Partagez | 
 

 Le monde de ce qui n'aurait jamais dû être [Libre]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Invitéavatar
Invité
MessageSujet: Le monde de ce qui n'aurait jamais dû être [Libre]   Sam 27 Avr 2013, 11:30 am

Illusiopolis. Le monde de ce qui jamais ne fut. Pour Mei, il aurait plutôt fallu un monde de ce qui n'était plus, de ce qui ne serait jamais plus. Dans l'obscurité de cette ville, seuls les éclairs semblaient donner vie à ce bout de monde plongé dans le noir. Il y avait des immeubles, une gigantesque ville mais par qui était-elle habitée ? Pas de ruines cependant, une ville déserte, comme si une vague était venue emportée tous ceux qui y habitaient pour y laisser un vide oppressant. Quelque part, Mei se reconnaissait dans cette description et peut-être que c'était pour cela qu'elle s'y était installée depuis maintenant trois jours.

Installée, cela n'était peut-être pas exactement le mot. Elle n'avait pas passé deux nuits au même endroit (nuit aussi était un mot bizarre dans ce monde qui ne semblait pas connaître le jour). Cependant, elle n'était pas non plus en voyage, puisqu'elle n'avait aucun but particulier, pas même celui de visiter. Elle considérait plutôt que la ville était toute entière une maison dans laquelle elle allait et venait sans aucun but, sans aucune motivation.

Avant de venir, elle s'était trouvée une nouvelle canne d'apparat. Rien de bien utile, juste une canne de bois poli et ciré, avec un pommeau fait d'un caillou brillant et transparent, mais qui n'était sûrement qu'une imitation et sans doute pas une pierre précieuse.

Dans cette ville vide, on pouvait parfois entendre le bruit de ses pas et celle de sa canne qui la précédait. Elle allait et venait, le regard vide et puis elle s'asseyait dans un coin en posant sa canne sur un mur. Elle regardait sa main, celle où il lui manquait son annulaire et ensuite, elle grattait son bandage. Et quand elle risquait de l'enlever, elle agitait la tête avec force avant de se relever, reprendre sa canne et reprendre sa marche et ça, jour après jour, sans discontinuer. Elle aurait pu sans doute faire ça tout le restant de sa vie. Elle ne mangeait rien, buvait à peine.

Un soir, elle s'arrêta devant un grand immeuble servi par un superbe escalier. La façade était agrémentée de fenêtres, certaines allumées, et d'une enseigne bleue, sertie de flèches clignotantes vers une étoile bleue. Tout en haut, il y avait une pancarte lumineuse, publicitaire peut-être mais qui ne vantait le mérite d'aucun produit. C'est fou comme ce monde était futile, autant que sa vie.

Elle commença d'abord par son petit manège habituel: regard sur sa main, la porter sur son bandage pour le gratter, des tremblements au niveau de ses doigts, cette volonté d'enlever le bandage... Et puis le refuser, se retenir. Mais ce soir-là, impossible de s'en empêcher une bonne fois. Sa main continuait à le vouloir et se jeta sur le bandage. Mei bascula la tête en arrière et se retrouva sur le dos à lutter d'une main avec son autre main. Elle se roulait sur le dos. Alors, elle se jeta sur sa main et planta sa dague dans la paume pour la fixer au sol comme on fixe les ailes d'un papillon.

Comme si de rien n'était, elle se rassit tranquillement, avec juste une main accrochée au sol, une dague plantée dans la paume, une main qui avait des convulsions comme prête à repartir à l'assaut. Mais Mei regardait ailleurs, blasée, sans aucun signe de douleur.
Revenir en haut Aller en bas
 

Le monde de ce qui n'aurait jamais dû être [Libre]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Realm of Darkness | Kingdom Hearts RPG :: Mondes :: Contrées neutres :: The World That Never Was :: Rues d'Illusiopolis-