheat against you, matey! »
v.f. : Moi un tricheur? Je n’ai pas besoin de tricher contre toi, l’ami!

Apparemment, ce fut la goutte qui fit déborder le vase. À peine le gagnant eut-il fini de prononcer ces mots que déjà son adversaire venait de dégainer son arme, la pointant au cou de celui-ci d’un air furibond.

Ça ne prit qu’une fraction de seconde.

La table venait de se faire renverser et les pièces d’or tombaient de celle-ci comme de la pluie, émettant un bruit clair sur le parquet, peu distinguable dans la mêlée d’armes s’entrechoquant, métal contre métal, se joignant aux cris des bandits se joignant à la bataille – comme si ce n’est que ça qu’ils attendaient réellement, depuis le début.

Tellement de bruit, de cris, de rires! J’étais épouvantée, tout simplement épouvantée, figée à regarder cette scène sans pouvoir même bouger ne serait-ce qu’un peu, tétanisée par la violence des gestes de chacun.

Moi qui croyait être enfin sauvée du pétrin dans lequel je m’étais mise, me voilà au milieu d’un problème qui l’est plus encore – les lames sont tranchantes, acérées et pourraient facilement me découper en morceaux et je sais que de m’attraper moi ou un matelot quelconque ne ferait aucune différence dans cette altercation qui n’a rien d’amicale malgré l’air beaucoup trop jovial des navigateurs s’étant joint à la pagaille. Que j’aurais aimé être avec Kimahri! Lui seul, de sa force excemplaire ou même d’un rugissement, de sa présence imposante, aurait su mettre fin à cette bataille – du moins, il aurait pu m’en sortir. Je remarque la porte à l’autre bout de la taverne. À moins de se jeter dans la mêlée, il n’y aura aucun moyen de l’atteindre. Que j’aimerais avoir avec moi la présence rassurante de Lulu! Un simple sort les aurait tous fait taire, les aurait fait respecter cette puissante mage qu’elle était.

Mais ils ne sont pas là. Ils ne sont pas là et je suis seule, affreusement seule, contre ces brutes et ces mécréants.

Mon regard se retourne de nouveau vers celui qui m’a gentiment adressé la parole, me sortant de mon trouble premier. Il ne semble pas, lui non plus, pris de l’envie de se faire tabasser. Il faut croire que l’impression que j’ai eue de lui aux premiers abords n’est pas fausse – il est bien différent des autres. Mais là n’est pas le temps de réfléchir à ce sujet – il faut sortir d’ici!

Bref regard aux alentours avant que mon regard ne se perde vers un point d'intérêt. Je pointe rapidement la fenêtre, reposant par la suite mon regard vers l'homme. Là serait notre porte de sortie - elle était assez grande. Il suffisait de se rendre sans trop de dommage. Et là, ce fait pourrait s'avérer plus complexe en pratique qu'en théorie.
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