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 Searching in Vain ♦ M E I

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Oerba Yun Fang♠ Messages : 107
♦ Monde actuel : Dans tes pires cauchemars... Espère-le!
♦ Objectif actuel : À la recherche de Vanille. <3
♦ Humeur : Provocante!
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Wanderer
MessageSujet: Searching in Vain ♦ M E I   Lun 27 Aoû 2012, 2:30 am

Éclats orangés dans un ciel pur. La première lueur de l’aube titille les yeux de la guerrière Pulsienne, autant que les cris différents qui s’éveillent après la lune ; des oiseaux chantent une mélodie matinale. Certains cris stridents émanent de la jungle profonde, suivis de battements d’ailes et de couinements tous différents, non-familiers, mais desquels elle a pu s’habituer. Cinquième journée dans ce monde qui n’est pas le sien. Cinquième journée dans un monde différent. Elle ne peut s’accoutumer ; mais elle le doit. Elle le doit car elle doit aussi récupérer sa Vanille. Repérer ses traces et la retrouver. Ne plus jamais la quitter. Comme elles s’étaient promises. Comment peut-elle penser la laisser derrière ? Sa marque doit tellement avancer. Si elle est active. Elle espère pourtant tant le contraire. Oh, elle espère. Ses paupières tremblent avant de s’ouvrir, laissant le vert perçant de ses yeux s’accoutumer à la lumière. Fang n’a aucun temps à perdre. Elle doit retrouver Vanille. Sa petite fleur de printemps. Elle doit la retrouver, s’assurer de sa sûreté. Ce monde si différent est vide. Vide de ce qu’elle recherche. Vanille est si loin. Et cette même pensée commence à s’immiscer en elle, douloureux baume.

La Chasseresse agrippe sa lance, accotée devant elle, sur son épaule, réflexe qui dure depuis plusieurs jours déjà. Elle relève doucement sa tête du mur, regarde autour d’elle. Le soleil ne fait que commencer à donner sa lumière sur ce qui l’entoure. Une lumière douce, accueillante. Elle perce le peu de nuages avec des éclats orange, parfois plus rosés. Des pas viennent d’en bas. Pas subtils, mais toujours présents. Elle frotte son œil de son poing, voyant la silhouette du guerrier insouciant partir doucement dans la jungle. La silhouette disparaît finalement, ne laissant que des bruits de pas lointains. Elle soupire, puis se lève. Elle n’a pas de temps à perdre. Après le sommeil vient tout de suite la recherche. Au Diable la nourriture. Vanille passe avant. Avant tout le reste. Du balcon, elle aperçoit la lisière de la jungle, le pont. Elle voit à quel point cette maison est brisée. À quel point personne n’aurait pu habiter ici, à moins de simplement y trouver refuge. Ils semblaient avoir été les premiers à rentrer depuis des lustres… L’Oerbienne fait les cent-pas, reposant sa lance dans son dos, à sa place. Sa blessure avait guérie, partiellement. Elle s’était reconstruite, ne laissant plus qu’une douce cicatrice presque invisible. Heureusement. Elle n’aurait pas voulu se faire ralentir de nouveau par une douleur subite. Certes, l’endroit garde une sensibilité précaire, mais elle peut tout de même en faire fi, l’ignorer. Ses ongles ont toujours cette petite teinte verdâtre – une pression désagréable, pensée qui l’est tout autant – suite à sa chute d’hier. Suite à cette saloperie de branche. Dire qu’elle avait été trop stupide pour sortir son Eidolon. Vanille… Son absence envenime ses moindres gestes et pensées, l’obligeant à être plus attentive. Sans qu’elle ne puisse y arriver.

Elle ne peut rester ici plus longtemps. À attendre qu’elle ne se manifeste. Elle n’est pas ici. Elle le sait, elle le sent ; son esprit n’est pas ici. Sa présence rassurante, cet aura familier, il n’est pas présent. Cet aura qui aurait rapidement pris cet endroit en otage. Aura joyeux qui lui manque tant. Vanille. Où peux-tu bien être ? Où peux-tu te cacher ? Elle espère tant la retrouver saine et sauve. Elle espère tant la retrouver sans aucune blessure. Sans ecchymoses. La l’Cie pose son regard forêt sur le ciel, couvert d’une couche infime de nuages.

Peut-être un dernier coup d’œil ne ferait pas de mal. Cette jungle est vaste, mais elle peut toujours la survoler. Oui. Un dernier coup d’œil avant de quitter l’endroit. Il doit y avoir une ville, au loin. Quelque-chose par lequel se rattacher. Un village. N’importe quoi. Elle aurait pu s’y réfugier. Être en sûreté. L’aborigène pose sa main droite sur sa marque, laissant sortir l’Eidolith de celle-ci.

    Come on out, Bahamut! Elle lance l’Eidolith dans les airs, celle-ci disparaissant dans les nuages, créant un puissant vortex tumultueux. L’Eidolon en sort, son rugissement faisant écho dans la jungle jusqu’à maintenant silencieuse. Heh, it was about time, was it? I’m sure you’d like to meet our new environment.
      Sors, Bahamut ! Heh, il était temps, n'est-ce pas ? Je suis certaine que tu veux jeter un coup d'oeil à notre nouvel environnement.


L’imposant Bahamut reste de glace, regardant attentivement Fang. Il change, laissant transparaître une forme plus bestiale, grandes ailes déployées. Et la guerrière embarque sur son dos. Ainsi commence le survol. Pas besoin de paroles ; d’une manière, son Eidolon la comprend sans explication. Les yeux de la jeune femme scrutent habilement la jungle pour une quelconque trace de sa chevelure orangée, dans ces heures matinales. Mais rien de plus que du vert. Rien de plus que les couleurs naturelles de la jungle. Le vent souffle dans ses cheveux de jais, reflets de flamme ondulant doucement à chaque bouffée d’air et elle continue sa recherche. Les yeux de la bête sont aussi rivés sur la jungle – les yeux d’aigle de la créature sont plus affinés que les siens, mais ne voient rien de plus que des animaux étranges et inconnus. Animaux sans nom dans un monde tout autant sans nom, pour elle. Plusieurs minutes à survoler la grande jungle, sans voir quoi que ce soit. Puis, plus soudainement encore, la mer et ses reflets dorés dans les vagues. Le soleil perce celle-ci et son odeur saline rappelle à l’Oerbienne un petit air de chez elle. Mais rien de plus que des souvenirs de son sourire et de ses manières, rien de plus qu’un souvenir de leur enfance et de leur adolescence. Rien de plus qu’un souvenir du périple qu’elles ont vécues, accompagnés de ceux qui étaient pour elles leur nouvelle famille, maintenant perdue après un grand sacrifice.

Qu’avait-il pu se passer ?

Si seulement elle pouvait rappeler à elle une seule mémoire. Mais tout ce qui vient est ce rideau de noir qui l’a encerclé pendant ce qui a semblé être des moments interminables. Et ce sentiment maladif. Une fureur, un mal. Quelque-chose d’inexplicable. Une douleur émotionnelle. Peut-être. Mais tant de sentiments négatifs se succédant, un après l’autre. Douleur après inquiétude après rage. Le désespoir. Et se retrouver seule, sans elle, sur une étendue d’eau bleutée aux reflets d’or et de platine sous un soleil agressant.

Mais qu’est-ce que cette lueur blanchâtre dans le ciel ? Au loin, elle aperçoit une forme ovale, pulsant dans le ciel, comme un trou béant sur quelque-chose. Pouvait-ce être une porte, une porte vers un autre endroit, comme les imposantes Gates menant à Gran Pulse ou Cocoon ? Certes, une porte étrange et différente, mais quand même une porte. Et si Vanille était de l’autre côté, à l’attendre, dans ce monde différent, totalement effrayée, appréhendant des créatures viles et différentes. Si elles étaient aussi inoffensives que dans la jungle, pourtant, elle n’aurait rien à craindre. Mais si la différence était aussi marquée qu’entre Gran Pulse et Cocoon… La pensée est trop dure à imaginer. Bahamut change de cap, se dirigeant à une vitesse vertigineuse vers le trou qui continue de pulser au loin, les appelant tous deux vers un nouvel endroit insoupçonné. Ils pénètrent alors, le portail pulsant une dernière fois, avant de disparaître complètement.

Ce sentiment étrange. Comme un frisson désagréable qui lui passe dans l’échine, au plus profond de son cœur qui ressent lui aussi un quelconque mal, un quelconque frémissement. Elle connait ce sentiment. C’est le même. Exactement le même. Ce sentiment d’éveil et de sommeil dans lequel elle a été plongée avant de finalement s’éveiller dans cette jungle, sans elle. Perdue et incomprise. Étrangère à un monde tout aussi étrange. Elle se sent perdue. Pourtant, elle ne rêve pas. Ces étoiles sont les seuls points lumineux qui éclairent. Pourtant, pourquoi ont-ils l’air si près ? Certains le sont. Certains ne le sont pas. Plus près qu’elle ne le pense. Quel est cet endroit engouffré de la noirceur la plus pure ? On dirait un ciel. Un ciel continu dans lequel elle avance, cherchant une issue, cherchant un quelconque endroit où pourrait être situé sa Vanille… Mais ce sentiment. Elle a l’impression de tendre vers une maladie. Vers une faiblesse. Quelque-chose s’agrippe à elle et ne veut la laisser partir. Bahamut fonce à toute vitesse, plus vite encore en ressentant son mal. Vanille. Vanille. Elle doit retrouver Vanille. Elle ne veut pas sombrer de nouveau dans ce sommeil, prisonnière de cette noirceur. Non. Elle doit la retrouver. Rapidement. Le besoin de sortir d’ici se fait plus intense, plus demandant. Mais cette force l’étreint et l’habite. Les Ténèbres la rongent doucement. Elle ne peut plus tenir. Elle doit quitter. Jusqu’à ce que quelque-chose. Une plateforme ronde, flottante, se montre à elle. Forme bleutée et verdâtre sortant d’une lumière douce. Qu’est-ce que cette Lumière ? Elle semble si accueillante. Si… Accueillante, différente de ces ténèbres maladivement envoûtantes, dérangeantes.

L’Eidolon file à toute allure, trouvant une brèche pour entrer dans la porte du monde. Un camp étrange aux marques indigènes d’apparence se tient devant l’Oerbienne, plus bas, alors que le dragon ralentit la cadence. Ce camp, précisément, intrigue la bronzée qui décide, finalement, de se poser à cet endroit précis. Elle saute du dos de Bahamut, atterrissant cette fois non pas sur la tête d’un pauvre demeuré, mais sur un sol rocailleux. La créature métallique finit par s’envoler dans le ciel, disparaissant dans une étoile digne des dessins animés. Il reviendra une fois que la chasseresse l’aura de nouveau invoqué. La jeune femme regarde ses pieds, avant de lever la tête, appréhendant les alentours. Les huttes ont quelque-chose d’étrange. Autant ces habitations ne sont-elles pas connues sur Cocoon qu’elles semblent passablement habitables. Et habitées, d’après tout ce qui a autour. Elle remarque plusieurs tambours, des peaux de poisson tendues sur des bouts de bois, fumés en haut d’un feu. La fumée s’échappe encore de celui-ci, seulement en brasier pour l’instant. L’odeur est enivrante, presque trop tentante. Elle sent son ventre frémir à l’odeur du poisson cuit. Ne pas manger n’était peut-être pas la meilleure des idées, finalement.

Si elle peut en prendre seulement un…

Ainsi, elle s’approche, ne remarquant pas que les tentes s’approchent d’elle à chaque pas. Certes, elle relève la tête à plusieurs reprises, mais ne voit rien. Jusqu’à ce que, main tendue, les Peaux Rouges sortent de leur cachette, grands cris de guerre, encerclant la Pulsienne qui dégaine son arme, la faisant témérairement tourner au-dessus de sa tête, lames brandies et prête à l’assaut. Ses assaillants se stoppent dans leur élan, subjugués par la vitesse d’action de la guerrière. Visiblement, elle doit être plus expérimentée. Mais alors que leurs yeux noirs percent son regard d’une manière des plus subjuguée, un grand – non, plutôt gros – Peau Rouge se présente devant elle, alors que les autres baissent leurs armes. Oh, Fang n’est pas assez sotte pour en faire autant. Sa lance reste dans sa main droite, toujours sur la défensive. Le gros Indien croise les bras, bombant le torse, sa grande couronne de plumes bougeant à chaque mouvement tandis que ses yeux percent les siens d’une manière presque menaçante. Une main décrit par la suite un cercle dans les airs, comme une salutation étrange, avant que d’une grosse voix presque intimidante, oui, presque, car Fang ne trouve rien de plus intimidant qu’elle-même, il dise des paroles tout à fait incompréhensibles pour la belle.

    HAO.


    Uh, what?
      Euh, quoi ?


Certainement. L’Indien ne se fait pas assez comprendre, seulement par son mouvement de main. Fang ne comprend pas, mais serait-ce seulement son envie de retrouver Vanille au plus vite qui continue de la hanter, au point de ne plus voir les choses les plus simples, évidentes ?

    You Pale Face lost, this time.
      Visage pale perdu, cette fois.


Pour l’amour d’Etro, où pouvait-elle bien être tombée ? Ces gens étaient plus qu’étranges. Et ce jeu… Qu’en était-il de ce jeu ?

    What are you talking about ? Where am I?
      Mais de quoi tu parles ? Où suis-je ?


    For many moons red man fight pale face lost boys. Sometime, you win, sometime, we win. Now, we win. So we turn Pale Face loose.
      Pour plusieurs lunes, hommes rouges se battre contre garçons perdus au visage pâle. Parfois, vous gagner, parfois, nous gagner. Maintenant, nous gagner. Alors nous libérer visage pâle.


Les autres indiens semblent se consulter du regard, par une incompréhension totale quant aux paroles de leur chef. Mais c’est définitivement Fang, la plus confuse, qui ne fait que regarder le chef des « Hommes Rouges » d’une manière complètement déboussolée.

    But Pale Face old.
      Mais visage pale vieille.


Et qu’avaient-ils à la traiter de vieille ? Sa réponse est vive, aussi vive qu’un éclair.

    Hey, who’re you callin’ old?
      Hé ! Qui traites-tu de vieille ?


    And pale Face no boy.
      Et visage pale pas petit garcon.


Deux argumentent ensemble, passablement confus tant qu’à l’origine de cette téméraire guerrière.

    But pale Face got animal fur.
      Mais visage pâle a peau animale.


L’Indien pointe les queues d’animaux Pulsiens pendant à la ceinture de l’Oerbienne. La rage monte. Fang la laisse paraître par un simple mouvement, sec, de la main.

    Cut it off! I have a name! And now, if you excuse me, I don’t have time for you silly games. I’m looking for someone.
      Ça suffit ! J’ai un nom ! Et maintenant excusez-moi, je n’ai pas le temps pour vos enfantillages. Je cherche quelqu’un.


Tous semblent surpris par ce soudain accès de rage. Mais elle y pense. Ces maîtres du camouflage (étrangement) savent peut-être où elle pourrait trouver sa protégée. Elle se radoucit, prenant une pose plus relaxée.

    You may have seen her… She has orange hair and bright green eyes. She is pale and fragile and she cries a lot…
      Vous pourriez l’avoir croisé… Elle a des cheveux orange et des yeux vert perçants. Elle est pâle et fragile, et elle pleure beaucoup…


Les Indiens semblent se consulter pendant un moment, certains se grattant la tête d’un seul doigt, d’autres jouant après leur menton, sourcil levé. Même le chef semble moins menaçant alors qu’il cherche. Plusieurs lèvent les épaules. Fang sent ses espoirs baisser. Vanille… Te trouverais-je ?

    We red man no see bright orange haired girl.
      Nous hommes rouges pas vu jeune fille aux cheveux oranges.


Fang soupire, reposant sa lance dans son dos. Le verdict est clair. Mais elle peut toujours être ailleurs. Ailleurs dans ce monde étrange, où un aura étrange, dynamique, joyeux règne.

    Ugh. Thanks anyway.
      Hrm. Merci quand même.


D’un autre signe de main, la guerrière prend congé de ces étranges personnages, seulement pour marcher sur un chemin sinueux la menant dans une nouvelle forêt. Elle longe celle-ci, tentant de trouver un endroit propice où pêcher. Autant se mettre quelque-chose dans le ventre avant de continuer sa recherche. Ses espoirs sont bas, mais ils règnent toujours. Quelque-chose à propos de cet endroit est différent de la jungle. Cet aura étrange et festif qui entoure étrangement l'endroit. Elle finit par trouver un ruisseau où elle remarque plusieurs races de poisson encore inédits. Ce monde a-t-il d’autres différences, plus étranges encore ? Elle ne sait trop. Mais elle espère que la nourriture est plus goûteuse que sur Cocoon. Fang prépare sa lance, puis, d’un seul coup, attrape un poisson. Elle arbore un sourire victorieux – elle n’a pas perdu ses talents. Le poisson grouille au bout de sa lance ; elle met fin à ses souffrances d’un jet de flamme rapide, avant de le mettre par terre, prenant des brindilles çà et là pour repartir le feu et attendre que la viande soit bien cuite.

Mais un bruit. Un simple bruit fait valser la guerrière hors de sa préparation vite-fait de nourriture, brandissant sa lance devant elle, vers l’origine du bruit. Elle déteste les attaques surprises – seulement celles qui sont contre elle, mais tout de même.

    Who’s there? Show yourself!
      Qui est là ? Montre-toi !


Elle n’a pas le temps de rigoler. Elle doit retrouver Vanille. Au plus vite.
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MessageSujet: Re: Searching in Vain ♦ M E I   Lun 27 Aoû 2012, 6:52 am

[HRP: je vois que tu ne mentais pas XD. Tu devrais écrire un roman, tu en as le style et l'éloquence]

Mei en avait fini avec le pays des merveilles, wonderland, peu importait son nom. Ce pays dans lequel elle avait été comme dans son élément, manquait cependant de quelque chose qui lui seyait mieux. C'était de la folie peut-être trop gentille, trop doucereuse pour lui convenir. Quand la folie s'était forgé dans le sang et la mutilation, on ne pouvait rester assise dans l'herbe à prendre un thé imaginaire avec un chat, même un chat à la tête décapitée.

Mais comme à son habitude, Mei ne savait même pas comment réagir. Méchamment, gentiment, (s'il fallait suivre un modèle manichéen), agressivement ? Cela l'énervait-il de voir ce chat ? Non. Cela lui plaisait-il ? Non. Alors l'ennui s'installait mais elle ne savait pas comment y faire face. Ce monde, il n'était pas fait pour elle. Trop calme finalement... Comme quoi... Et pourtant, Mei avait aspiré toute sa vie depuis l'incendie, à une vie calme et sans histoires. Mais à présent, alors que les histoires s'étaient multipliés et qu'elle n'en pouvait plus, elle ne pouvait pas non plus vivre sans. Ironie du sort.

Quand elle quitta ce monde, elle se sentit libre. Tout simplement parce que le choix lui appartenait de se déplacer et de se déplacer où elle voulait. Seul s'opposait à sa liberté, sa totale ignorance du monde extérieur. Du coup, finalement, un peu de hasard dirigeait sa destinée, sa destination. Mais au moins, elle n'arriverait pas dans le monde suivant comme un pantin désarticulé, dont on coupe un à un les fils. C'était exactement comme ça qu'elle était arrivé au pays des merveilles, sans exagération, sans vouloir imager.

Quand elle arriva dans ce nouveau monde, elle soupira, respira fort en détendant ses bras, toujours libres. Elle savait qu'elle ne serait pas toujours comme cela: libre de ses pensées et de ses mouvements, alors elle en profitait. Elle regarda autour d'elle, elle était visiblement sur un quai de pierre blanche. Au loin, un homme à la voix rauque invectivait ses hommes d'embarquer rapidement de lourdes marchandises que les marins portaient sur leur dos courbé. L'homme tenait en sa main, ou plutôt en son crochet, une canne d'apparat, magnifiquement ouvragée, un diamant sur son pommeau.

Mei haussa les épaules et avança, passant à côté de l'homme au crochet. Elle continua sa marche jusqu'à quitter le port, direction la forêt dense.

-Allons, allons, dépêchons, tas de larves. Pour une fois qu'on a fait une bonne prise, vous n'allez tout de même pas traîner ! Allons ! Et... Une minute... Mouche ! Ma canne ! Ma canne a disparu ! Qui a volé ma canne ? Qu'il se dénonce !

Dans la forêt, Mei jouait avec sa canne nouvellement acquise. Elle la faisait tournoyer entre ses doigts fins tout en marchant de son pas gauche. Sa marche trahissait son corps fragile et malade. Quand elle voulait aller droit sur le chemin, elle se surprenait à aller dire "bonjour" aux arbres encadrant la route. Parfois, ce n'était même pas une expression, elle leur disait vraiment "bonjour". En plus, déconcentrée par ses petits tours de canne, son pas était encore plus déséquilibré.

Bientôt, elle finit même par ne suivre plus aucune route et à se perdre dans les bois. Comme d'habitude, lorsqu'elle était seule depuis trop longtemps et qu'elle faisait quelque chose à en perdre la conscience de ce qui l'entourait, elle commença à parler toute seule:

-Et si nous coupions les jambes et les bras ? Un joli buste pour nos longues soirées d'hiver à lire ce sempiternelle "Night before Christmas" au coin du feu. Le buste dans le feu nous réchauffera, madame, voyons, restez calmes, on dirait que vous dansez le tango avec la mort.

Une odeur légère, comme de la viande à peine cuite, vint percer jusqu'à ses narines. Elle s'approcha lentement de l'endroit d'où provenait cette odeur. Pas suffisamment prudemment puisqu'en marchant sur une brindille sèche, elle attira l'attention de la scout en plein pique-nique. Elle ne se démonta pas, pas plus en voyant la réaction agressive de la scout en question. Elle sortit de sa cachette et marcha lentement tout en faisant tournoyer sa canne entre ses doigts, en faisant un léger écart vers la gauche, manquant de tomber.

-Après le thé, il ne manquait qu'un pique-nique improvisé. Bien. A présent que je me suis montré, es-tu plus rassurée ? Ou faut-il en plus décliner mon identité ? Mei Misaki, voilà qui est dit. Et que voilà une femme sauvage et élancée. Sûrement bonne combattante, plus proche du tigre que du chaton. Tu me fais penser à ce cher Goyle. L'homme-tatouage de ce spectacle de monstres. Animal, indomptable et ridicule.

Elle avait visiblement l'habitude de comparer chaque personne qu'elle rencontrait à une personne qu'elle connaissait. C'était quand même la deuxième fois qu'elle inaugurait les présentations par une comparaison, peu reluisante, avec une autre personne. Et visiblement aussi, elle aimait toujours autant avoir la parole. Elle gratta son bandage à l'oeil qui la démangeait toujours autant avant de planter violemment sa canne dans la terre meuble.

-Sais-tu bien qu'elle nous observe ? Sais-tu bien qu'elle nous tuera, nous empalera ? Méfiance, méfiance. Va au diable, je n'ai pas besoin de tes conseils. Grinça t-elle entre ses dents, comme se parlant à elle-même.
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Oerba Yun Fang♠ Messages : 107
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MessageSujet: Re: Searching in Vain ♦ M E I   Mar 28 Aoû 2012, 8:18 pm

[Merci ! <3 J'aime beaucoup ton style à toi aussi <3]

Du poisson émane une odeur douce tandis que la viande se met à cuire. Parallèlement, Fang toise l’endroit, le buisson, où le bruit distinct d’une branche craquant sous un pied s’est fait entendre. Un bruit qui aurait, une fois de plus, pu être très subtil si ça n’avait été de son attention de chasseresse. Gran Pulse a plusieurs secrets et plusieurs dangers desquels dans ses années d’existence elle s’était accoutumée, autant qu’une téméraire femme de son espèce avait pu le faire. Cette branche, au sol, ne peut avoir été fracturée que par quelque-chose de plutôt grand. Un animal inoffensif n’aurait pas fait de bruit en posant la patte dessus ; alors ce ne peut être qu’un prédateur affamé ou un être humain tout autant affamé – attiré par sa nourriture cuisant subtilement sur le feu, ou bien par elle, étrangère, qui n’est pas un Garçon Perdu comme les indiens lui ont fait remarquer (Par son âge trop avancé et son manque de… Fourrure ? Quels incompréhensifs personnages) ou une Peau Rouge venant de leur petit village fermé. Y a-t-il d’autres formes de vie passablement humaines à cet endroit de plus en plus étrange ? Des formes de vie plus téméraires que ces Indiens croisés, qui ne semblaient que vouloir jouer ?

Jouer. D’une manière, cet endroit plairait certainement à Vanille, par son côté qui lui paraît de plus en plus enfantin, sordidement. Fang ne baisse pas sa lance, prête à l’assaut si jamais quelqu’un d’armé approche. Par contre, ce qui sort de l’ombre des bois ne lui donne qu’une plus grande surprise : une canne d’or nacré, ornée d’un joyau brillant d’une manière idyllique, dont le reflet joue sur les rayons du soleil et aveugle momentanément l’Oerbienne. Celle-ci secoue la tête, grommelant quelque peu, tenant toujours sa lance, prête à se défendre ou à attaquer en cas de besoin.

Puis sort du bois dans une fraction de seconde suivant la canne mouvante, portée d’une manière toute autant enfantine que maladroite, une jeune femme aux cheveux de jais, petite, fragile d’apparence, dont un bandage à un œil nuisant certainement sa vision. Pendant ce moment de surprise, étonnée, la guerrière s’accroche à sa lance – ne jamais sous-estimer un ennemi par aucune manière. Qu’en est-il de ce regard rouge sang ? De ces manières ? Jamais elle n’a vu de tels yeux. Cette vision est effrayante, d’une manière subreptice. D’autant plus que celle qu’elle prend pour une menace, étrange menace, se met à débiter des flots de paroles sans s’arrêter. De quoi peut-elle bien parler ? Du thé, ici, dans une forêt ? Fang tente en vain de suivre le flot des pensées de son interlocutrice, se lançant dans une tirade interminablement accablante. La guerrière se redresse momentanément de sa position, sans pour autant baisser sa garde. Bientôt, elle devra arrêter le feu si elle veut que son repas soit mangeable. Mais là n’est pas sa préoccupation du moment. D’ailleurs, la dernière pensée de la jeune écolière – ceci d’après les vêtements qu’elle arbore, ressemblant à ceux de Serah, d’une manière – laisse Fang dans un bouillonnement certain, malgré qu’elle ne montre ce mécontentement que par un sourire provocant et une exclamation.

    Heh, ridiculous, huh? Interesting.
      Heh, ridicule, hm ? Intéressant.


Pourtant, elle ne semble pas tant menaçante et laisse dans tous ses mouvements ses points faibles reluire d’une manière presque obscène. Si elle vient à l’attaquer, ce qui pour la Pulsienne semble étrangement inapproprié. Même si sa façon violente de planter la canne dans la terre est des plus calculées, d’une force qui ne peut émaner d’un corps aussi faible, aussi… délicat. Ce qui suit rend la guerrière plus perplexe encore. Se parle-t-elle à elle-même, comme si deux personnes habitaient son petit corps ? La l’Cie fronce les sourcils devant cette pure démonstration de folie. Mais que peut-elle en faire ? Comme dans un aparté qu’elle ne serait aucunement sensée entendre. Mais ces pensées s’arrêtent et elle n’ose poser la question de peur de troubler cette fille qui lui semble déjà troublée à sa propre manière. Un personnage intéressant, différent, étrangement intriguant. Par sa présence, elle sait d’une manière qu’elle devra mettre une halte à sa recherche. Elle ne peut penser faire une halte très longue, cependant, mais une halte assez longue pour manger son dîner… Et peut-être retirer quelques informations de cette jeune femme particulièrement captivante à sa manière. Puisqu’elle ne semble pas vouloir l’attaquer d’une quelconque manière, la Pulsienne détend sa position offensive et soupire.

    My name is Oerba Yun Fang. That stands for Fang of the Yun clan, from the village of Oerba. Les présentations sont de mise pour n’importe quoi. Elle est définitivement différente que cet homme stupide rencontré dans la jungle et cette différence la rend pour Fang plus intéressante, comme si ça vaut la peine de parler à elle, contrairement à ce Zack qui n’avait fait que l’énerver. Ce n’est pas pour autant qu’elle lui tournera le dos, juste au cas où elle déciderait de l’empaler avec sa canne ou un truc aussi simple que cela. You can probably tell that I’m not from here. And for some reasons, I think you are not from here either.Elle contourne le feu sur lequel grille son repas de fortune, jetant un regard au poisson qui commence à avoir une certaine coloration brunâtre. Pas tout à fait prêt. Derrière le feu, elle s’adresse de nouveau à cette Mei Misaki, tout en tournant l’animal à l’aide d’une branche pour que le brasier chauffe aussi l’autre côté. Certes, une casserole aurait été utile, peut-être meme une petite plaquette de metal, mais elle devait faire avec ce qu’elle avait. So, you’re probably here for something more than just telling me who I remind you of. What’re you doin’ here, then? You’ve got somethin’ to say, or you’re just hungry?
      Mon nom est Oerba yun Fang, ce qui veut dire Fang du clan Yun, du village d’Oerba. Tu peux probablement dire que je ne suis pas d’ici. Quelque-chose me dit que tu n’es pas d’ici non plus. Alors, tu es probablement ici pour quelque-chose de plus que de me dire à qui je te fais penser. Que fais-tu ici, alors ? Tu as quelque-chose à dire, ou tu as tout simplement faim ?


    Mister Smee, where was that brat going? Oh that wretched Peter Pan is going to taste me sword when I find him with me cane! Who else could possibly steal it while I have it in me hand?
      Mouche, ou allait ce gosse ? Oh, ce misérable Peter Pan va gûter à mon épée quand je vais le trouver avec ma canne! Qui d’autre pourrait la voler alors que je l’ai dans ma main?


La voix interpelle la guerrière qui s’arrête dans sa cuisson. Elle relève la tête pour entendre alors des mouvements secs d’épée, à ce qu’il semble, dans les airs, puis des pas qui approchent de plus en plus. Elle ne distingue que de plus l’accent étrange de l’homme qui a parlé, un roulement d’r exagéré et des mots presque crachés. Ils sont, à priori, beaucoup plus bruyants que la jeune femme.

    His cane, did he say ?
      Sa canne, hein ?


Ce n’est qu’un murmure, mais un murmure qui peut se faire parfaitement audible pour ceux qui se tiennent près. Regard interrogateur se posant sur la jeune femme. N’a-t-il pas dit, aussi, que ladite canne lui avait été volée directement sous son nez ? Brillante jeune femme qui paraît si mince, mais qui a cependant une grande agilité, si c’est réellement le cas.

    Hold on, Cap’n! I heard voices ahead, they must be close!
      Attendez, Cap’taine ! J’ai entendu des voix en-avant ! Ils doivent être près!


Cette voix est particulièrement aiguë. Elle tonne dans les oreilles de la guerrière. Tandis que l’un semble totalement hors de lui, prêt à arracher la tête à la première personne qu’il verra, l’autre, cette voix, lui semble presque trop joyeuse pour être accompagnateur de l’autre. Étrange, mais bien véridique. Les pas se font plus insistants face à cette remarque. Elle entend la première voix rire d’une manière des plus incompréhensibles avant de fendre l’air d’un nouveau coup d’épée.

    Wonderful. Simply wonderful. We could even be able to locate his hideout, by golly! I can feel it… It’s close… Close to the Indians! Hm, do you smell this, Smee? Fish! It smells like fish!
      Superbe, tout simplement superbe. On pourrait même être capable de retrouver sa cachette, pardi! Je peux le sentir… C’est près… Près des Indiens! Hm, sens-tu ce que je sens, Mouche ? du poisson ! Ça sent le poisson!


D’autres gens qui veulent voler son dîner. Super. Elle soupire, puis se relève, positionnant de nouveau sa lance en position d’attaque, attendant patiemment que les deux silhouettes (S’ils ne sont pas plus) se montrent parmi les broussailles. Ça ne devrait plus tarder, maintenant. Ils s’approchent. Oui, ils s’approchent et doivent venir simplement pour cette canne, si non pour chercher des noises aux deux jeunes femmes. La dernière solution est pourtant plus envisageable vu ce qu’elle entend des deux joyeux lurons se rapprochant sans faire de bruit – et pourtant en faisant tout le bruit du monde. S’ils veulent les attraper d’une manière subtile, c’est totalement raté. Alors pourquoi pas ne pas retourner leur ingénieux plan contre eux ? Non. Elle n’a pas une assez grande communion avec Mei pour lui demander de la suivre, qu’importe la raison pour laquelle elle se cache dans une forêt avec une canne d’or volée il y a de cela… Quelques minutes, si on en croit les pirates qui se rapprochent d’elles.

D’ailleurs, Fang est partante pour un petit combat.

Rien de mieux pour retrouver un certain entrain dans ces temps troublés. Mais alors qu’elle pense à cela, elle voit la forme d’une silhouette apparaitre, puis aussi soudainement que cette grande forme élancée fait son apparition qu’elle devient plus grossière encore, suivie d’une plus petite et grassouillette. La plus petite silhouette pointe par la suite la canne d’une manière victorieuse.

    There it is, Cap’n ! There’s your cane!
      La voilà, Cap’taine ! Voilà votre canne!


L’Oerbienne éclate alors d’un rire sonore.

    And I thought I was going to be facing some warriors!
      Et moi qui croyait que j’allais m’en prendre à de vrais guerriers!


C’en était trop, tout simplement. L’accoutrement du premier, petit, était risible. Il porte un chapeau rouge qui ne va pas du tout avec son chandail trop petit pour lui et rayé blanc et bleu. L’autre, pourtant, était tout simplement ridicule. S’il tenait une épée, celle-ci n’avait pourtant rien de la Gunblade de Lightning, mais là n’était pas le pire. Il porte aussi une grande et longue chemise rouge avec un chapeau plumé. De plus, il portait des grandes bottes à talons avec des collants. Comment pouvait-il se battre avec ces vêtements stupides sur le dos ? Le visage de Crochet s’empourpre d’une rage soudaine alors qu’il serre son épée de son poing, émettant un cri strident tout simplement hilarant, provoquant une nouvelle crise de rires chez l’Oerbienne.

    Oh, you scurvy brat! I’ll make you walk the plank!
      Oh, petite peste ! Tu vas subir le supplice de la planche!


L’homme trépigne avant de brandir son épée, pointant Fang témérairement. Celle-ci finit de rire et fait de nouveau tourner sa lance.

    Of course, of course. Come on, then! I’m waiting!
      Bien sûr, bien sûr. Viens, alors ! J’attends !


Son sourire provoquant revient, de suite après l’hilarité. Pourquoi devrait-elle avoir peur d’une telle infamie ? Il n’a rien d’effrayant, encore là rien de menaçant avec son épée. Elle a vaincu les plus téméraires bêtes de Gran Pulse et les plus forts soldats de Cocoon en passant par des Fal’Cie aux plans ténébreux jusqu’aux plus grandes machines de guerre. En quoi un clown habillé d’une manière étrange pouvait l’effrayer ?
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MessageSujet: Re: Searching in Vain ♦ M E I   Jeu 30 Aoû 2012, 1:14 pm

Mei avait les deux mains bien agrippée sur le pommeau de sa canne, un léger sourire aux lèvres, les yeux plissés, sournoise. Était-elle sûre d'elle-même ou joueuse ? Cela va parfois de pair mais on peut être l'un et pas l'autre. Difficile de voir dans ce corps frêle, une meneuse ou une guerrière, on y voyait plus facilement une enfant ou tout au plus une crevette sortie de l'eau: pas dans son élément. Mais cet air de suffisance semblait montrer qu'elle s'amusait bien et qu'elle cherchait à créer de petits effets qui, visiblement, se réalisaient.

Mei écouta silencieusement Fang se présenter. C'était assez rare. Mei aimait à montrer qu'elle était éloquente, qu'elle aimait parler et du coup, répondait même sans y être invité, trouvant quelque remarque parfois moqueuse, parfois à double sens, parfois sans sens apparent, mais là, elle se tut, comme si elle attendait quelque chose. Elle dit qu'elle n'était pas d'ici. Chose qu'elle crut évidente, mais Mei trouvait au contraire que Fang allait avec ce décor forestier. Dans les rues du port, elle l'aurait sûrement trouvé jurant avec le décor (les pirates aussi sans doute), mais là, elle la trouvait dans son élément. Et puis de toute façon, pour Mei, il en fallait beaucoup pour l'étonner. Tout lui paraissait normal. Si elle se rencontrait elle-même dans cette forêt, elle ne se trouverait pas non plus... Bizarre, ou pas dans son élément, son monde.

Elle retourna à sa tambouille, mettant le brasier entre elle et Mei, et lui demanda ce qu'elle venait faire ici. Mei se reposa plus amplement sur sa canne, les pieds croisés, le coude sur le pommeau, la joue dans la paume, un sourire aux lèvres.

-Disons que l'odeur m'a ameuté, certes. Mais entre les deux morceaux de viande que j'ai trouvé autour de ce feu de camp, seul le plus gros m'intéresse. Je n'ai pas vraiment de but particulier à parler aux gens que je ne connais pas. J'essaye simplement de voir ce qui est possible. Un chat de ma connaissance dira que je cherche des gens à aimer, je dirais plutôt l'inverse.

Elle s'était sûrement rattrapée en bavardages, en tirades et en métaphores, doubles sens et sous-entendus. Nul besoin de dire qu'en parlant, son sourire s'était agrandi. Elle se redressa, quittant le pommeau de sa canne pour gratter son bandage en grommelant quelque chose d'inaudible. Difficile de dire si elle s'adressait à elle, à quelqu'un ou si elle ne faisait que jurer contre ce qui la grattait.

Soudain, une voix se fit entendre dans les fourrés. L'une des voix, Mei la reconnut aussitôt. L'autre... Et bien elle s'en fichait, elle savait qui était la première, c'était suffisant. Plutôt que de cacher la canne que la voix avait expressément nommé, elle la posta devant elle, les deux mains sur le pommeau, en position d'attente. De temps à autre, elle replaçait son bandeau et ses cheveux avant d'agiter la main et de la remettre sur le pommeau. Elle ne releva pas les pensées de Fang et demeura yeux ouverts sur les fourrés.

Le capitaine et son second semblèrent beaucoup amuser Fang. De son unique oeil, Mei regarda Fang, sans doute, ne comprenant pas ce qu'il y avait de drôle. Oh, elle ne prenait pas pour autant ces deux larrons au sérieux, mais elle ne comprenait pas pour autant pourquoi il fallait rire.

-La planche ? Oh vous me faites penser à l'oncle Roger. Toujours habillé de si vieille façon qu'il paraissait toujours plus vieux. Il avait 30 ans, il en paraissait 60. La planche... Charpentier, peut-être ?

Fang semblait prête au combat. Mais Mei ? Allait-elle se joindre à la rixe ? Peu probable, vu qu'elle ne semblait pas être une guerrière. Toutefois, elle ne se débinait pas. Elle restait là à faire tournoyer sa canne entre ses doigts. De temps à autre, elle passait sa main sur son bandage, remontait jusqu'au fil qui le maintenait en place... Et vivement, elle secouait la tête, comme si elle se réveillait, le visage alarmé, et replaçait sa main sur sa canne.

-Vous venez pour cette canne ? Allons, vous semblez plutôt bien marcher. Que vous sert d'une canne si vous marchez ? Vous a t-on aussi coupé la jambe ? Bienvenue au club des estropiés. Dit-elle en montrant sa main droite auquel manquait l'annulaire. Inutile de montrer son oeil, c'était visible.
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MessageSujet: Re: Searching in Vain ♦ M E I   Sam 06 Oct 2012, 2:07 pm

Quel drôle de duo. Pas pour autant le premier que le deuxième. Entre un homme élancé et un petit-gros peureux, entre une guerrière prête à l’attaque et une folle qui ne cesse de balbutier des paroles incompréhensibles, leur paire aurait soulevé plusieurs questions plus ou moins loufoques. Et Fang, toujours prête à frapper, n’attend que le meilleur temps pour lancer une défensive offensive. Provoquer l’ennemi pour l’aveugler de sa rage et le faire frapper d’une manière sotte. Les meilleurs coups sont portés sans la moindre aliénation de l’esprit, et la chasseresse utilisait bien sûr cette arme en son avantage depuis déjà des lustres. Tout cela n’est qu’un jeu. Un jeu où elle est certaine, dans son orgueil démesuré et sa grande assurance, d’en sortir vainqueur. Il n’y a pas d’autres possibilités. Les cartes sont sur la table, tournées, et elle est vainqueur, d’avance. Crochet rage à un point où son visage s’empourpre et la couleur vermeille provoque une nouvelle hilarité de la part de la Pulsienne. Il saute presque sur place, son épée dans sa main, à la manière d’un petit enfant qui n’aurait pas eu un privilège quelconque. Crochet, espèce d’enfant gâté, d’enfant roi. Vivre dans un monde où l’immortalité est abordable, où jamais on ne change d’apparence peut parfois jouer sur le cerveau, semblerait-il…

Cette crise enfantine se finit, pourtant, dans des insultes bien vaniteuses et inutiles. Crochet, son épée bien en évidence, se met à tourner à la manière d’un film western ; Fang imite le stratagème, ne voulant pas faire dos à un ennemi aussi… Facilement provoqué. Sa moustache semble sur le point de craquer dans une crise de tremblements. Étrange. Comment une moustache peut-elle se morfondre du sort de son porteur aussi facilement, si lui-même ne tremble pas ? Les mystères de ces mondes interchangeables ne lui arrive pas encore aux oreilles. Elle reste totalement incertaine, voguant dans un néant où les réponses ne viennent pas aussi facilement qu’elle l’aurait espéré. Et ce fait, désagréable, est quelque-chose de bien frustrant pour celle qui aimerait avoir tout sur le bout de ses doigts.

Son attention se retourne un court moment sur Mei, montrant son doigt manquant, toujours avec cette canne qu’elle tient fièrement, comme si elle l’avait toujours possédé. Aussi est l’attention de Crochet retournée. Cette canne qu’il ne tient plus en sa possession l’enrage de plus belle – il montre les dents telle une bête prise d’une crise de rage et stoppe dans son manège. Ils ne tournent donc plus. Pourtant, malgré que la détentrice de la canne soit cette jeune fille aux cheveux de jais, l’attention du pirate est toute à Fang, qui fait de son mieux pour le provoquer. Elle veut avoir un peu de plaisir, se jouer un peu de la situation pour avoir une confrontation – aussi maigre peut-elle sembler dans l’occurrence où ce guerrier habillé en clown sait se battre. Mais…

Quelle est cette odeur ?

Les yeux émeraude de la Guerrière s’écarquillent un peu. Ses narines se dilatent ; son menton monte quelque peu pour mieux capter l’effluve. Aussitôt, ses sourcils se froncent. Cette odeur est beaucoup trop familière pour qu’elle ne soit ignorée. Son ventre crie son désagrément alors que ses yeux prennent une allure menaçante, les flammes dansant dans celui-ci certainement assez chaudes pour faire fuir.

    You…
      Toi…


L’intonation résonne tel le grognement d’une bête. Au plus profond de sa gorge vient de naître la pulsion animale, féroce. Elle n’a pas besoin de faire comprendre qu’elle est fâchée. Là est le cas. Et ce simple grognement résonne comme le tonnerre d’une tempête sur le point de frapper. Le tonnerre, venant, cette fois, avant l’éclair, tout aussi dévastateur. Ses dents se serrent une infime seconde avant qu’elle ne frappe. Elle s’avance, menaçante, assénant un coup puissant qui envoie valser le capitaine par terre ; il se relève aussi vite tombé, mais ne bouge pas autant. Voilà. Le combat venait de prendre fin, aussitôt commencé.

    Um, cap’n, I think we should head back before...
      Euhm, Cap’taine, je crois que nous devrions retourner avant…


Aussitôt affublé d’une peur morbide, Mouche s’était recroquevillé derrière son cher capitaine, n’osant lever le doigt avant de murmurer des paroles plus sages que toute autre personne – il est sûrement le plus sensé du quatuor présent autour du feu, de ce dîner de fortune, de ce poisson dorénavant trop cuit. Les choses s’étaient déjà empirées.

    You ruined my dinner!
      Tu as ruiné mon repas !


Une telle dépravation. Là, à ce moment précis, Crochet pouvait ravaler sa salive en connaissance de cause : Il ne s’en sortirait pas moins vivant de ce combat que s’il avait été confronté à un gigantesque Heartless enragé. Pour une belle comparaison, là en était une totalement véridique. Fang se trouve éprise d’impulsions plus négatives qu’elle aurait pensé avoir dans une telle situation. Est-ce une réaction à sa faim, à sa recherche infructueuse, à toute cette méprisante amertume qui la ronge ? Doit-ce être cette méprisante inquiétude la rongeant doucement la cause de son impatience, de sa soudaine crise de témérité ? Oh. Fang a toujours été des plus impulsives dans ses manières. Mais cette fois, les dents serrées, les jointures blanches de cette emprise sur sa lance, elle semble dans un état second ; presque aliénée d’une rage trop puissante pour venir réellement d’elle. Ses yeux paraissent en un éclair prendre l’étincelle orangée, indescriptible au soleil jaunâtre. Alors, elle fait tourner sa lance en prenant une position plus provoquante, fracassant son pied au sol dans un bruit sourd, menaçant, l’ultime mouvement de recul de Crochet étant la preuve de sa grande force de caractère, de toute la puissance démontrée dans ce simple geste témoigne de quelque-chose de plus puissant qu’une simple crise de rage. Une première impulsion aux Ténèbres.

Les mêmes ténèbres dans lesquelles elle s’est vue enfermée dans le début, pendant un temps indéfini. Ces mêmes ténèbres qui semblent empoisonner ses veines sans qu’elle ne puisse s’en rendre compte. Les ténèbres dans lesquelles, naïvement, elle s’est engouffrée sans une quelconque protection. Cette démence ne connaît aucune frontière. Peut-être est-ce stupide de s’enflammer pour une telle chose, mais ce petit détail n’aurait pu être plus infime. Mouche tremble derrière le Capitaine, qui a le visage soudainement aussi blanc qu’un drap. Certainement ne s’attendait-il pas à se faire renverser d’une manière aussi brutale. L’aura noir qui entoure Fang, aussi figurativement que c’aurait pu être littéral, doit se faire sentir. Et là n’est pas le plus agréable des sentiments, de sentir les ténèbres envahir un endroit, de sentir ces ténèbres qui coulent dans ses veines comme le plus subtil des poisons. Poison destructeur. Poison qui n’amènerait rien de bon. Elle pointe son arme vers Crochet, qui finit, dans un petit cri efféminé, par retourner d’où il vient à une vitesse plus rapide encore que le léopard vu il y a une journée, déjà.

Sa respiration, lourde, caverneuse, sort comme un grognement. Elle se retourne vivement vers le poisson brûlé. Inspiration. Expiration. Ses yeux brûlent de l’étincelle orangeâtres disparaissant.

    Stinkin’ piece of…
      S’pèce de salle ordure…


Elle maugrée dans son soufflé, encore une nouvelle insulte. Personne ne saura si elle est dirigée à elle-même ou à la nourriture brûlée. Une chose est certaine. Le poisson est immangeable. La viande de celui-ci est complètement calcinée. Son ventre crie une nouvelle fois. Elle doit manger. Si non, elle va perdre son calme. Si non, elle ne sera plus capable d’avancer. Toutes ces péripéties viennent de lui coûter un temps précieux. Comment a-t-elle pu se laisser avoir une nouvelle fois par cette envie guerrière ? Comment a-t-elle pu laisser la chance de repartir au plus vite s’échapper, couler entre ses doigts ? Le sablier continue d’avancer. Elle ne doute pas que sa marque doit continuer d’avancer. Si elle est active. Elle ne veut pas s’avouer vaincue. Elle ne veut pas la voir tourner Cie’th. Vanille. Inspiration. Elle la retient, un moment, sa concentration sur les pas précipités fuyant, disparaissant. Expiration. Elle ferme les yeux.

    I’ll need to cook another one. What a waste.
      Je vais devoir en cuire un autre. Quel gâchis.


Laissant sa rage de côté, elle fait de nouveau tourner sa lance entre ses doigts, s’avançant vers le ruisseau pour trouver un autre poisson qui serait digne de faire office de repas de fortune à nouveau. Peut-être pourrait-elle même en pêcher un pour Mei. N’avait-elle pas dit que l’odeur l’avait rapatrié autant qu’elle, dans ces étranges énigmes ? Sa lance, d’un coup vif, se plante dans le ruisseau, en ressortant une nouvelle prise, qu’elle lance d’une manière experte dans les flammes. D’ailleurs, elle ne semble pas être une nuisance. Seulement quelqu’un qui cherche… Quelque-chose. Un peu comme elle. Un peu comme tous ceux qu’elle a rencontrés de manière fortuite. Zack ne cherchait-il pas lui aussi quelqu’un perdu depuis longtemps ? Un nouveau coup de lance. Un nouveau poisson sautant dans le feu. Quelques minutes et le tout serait prêt. Quelques minutes où elle tâche d’être attentive. Pour le bien de Vanille. Ses yeux se reposent sur la canne. Elle esquisse un sourire et laisse s’échapper une exclamation ; à demi sarcastique, mais aussi amusée.

    Heh. Well, I suppose he ain’t coming back for that.
      Heh. Eh bien, je crois qu’il ne va pas revenir pour ça.


Elle s’avance vers le feu, regard pensif posé sur ses prises. Elle laisse s’échapper un court soupir, comme prise ailleurs dans ses pensées. Quelle était cette force indescriptible qu’elle avait sentie s’infiltrer en elle ? La même que dans cette onde noire où flottaient les mondes. La même que sur le dos de Bahamut. Son fidèle acolyte.


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MessageSujet: Re: Searching in Vain ♦ M E I   Sam 13 Oct 2012, 10:54 am

Mei ne bougea pas de toute l'altercation. Elle resta les deux mains sur la canne devant elle. Son regard vide laissait un doute sur ce qu'elle regardait. Le combat ? Autre chose ? Ou rien du tout ? Elle semblait perdue dans ses pensées, mais un sourire mauvais éclairait son visage de temps à autre, semblant lui redonner vie un court instant comme une marionnette à laquelle on ne donne que de petits coups sur ses fils, histoire de la faire bouger un petit peu.

Peut-être aussi sondait-elle l'âme de chacun ? Car malgré ce regard vide, on ne pouvait s'empêcher d'avoir l'impression d'être scruté, d'être épié, sondé de l'intérieur. Oui, Mei regardait chacun avec un intérêt croissant comme si elle trouvait en chacun une part de leur âme qui l'amusait. Et finalement, c'est en Fang qu'elle sembla trouver le plus matière à s'amuser, puisqu'elle vint à ne plus la quitter des yeux, même une fois le combat vraiment engagé, surtout une fois les deux acolytes enfuis.

Toutefois, quand Fang continua de l'ignorer, suite au combat, et qu'elle se rendit à l'eau pêcher quelques poissons, Mei cessa de la regarder et fit tournoyer sa canne entre ses doigts juste après que Fang eut fait de même avec sa lance comme si elle cherchait à l'imiter. Puis, se reposant sur sa canne, portant tout son poids dessus, elle examina sa main au doigt tranché en la tournant dans tous les sens, comme fasciné. A voix basse, elle se mit à réfléchir, voir à discuter avec quelqu'un qu'elle semblait seule à entendre. Parlait-elle à sa main ?

-Oui, bien sûr. Ca s'enflamme, ça brûle et finalement se consume. Oui. Et si elle vient à nous faire du mal ? Dangereuse, dangereuse. Mais le danger est partout dans les ténèbres.

Fang vint à revenir cuire les poissons. Elle "rangea" sa main, c'est un peu l'impression que cela donnait, et cessa de se reposer sur sa canne. Fang s'amusa à son sujet en faisant remarquer que Crochet ne reviendrait pas, même pour récupérer sa canne.

-Oh, les chiens vont toujours chercher le bâton, inlassablement. Quand je l'aurais lancé plus loin, il se ruera dessus et reviendra chercher sa récompense. Une bonne flatterie derrière l'oreille ! Elle termina par cette phrase de façon fort agressive en faisant semblant de donner rageusement un coup de canne qui se planta dans le sol. Elle resta à observer le bout de sa canne en respirant un peu plus fort avant de sourire froidement et de s'asseoir devant le feu comme si de rien n'était.

Elle observa pensivement le poisson. Et à mi-voix, elle se remit à parler sans prévenir, sans même que l'on puisse être sûr qu'elle s'adressait bien à Fang.

-Tu es pensive... Perdue... Parce que tu as soudain senti... Que tu étais autre... J'ai senti ça aussi... L'autre... La rage, la colère, la haine... Fascinant... Mais si vite fanée... Déçue... Lui briser les os t'aurait fait du bien, avoue... Non, n'avoue pas, cela t'aurait fait du bien, que tu le veuilles ou non... Sentir sa peur... Un tel délice... Le son des os qui craquent... Frustrée... Pas jusqu'au bout... A peine eu le temps de te satisfaire... Tout en parlant, elle se tordait les mains et avait un tic: sa tête se penchait sur le côté en partant du haut. Ses yeux étaient dans le vide, presque globuleux.
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MessageSujet: Re: Searching in Vain ♦ M E I   Sam 03 Nov 2012, 4:56 pm

Encore des paroles lancées en l’air. Elle ne semble pourtant pas écouter, cette sombre guerrière, cette téméraire Pulsienne jetée en-dehors de son monde, trop concentrée dans ses propres pensées, mais pourtant, ces paroles viennent. Elle les entend et les enregistre. Que veut-elle dire ? Est-ce une crise de démence, surprenante crise, ou des paroles qui ont réellement un sens caché ? Fang lui jette des regards à la dérobée, continuant son jeu, aiguisant sa lance, portant son regard sur ces poissons, enlevant ne serait-ce qu’une particule de poussière de son sari. Les flammes continuent de brûler avec une intensité moindre où son regard forêt se dissimule, quelques secondes encore. Dangereuse ? Oui. Elle est dangereuse. Mais pour qui ? Seulement pour ceux qui se mettent dans son chemin. Les ennemis. Ceux qui oseraient faire quoique ce soit pour la retenir dans sa quête, inlassable. Elle ne sera pas un lion en cage. Elle ne sera pas retenue. Pourquoi le serait-elle ? Fang est forte. Elle sait manier la lance, sait se faire menaçante, provocante, intimidante. Rien ne la retiendra assez longtemps. Et le temps ? Le temps… N’aura pas cette force sur elle. Mais que veut-elle dire par là ? Les ténèbres… Le danger dans les ténèbres ? Le concept est nouveau ; elle n’arrive qu’à peine à l’assimiler. Chez elle, la Lumière, les Ténèbres, ce ne sont que des expressions, rien de plus que des expressions, qui ne veulent, après maintes réflexions, rien dire de concret. Apprendre que dans un monde différent du sien, là n’est pas le cas, ce peut être un choc. Un choc qu’elle ne connaît alors pas. Pas encore.

Elle l’écoute, mais son attention se perd.

Jusqu’à ce qu’elle revienne sur ses propres paroles concernant le drôle de personnage qui était revenu pour sa canne. Des paroles encore sans grande importance, un accès de violence supposément contrôlé. Une canne qui, de nouveau, se plante au sol comme un éclair parcourant le ciel, coup de tonnerre. Un sourire qui la rend pendant une fraction de seconde inconfortable, elle, celle qui se dit si téméraire. Mais ce regard perdu, ces intonations. Jamais Fang n’avait vu quelque-chose de semblable. Et bien que cette personne-ci soit hautement, significativement intrigante, elle ne sait trop comment réagir. Dans une telle faiblesse se montre une force plus qu’évidente, étrange. Cette fille est étrange et semble le savoir ; autant par son apparence que par ses paroles. Elle semble même aimer perturber, troubler par ces gestes, ces paroles. Peut-être est-ce son intention. Dans le cas contraire, sa bizarrerie augmente dans les limites de l’acceptable. Que s’est-il passé ? Qu’importe. Ce n’est pas important pour l’étude. Si elle peut lui être utile, d’une quelconque manière dans sa cherche, son passé ne lui est d’aucune importance. Tout ce qui importe, c’est où cette petite fleur fragile pouvait bien se trouver. Elle n’ose rien dire. S’il revient, il reviendra. Elle sera prête. Et cette fois, elle ne le laissera peut-être pas partir sans aucune marque.

Et ses paroles. Ses paroles à elle fusent à nouveau et s’infiltrent en elle. Elles décrivent ses moindres pensées, s’immisce en elle comme si elle racontait tout ce qu’elle avait pu voir, sentir, penser dans les dernières minutes. Les dernières dizaines de minutes. Son regard incrédule reste un moment fixé au sol, avant qu’elle ne le retourne sur elle, la bouche entrouverte témoignant de la surprise, de la peur. Comment peut-elle ainsi lire en elle comme un livre ouvert ? Comment peut-elle comprendre ces impulsions, les moindres impulsions, sur le bout de ses doigts. Elle reste là, la fixe encore, moment qui en dure de nombreuses secondes sans qu’elle ne bouge. Figée, comme fixée dans une transe incertaine. Mauvais sort. Et tout ce qu’elle peur murmurer, du haut de cette incompréhension, se retourne à être que de balbutiements incompréhensibles.

    Wha – h.. how did…
      Qu – c… Comment as-tu...


Et ses yeux qui ne fixent qu’un point dans le vide. Que regarde-t-elle ? Que fait-elle ? Pourquoi ses mains se serrent-elles ensemble de cette manière ? Et ce tic, que peut-il signifier ? Encore, les pensées fusent. Qui est-elle ? Que lui veut-elle ? Est-elle ici pour une raison ? Une sorte de peur l’envahit soudainement, la peur de l’inconnu, de l’incompréhension. Les paroles la laissent dans un monde autre. L’audacieuse guerrière est prise de pensées négatives. Elle est perturbée par cette aura noire qui l’a ensevelie. Ce sentiment de pouvoir, de rage, de colère qui est parti aussi vite qu’il est venu. Cette insoutenable noirceur dont elle ne peut expliquer, dont le nom lui est encore inconnu. Ce désir insoutenable de faire du mal. Plus de mal qu’au début, cette altercation lui aurait permis de commettre. Le désir de répandre du sang, de tuer, tuer. De laisser tout cela en plan pour en finir avec eux; tout cela pour du poisson trop cuit ? Non. Pour Vanille. Vanille, encore et toujours Vanille, qui revient, qui reste, qui repart ; son sourire, ses manières, sa voix. Ses larmes, sa souffrance, sa panique. Vanille. Vanille, ton absence me rend folle. D’inquiétude. De rage. La souffrance que cause la seule pensée que quelqu’un ne touche un de ses cheveux. Ses mains tremblent. Elle laisse sa lance tomber par terre dans un soupir. Frustration. Elle fronce les sourcils, murmure quelques paroles inaudibles, incompréhensibles. Elle perd la tête. Cette tête qu’elle secoue, comme pour chasser ces pensées.

    I need to eat.
      Je dois manger.


Manger. Elle n’a pas d’autres choix. Elle se sait perdue si elle ne mange pas. Perte de concentration. Perte de patience. Son ventre grogne et le poisson est presque prêt. Quelques minutes de plus et il sera bon à être mangé. Il manquera cruellement de sel, mais tout de même, il sera bon. Il sera bon parce que c’est par nécessité qu’il n’y a pas de sel. Tout est cependant plus goûteux que la nourriture de Cocoon, mais fade si comparé à Gran Pulse. L’entre-deux est douloureux et presque insoutenable. Encore une fois dépaysée. Toujours dépaysée. Jamais de retour à la normale. Le monde en lui-même ne retournera jamais à la normale. Et pourtant elle était si bien, cristallisée à ses côtés pour l’éternité, toutes deux à se parler, des esprits communs. Pourquoi devait-elle reprendre cette apparence ? Redevenir un cristal, regagner cette vie éternelle. Avec elle. La retrouver au plus vite.

Fang repose ces sentiments, les classe dans sa tête. C’est la faim qui la rend irritable – Vanille le sait. La faim l’a toujours rendue irritable. Le manque de fatigue est peut-être la cause. La cause de ce sentiment qu’elle a ressenti sur Bahamut, alors qu’elle quittait le premier monde vers le second. Ce même sentiment qui l’a dominé à ce moment. Ce ne peut pas être autre chose. Rien qui ne la contredise. Elle ne devient pas folle. Elle a simplement faim. Et elle doit manger au plus vite si elle ne veut pas perdre la tête. La faiblesse de la faim. Son regard se portant sur sa lance, là, par terre, comme un vestige d’une vie qui n’existe plus depuis longtemps. La lance qui à un moment avait eu à ses côtés la canne de Vanille. Des mémoires qui viennent et qui partent aussi vite qu’elles sont venues. Elle soupire, la reprend, dégage les poissons du feu en les posant sur des feuilles précédemment ramassées, poussant l’un de ceux-ci vers la jeune fille, entourée, maintenant, d’une aura d’incompréhension, pour elle. Elle cueille des branches pour dépecer la bête et manger. Reprend tes esprits. Reprend tes esprits. Pour elle. Il faut que tu la retrouves. Partir d’ici pour aller ailleurs.

Mais où, cette fois ?

Ce qu’elle aurait aimé avoir du sel.
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MessageSujet: Re: Searching in Vain ♦ M E I   Sam 29 Déc 2012, 9:16 am

[HRP: Désolé pour l'attente, presque deux mois, c'est inadmissible.]

Mei avait la tête sur le côté quand elle s'arrêta de parler. Doucement, le doigt tremblant, elle poussa du bout de ce doigt sa tête pour la remettre à la normale comme si sa tête était devenue trop lourde pour bouger d'elle-même. Puis, elle soupira bruyamment avant de mettre ses bras en arrière et de pencher sa tête de même pour observer le ciel au delà de la canopée. Elle passa sa main sur son menton en grommelant quelque chose d'inaudible. Elle grogna un peu plus fort comme si elle s'étirait le dos, puis, elle revint en tailleur pour jeter son regard dans les flammes. Elle semblait lasse.

-Comment ? Oh je sais pas. J'ai dit ça au hasard.

Difficile de la croire, mais elle afficha un sourire, le premier qui ne fut pas un tant soit peu malsain ou étrange, le premier qui semblait amical et bienveillant. Toutefois, après ce qu'il venait de se passer, croire à ce sourire n'était pas simple. Il semblait plus que Mei s'amusait, jouant des apparences, plus qu'elle ne semblait vouloir rassurer Fang. Celle-ci annonça qu'elle devait manger, ce à quoi Mei perdit son sourire. La guerrière poussa vers elle sa part du repas. Mei se mit à quatre pattes pour examiner la nourriture au plus près, comme un animal méfiant qui viendrait renifler une friandise toute nouvelle. Elle se redressa sans toucher au poisson. Est-ce qu'elle mangeait au fait ? Maigre comme elle était... Je ne l'ai jamais vu manger. M'étonne pas qu'elle paraisse si faible. Elle a si souvent cette manie... En fait, les psychologues diraient sans doute d'elle, que la pulsion la plus vivace chez elle était sa pulsion de mort, de sa propre mort.

-Je ne sais toujours pas ce que tu cherches en attendant, à part du poisson. Je ne te vois pas trop pêcheuse, chasseresse peut-être, mais pas pêcheuse.

Tout en parlant, elle maintenait sa main droite de la main gauche. Sa main droite, tremblante, ses doigts s'agitant, semblait vouloir se mouvoir toute seule en direction de son bandage sur l'oeil. Toutefois, Mei la maintenait sans montrer le moindre signe de panique ou de lutte, comme si cela n'était qu'un jeu... Ou alors, c'est moi qui suis paranoïaque, et elle ne faisait qu'échauffer sa main et ses doigts, comme un pianiste se préparant à jouer... Sauf qu'il nous manque un piano.

-Moi je cherche... Enfin, non. Ça n'a plus d'importance. Je ne suis ni chasseresse, ni pêcheuse de mon côté. Je serais plutôt danseuse. Mais ça n'a pas plus d'importance. Moi je cherche... Mais ça n'ait plus important... Non, vraiment plus... Murmura t-elle, sa voix se perdant de plus en plus dans me trouble. -Pardon, je me perdais dans mes pensées. Acheva t-elle. Elle tenait toujours sa main, si fermement qu'on voyait même ses veines, que sa main en devenait rouge, bientôt bleue. Ses ongles étaient si ancrés dans le poignet qu'ils le faisait saigner à petites gouttes. Donc, ça confirmait ma première impression: elle retenait sa main. Mais était-ce encore un de ses jeux bizarres ?
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MessageSujet: Re: Searching in Vain ♦ M E I   Jeu 03 Jan 2013, 6:37 pm

Une brise se lève. Brise froide en une journée chaude, presque imperceptible. Des murmures entre les branches. Un vent mouvant, spirales entre les arbres, entre les feuilles.

Ce même vent contourne la forêt, frétille doucement sous une feuille qui tombe, suit la brise qui continue de tourner entre les troncs. L’atmosphère est plus lourde, mais plus légère à la fois. Comme si une présence autre vient d’entrer dans la forêt. Présence presque divine, mais invisible, omnisciente. Le vent virevolte dans la poussière et les feuilles et passe doucement dans la chevelure de jais de Mei.

Cette spirale semble émettre un murmure. Profond dans sa pensée.

Quelqu’un a besoin de toi.


La Voix est présente et inaudible pour quiconque d’autre se tenant à proximité. Elle est la seule qui peut l'entendre. La Voix murmure comme le vent au plus profond de la pensée. Et l’image souriante d’un garçon aux cheveux bruns hérissés apparaît dans sa même pensée.

Il a besoin de toi…

Murmure continu qui résonne comme un écho. Le visage du garçon prend un air abattu dans l’esprit de la jeune femme.

Tu dois le trouver. Le chemin se révélera devant toi. Suis ton Cœur, et tu le trouveras.

L’atmosphère revient normale. La brise spirale une nouvelle fois, puis s’évanouit.
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MessageSujet: Re: Searching in Vain ♦ M E I   Lun 07 Jan 2013, 3:36 am


[No offense taken <3]

Par hasard. Comme si tout est défini par cette marque. La marque que le hasard laisse sur nous, sur eux, sur elles. Dire des choses si profondes simplement par hasard ? Non. Improbable. Et cela jette une nouvelle incompréhension, une nouvelle vague de peur. Cette peur de l’inconnu qui revient, l’assaille, millions d’étincelles de verre qui déchirent sa peau doucement, lentement, sûrement. Cette peur, elle ne l’avouera jamais. Cette appréhension lui est insoutenable et jamais elle n’osera la divulguer, d’autant plus que les ténèbres qui avaient semblé envahir son esprit, de ces pensées plus meurtrières qu’à son habitude. Non, tout cela restera encré en elle, mais jamais dis. La guerrière doit se concentrer sur sa Quête, sur Vanille. Pensivement, ressassant le tout dans son esprit plus que troublé, elle dépèce le poisson et en mange quelques parties. Sans goût. Presque sans goût et manquant de quelque-chose – mais surtout de sel. Et surtout de la présence de Vanille. Elle jette toujours, comme inlassable, ces regards à la dérobée vers celle aux cheveux d’ébène. Sans la voir manger. Elle ne fait que se lever, regarder le poisson, sans rien faire de plus que cela, étrangement, et sans savoir pourquoi, ces simples mouvements de plus en plus étranges la rendent lentement extrêmement inconfortable.

Que fait-elle de plus que de regarder, de juger d’une manière de cet œil trop rouge pour être vraisemblable, véridique ?

Elle sent un certain haut-le-cœur la prendre et elle fait tout pour le garder au plus profond de sa gorge. Elle avale difficilement une nouvelle bouchée. Fang mastique difficilement, avale encore plus douloureusement, comme pour laisser passer la boule qui se tient dans sa gorge.

Que vient-elle de dire ?

De supposer. Encore une fois quelque-chose d’inédit. De cache au fond de sa pensée jusqu’à maintenant. Elle n’a jamais mentionné chercher pour quelque-chose. Pas à elle. Les derniers étaient les Indiens, ces étranges personnages et leurs coutumes plus étranges encore. Comme de jouer avec des … Des enfants ? Qu’importe. Mais elle continue. Non. Vanille est celle qui est plus pêcheuse. Avec son arme, bien qu’elle soit si maladroite, elle arrivait à attraper quelques prises… Tandis qu’elle, elle se spécialisait dans la chasse de grands mammifères des plaines de Gran Pulse… Des activités que depuis toutes jeunes, toutes deux pratiquaient en cœur. Deux orphelines liées par le désastre, par le feu, par ces plaines enflammées et l’image des Fal’Cie de Cocoon venant les envahir, tuant leurs parents, leur famille. Et leurs deux visages regardant avec peine, terreur, rage et rancœur le reste des terres et se regardant. Restant ensemble par la suite. Tous ces moments restent gravés et maintenant plus que jamais elle ressent le besoin de revoir Vanille, de la serrer dans ses bras, de la consoler. Une simple, délicate tape sur sa tête aurait suffi. Suffi à la calmer alors qu’elle se serait mise à pleurer dans ses bras…

Elle l’aurait consolé… Elle aurait calmé sa douleur. Leur douleur d’être ainsi cruellement séparée. La douleur de la peur, la douleur de l’inquiétude.

Si seulement elle pourrait seulement savoir sa condition. Elle ne peut endurer de la savoir là, seule, dormant seule. Elle n’a jamais pu dormir seule.

Et que répondre à ce que Mei dit ? Tout ne fait que la plonger dans de plus amples réflexions alors qu’elle avale à contrecœur ce poisson la sauvant d’une folie certaine liée à sa grande faim. Son appétit s’apaise, mais la boule dans son estomac reste, inlassable.

Sans qu’elle ne puisse répondre quoi que ce soit, voilà qu’elle tente d’élucider ce qui semble être pour elle le plus grand des mystères : Ses propres pensées. Fang relève son regard émeraude sur la jeune femme, pensant à haute voix, revenant sur ses dires, n’arrivant à rien. Une voix murmurée qui n’arrive qu’à une pause, puis une nouvelle excuse. Perdue dans ses pensées. Une tête aussi troublée. Devrait-elle la laisser à ses tergiversions sans rien dire ? Que dire ? Que faire ? Elle prend une nouvelle bouchée, sa comparse n’ayant aucunement touché à ne serait-ce qu’un millimètre de la viande du poisson.


    I’m guessin’ you have your own problems, then.
      J’en déduis que tu as tes propres problèmes, alors.


C’est tout ce qui lui vient en tête. Un morceau de rien dans un grand vide de pensées floues. Mais que dire de plus ? Ces paroles lancées sont plutôt des exclamations de ses propres pensées que des paroles dirigées à quiconque. Et pourtant, elles sont dotées d’un certain sens, duquel ce personnage étrange pourrait bien répondre ne serait-ce qu’une nouvelle remarque, même si malgré son envie d’en savoir plus, l’intrigante Mei s’était transformée pour elle en l’effrayante Mei ; et ses paroles étaient quelque-chose que Fang s’était mise à redouter, ne serait-ce moindrement, depuis qu’elle avait décrit son état de pensée avec autant de précision. Par contre, le fait qu’elle ait encore frappé l’avait plus étonné que ce fait même, et elle n’arrivait à peine à contenir ces interrogations. Cependant, elle continue de manger silencieusement, tentant de les faire partir. Vanille reste cependant sur son esprit et ces paroles reviennent dans son esprit.

Apprivoiser la bête avant que celle-ci n’ait l’occasion de mordre. Elle ne sait pas de quoi cette fille est réellement capable. Plus forte qu’elle en a l’air. Plus sensée qu’elle en a l’air. Plus… Dangereuse, peut-être bien, que l’image qu’elle projette devant la téméraire Fang. Danseuse ? Fragile comme elle paraît, il est difficile de le croire, mais Fang a appris à ne pas se fier aux apparences… la plupart du temps. Les plus petites créatures peuvent tout autant être les plus dangereuses, dotées d’une plus grande force.

Mais un vent se lève soudainement, virevoltant entre elles, une tornade inoffensive faisant bouger les feuilles et levant leurs cheveux. Elle fronce soudainement les sourcils, regardant autour d’elle, sa main se plaçant instinctivement près de sa lance qu’elle empoigne, se préparant à sauter sur l’assaillant à tout moment. Mais les secondes passent et le vent ne fait que baisser, pour finalement s’évanouir. Repartir.

    What was that? Wind…
      Qu’est-ce que c’était ? Du vent…


Elle reste sceptique, quelques secondes. Animale, presque, elle scrute les alentours, sentant le vent, rien de plus. Elle expire. Quelque-chose de presque surnaturel et étrange. Était-ce un pressentiment ? Quelque-chose avertissant la venue d’étrangers ? Était-ce simplement elle qui perdait la tête, la raison, en dépit de sa recherche effrénée de sa petite tête couleur coucher de soleil ? Non. La faim. Elle soupire, se rassoit, déposant sa lance et ne portant, pendant un long moment, aucune attention à la jeune femme. Elle prend une nouvelle bouchée, regrettant le sel, regrettant la nourriture riche en saveur de Gran Pulse.

Le silence, pourtant, lui donne une nouvelle fois la chair de poule et les pensées reviennent, inlassables, sur les dernières paroles de Mei, mais plus précisément sur la dernière interrogation qu’elle avait posée, en forme de déclaration toute aussi minime que significative pour l’Oerbienne.

    I never mentioned anything like that…
      Je n’ai jamais mentionné quelque-chose comme ça.


Elle relève la tête de son repas de fortune, posant son regard sur Mei, plus sérieuse qu’appréhensive cette fois. Combien de temps restera-t-elle encore ici, à bavarder, quand elle a d’autres chats à fouetter ? Elle doit manger. Après, on verra bien où le temps l’emmènera. Elle n’a pas eu le temps… Le temps de fouiller cette étrange île de fond en comble et c’est ce qu’elle compte faire, ne serait-ce que pour un temps. Manger, avant. L’excursion sera après, et dans le seul but de la retrouver. De la ramener en sûreté.

    I mean… Searching. I never mentioned I was searching for some… Someone.
      Je veux dire… Chercher. Je n’ai jamais mentionné que je cherchais pour quelque… Quelqu’un.


Oui, quelqu’un. Précision avant tout. Encore, elle ne peut croire qu’elle ne l’a pas mentionné. Peut-être là serait le meilleur temps pour le faire, de mentionner ses yeux brillant du vert de la lime, de ses cheveux orangés, de son sourire, de son inquiétude. Si ça se trouve, peut-être sait-elle déjà toutes ces choses qui restent floues, incomprises, inédites. Cette fois, cette précision ne l’étonnerait presque pas. Comme si elle s’attendait à une réponse bondée de sens, elle la regarde, sans rien dire de plus. Peut-être même pourra-t-elle dire où elle se trouve. Le sait-elle ? Cache-t-elle cette chose depuis le début ? Non. Elle doit manger. S’enlever ces pensées ridicules de la tête. Habillée comme elle est, sûrement la jeune femme aurait pu retracer le même style vestimentaire chez elle. Elle lui aurait dit. Elle aurait su. Ce serait cruel de cacher une telle chose.
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MessageSujet: Re: Searching in Vain ♦ M E I   Lun 07 Jan 2013, 9:40 pm

Mei maintenait toujours sa main de son autre poigne en gardant cet air détaché. Tout est normal, tout est bien et ce qu'elle fait n'est pas anormal, c'est l'impression qu'elle semblait vouloir laisser, mais il était clair que Fang ne pensait pas de la même façon. Quand Fang osa enfin répondre aux paroles décousues de Mei, celle-ci sourit davantage, d'un air de dire: "Des problèmes ? Pas du tout." En mon for intérieur, moi, Rapataquin, petit lutin caché dans sa poche, curieux d'en apprendre plus sur Mei, je commence à ressentir également un malaise, redoutant par dessus tout ce qui arriverait si Mei lâchait prise et laissait sa main atteindre ce qu'elle semblait vouloir attraper. Pourtant... Cela ressemble à un jeu... Mais si c'était pire que cela ?

-Je n'ai pas... De problèmes... Seulement des soucis... De mes soucis, je suis resté soucieuse de mes soucis à six sous. Autrement dit: de mes anciens ennuis, j'en ai gardé que mes soucis les moins ennuyeux. Eh, c'est que je commence à savoir traduire ses divagations ! Quoique, est-ce bien une bonne nouvelle ?

Soudain, une légère brise effleura les cheveux de Mei. Même Fang sembla le sentir et s'en inquiéter. Mais finalement, la brise passa et rien n'arriva. Toutefois, la main de Mei avait arrêté de gigoter et elle regarda devant elle les yeux ronds comme des soucoupes, la bouche légèrement entrouverte. Elle avait l'habitude de ces hallucinations et de ces voix dans sa tête, elle vivait avec. Mais c'était la première fois qu'elle entendait cette voix et qu'elle voyait cette tête. Habituellement, ce qu'elle voyait et entendait semblait entouré d'une aura noire et brumeuse. Là, c'était quelque chose de plus clair et doux. Elle frissonna. Ça devait encore être son imagination. Pas important... Pour l'instant. Au moins, sa main s'était calmé et elle put la lâcher et la laisser tomber à son côté.

Elle la releva aussitôt pour examiner ses entailles perlées de sang. Elle pencha la tête sur le côté pour les examiner sous toutes les coutures.

-Flic, floc ! Voilà les cloques. Flic, flac ! Voilà les claques . Murmura t-elle en psalmodiant. -Mes soucis sont passés. Ça ne fut pas sans mal, le sang a été versé, tu vois ? Mais pour l'instant, c'est fini. Nous devrions jouer. Aux devinettes par exemple.

Fang lui indiqua qu'elle n'avait mentionné le fait qu'elle cherchait quelqu'un ou quelque chose. Aussi, Mei susurra:

-Tout le monde cherche quelque chose. L'abeille cherche son miel, l'araignée son moucheron, la danseuse son prochain pas de danse et la chasseresse sa prochaine proie. Donc, c'est quelqu'un pour toi, hein ? Dit-elle avec un petit sourire qui en disait long. Le genre de sourire qu'on servait quand on venait de prendre quelqu'un sur le fait. Genre: je n'avais rien demandé, mais tu t'es trahi toi-même. -Raison de plus pour jouer aux devinettes non ? Je suis l'abeille, je suis la mélipone et je suis la seule à m'ouvrir le coeur sucré de... Sais-tu quoi ? Tiens et énigme pour moi-même: qui a besoin de moi ? Dois-je partir ? Hmm...

[ HRP: Réponse à l'énigme: ]
Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Searching in Vain ♦ M E I   Dim 13 Jan 2013, 1:55 am

Elle divague. Totalement. Et la guerrière sait qu’il n’y aura aucun moyen de la faire revenir, de la faire parler d’une manière sensée, seulement cette fois. Elle ne l’a jamais fait. Elle n’est qu’étrange. Semble perdue au plus profond de son esprit, mais pourtant bien attentive – trop attentive. Lit-elle dans ses pensées ? Arrive-t-elle à tout savoir, tout voir, seulement en jetant un regard à l’air lunatique sur une personne ? Sur elle ? Qu’importe. Quelque-chose n’est pas normal chez elle, et n’importe qui aurait pu le remarquer. Mais cette démence qui l’habite semble – semble, seulement – se calmer après la brise. Ce vent. Fang se tient toujours sur ses gardes, prenant d’autres bouchées incertaines de son poisson sans goût, à l’allure étrange, similaire, mais si différent. Et le silence brisé par de nouvelles simagrées ne laisse Fang que plus sceptique encore sur ce personnage se dressant devant elle, dans la splendeur d’un Arlequin, dans tout son ridicule, mais aussi dans les allures de pantin. Des ficelle tirées de haut desquelles elle tente de se défaire sans qu’elle ne puisse y parvenir, sous le regard d’émeraude de l’Oerbienne, volant toujours entre elle et son repas, elle et sa lance, les environs, tandis que ses pensées vagabondent au plus profond d’un monde qui lui est interdit.

Mei ne cesse d’intriguer la guerrière. Cependant, son sens de déduction est beaucoup plus élevé qu’elle ne peut le laisser penser. Ce sens, peut-être tirant sur un sens plus mystique qu’il y paraissait, rendrait perplexe la moindre personne doté d’un raisonnement ne serait-ce qu’un minimum rationnel. Elle semble voir au travers de l’âme d’une personne sans même s’en rendre compte, elle-même figée dans une partie de sa pensée, énigmatique, comme si elle-même se retrouvait perdue entre un monde inconnu et ce qui avait jadis été le sien. Comme si son corps en lui-même ne lui appartenait pas plus que les pensées qui s’évadaient de ses lèvres, venant percuter la guerrière et faisant monter son inquiétude, son appréhension.

Elle se détend cependant. La brise a laissé derrière elle un soupçon d’espoir, de renouveau, imperceptible, mais bien présent. Fang écoute les paroles de la lunatique.

Jouer ? Elle n’est pas d’humeur à jouer. Et ce simple commentaire la fait grogner de mécontentement. Elle n’a pas le temps de jouer, de faire quoi que ce soit. Et aux devinettes, encore moins. Tout ce qu’elle veut, c’est Vanille. Elle veut la retrouver ; elle est si inquiète qu’elle ne peut penser pouvoir bien se concentrer sur un jeu de la sorte.

    I don’t have time for this.
      Je n'ai pas le temps pour ça.


Combien de fois avait-elle répété ça ? Dans ses trois dernières rencontres, seulement quelques heures de différence. Le sourire niais de Zack lui revient comme un arrière-goût amer dans sa gorge. Il n’avait fait rien de plus que la ralentir – et la mettre dans de plus grands dangers qu’elle aurait pu imaginer. Même si, intérieurement, elle sait que l’histoire de l’arbre aurait très bien pu être évitée avec un peu de réflexion. Dans tous les cas, elle n’avait aucun temps à passer à jouer à des jeux stupides, pas plus qu’elle avait eu de temps à passer avec un imbécile heureux en plein milieu d’une jungle hostile. Pourquoi penser d’avoir le temps de faire une telle chose ? Des préoccupations beaucoup plus importantes doivent être priorisées. Retrouver Vanille. Être certaine qu’il lui reste encore du temps. Veiller à ce qu’elle ne devienne pas une Cie’th, transformée en jamais en monstre. Comme…

Le souvenir d’Orphan. Le souvenir de ce monstre transformant Snow, Lightning et tous les autres en Cie’th. Jamais elle ne voudrait revivre ça. Jamais elle ne voudrait voir Vanille subir le même sort. Même si tout cela n’avait été qu’illusion. Sans image d’un prochain Focus, sans rien de plus, que pourrait-il lui arriver ?

Pourtant, Mei continue. Pose son énigme malgré tout. Sans qu’elle ne puisse répondre quoi que ce soit, faire quoi que ce soit pour l’empêcher. Elle ne se sent plus d’humeur à frapper – ce qui reste pour autant un bon signe dans l’immédiat. Cependant, elle se sent quelque peu irritable. Les longues journées passées sans aucune nouvelle lui sont terriblement désagréables.

Si Fang avait seulement connu un de ces termes, répondu à l’énigme, le nom de Vanille aurait habité ses lèvres. Elle aurait semblé outrée, presque trop surprise, elle qui se disait que rien ne l’étonnerait de la part de cette fille. Elle se serait levée d’un bond, « Dis-moi où elle est! », aurait-elle crié, empoignant solidement les épaules de la jeune énigmatique. Si elle avait connu ne serait-ce qu’un peu la flore, la faune de cette Terre si loin de la sienne, de ce monde en tout point différent, elle l’aurait secoué, peut-être serait-elle même devenue plus violente. Sait-on jamais, de par-delà les ténèbres prenant emprise sur son corps susceptible et si malléable. Le doute, le stress et l’inquiétude aurait lavé son visage de cette moue si curieuse d’auparavant, de ce visage presque neutre, presque trop neutre. Elle aurait paniqué. Tenté de retrouver son sang-froid. En vain.

Mais Fang ne connaît pas les abeilles. Elle ne connaît pas les orchidées, ni la plante dont le nom de sa protégée est dérivé. La faune et la flore de son monde natal est bien différente que celle qu’elle voit ici, si différente que c’est frappant – dans chaque feuille, chaque fleur. Les animaux sont plus troublants, plus inoffensifs. Bien différents des animaux vus sur Gran Pulse – et même sur Cocoon, où la faune se faisait beaucoup moins terrifiante. Encore entre les deux extrêmes. Ainsi elle ne fait que la regarder, hébétée, se demandant si elle peut réellement répondre à une telle énigme ; sans en connaître les éléments. Si la mélipone est une abeille, qu’est-ce que cette créature ? Une abeille – si les abeilles butinent comme elle le dit, elles doivent être semblables à ces nombreux insectes rôdant, dans des ruches colorées dans les profondeurs de Gran Pulse, produisant du miel. Comme elle l’avait signifié un peu plus tôt, prononçant ce même mot parmi d’autres en faisant de nombreuses comparaisons. Peut-être que les créatures sont les mêmes, mais qu’ils n’ont tout simplement pas le même nom ? Mais pour ce qui est de la plante – ce doit être une fleur, même – elle n’y connaît rien. Ainsi sa seule réponse à son énigme aurait pu être du miel. Du pollen. Rien de plus que cela. Peut-être pourrait-ce être du nectar ? Cette énigme la plante dans une trop grande réflexion pour ce que ce devrait être. Fang se sent d’une manière humiliée par son manque de savoir, mais n’en fait rien de plus.

Puisqu’elle ne sait rien, elle ne fait que ne pas répondre. Se poser la question intérieurement. Elle prend la dernière bouchée de son repas, jette les restes – les écailles, la tête – dans le feu, regardant le tout brûler pensivement. Relevant le regard, elle croise celui de Mei et tente de se concentrer sur elle, sans se rendre elle-même mal à l’aise.

    I can’t answer that. I don’t know what you are talking about…
      Je ne peux pas répondre à ça. Je ne sais pas de quoi tu parles…


Dur d’avouer une telle chose, mais que peut-elle faire de plus ? Elle ne peut accepter de la faire attendre, de son regard qui fait froid dans le dos, de ses manières qui la rendent mal à l’aise. Elle se lève, prend sa lance et fait les cent-pas. Il sera bientôt temps de partir et elle ne peut rester plus longtemps. Maintenant qu’elle est repue, elle est prête à partir. À explorer de fond en comble cette île – une autre île – pour retrouver sa petite Vanille. Sa voix s’exclame d’une manière presque sarcastique alors qu’elle se lance.

    I’d love to stay and chat but I’ve got to go. I can’t stay any longer. I need to find her. Before anything happens. I guess you didn’t stumble upon a bright orange-haired girl, did you?
      J’adorerais rester ici et parler, mais je dois partir. Je ne peux pas rester plus longtemps. Je dois la retrouver. Avant que quelque-chose n’arrive. Je doute que tu ne sois tombé sur une jeune femme aux cheveux orangés, n’est-ce pas ?


Le meilleur temps pour poser cette question est au moment où elle vient de partir. Avec le dérangement de Crochet et les divagations de Mei, elle n’avait pas eu le temps de dire quoi que ce soit à propos de Vanille. C’était maintenant ou jamais. Avant une nouvelle excursion… Qui mènerait très supposément à rien de plus que de la poussière. La même poussière ayant enseveli Oerba pendant leurs longues années d’absence. Elle se retourne une nouvelle fois vers sa comparse.

    She is really fragile… And she is lost… as lost as I am.
      Elle est très fragile… Et elle est perdue… Aussi perdue que moi.


Vanille avait gagné dans les dernières semaines de leur vie une grande confiance en elle et une grande force magique, mais encore, elle ne pouvait se résigner à la voir comme quelque-chose de vulnérable, telle une fleur poussée par le vent. Il fallait qu’elle la retrouve – le plus vite serait le mieux.
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MessageSujet: Re: Searching in Vain ♦ M E I   Jeu 17 Jan 2013, 8:32 pm

Mei était plongée dans ses pensées, une fois de plus. En même temps, elle semblait si souvent perdue dans les limbes de son esprit, même quand elle parlait et faisait preuve de lucidité, comme une médium plongée dans sa boule de cristal. Peut-être son corps était-il un être et sa voix un autre ? Deux entités bien distinctes. Toutes les hypothèses étaient capables de s'entrechoquer et c'est bien pour ça que je me suis caché et que j'ai décidé de l'examiner. Après tout, je n'aurais pas eu d'intérêt pour un être humain comme les autres.

Il ne fut pas étonnant que Fang refusa le jeu. Mais Mei ne sembla pas l'apprécier. Elle fit la moue avant de sourire d'un air malsain. D'un seul coup, par surprise, elle poussa un rugissement en se penchant vers l'avant, les doigts crispés, les mains devant elle, comme un chat sortant ses griffes. On aurait dit le sphinx ayant décidé de dévorer la malheureuse victime qui n'avait pas su répondre à son énigme.

Cependant, elle n'alla pas plus loin. Elle resta un temps ainsi, les bras ramenés contre sa poitrine, les doigts crispés comme un petit chaton attendant une boule de laine pour jouer. Plus le temps passait, plus elle semblait moins menaçante et même se changer en petit chaton. Elle semblait s'amuser comme une gamine, la bouche en museau de félin. Elle feula avant de se... Et bien de se lécher le dos de la main et de la passer dans ses cheveux en poussant de petits sons de contentement.

Et voilà que Fang annonce qu'elle ne connaît pas la réponse. Un peu moins surprenant, elle rugit à nouveau, toutes griffes dehors. Puis, elle s'arrête et sur un petit air de comptine, elle psalmodie:

-Si-tu-ne-sais -pas, c'est-que-tu-n'as-pas-fi-ni de-cher-cher. Miaou !

Puis, Fang se lève et Mei baisse la tête sur son poisson. Sans le toucher des mains, elle se penche et mord dedans pour le soulever avec sa bouche. Et bien, les bonnes manières à table sont vite oubliées. Et voilà que Fang annonce son intention de partir avant de demander un renseignement, ou plutôt, elle pose une question rhétorique, certaine sans doute de la réponse négative de Mei. Celle-ci cesse alors son petit jeu et crache le poisson avant de se lever à son tour, faisant apparaître sa petite taille comparée à celle de Fang. C'est donc la tête levée qu'elle dit:

-Les cheveux oranges ? Pour moi tout est noir et blanc, un tantinet rouge sang avec du jaune sur les bords. Pas vu, pas pris. Mais si jamais je trouve, alors je lui dirais que Fang la cherche. Elle acquiesce silencieusement, sa voix emplie de sincérité chaleureuse. Mais ce regard continue de dire le contraire. Sa voix réchauffe quand son regard refroidit, dommage pour une fille aux yeux rouges -Très fragile... Perdue... Sûrement seule... Mais c'est moi que tu décris... Fera pas long feu. Vite la retrouver. Mais perdue... Hmm. Oui, personne n'est plus perdue que toi. Celui qui cherche est plus perdue que celui qui est cherché. Voilà pourquoi j'ai arrêté de chercher. Maintenant, va savoir si on me cherche. Ce serait... Bien. Elle a l'oeil humide, la voix chevrotante, mais le visage impassible qui dit "j'en ai rien à faire". Comme toujours, elle dit une chose et son contraire avec différentes parties de son corps. Mais son coeur... C'est bien la seule chose que l'on ignore ce qu'il raconte.

-Si tu la retrouves la première, fais-moi un plaisir. Reviens répondre à cette énigme: Echos du royaume des ombres, murmures des choses à venir, étrange soeur de la pensée qui demeure dans la nuit et s'envole quand point l'aube. De quoi je parle ? Reviens y répondre quand tu l'auras trouvé.
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Searching in Vain ♦ M E I

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