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 Nothing but fear | Saïx

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MessageSujet: Nothing but fear | Saïx   Dim 01 Jan 2012, 3:48 pm

Les temps étaient interminables. Les pensées massacrantes, la vie ici, difficile. Combien de jours, déjà, étaient passés ? Elle ne pouvait en être certaine. Ici, le temps filait sans crier gare. Elle ne jugeait plus que par sa fatigue et son sommeil. Les heures semblaient si interminables. Et déjà, ayant dormi deux fois de longues heures, peut-être pouvait-elle oser croire que déjà deux jours étaient passés, écoulés si lentement et si péniblement. Déjà, elle n’y voyait que cette couleur mauve qui l’aveuglait, ne mangeait que la même chose, était prise à tourner en rond sans espoir d’avoir quelqu’un à qui parler, sans espoir que quelqu’un puisse la sortir d’ici dans un temps qui serait rapide. Pas que l’ennui la prenait. Celle-ci était plutôt mêlée à une peur incertaine de ce qui pourrait venir, une inquiétude qui durait peut-être même trop pour qu’elle ne puisse réellement l’endurer comme il le fallait. Et puis, il y avait gens étranges qui lui donnaient la chair de poule avec leurs manteaux d’un noir de jais profond. Les murs immaculés contrastaient toujours avec eux quand ils venaient, croisaient son regard et repartaient silencieusement. Personne ne lui avait encore adressé la parole depuis l’homme en rose. Les pétales restaient au sol, comme un souvenir vague de ce qui s’était déroulé il y a tout au plus quarante-huit heures. Déjà, elles s’asséchaient, donnant à l’atmosphère cette odeur prenante dont la fleur était capable, un effluve souvent pris comme rassurant, mais maintenant prenant et douloureusement macabre.

Ces étincelles rougeâtres étaient bien sa seule compagnie.

Quelle ironie. Douce ironie du sort qui la prenait dans ces moments de totale délinquance de l’esprit. Il rôdait, rôdait toujours plus loin sans plus revenir, alors qu’elle, elle restait là, dans un coin de la cellule, à regarder le mur de ses yeux azurés, sans pour autant le voir. De ses souvenirs ressortaient les yeux turquoise de Riku et les yeux clairs du jeune homme qu’elle avait croisé à Destiny Islands. Son regard perturbé. Cet air si familier et pourtant si lointain. Celui que son esprit ne daignait reconnaître plus que son cœur. Une onde désagréable passait en elle à ce souvenir plus qu’étrange. Avant que tout ne chamboule. Qu’elle soit prisonnière de cet endroit entre les mains de persécuteurs plus effrayants les uns des autres. Comme elle voulait rentrer. Retourner chez elle, retrouver son père et sa famille, ses amis. La chaleur rassurante de Destiny Islands et le si beau son de la brise et de la mer s’échouant sur la plage d’un sable tout aussi doux que du velours. Ici, même les odeurs étaient fades, les sons presque inexistants. Que des bruits de pas. Des pas souvent constants et moroses qui passaient sans même dire un seul mot. Et comment pouvait-elle même penser se sortir d’un tel cauchemar ? Si un lui avait fait comprendre qu’elle ne risquait pas de se faire tuer en sa compagnie, les autres, eux, ne pouvaient être tous du même avis que celui-ci. En plus, ses intentions semblaient mauvaises. Cet endroit en tant que tel sentait le mal, les ténèbres rôdaient comme un mince filet de fumée perceptible. Comme elle aurait aimé que cette sensation de malaise cesse. C’était bien impossible dans une telle situation.

Pas dans cet endroit.

    « I want to get out of here… »
      v.f. : Je veux sortir d'ici...


Son air déjà attristé prit une soudaine teinte de ce qui pouvait sembler être un air plus morose et boudeur. Trouver un moyen de sortir était quasi impossible. Déjà, les barrières la retenant étaient animées d’un champ de force invisible qui l’empêchait d’avancer. Alors, comment s’en sortir ? Elle n’avait aucun pouvoir contre eux, aucun pouvoir en tant que tel. Prise au piège comme une souris en cage. Ce qu’ils attendaient d’elle était justement ça. Qu’il croit qu’elle reste là. Pour se servir de lui. Elle était l’élément clé d’un piège qu’elle ne comprenait qu’à peine. Et comme elle aurait aimé le savoir. Au moins pouvoir l’avertir. Ce pauvre garçon. La détermination qui brûlait dans ses yeux avaient été si dramatique à voir. Elle soupira alors, se levant et marchant une nouvelle fois autour de cette cage, regardant chaque petit recoin et tentant désespérément de trouver une quelconque issue. Truc parfaitement impossible, quand on y pensait. Il fallait bien qu’elle s’occupe d’une quelconque manière. Des minutes entières passèrent encore dans un silence troublant et poignant. Ce qu’elle détestait ce silence. Cette solitude incertaine qui ne cessait de l’envahir. Son regard se tournait doucement vers le porte-bonheur en coquillages. Elle le regardait longuement, de cet air mélancolique, avant de le reprendre de l’endroit où elle l’avait laissé, l’inspectant longuement. Ce visage. Ce visage qu’elle y avait dessiné. De qui pouvait-il réellement s’agir ? Tant de questions, sans jamais aucune réponse. Ce personnage lui souriait doucement. Amicalement. Et elle ne pouvait se souvenir.

    « If only I could know… who… »
      v.f. : Si seulement je pouvais savoir... Qui...


Des pas la sortirent alors de sa rêverie. Des pas venant vers elle d’une manière constante et étrange. Qu’en était-il, cette fois ? Seulement l’heure du repas ? Seulement qu’un passant qui ne s’arrêterait pas ? Les pas, réguliers, approchaient de plus en plus de l’endroit où elle se trouvait. Et alors, elle serrait le Wayfinder au creux de sa paume et attendait, observait ce qui pouvait bien se passer de plus que l’habituel non-sens qu’elle vivait depuis son exil de son île natale. Ces gens étaient étranges. Étranges dans tous les sens. Ils semblaient réagir que par instinct. Semblaient dotés d’intelligence et pourtant n’avaient aucune pitié. Jamais elle n’avait vu de personnes dans le genre. C’était tout simplement insensé. Et alors que les pas rapprochaient et étaient à portée, la Princesse de Cœur avança vers les barreaux la retenant fermement dans cette pièce mauve, remarquant une silhouette s’approcher doucement. Cheveux bleuâtres. Démarche presque sans vie. Un aura ténébreux. Elle sentait son cœur se serrer, sentiment désagréable, comme s’il s’accablait de la pire des maladies. Les ténèbres de son corps semblaient émaner tel l’air vital. Était-ce leur seule manière de vivre, parmi la plus noire des énergies ? C’était horrible.

Il approchait d’elle. Un frisson lui parcourut l’échine. Autant qu’elle reconnut cet homme. Le bleu de ses cheveux aurait dû la mettre sur la piste. C’était lui avec qui le borgne s’était entretenu il y a de cela quelques temps. Juste avant que le saumoné ne s’empare d’elle pour l’emmener. Il faisait partie du plan de ses bourreaux, avait sûrement ces mêmes desseins maléfiques qu’elle jugeait encore incompréhensibles. Venait-il lui expliquer ? Lui donner plus que ce qu’elle espérait ? Son regard se durcit, elle recule plus loin dans sa prison ; comme pour se défendre de ce regard doré qui la fixait sans émotion.

    « Leave me alone ! I don’t… Want to… »
      v.f. : Laissez-moi tranquille ! Je ne veux… Pas être…


Sa voix s’éteignit dans un souffle inaudible tant sa gorge se serrait à cette soudaine bouffée de Ténèbres s’élevant vers elle. La princesse de Cœur recule de plus belle, étouffant une nouvelle lamentation. Elle se sentait mal, faible. Cet homme la terrorisait. Cette cicatrice sur son front n’annonçait rien de bon, tout comme cet air inexpressif semblait la rebuter. Il restait là, sans parler, encore longtemps. Elle serrait de plus belle son Wayfinder, comme s’il pouvait lui donner un quelconque courage, comme si la force de ses amis pouvait venir à elle et l’aider à traverser l’épreuve difficile qu’elle vivait contre son gré.


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MessageSujet: Re: Nothing but fear | Saïx   Lun 09 Jan 2012, 6:11 pm

Ce matin là, Saïx se leva avec la même lassitude qui l'habitait depuis quelques temps. Petit à petit, il sentait qu'il perdait de sa motivation à récupérer son coeur, et ce depuis qu'il était arrivé ; Roxas. Cela devait bien faire une trentaine de jours à présent qu'il avait rejoint leurs rangs pour les aider à rassembler les coeur nécessaire pour Kingdom Hearts. Comme à son habitude, il ne lui fallut pas beaucoup de temps pour se préparer, juste eut-il besoin de prendre son porte-document posé sur son bureau avant de quitter sa chambre. Et comme tous les jours, il se rendit dans la Zone Grise, se plaça devant les grandes baies vitrées et attendit. Il ne prit pas un instant pour satisfaire la faim de son corps et resta stoïque, attendant que chacun des membres de l'Organisation se décident à venir chercher leur affectation du jour. Fort de sa patience – presque – à toute épreuve, il demeurait dans le silence le plus complet tandis que peu à peu, la salle se remplissait. Certains s'installèrent directement sur les sofas, d'autres vinrent d'abord auprès de lui demander quelle était sa mission du jour avant d'aller s'assoir pour attendre leur coéquipier s'ils en avaient un. Certains furent plus studieux et partirent directement.

Demyx était un de ceux qui n'était pas pressé de partir en mission, c'était d'ailleurs le plus flemmard d'eux tous, ainsi que le seul qui avait le don de lui faire perdre son calme. Mais décidait à ne pas le laisser rester ici à rien faire, il lui avait trouvé de quoi occuper sa journée ; à savoir fouiller Twilight Town. Ils n'avaient pas besoin d'informations en particulier, mais au moins le numéro IX ne serait pas à traîner dans ses pattes en lui cassant les oreilles. Après quoi, lorsqu'il eut finis sa distribution matinale, Saïx quitta la Zone Grise et se décida enfin à aller se restaurer. Ainsi se rendit-il dans la salle qui servait de réfectoire et prit ce qui allait composer son petit déjeuner, rien de trop sucré, il n'aimait pas ça. Une fois satisfait de son choix, il alla tranquillement s'installer à une table avant de commencer à manger. Et pendant qu'il piochait dans son assiette, il réfléchissait à ce qu'il devait faire aujourd'hui. Il y avait certainement des documents sur son bureau qui devaient demander son attention et il faudrait qu'il y jette un coup d'oeil quand il retournerait dans sa chambre. Pour la suite, il ne savait pas vraiment, il lui faudra attendre les rapports de missions d'aujourd'hui pour pouvoir les classer et les mettre en ordre.

Mais tandis que Saïx finissait son petit déjeuner, il repensa à la prise du Numéro II qui se trouvait actuellement dans une des cellules du château. Ce n'était pas dans son genre de s'inquiéter pour qui que soit, mais eut dans l'idée que ce ne serait pas plus mal de lui apporter à manger. Après tout, ce serait embêtant si elle venait à mourir bêtement de soif ou de faim. Il n'avait peut-être plus de coeur, mais il savait qu'il était nécessaire de satisfaire les besoins de son corps. Il n'y avait plus que cela qui leur donnait encore vaguement l'impression d'être humain. Aussi, lorsqu'il eut fini de débarrasser sa vaisselle sale, il vint se munir d'un plateau sur lequel il déposa un verre d'eau et des aliments nettement plus sucrés que ce que lui avait manger. Une fois le plateau de prêt, il quitta la salle et marcha lentement à travers les couloirs du château. Le Numéro VII marchait d'un pas prudent afin d'éviter tout accident, il n'avait pas envie de tout renverser par terre et être obligé de tout nettoyer ensuite.

Et bientôt, il arriva enfin à l'étage où se situer la prisonnière. Avançant dans le long couloir, les pas de Saïx résonnaient entre ces murs et brisait le silence monotone qui régnait en ces lieux. Puis au fil de sa marche, il arriva bientôt en vue de la seule cellule qui était actuellement occupé. Et elle était là, accrochée aux barreaux de sa prison à le regard arriver. Il ne croisa son regard que l'espace d'une seconde, avant qu'elle ne vienne se réfugier au fond de la pièce exiguë. Elle avait peur, très certainement, et il n'y avait rien de très étonnant là dedans, se faire enlever par Xigbar, cela pouvait en traumatiser plus d'un – sauf peut-être la Mélopée qui étrangement lui trouvait un certain charme. Quoiqu'il en soit, cela faisait que quelques heures que la Princesse de Coeur était en ces lieux, le temps d'une nuit pour qui est habitué à la nuit éternelle de ce monde. Arrivant bientôt au niveau de la cellule, il s'arrêta devant celle-ci et observa Kairi qui se terrait dans son coin et qui semblait avoir du mal à dire ce qu'elle voulait.

Don't worry, I don't count stay with you here.
v.f Ne t'inquiète pas, je ne compte pas rester ici avec toi.

Puis après un temps qui aurait pu paraître immensément long, il se décida à pénétrer à l'intérieur de la cellule, refermant avec soin l'ouverture derrière lui et finit par déposer le plateau près d'elle. Il ne chercha aucun contact, que ce soit physique ou visuel, aussi, il se releva vite et sans lui accorder d'attention, il vint repasser de l'autre côté des barreaux. Puis il resta un moment de dos, les yeux clos. Il resta ainsi silencieux quelques instants, ressassant plusieurs pensées dans sa tête avant de s'arrêter sur quelque chose. Il fit alors un pas de côté et tourna légèrement sa tête, jetant un regard vide en direction de la Princesse.

You'd better eat.
v.f Tu ferais mieux de manger.
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MessageSujet: Re: Nothing but fear | Saïx   Mar 10 Jan 2012, 12:32 pm

Sora. Sora… Qui es-tu ? Ton visage hante ma pensée. Ton visage… C’est comme s’il se replace. Comme un bout de casse-tête manquant. Comme le son de ta voix se replace sur l’île sur laquelle j’étais toujours jadis. Avec lui. Lui.

Ce mot résonne dans l’esprit de la Princesse de Cœur. Rien ne lui revient. Rien de plus que ce visage, maintenant. Il tend à combler le vide. Combler le vide étrange et étanche qui mène à son oubli. Comme si… Comme si tout se remet en place lentement. Comme si tout revient et reprend sa juste valeur. Pouvait-ce vraiment être lui ? Elle repense à ce regard. Elle repense tandis qu’elle serre son Éclaireuse. Une chaleur l’habite à la seule mention de ce nom. Cette chaleur, ne peut-elle pas signifier qu’elle l’avait jadis connu ? Le jeune homme, avant qu’elle ne se fasse enlever, était empli de lumière. Elle l’avait senti. Elle avait senti toute sa bonté Quelque-chose que son cœur ne voulait oublier, que son esprit s’entêtait à ne pas vouloir reconnaître. Ils avaient tous parlé. L’homme ne rose avait parlé. Le borgne avait révélé des éléments. Tout semblait si clair – et pourtant si obscur à la fois. Elle se perd entre ces mots, entre ces expressions. Et lui. Lui. Il est son seul espoir. La seule manière d’enlever la confusion. Au plus profond d’elle-même, elle le sait. Un pressentiment persistant, limite malsain.

Serait-ce possible ?

Elle revient à la réalité. Revient vers l’homme à la chevelure bleue. L’homme à la cicatrice. Ce grand manteau noir. Les ténèbres. Les ténèbres qu’il arbore. Ce n’est que maintenant qu’elle remarque le plateau de nourriture qu’il apporte. Ses yeux se posent qu’un infime instant sur les fruits ; une tranche de pain et un verre d’eau. Un repas maigre, mais au moins, un repas. Elle ne peut se plaindre d’un manque de nourriture, au moins. Kairi continue de fixer l’homme dans ce silence incertain, avant qu’il ne parle. Il ne souhaitait pas rester. Heureusement pour elle. Le mal de cœur remonte cependant alors que ledit plateau est déposé à quelques pas d’elle. Elle fixe l’homme rentré dans sa cage du haut de sa petite taille. Cage, certes. Elle se sent comme un oiseau ; piégée, sans qu’elle ne puisse sortir. On la regarde, la nourrit, rien de plus. Un oiseau enchaîné auquel les ailes sont cruellement coupées. Et encore, malgré sa peur, elle sait qu’elle ne craint pratiquement rien. C’est lui, lui. Au fond, d’après le regard. D’après ce regard donné avant qu’elle ne s’évanouisse dans le portail, elle sait qu’il fera tout pour la retrouver. Tout pour la délivrer. Il risque tant pour elle. Il risque de se confronter à ces hommes. À ces… Créatures que l’homme en rose avait fait apparaître. Les pétales gisent encore sur le sol, inertes, leur odeur masquée par celle des fruits frais apportés. Dans tant de blanc, Kairi a du mal à imaginer les couleurs devant elle, comme si elles sont imaginaires. Tellement différentes des couleurs chatoyantes de son île natale. Si étrangement différente. Un frisson lui passe dans l’échine ; le froid de l’endroit, l’ambiance, tout lui faisait oublier la chaleur de Destiny Islands. Tout le monde devait tant s’inquiéter à l’heure qu’il était.

Leur inquiétude se répercutait sur elle. Elle se détend, soupire, alors qu’il recule. Et pourtant, ces ténèbres lui donnent toujours un mal de cœur. Serait-elle capable de manger ? Elle en doute fort. Elle regarde la nourriture, sans la toucher, sans rien. Elle relève le regard vers cet homme mystérieux. Pourquoi reste-il là, sans bouger, le dos tourné ? Elle continue de le dévisager. Comme si cela pouvait changer quoi que ce soit à sa situation. Comme si elle pouvait s’en sortir de ce simple geste. Il ne dit rien. Elle ne bouge qu’à peine. Un silence tendu se prolonge. Elle ne ressent que les ténèbres environnantes, plus écœurantes encore. Non. Elle ne mangera pas. Ce même fait lui en empêche. Elle n’y arrivera pas. Malheureusement.

Peut-être plus tard.

Elle a tant de questions. Tant de questions qui rôdent dans son esprit. Elles viennent alors qu’elle regarde l’homme. Que son attention se fixe sur lui, plus sur le plateau qu’il lui a apporté. Pourtant, comment oser parler quand tout ce qui adviendra est souffrance ? Elle ne lui fait aucunement confiance – elle ne fait confiance à personne, pas ici. Ils ont tous l’air si mystérieux, si… Étranges. Même lui. Elle ne décèle que monotonie, un vide étrange, des ténèbres fortes. Elle pose une nouvelle fois son regard sur les fruits ; certains connus, d’autres étranges. La voix de l’homme se répercute alors dans l’atmosphère étrange de ces lieux. Manger. Oui, elle devrait bien. Pourtant, elle se sentait malade d’autant de ténèbres. Comment pourrait-elle manger, dans un tel cas ? Elle déglutit.

    « Why? »
      v.f. : Pourquoi ?


Bout de phrase incomplet. Tout ce qui ose sortir de sa bouche. Malgré les doutes, cette question ne venait pas du fait qu’elle devait manger. Sa voix est faible. Elle ressent un certain malaise à seulement lui adresser la parole, et pourtant, elle se sent moins effrayée qu’inquiète. Elle sait au fond que ce qui se prépare est loin d’être beau. Ils risquent de souffrir. Elle n’est qu’un appât à un plan plus gros encore. Kairi veut comprendre. Osera-t-il lui expliquer ?

    « Why am I here? Why do you need him? »
      v.f. : Pourquoi suis-je ici ? Pourquoi avez-vous besoin de lui ?


Elle reste stoïque, bref instant de doute dans le temps. Elle le fixe une nouvelle fois, lui et son regard vide, espérant qu’une réponse viendra. Même si, elle le sait bien, cette réponse tardera, et ne viendra peut-être bien pas des lèvres du bleu.


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MessageSujet: Re: Nothing but fear | Saïx   Ven 06 Avr 2012, 1:29 pm

Axel :







Les notions de journée, de nuit, de matin étaient parfaitement ridicules ici. Le temps s’écoulait sans que le monde n’en témoigne. Or qu’est-ce qu’une journée exactement, sinon le temps pendant lequel le soleil traverse le ciel ? A Illusiopolis, il n’y avait pas de soleil dans le ciel. Ni jour ni matin. Et à Twilight Town, le crépuscule était éternel. Les autres mondes ne m’intéressant pas, l’idée même d’un matin, d’un après-midi, d’un soir ou même d’une journée était devenue pour moi lointaines, factices.

Tout ça pour en arriver au fait que, quand je me réveillais, ce n’était jamais le matin. Ce n’était jamais la nuit ou la journée. Les heures m’importaient peu. Quoiqu’après un regard rapide à l’horloge dans ma chambre, j’ai imaginé Saïx entrain de se plaindre de ma légerté et de mon manque de sérieux avec une acuité qui m’a fait me redresser dans mon lit. Je n’avais pas envie de me lever. Mais j’avais encore moins envie de subir les remontrances du numéro VII et je l’ai fait. Notre petit univers est régit par les lois de l’Equilibre, je suppose. J’ai ouvert mon armoire et attrapé sans y faire gaffe un des longs manteaux noir caractéristiques de l’Organisation. J’en avais quatre, parce que j’étais légèrement du genre à rentrer les fringues en lambeaux. Quatre identiques et ça me filait limite le cafard. Enfin… façon de parler. En fait j’en avais clairement rien à foutre, mais je savais parfaitement que
dans une autre vie, ça m’aurait un peu sapé le moral.

Je me suis trainer jusqu’à ce qui servait de réfectoire aux XIII. J’ai attrapé un plateau, posé des trucs marrants - ou inquiétants - dessus et me suis posé moi-même un peu plus loin, sur une table déserte. Comme le réfectoire en fait. Quoi, ils mettaient tous leur réveil pour arriver à l’heure devant Saïx ? Blague… Quoiqu’en fait… L’idée tout à fait saugrenue de me magner le train m’a subitement traversé l’esprit et j’ai avalé mon petit dej’ rapido. Je me suis pressé un peu jusqu’à la Zone Grise, mais… Pas un chat ? Qu’est-ce que c’était que cette énorme plaisanterie ? On avait un jour de congé et personne ne m’avait prévenu, je m’étais levé pour rien ?... Dans ce cas où auraient été les trainards qui manifestement n’avaient jamais rien de mieux à faire que de rester ici à se vautrer sur les canapés ? Suivez mon regard quand celui-ci se tourne vers Demyx. Que tous les autres soient partis en mission, ça, je pouvais le comprendre vu l’horaire… avancé, dirons-nous, auquel je me présentais. Mais… Où était Saïx ? Saïx ne mangeait, ne dormait, ne buvait pas ! Il n’allait jamais au toilettes, il était toujours juste ici, droit comme un I, debout à attendre qu’on vienne le voir pour qu’il nous affecte une mission. Qu’est-ce qui se passait ? Si ça se trouvait on avait été attaqué pendant que je dormais et ils étaient tous morts sauf moi - parce que bien entendu les assaillants n’auraient pas prit la peine de chercher des planqués et donc ne seraient pas tombés sur ma chambre, de toute façon extrêmement bien cachée - et chercher un survivant était pure perte de ce temps qui, ici, coulait à flots ? Oui, quand je me fais chier j’élabore des hypothèses aussi longues que débiles. On s’occupe comme on peut.

Vous savez ce qui est le plus drôle quand on sait pas ou on veut aller, dans la Citadelle ? C’est qu’on arrive nulle part. Et par nulle part, je veux pas dire que j’avais ouvert une porte pour me retrouver sur un placard à balais, non, mais bien que je n’avais aucune destination. J’étais toujours entrain de marcher. Je me foutais relativement du monde que je pouvais croiser, là en l’occurrence, personne. Je cherchais Saïx parce que son absence était bizarre. Ca ne m’inquiétait pas, mais ça aurait put. Ou plutôt… Ca aurait put m’
alarmer. Enfin on va pas jouer sur les mots, hein… C’était toute proportion gardée impossible qu’il soit partit en mission avec quelqu’un, ou même tout seul. Ce n’était absolument pas la première fois que je me levais à un heure ridiculement avancée, ni la dernière, mais à chaque fois il était là et me sermonnait avec son discours chiant sur la ponctualité, sachant très bien que je ne l’écoutais pas et que d’ailleurs je m’en foutais, mais surtout que je recommencerais parce que mon heure de levé dépendait de mon heure de couché, et que celle-ci étant très aléatoire, n’était pas sorti de l’auberge celui qui voudrait me faire arriver tous les jours à la même heure.

Je descendais petit à petit les étages, jusqu’à arriver aux geôles. Exactement LE coin désert par excellence, non pas que le reste de la Citadelle ne le soit pas mais plutôt que tout le bordel qui se trouvait n’avait jamais servit à rien ni à personne. Jusqu’à il y avait peu, très exactement. Une fille était parquée ici. Si je trouvais Saïx avec elle, franchement je me foutrais de sa tronche mais si non, au moins j’aurais fait ma BA du jour en rendant visite à la prisonnière. Mes pas résonnant claquaient dans ma tête le silence étouffant et glacial qui régnaient dans toute la Citadelle. Un tel bâtiment aurait put faire penser « A quoi bon ? ». A quoi bon quoi ? Tout. Il n’y avait ici ni but, ni sens, ni raison. Je partais en mission parce que Saïx m’en donnait et il m’en donnait parce que Xenmas le voulait. En fait, seul Xenmas avait un but. Nous tous, les simples sous-fifres, nous avions calqué les nôtres sur le sien pour pouvoir répondre à la question fatidique et cruciale qu’en générale on ne nous posait pas - question de timing : Pourquoi tu fais ça ?

Au fait… Pourquoi les couloirs étaient interminables ? Il n’y avait que moi qui me posait la question, franchement ? C’est alors qu’un point bleu s’est distingué dans cette mer solide de blanc. Un point bleu façon « Hey, je suis les cheveux de Saïx ! ». Sans déconner, il était là. Bon bah j’allais me foutre de sa tronche, obligé. Nan mais sans rire, Saïx ? Entrain de taper la discute avec la prisonnière ? En fait il venait plutôt très probablement d’arriver et tout ce temps que je venais de passer à le chercher n’était qu’une suite de mauvaises coïncidences dans lesquelles on ne se croisait jamais. Je m’approchais sans me cacher et même en feutrant mes pas autant que possible ils continuaient de résonner dans le silence le plus total de la Citadelle. Et même en ne faisant aucun bruit… Ben j’avais les cheveux rouges, quoi.


    - Hey, Saïx ! Did’nt kown you like pretty girls !
    (Hey, Saïx ! J'savais pas que t'aimais les petites filles !)










Dernière édition par Axel le Dim 15 Avr 2012, 11:45 am, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Nothing but fear | Saïx   Mar 10 Avr 2012, 6:03 am

Saïx s'était perdu un instant dans ses pensées tandis qu'il venait tout juste de sortir de la cellule dans laquelle la petite princesse était enfermée. Des pensées un peu sombre, d'une vie passée qu'il ne pouvait plus savourer. Étrangement, voir cette gamine, songer au keyblader qui cherchait certainement un moyen de l'extirper de là, lui avait ramenait en mémoire un vieux souvenir de sa vie d'antan, durant qu'elle laquelle il avait pu goûter à un bonheur qu'il n'aurait certainement plus jamais l'occasion d'apprécier. En fait, la situation n'était pas vraiment la même, dans son souvenir, il n'essayait pas de fuir mais ne s'introduire quelque part, plus précisément dans la Forteresse qui dominait son petit monde tout beau qui n'est plu, à présent, qu'un tas de ruine. Quoiqu'il en soit, il avait partagé de bon moment avec son ami passé à user de tout un tas de stratagème pour se glisser à l'intérieur et essayer d'en percer le mystère. À présent, il était coincé dans ce corps sans coeur, privé de ses sentiments et ne pouvait plus ressentir toute l'exaltation qu'il avait ressentit à cette époque là. S'il avait était pourvu d'émotion, cette simple évocation du passé lui aurait certainement arraché un sourire en coin. Mais son visage resta sans expression, comme à son habitude, imperturbable.

Saïx était certainement le simili ayant le plus assimilé ce qu'on lui avait dit : pas de coeur, pas de sentiments. Et un simili est un être dont le coeur a été arraché et dont il ne reste plus que l'enveloppe charnelle. À vrai dire, son état actuel ne différait pas tellement d'avant, durant sa vie humaine. Il n'avait jamais vraiment exprimé ses sentiments par le passé, mais il avait été néanmoins capable de rigoler, de sourire, de s'amuser aussi, quelques fois, avec Lea. À présent, il n'y avait plus rien de cela. La source même de ses sentiments avait disparut quand il était devenu lui aussi un simili, quand il l'avait laissé chuter dans des ténèbres si profondes qu'il n'y parvenait pas à entrevoir les lignes de ses mains, quand bien même elles étaient indéniablement proche de son visage. De là, dans son être, était né un puissant sentiment de rancune qui même l'absence de son coeur n'avait pas pu effacer. Il ne voulait pas se l'avouer, sans doute parce que trop douloureux, mais il en voulait profondément à son ami défunt de ne pas l'avoir rattrapé, de ne pas avoir réagit à temps pour l'empêcher de sombrer. Même son coeur absent ne pouvait empêcher cette profonde cicatrice de saigner, encore aujourd'hui, malgré les années qui s'étaient écoulées depuis ce tragique incident.

Why ? However it's simple. To become who we were. dit-il, toujours dos à elle. I need a heart, to stop bleeding... ajouta-t-il dans un faible murmure, portant une main là où un coeur aurait dû se trouver.
v.f Pourquoi ? C'est pourtant simple. Pour redevenir qui nous étions. [...] J'ai besoin d'un coeur, pour arrêter de saigner... [...]

Saïx fit bientôt un pas de côté, se tournant vers le couloir, dans la direction qu'il allait devoir pour quitter cet endroit, le chemin inverse. Il n'accordait presque plus d'attention à la pauvre captive qui restait là, dans son coin, comme une souris prise au piège craignant que le chat ne vienne la dévorer. Après un instant de réflexion, il se tourna à nouveau vers elle, faiblement, et la fixa de ses yeux dorés. Il ne s'écoula peut-être que quelques secondes à peine avant qu'il ne vienne parler à nouveau et pourtant, cet échange de regard semblait incroyablement long, donnant l'illusion que le temps s'était figé, comme si Luxord venait là leur jouer un de ses tours de passe-passe. Et pourtant, le numéro VII savait parfaitement que ce dernier était en mission, vu qu'il lui avait remis son ordre à peine une demi-heure, ou était-ce une heure, auparavant. Avant qu'il ne décide de faire preuve d'une once de compassion en apportant ici bas, de quoi nourrir son corps à la jeune Kairi.

Don't fear death, it's not what we want.
v.f Ne crains pas la mort, ce n'est pas ce que nous recherchons.

Après quoi, il fit un premier pas, dans l'idée d'enfin repartir, mais dans la seconde qui suivit, il vint s'arrêter, il lui sembla qu'un bruit vint faire écho à son pas, non pas que ce fut le son du sien qui vint résonner contre les grands murs grisâtres. Un autre bruit de pas se fit entendre, puis un autre. Quelqu'un semblait venir là et laissa un Saïx figé, plissant les yeux. Il attendit ainsi de voir qui cela pouvait bien être, songeant à bien des hypothèse, mais c'est la plus probable qui vint se réaliser. Une tête pourvu de cheveux d'un rouge flamboyant se dessina bientôt aux contours du léger virage et s'avançait vers eux. Bientôt, il sentit qu'il venait d'être vu à son tour et le visage du bleu devint plus dur, plus sec. Axel était la dernière personne qu'il avait envie de voir en cet précis – comme à chaque instant de sa misérable existence de simili. Il fit un pas en arrière, revenant droit comme un I et regarda l'autre s'approchait lentement mais surement, écoutant imperturbablement la plaisanterie qu'il vint lui lancer. Guère porté sur l'humour, il n'apprécia guère la remarque qu'il vint lui faire, surtout que le rouquin était le plus à blâmer, levé en retard comme bien trop souvent à son goût.

It's really a n hour to wake up, Axel ? You're late, to not change.
v.f C'est vraiment une heure pour se lever, Axel ? Tu es en retard, pour ne pas changer.
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MessageSujet: Re: Nothing but fear | Saïx   Mar 10 Avr 2012, 5:35 pm

Comment savoir ? Comment se rendre compte à quel point tout ce qu’elle vivait à ce moment même n’était qu’une étape, illusoire comparé à tout le reste, tout ce qui se passait ailleurs ? Kairi sent qu’elle n’est que le boulon dans une machination. Mais laquelle ? Et pourquoi doit-elle réellement être dans le milieu de tout cela, dans toute cette incompréhension ? La Princesse de cœur ne peut le dire. Elle ne peut même définir pourquoi tant de Ténèbres rôdent autour d’une manière tellement … Tellement écœurante. Jamais elle ne s’est sentie aussi faible, tellement elle doit vivre dans son parfait opposé. Comment contrôler cette pulsion qui ne fait que l’avertir des Ténèbres que les autres ont au plus profond de leur cœur ? Comment ne pas la faire réagir trop fort, comme en ce moment, de cette manière incontrôlable ? Elle soupire. L’homme ne la regarde toujours pas et n’en fait qu’à sa tête. Et pourtant, elle veut ces réponses. Elle les veut tellement. Elle veut savoir. Savoir qui est ce Sora. Pourquoi elle a ce sentiment si fort en parlant de lui, pourquoi elle ressent quelque-chose mais qu’il y a un vide. Pourquoi de sa mémoire une personne a été effacée – une personne qui parmi tous les chemins se ramène toujours à ce jeune homme mystérieux qui lui avait fait peur au tout début de cette aventure, son charme aux coquillages dans la main.

Si tout était relié, pourquoi ne peut-elle faire aucun lien entre les deux ? Tout est si vide. Si … étrangement vide.

Kairi tente de voir en-dessous de cette simple silhouette, de l’enveloppe de cette personne. Percer son âme et ses secrets, tout ce qu’elle peut contenir. Elle finit par soupirer, posant son regard sur l’assiette précédemment apporté. Rien de très gros, mais tout de même assez. Comme d’habitude. Assez pour la tenir en vie. Elle perd espoir d’avoir une réponse de la part de l’homme. Mais la réponse vient, après le long silence. Une réponse qui est simplement plus incompréhensible que la question.

Un cœur ? Pour cesser de saigner ? Pour redevenir qui ils étaient ? Les paroles du rose, du deuxième bourreau, revient à ses esprits. N’avait-il pas mentionné, alors qu’elle, bouleversée, était venue demander s’ils avaient un quelconque cœur, qu’il n’en avait pas ? Qu’y avait-il de caché derrière ce message ? Ils étaient si… Si… Différents. Étrangement différents. Sans émotion, sans aucune émotion. Mais elle ne peut comprendre à quel point ces gens étaient perturbés. Troublés. Que leur main gantée tentait d’atteindre depuis si longtemps une vie longtemps oubliée, sans jamais l’Atteindre malgré tous leurs efforts les plus fous, les plus vains. Une nouvelle tentative. Qu’une nouvelle tentative pour regagner quelque-chose de perdu. Mais elle ne peut le comprendre. Cette souffrance se change en hargne, qui se change en ce qu’elle, elle ne voit que par des mauvaises actions. Des bandits, des vilains. C’est ce qu’ils paraissent, avec leurs Ténèbres. Avec tout le reste. Avec cette cage la tenant prisonnière comme un oiseau. Elle reste longtemps silencieuse à peser ces paroles, avant que le bleu ne rajoute qu’ils ne veulent pas sa mort. Quelque-chose qui, après des jours passés ici, elle avait cru comprendre. Sûrement serait-elle déjà morte. Mais oh, comment elle aurait aimé retourner chez elle. Et revoir les gens pour qui elle s’inquiétait, et qui devaient tellement s’inquiéter à leur tour à son sujet.

    « But… »
      v.f. : Mais…


Les mots ne viennent pas, meurent dans sa bouche avant même d’être prononcés. D’autres pas arrivent. D’autres pas surgissent du néant silencieux de la pièce trop blanche devant elle, dans cette cage trop violacée. Lui partait, mais des pas venaient. Et vint une silhouette aux cheveux trop rouges. Contraste entre les mondes. Entre le noir et le blanc, du bleu et du rouge. Le calme et la rage, la sérénité et la passion. Et puis une voix. Kairi regarde la nouvelle silhouette, remarque un trop plein d’émotions. Une chose qui depuis longtemps elle n’avait pas vu dans un endroit aussi silencieux que ce château lui servant de prison. Elle ne fait que regarder, qu’écouter. Un semblant d’altercation entre les deux jeunes gens s’impose, rampant comme un serpent prêt à frapper. Mais le rouge ne semble pas vouloir en partir une – il y a seulement le bleu qui semble être hors de patience. Comme s’il était plus haut placé. Et l’autre, malicieux, tentait de jouer à un jeu avec lui. Que peut-elle faire de plus ? Elle n’est qu’un pion dans un plan minutieusement étudié.

Et ses questions, répondues d’une manière si abstraite, continuent de résonner dans son esprit, comme les réponses. Elle tente en vain d’émettre un quelconque lien entre ce X et ce Y, mais sans plus, sans trouver les valeurs qui auraient pu elles aussi répondre à ses propres questions. Kairi reste dans le doute, encore maintenant. Mais elle n’a toujours pas faim. L’appétit vient de lui être totalement coupé. Et alors qu’elle était un moment à l’autre bout de la cellule, la jeune Princesse serre une nouvelle fois son talisman dans ses mains et s’approche, un peu tremblante, de la grille qui la retient ici. Peut-être que le rouge, lui, aurait des explications plus claires. Elle le regarde d’une manière presque suppliante, bien malgré elle.


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MessageSujet: Re: Nothing but fear | Saïx   Lun 16 Avr 2012, 7:29 am

Axel :







Saïx, Saïx, Saïx… Dès qu’il ma vu, il s’est figé. Il a contracté en même temps tous les muscles de son corps et plus encore si c’est possible pour se raidir comme un morceau de bois. Il s’est tendu, de pseudo-malaise, pseudo-mépris, je ne savais pas. Avant, c’était le contraire. Quand il me voyait il se détendait. Un peu comme s’il souriait, mais sans le sourire. Avant, il était content, et peut-être même heureux de me voir arriver. Il ne l’aurait laissé paraître pour rien au monde mais à force, j’avais apprit à le voir. On avait été amis très longtemps, et même si j’en avais pas l’air je faisais toujours attention aux détails.
Qu’est-ce qui avait changé exactement ?

…ha ha ha. Tout avait changé. Plus rien n’était pareil et ne le serait jamais. Je ne croyais pas qu’un jour nous retrouverions nos cœurs, mais même si ça arrivait… On effacerait jamais toutes les années passées ici et tout le temps durant lequel je l’avais ignoré, ni toutes les ténèbres qui remplissaient les trous dans nos poitrines, ni… Ni cette chose, indéniable, cette perte irrémédiable de ce qui était important, et qui s’accolait si facilement avec le souvenir de l’effroi, de l’horreur et de la douleur. J’avais vu Isa tomber dans un nulle part sans fond, avant d’y tomber moi-même. Pour moi, ou plutôt pour Lea, il était mort. Saïx n’était ni mon ami ni quelqu’un que j’avais envie de faire semblant d’apprécier. Il n’était rien de plus que
ce qu’il en restait. Juste la figure d’un souvenir, la trace d’une émotion. J’avais déjà tout perdu. Pour moi il n’était plus rien. Je ne voulais même pas y penser. Isa n’existait plus, c’était fini. C’était assez.

Ah… Il n’avait pas aimé ma remarque. Ca a agrandit mon sourire. S’il avait eu un cœur, ça l’aurait énervé de me voir sourire comme un idiot. C’était pour ça que je le faisais. Pour l’énerver. J’avais envie de le provoquer, de le défier, et je le faisais. Tout le temps. Par ennui. Mais pas que… Aussi pour voir. Pour voir comment, ou plutôt à partir de quand il allait réagir. Pour l’instant, il n’avait jamais réagit. Pour être cohérent avec moi-même, j’aurais dut arrêter. Ne jamais commencer, même. Si c’était vraiment fini, vraiment assez. Mais j’étais curieux. Et instable. C’était dans ma nature.
Et puis… Je devais bien l’avouer, parfois j’avais du mal à savoir qui j’étais.


    - Yes, it is ! D’ya figure I’ll come all days at the same hour, as a good sheep ? Instead of sleeping ? ‘F course not !
    (Mais oui, ça l’est ! Tu t’imagines que je vais venir tous les jours à la même heure, comme un gentil mouton ? Au lieu de dormir ? Bien sûr que non !)


Je ne cherchais pas l’altercation. Ca ne servait à rien d’essayer de se battre contre Saïx. Ca nous conduirait dans un combat pénible et inutile dont l’issue serait la destruction du perdant. En tout cas moi, je le détruirais. Si on en arrivait à se battre. Alors peut-être que c’était pour ça que je ne cherchais pas à l’affronter. Une fois de plus je n’étais pas cohérent. Bref, il fallait tempérer maintenant. C’était lui le boss après tout.

    - And today, I’m not late. There was nobody, upstairs. It’s exhausting, ya know ? All that missions
    (Et puis aujourd’hui, je suis pas en retard. Y’avais personne, là haut. C’est épuisant, tu sais ? Toutes ces missions)


On s'ennuyait ferme ici. J’ai attendu un instant, mais rien. Entre eux ils ne parlaient pas, ou alors vraiment peu, il n’y avait que le silence. Presque que le silence. Pour moi les corps dégagent du bruit. Cette sorte de bruit inaudible mais qui pulse, dans les oreilles et la tête, qui lance comme un son trop grave et trop fort, mais sans le son. Juste cette sensation de lancinement, plus ou moins présente. Celle qu’émettait la fille était légère, filigrane. Manifestement elle n’était pas bien ici. Ca pouvait se comprendre. J’avais du mal à imaginer comment quelqu’un pourvu d’un cœur pouvait supporter la Citadelle. Moi-même je trouvais et reconnaissais depuis des années tous les détails qui m’auraient mis hors de moi, m’auraient découragé, soulé ou sapé le moral. Qui auraient put. Si j’avais eu un cœur. Beaucoup de choses dans mes réflexions partaient de ça en ce moment. Si j’avais eu un cœur… J’ai lancé un regard à Saïx.

Lui, il faisait beaucoup de ce bruit qui ne s’entend pas. Là, immédiatement. Et ce bruit vibrait dans le silence, si fort que j’en avais presque mal à la tête. Sans toute fois être affecté. Comment expliquer une chose pareille ? Les sensations, c’était tout ce qu’il me restait. Je l’ai dévisagé un instant. Comment cette cicatrice horrible avait-elle atterrit sur sa figure ? Je voulais le savoir, mais en même temps ça m’était égal et pour rien au monde je ne lui aurais posé la question. Qui dans mon esprit sonnait plutôt : qu’est-ce qui est arrivé à ton visage, mon ami ? Ou alors : Isa, qu’est-ce que tu as fait ?

Incohérent. Encore. Enfin ce n’était pas comme si j’avais besoin de l’être. Ni comme si je le pouvais. J’étais du genre à réfléchir avec ses émotions, sa colère ou ses joies et peines. Comment faire maintenant ? Durant toutes ces années je n’avais pas trouvé.

Et la fille ? Oh, tiens, elle me regardait. Je l’ai regardé moi aussi. Je m’interrogeais. Je me souvenais de la rage, parce que j’avais été impulsif, assez colérique pour que ça me marque. Impulsif, du reste, je l’étais toujours. Je me souvenais aussi du résultat de certaines émotions. Comme mon amitié avec Isa. Mais pas du reste. Et elle ? Elle qui avait un cœur, elle ne se posait même pas la question. C’était naturel pour elle, mais moi j’avais oublié, alors dis-moi, gamine, comment c’est ? Pour l’instant, pas terrible. Elle n’avait pas touché à la nourriture que Saïx lui avait apportée.


    - So cute, guy, ya play the good Samaritan
    (C’est trop mignon, mec, tu joues les bons samaritains)


Petit aparté. Elle avait le teint gris, ou peut-être était-ce le reflet des murs de sa prison sur sa peau. Mais c’était comme si les couleurs qui l’avaient définie s’en étaient allées. Et son expression… A la fois vide et remplie, de chagrin, de désespoir, d’un peu de peur peut-être. C’était fascinant. Personne ici ne synthétisait d’émotion négative sur son visage. Ce n’était pas spécialement plaisant à voir, mais plutôt… intéressant. Et elle continuait de me regarder. Pourquoi pas Saïx ? Il lui avait parlé, lui. Peut-être. En fait j’en savais rien, et d’ailleurs c’était pas mon problème. Je m’en fichais même.

J’ai souris, parce que j’aimais ça. Non… Parce que je savais que j’avais aimé.


    - I’m not an expert, but ya’d better eat
    (J’suis pas un expert, mais tu ferais mieux de manger)


J’avais sans doute un ton sympathique. Je n’avais pas trop fait attention. Plus que pour m’adresser à Saïx en tout cas.











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MessageSujet: Re: Nothing but fear | Saïx   Jeu 31 Mai 2012, 6:54 am

Saïx se sentait sombrer de plus en plus profondément dans une noirceur infinie à mesure que son regard restait vissé sur celui qui avait été son ami. Pourtant, il n'arrivait pas à détourner les yeux et imperceptiblement, il vint se mordre la lèvre tandis que de vieux souvenirs luttaient pour refaire surface. Il s'arracha difficilement à sa vu pour se détourner un instant, lui tournant alors le dos, portant une main sur son visage. Alors qu'il avait banni depuis longtemps "Isa" dans un coin de sa tête, voilà que ce dernier voulait reprendre le dessus sur lui en lui rappelant à quel point Axel, ou plutôt, "Lea" avait été important pour lui. Il ne ratait décidément pas une occasion pour le lui rappelait, lui soufflait à l'oreille qu'il ne pouvait pas renier leur amitié aussi facilement, en un coup de balais. Se massant l'arrête du nez, le bleu essayait de retrouver contenance, chassant toutes ces pensées de son esprit. Il fallait absolument qu'il redevienne entière lui, entièrement "Saïx", il ne pouvait tolérer que ces semblants d'émotions ne viennent l'entacher si vulgairement, lui, le second de l'Organisation XIII.

If there was nobody, it's only because I didn't feel like you wait forever.
v.f S'il n'y avait personne, c'est seulement parce je n'avais pas envie de t'attendre indéfiniment.

Saïx laissa retomber son bras avec lassitude, reconstruisant sa rempart d'inexpressivité avant de se tourner à nouveau vers le rouquin. Le toisant de haut, il y avait de nouveau en lui ce sentiment de mépris, de rancoeur. Ayant vite retrouvait sa répartie, il décida de ne plus se soucier de la prisonnière, après tout, il en avait finis avec ce qu'il était venu faire ; simplement lui apporter à manger. C'était déjà assez exceptionnelle qu'il ait accepté de dialoguer – vaguement – avec elle, lui qui est plutôt du genre à rester silencieux. Il aurait d'ordinaire posé le plateau au sol et serait repartis sans un mot, en ignorant les propos de la demoiselle. Mais il y avait chez elle quelque chose de... perturbant. Sans doute était-ce parce qu'elle possédait un coeur. La dernière fois qu'il avait rencontré un complet lui semblait si lointain aujourd'hui, mais quoiqu'il en soit, il se dégageait d'elle une chose à la fois intrigante et inquiétante, bien que ça avait l'air tout à fait inoffensif, voire peut-être même anodin ?... Un étrange sentiment était en naître de lui, il le sentait. Mais ce ne pouvait pas être un sentiment, tout de même pas... Pour lui dépourvus de toutes émotions, il devait plutôt s'agir là d'autre chose. Malgré ses affirmations, une petite voix dans sa tête lui disait que ce contact finirait par lui être néfaste, s'il restait là plus longtemps, il finirait par faire tomber son masque et tout ce qui le ronge de l'intérieur pourrait bien finir par être visible.

La plaie de son coeur, au plutôt, la plaie que son coeur avait laissé derrière lui, s'était remise à saigner, à le faire souffrir. Ses doigts se resserrant machinalement sur son manteau, sur sa poitrine gauche, Saïx vint à nouveau se mordre la lèvre, fermant les yeux un instant comme si cela pouvait le "calmer". Mais ce n'était pas ça qu'il allait arranger les choses, il devait partir, s'éloigner de cette fille trop humaine pour lui, trop chargée d'émotions et qui semblait vouloir déteindre sur lui. Il fallait absolument qu'il parte d'ici, qu'il trouve un échappatoire sans pour autant perdre la face. La chance vint lui sourire certainement, lorsque Axel lui tendit une perche grande comme la citadelle, une phrase typique pour l'énerver et qu'il allait pouvoir utiliser à son avantage. Il lui fallait agir rapidement avant qu'il ne soit trop tard. Il ne pouvait pas se permettre de se montrer faible devant lui. Surtout devant lui.

Me, a good Samaritan ? Since you're here, so take my place ! You know so well take care of kids.
v.f Moi, un bon samaritain ? Puisque tu es là, prends donc ma place ! Tu sais si bien t'occuper des gamins.

Saïx cracha la dernière phrase comme si c'était du venin. Dans sa tête, il faisait très clairement allusion à Roxas et Xion qui était tout le temps coller à lui, une chose qui avait particulièrement le don de le mettre hors de lui alors que le rouquin ne leur disait rien et souriait à tout ce qu'ils faisaient ! Fort de sa colère, il passa promptement à côté de lui, le visage fermé, mais à peine l'eut-il dépasser qu'un flot incontrôlable et diffus se manifestèrent en lui, dont notamment une profonde tristesse qui fit monter des larmes à ses yeux dorés. Non, il fallait qu'il se retienne, il ne pouvait pas pleurer maintenant... Attendre, il allait lui falloir regagner rapidement sa chambre où il pourrait se laisser aller et reconstruire brique par brique le mur de protection qu'il s'était érigé et qui s'était effrité aujourd'hui. Ça lui prendre peut-être un peu de temps, mais il y parviendrait comme il l'avait fait la première fois, quand il s'était heurté à la froideur d'Axel, peu après leur "naissance". De toute façon, il lui faudra absolument le faire, sans quoi, toutes ses faiblesses seraient révéler. Une chose tout à fait intolérable.
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MessageSujet: Re: Nothing but fear | Saïx   Mer 13 Juin 2012, 11:45 pm

Kairi désespère. Elle ne sait plus ce qu’elle doit faire. Que faire pour se faire entendre quand personne ne veut coopérer ? Quand ils ne font que te regarder comme si tu étais une œuvre d’art, un tableau démontrant tant de choses, comme la tristesse, la solitude ? Une œuvre que l’on regarde en portant un jugement, sans pourtant avoir une petite goutte de pitié pour ce qui est montré. On ne voit que l’œuvre, que les procédés. Ce que l’artiste veut dire. On porte un jugement, mais on ne fait rien d’autre. On part et on laisse la peinture au même endroit. On laisse l’œuvre sans verser une larme, sans rien faire de plus que la regarder et l’entretenir. Le strict minimum. Elle n’est, pour eux, qu’un portrait de malheur qui n’avance pas. Qu’un objet sur lequel on n’a aucunement besoin de compatir. On ne fait que le garder jusqu’à ce que quelqu’un l’achète pour un prix plus fort encore. Et c’est tout. Seulement ça. Et rien d’autre. Et Kairi, dans son esprit, pense à son île. Elle y pense tellement.

Elle ne veut que ça, regagner son île. Retrouver Destiny Islands et revoir son village, son père, les bâtiments. Tous ceux pour qui elle compte, tous ses amis et sa famille adoptive. Elle ne veut pas rester ici. Elle étouffe. Et elle n’a pas faim. Elle n’a tellement pas faim que son cœur lui lève à regarder la nourriture – à regarder tout le reste. Ces murs trop blancs – ou trop gris, selon certains autres – et ces ténèbres qui rôdent dans l’endroit comme une odeur lointaine, mais trop présente à la fois. Elle meurt à la sentir, elle se meurt à rester ici, prisonnière, morte déjà avant de l’être réellement. Et elle soupire, Kairi, elle soupire et elle ne peut rien faire de plus pour rester éveillée que penser à cette ombre, cette silhouette mystérieuse qui, finalement, finit toujours par devenir la tête de ce jeune homme pour qui elle est ici. Sora. Sora. Il revient toujours, Sora. Sora est partout dans ses pensées et elle ne peut se rendre compte à quel point ce petit détail est important. Non, elle ne peut se rendre compte, parce que tout est si flou dans son esprit quant à la personne qui est sur son Éclaireuse, sur le mur, partout autour d’elle et dans son esprit. Elle ne peut comprendre, car le lien est brisé, mais son cœur le voit, son cœur le comprend.

Il suffirait d’une petite étincelle pour renouer la corde, cette chaîne, ce fil. Pour qu’elle puisse se délaisser de ces pensées et finalement revenir à un plein. Et non plus au vide.

Et elle regarde l’homme aux cheveux rouge. Il ne répond rien. Il ne répond pas à sa question silencieuse. Ne fait que la regarder pour la sommer de manger, comme l’autre, pour finalement retourner à sa conversation enflammée avec celui aux cheveux bleus. Kairi ne comprend pas. Mais elle aimerait tant comprendre. Ses questions restent encore sans réponse. Malheureusement. Oh, combien elle aurait aimé enfin comprendre. Mais tout passe sous silence, même ses craintes, pour ne laisser que ces ténèbres qui l’étouffent et lui donnent des nausées.

Elle se reprend de nouveau à penser à lui. Lui qui hante son esprit depuis la plage, depuis qu’elle a été emmenée. Triplement traumatisée par tous ceux qui l’entourent. Kairi n’a rien de facile. Si elle ne veut que retourner chez elle, on l’enferme. Si elle sort, elle sera condamnée à autre chose encore. Elle le sent. Et ces deux-là…

Entre ces deux-là, il semble y avoir plus qu’un simple vide. Comme les autres. Ils semblent habités par quelque-chose qui les unit. Mais quoi ? Elle ne le sait pas. Mais leurs paroles et leurs gestes parlent plus que ce qu’ils ne voudraient lui dire. Un certain sens se forme, mais reste flou. Tout reste si flou dans son esprit. Elle soupire. Elle ne peut les interrompre et restera ici. Elle devra manger pour survivre dans cette cage et espérer que le jeune homme aux yeux si prenants retrouve son chemin entre les chemins sinueux. L’homme aux cheveux rouge semblait plus sympathique que l’autre, mais encore, rien ne venait. Kairi n’en pouvait plus de les voir. Et à la dernière remarque du bleu, elle ne put s’empêcher de se relever et de serrer le Wayfinder au creux de sa paume, serrant de l’autre main un des barreaux la retenant prisonnière entre ces murs dans des raisons qui lui restaient obscures.

    « Please… »
      v.f. : Je vous en prie…


Elle les regarde tous deux, mais porte encore son attention sur lui, celui aux cheveux rouges, qui semble moins dur, plus gentil… Elle sent quelque-chose en lui, de différent que les autres. Comme une étincelle dans la noirceur. La Princesse de Cœur le perce de son regard, perce ce sourire qu’il lui a donné.

    « I need to know. What do you want from him ? Why am I here ? »
      v.f. : Qu’est-ce que vous voulez de lui ? Pourquoi suis-je ici ?


Les questions qui se répètent. La même chose que la dernière fois. Car c’est tout ce qu’elle veut savoir. Et peut-être que lui, encore, malgré son premier silence, pourra lui répondre. Elle espère. Mais ne s’attend à rien. Car elle sait au fond que la réponse sera aussi floue que ses mémoires… Ou ne viendra tout simplement pas.

    « Please… Tell me. »
      v.f. : Je vous en prie… Dites-le-moi.


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