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 Lightning

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Claire “Lightning” Farron♠ Messages : 457
♠ Présence : Tellement élevée que j'suis maintenant dans tes chaussettes... :D
♦ Monde actuel : Twilight Town
♦ Objectif actuel : Retrouver Serah, quitter le monde.
♦ Humeur : Froide.
♦ Munny : 389

TU SAIS QUI JE SUIS ?
♣ Pureté du cœur:
60/100  (60/100)
♣ Inventaire:
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MessageSujet: Lightning   Mer 16 Nov 2011, 11:56 pm

Infos' de base
Âge: 21 ans;
Division: Soldat;
Rang désiré: Guerrière;
Monde natal: Cocoon;
Monde actuel: Twilight Town;
Hors-jeu
Et toi, on te surnomme comment?
Mimi. ♥
T'as joué à quels KH?
Tous, sauf Coded.
Parle-moi de ta capacité de rp
Je m’adapte à l’autre, mais, souvent, j’fais entre 1000 et 1300.
Et les Final Fantasy, eux?
FFVII, FFX, FFXIII FFXIII-2, LR, CC
Lightning;
Tu sais, j'ai tout un caractère;
« Lightning. It flashes bright, then… fades away. It can’t protect. It only destroys. »


Irritable
Maternelle
Sérieuse
Indépendante
Déterminée
Sévère
Forte de caractère
Sensible
Confiante




Suite au prochain poste ♥



Dernière édition par Claire “Lightning” Farron le Mar 05 Aoû 2014, 3:03 am, édité 12 fois
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Claire “Lightning” Farron♠ Messages : 457
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MessageSujet: Re: Lightning   Dim 15 Jan 2012, 3:47 am

C'est mon passé qui m'a forgé comme je suis;
« It's not a question of can or can't. There are some things in life you just do. »



C’est fini. Orphan est détruit. Les Fal’Cie ont sombré dans l’oubli. La vie en elle-même reprend de son souffle, engouffre ceux qui, longtemps, avaient été figés dans l’ignorance et la peur. La vie agit comme un baume et guérit nos blessures. Elle est salvatrice. Et tout ce que l’on fait, tout ce que l’on peut faire, c’est regarder le ciel, regarder Cocoon, ou ce qui en reste, et se dire que maintenant, nos souffrances tiraient à leur fin. Nos angoisses s’étaient dissipées. J’ai pu serrer Serah dans mes bras, toujours vivante. Non comme une présence lointaine qui nous regardait d’une larme cristallisée perlant dans la main de Snow. Elle est bien là. Son visage est si doux, ses traits inchangés. Je ne vois plus que cet amour tangible, immuable, elle semble m’envelopper. Cette chaleur fraternelle revient même dans ses yeux. Ses yeux qui m’avaient alors tant manqué. Elle sourit. Et ce sourire me fait chaud au cœur. Ce sourire me fait revivre, fait perler ces larmes que longtemps j’avais voulu retenir. Je vois les sourires. Leurs sourires. Leur visage plein d’espérance et leurs yeux pétillant de réminiscence. Et je souriais, moi aussi, face à cette joie. Cette allégresse qui m’avait à ce moment envahie. Le renouveau. Le nouveau monde. L’entraide qui se préparait. Où la menace constante qu’avait eu sur nous les Fal’Cie n’existe plus. Et l’espoir. L’espoir profond qui renaissait déjà dans nos cœurs brisés, guérissant les blessures que le temps nous avait infligées.

Je pleure à ce renouveau, à tant de souffrance maintenant dissipée, à ce sacrifice. Elles nous avaient sauvés. Elles avaient tout fait. Et maintenant, elles reposaient, tandis que nous… Nous, nous sommes là. Toujours vivants. Et mes yeux se perdent sur ce Cocoon cristallisé, où je ressens un inlassable besoin de me battre, pour sauver Fang et Vanille de cet endroit. Comme si, malgré tout, notre Quête n’était pas terminée. Nous n’étions pas complets. Et pourtant. N’aurais-je pas vu cette silhouette, cette voix lointaine dans mon esprit qui appelait ? Sa voix qui me disait de les laisser en paix. De ne rien tenter pour les sauver. Cette voix autoritaire mais pourtant prise dans une affection certaine, téméraire grâce. C’était pourtant si flou. Que pouvions-nous faire ? Nos marques s’étaient dissipées. Je ne suis plus une l’Cie. Tout ce qui me reste, c’est mon inséparable Gunblade. Avec seulement cette arme, pourtant… Je sentais que ça ne serait pas assez. Qu’est-ce que de simples humains comme nous pourraient faire pour elles ? Chacun devait maintenant revenir à une vie normale. Dès que tout serait reconstruit. Quand l’équilibre serait revenu. Et pourtant. Je répliquais, haussant les épaules à cet appel invisible. Ça n’est pas en nous, musais-je, de simplement vous laisser derrière. Et même si je suis la seule à me battre, je le ferai. Je trouverai un moyen.

Je souriais vainement. Jusqu’à ce qu’un puissant souffle m’envahisse. Un souffle glacial semblant passer près de moi, autour de moi. Un bruit sourd, un bruit de vide. Un frisson me passant dans l’échine. Je me retourne, sans rien voir. Un sentiment étrange me prend, une noirceur subite envahit le paysage, derrière. Paniquée, je me retourne. Des silhouettes. Des silhouettes qui disparaissent aussi subtilement. Ma main tente désespérément de les atteindre, mais rien. Rien que du vide. Mes pas deviennent lourds, tremblants. Je tente de m’enfuir de ce désastre profond. Je prononce le nom de ma sœur. Je le crie. Je hurle. Plusieurs fois sans réponse. Comme si ma vie en dépendait. Non – je ne veux pas la perdre maintenant que je viens de la retrouver ! Serah ! Sa silhouette s’éloigne. Je demeure impuissante. Mes mains s’ouvrent et tentent désespérément de s’accrocher. À quoi que ce soit. Je me noie, ensevelie par ces filaments ténébreux dans lesquels je baigne, sans que personne ne me voie. Sans que personne n’entende mes cris. Ma voix était submergée, inaudible, qu’un murmure que moi seule distinguait dans le Néant. Tout s’écroule. Je perds pied. Et puis, soudainement, le vide. Le plus grand vide, insistant, fier et acharné. Je vois Gran Pulse au loin, s’évanouissant, s’éloigner de moi sans que je ne puisse l’atteindre. Et toujours, je m’évanouis dans l’égarement.

C’est comme si je tombais, me noyais. Tomber. Se noyer. Tomber… Couler… Couler si profondément dans les furtives étreintes des ténèbres… Doucement. Lentement, tandis que le sentiment profond, comme un venin entre mes veines, intoxique mon corps comme mon âme. Je me sens désespérée, entre la mort et la vie, entre la démence et le rêve. Mon esprit se trouble – ma pensée devient floue. Comme de nombreuses poussières cristallisées brouillant l’eau de mes songes, de mes chimères. Mourrais-je ainsi, dans le doute, dans l’incompréhension ? J’ai du mal à voir. À anticiper quoi que ce soit. J’ai cru m’étouffer, comme si mon souffle s’était abruptement coupé. Tout disparaît. Je suis seule, tombant dans un vide infini sans aucune couleur. Où mes propres cris ne font plus aucun son. Dans un univers vide, dénudé de tout ce qui m’était familier. Tout s’apaise. Au-delà, j’ai l’impression de perdre conscience. De m’assoupir subtilement. Tout devenait noir, si noir… Si flou… Pour laisser place à un vide. Un vide intensément doux, familier. Un vide qui me plongeait presque à l’intérieur de moi-même. Un vide dans lequel je flotte inlassablement pendant ce qui me paraît comme une éternité, une éternité de quelques secondes. Une voix semble m’appeler. J’entends cette voix. Comme une sensation étrange. Elle vient à la fois de nulle part et de partout. Son ton est comme un rêve. Je n’entends que ce son. Cette parole qui me dicte. Wake up. Open your eyes.

Et alors, mes paupières s’ouvrent. Mes yeux s’habituent lentement à une noirceur constante, vide. Je flotte dans ce vide et je coule, comme étant sous l’eau. Des bulles s’échappent de mes narines et de ma bouche, et pourtant, je respire. Je ne comprenais rien à ce qui se passait. La gravité reprend ensuite le dessus – je tombe doucement au sol, mes pieds l’effleurent. Je tente d’avancer, d’un seul pas. D’un seul pas qui détermine le tout, faisant tout écrouler dans un vif éclat en ce vide constant. Sous moi apparaît subtilement une plateforme ronde… Une plateforme que je n’arrive pas à comprendre, où je ne distingue qu’une figure dormante, où mes yeux ne peuvent percevoir que les couleurs rosées. Mes yeux ont du mal à s’habituer. Je suffoque, sous la lumière qui me donne l’impression d’émaner de la plateforme en elle-même. Puis, je crois remarquer mon propre visage – mon propre visage endormi, où tout autour gravitent des visages – je distingue Serah. Vanille. Hope. Tournant sur moi-même, je remarque Fang, Sazh, Snow. Ils étaient tous là. Leur visage impassible, forgés dans le doute. Je reste comme endormie, hors de moi-même, comme si tout problème s’évaporait. Sans que je ne comprenne. J’ai le sentiment profond que tout cela ne peut être qu’un rêve. Je me sens si légère… Mais leurs visages me rappellent étrangement des souvenirs que mon esprit, ici, tente d’oublier, de réfuter. Doucement, je pose trois doigts sur mon front, la tête basse, et je soupire. La voix revient alors. Don’t be afraid.

Cette voix… Dont le ton me semble incertain, dont la valeur semble si profonde… Elle paraît si familière que même dans l’Inconnu, je ne pouvais que la croire. Que l’écouter. Je reste immobile.

Don’t be afraid… Répétait-t-elle, fragment de mémoire. There is nothing to fear. Trust in your heart. It will guide you…

Je ressens un poids sur mes épaules. Un poids incertain, alors que mon esprit tergiverse dangereusement. Je regarde le vide au-dessus de moi. Je ressens comme un grand vide m’envahir, muni d’une grande peur, une incertitude. Où pouvais-je bien être ?

There’s still time…

Le tintement, familier, étrange, vibre de sa consonance rassurante. Comme une mère à son enfant. J’en reste perturbée, mais toujours aussi perplexe. Toujours aussi mal. Comme si le message était d’une portée trop grande. Je n’y comprends rien. Peut-être est-ce simplement hors de ma portée ?

Que pouvais-je faire de plus ?

Danger still lies ahead. Deep darkness fractured those grounds. It fractured many hearts. Many more still need to be mended.

Je sens une force s’éprendre de mon corps. Le fardeau d’une mission. D’une nouvelle tâche. Et pourtant, ça n’en était pas une. Que des paroles. Des paroles pleines d’un sens que je ne peux alors comprendre. Ma chute s’était évaporée. Comme si toutes mes mémoires venaient de me quitter drastiquement. Je me sens faible, mais en même temps pleine d’une énergie nouvelle. Je regarde mes mains, comme impuissante, comme si je m’attendais à y voir un quelconque changement ; pourtant, rien ne se passe. Rien. Rien que ce sentiment enivrant, cette douce plénitude s’éprenant de mon âme.

Your faith awaits. Surrender to the light. Let it empower you. Let it flow through you.

L’espoir m’envahit. Soudainement, me délaissant du poids énorme de mes doutes et de mes angoisses je sens mes problèmes se volatiliser, s’envolant comme des oiseaux portés par un vent d’automne. Je ferme les yeux, pour sombrer une nouvelle fois dans un sommeil profond.

And remember… You are not alone. You will never be alone.




Le noir. Le silence. Le silence me transporte. Si loin. Dans les ténèbres qui m’enveloppent, dans ce voile. Mes pensées sont si floues. Voilées par les méandres dissimulés. Je suis une feuille emportée par la brise, désinvolte et détachée du monde, libre dans un espace invisible. Je flotte dans un océan de vide infini, m’engouffrant. Si faible. Si faiblement endormie. Où suis-je ? Je crois me rappeler une voix. Une voix lointaine… Trop lointaine… Peut-être n’avait-il tout simplement jamais eu de voix. Puis, un son perçant doucement l’atmosphère dense du silence. Ce simple son. Un va-et-vient constant et doux. Il me berce, me soulage dans cette démence qui n’envahit, dans mes pensées qui ne veulent à peine revenir. Je ne pense à rien. Qu’à ce son. Les vagues. Les douces vagues. Elles sont si près. Leur murmure est si apaisant. Je sens le soleil sur ma peau – un soleil pourtant doux. Le vent chante une mélodie basse ; seuls bruits qui sont audibles. Lointains. Mes mains frôlent le sable chaud, soyeux. Du sable… Les vagues. Bodhum. J’étais chez moi. Serah ? J’ai cru entendre son rire. Peut-être n’est-ce que mon imagination. Puis, une odeur. Une odeur saline, forte. Étrangère à mes narines. Elle me dérange. Vivement. Elle fait tache dans le paysage que je ne cesse de repasser dans ma tête – entre les palmiers et le sable chaud, la mer bleue. Je sortais enfin de ce semi-état de conscience. Mes paupières alourdies succombaient finalement à l’éveil et s’ouvraient docilement, alors que le rayon crépusculaire pénétrait ma rétine. Le brouillard se lève enfin. Je vois. Une image floue, puis normale. Mes yeux distinguent la silhouette des arbres…

J’ai cru figer un instant. Ces arbres ne sont pas des palmiers. Cette odeur… Ce paysage. La révélation lourde faisait mal. Et puis, tout revint. Je vois Serah cristallisée. Je vois Snow, Vanille. Hope. Fang, Sazh. Je revois ces marques maudites – je réentends le soupir de pensée infligé. Ragnarok. Barthandelus et ses manipulations écœurantes. Je revois Orphan. Je revois Cocoon s’effondrer avant un vide. Un vide aveugle et prenant. Avant que je ne revienne et que je ne voie le pilier. Je vois Serah qui me sourit, je ressens à nouveau notre étreinte. Et le vide. Le vide me précipite de ce moment – j’ai cru vainement que ces souvenirs n’étaient qu’un rêve malgré la réalité qu’ils apportaient à mon âme. Je l’ai cru. Mais là n’est plus le cas. Je me sers de mon bras comme appui, je relève ma joue du sol sableux de la plage. Aussitôt, je ressens un étourdissement. Une douleur aiguë qui m’apporte à mettre une main sur mon front et fermer mes yeux pour ne serait-ce qu’un petit moment. Évidemment. La douleur ne part pas. Elle persiste à me priver de mes sens. J’inspire résolument. Je suis perdue. Je ne suis pas chez moi. Cet endroit me submerge de ses effluves inconnus, me tyrannise de fragments étranges. Les éléments ne concordent pas. J’ouvre de nouveau les yeux. Mon regard inspecte les environs d’une manière experte, j’analyse les moindres informations par tous mes sens. Je n’avais que ça. Pour me baser. Gran Pulse était vaste – mais les paysages ne ressemblaient pas à cela. Aucun dragon ne survolait le ciel. Et tout… Avait cette contenance différente. J’émets un soupir ; je ne pouvais rester là, dans un monde qui pouvait s’avérer hostile malgré les apparences.

Je me lève, contraignant mon étourdissement à se soumettre à ma volonté. Pas question que je tombe. Instinctivement, ma main prend place près de mon arme. Une défense, sûrement la seule, que j’avais alors. Une voix. Inconnue. Une voix d’homme s’élevait de tons lyriques, sa source derrière moi. Les paroles ne pouvaient être adressées à quelqu’un, mais encore, elles attirent mon attention. Mon regard délaisse la plage pour finalement atterrir sur une forme rouge. L’homme. Livre à la main, débitant les paroles qui, je compris alors, sortaient tout droit du livre qu’il tenait fièrement à la main. Je reste là, à le dévisager, plusieurs secondes avant qu’il ne me remarque ; qu’il marche vers moi. Je ne tarde pas à voir le fourreau pendant qu’il s’avance. Aussi étrange pouvait-ce être, cet homme est guerrier. Quelque-chose dans son air, dans sa manière d’être, ne m’aspire pas confiance ; je reste de glace, perplexe. Plus encore alors que la question fuse de ses lèvres.

    « Where do you come from? »


Suis-je déjà démasquée ? En aucun cas n’était-ce bon de s’avouer étrangère dans un camp ennemi. Je ne sais pas à qui j’ai à faire – je préférais me taire. Ce ne fut aucunement une réponse qui tinta l’atmosphère au moment où je répliquai.

    « Who are you? »


Le ton est sec, cassant. Je ne le connais pas, alors pourquoi répliquerais-je quoi que ce soit à cette question ? Peut-être me dénonçais-je de cette audace, mais que pouvais-je faire ? La main toujours placée sur Blazefire Saber se crispe légèrement; même si la réponse ne tarde à venir.

    « Who knows… Perhaps I am merely a wandering soul searching for some kind of respite. It is unbecoming to answer a question with another, lady. »


Une énigme. Son livre se ferme dans un claquement aussi doux que ses manières peuvent sembler. J’expire en laissant passer une minime exclamation, à peine plus audible que mon souffle. Je fronce les sourcils, le dévisage tandis qu’il fait de même. Les dernières énigmes qui m’étaient tombées dessus n’avaient pas été agréables, peut-être était-ce pour cette raison qu’aussi instinctivement, la Gunblade se déclenchait dans un bruit métallique familier, rassurant. La réponse n’était pas claire ; alors pourquoi devais-je moi-même être précise ? Ce même air imprécis qu’il arborait, ces intonations, tout avait une tendance à m’inspirer le doute et l’appréhension.

    « Are the reasons of your coming to Twilight Town so peculiar that you fear to let the words slip out of your mouth? »


Twilight Town… Étrange, comme nom. Je remarque la ville derrière les arbres. Je n’étais définitivement pas chez moi. Je repose mon regard sur les yeux bleu perçants de l’homme, tentant de déchiffrer quelque-chose – n’importe quoi. En vain. Je ne remarque que ce mouvement vers le fourreau. Surement par rapport à ma propre position défensive. Je suis de plus en plus perplexe face à cet inconnu. Il semble percer mon secret, beaucoup trop rapidement à mon goût. Irritée, je n’en fais rien. Je continue de le regarder, muette.

    « That boy, Seifer, will get on your case if you just pop out of nowhere like that. It appears that foreigners are not trusted around here. »


Voilà. J’étais totalement démasquée. Sa perspicacité me laisse bouche-bée. Je recule de deux pas à ses paroles, la bouche entrouverte, surprise, comme si ça aurait pu m’aider à me défendre. Encore, ce mouvement soudain ne fait que confirmer sa thèse. Je venais d’ailleurs, certes. Je me contente d’assimiler les informations qu’il vient de me donner, reprenant mon sérieux. Je me devais d’être stoïque. J’inspire un bon coup, le regard dur.

    « What do you want from me? »


Un sourire. Loin d’être rassurant.

    « Knowledge. Among my many desire, the one that is most essential to my survival is knowledge. What about you, what do you want from this place? »


Je ne pouvais lui faire confiance. À ce même moment, je me sens devenir plus raide, plus défensive. Mon dos se courbe légèrement, ma main empoigne fermement le manche de ma Gunblade. Un grand mouvement de recul s’ensuit. Je vois dans ses yeux l’agacement de ce même mouvement.

    « Are you intending to wander in there on your own, I assure you it's far from a sweet welcome party.

    I know how to take care of myself.

    Anyone can use help. Beside it gets lonely here after a while… the never-ending twilight adds to the gloominess of finding oneself so far away from home.

    I don’t need any help. »


Stoïque. Je l’analysais. En aucun cas ne voulais-je être prise au dépourvu devant lui. Mon ton avait été neutre et empreint de sarcasme. J’étais si méfiante.

    « Suit yourself lady… thought I'd find myself a convincing story to tell if I were you… You’re not home anymore. »


Paroles toutes aussi fracassantes que son ton énervé et tranchant. J’ai l’impression de ne rien pouvoir répondre. C’était si lourd à entendre. J’aurais aimé réaliser ce fait par moi-même. Plus lentement. Je me redresse, mon regard s’anime d’une perplexité remplaçant la méfiance. Je tiens mon point. Jamais je ne voudrai avouer que j’avais besoin d’aide. Son sourire, face à mon manque de communication, annonçait une nouvelle diatribe.

    « What are you so wary of? You obviously know how to defend yourself… »


Son ton n’était pas plus une insulte que son coup de menton mentionnant non-verbalement mon arme. Son sourire ne me plaisait guère.

    « I've learned to not be fooled by mere words. »


Je me laisse étudier sa réponse, ses réactions ; j’en apprendrai plus sur lui de cette simple réplique. Ces simples paroles eurent un grand effet sur lui. Un changement drastique de caractère.

    « Then let's get straight to the point, shall we? »


Il me dévisage. Je soutiens son regard.

    « You're not from here. I am not either. Did you happen to meet a man whose name resembles ‘Angel’? »


Je garde mes émotions pour moi. Je ne pouvais me permettre de les montrer devant lui. Paraître faible. Non. Je ne pouvais à peine cacher ce que je ressentais. Et de même. J’assimilais sa question sans rien dire pendant un moment – forme de provocation.

    « I didn’t. »


J’espérais le faire partir. Mon ton fut tout aussi sec que précédemment. J’insiste sur cette arrogance en me redressant, en défi. Je le vois se retourner pour partir. Mission accomplie. Et pourtant. Il semble plus rageur. Son ton le prouve tout autant.

    « It's not like home. Not at all. You'll get eaten alive by shadows if you don't watch your back. »


Je reste de glace. Toujours à l’analyser. L’hostilité monte autant que la tension. Il ne me fait aucunement peur. Je le prouvais.

    « You'll come crawling for explanations soon, anyway. »


Ses paroles étaient dures. Aussi tranchantes que les miennes pouvaient l’être. Pourtant, je ne bronche pas. Je relevais la tête en défi, seulement pour plonger mes yeux dans les siens et lui faire comprendre à quel point je le méprisais. Que connaissait-il de ma vie ? Que connaissait-il de ma force et des épreuves que j’avais surmontées ? Il ne sait rien de moi. Il ne sait rien de Gran Pulse ou de Cocoon. Je soutiens toujours son regard avec autant d’arrogance tout en l’écoutant.

    « Hmpf. Right. »


Seule réponse. Dans un murmure des plus sarcastiques. Je le regarde, tout simplement. J’attends des réactions. Mais tout n’est que parure face à mon dépaysement. Jamais je ne pourrais avouer à un inconnu que j’étais perdue. Ou même sans défense. Vulnérable. J’ai beaucoup trop de fierté. Je suis beaucoup trop têtue. Et puis, j’aimais mieux investiguer par moi-même ces paroles. S’il vient d’affirmer qu’il ne connaît rien, peut-être est-ce ce monde qui lui cause problème. Peut-être est-ce lui qui est trop faible.

    « Indeed, I am right. You'll notice soon enough, how wrapped this place can be. »


Il se retourne. Premier signe de son ignorance, après un regard farouche. Son geste de main n’eut qu’une intention ; mais je ne fus guère atteinte par sa provocation.

Malgré tout, je ressens que quelque-chose venait de se préparer. Que tout cela annonçait la venue d’un défi plus grand. Mes périples étaient loin d’être terminés.

Je dois investiguer sur cet endroit. Retrouver ce qui manque et recoller les pièces perdues. Je suis seule. Et cette solitude, je dois m’en accommoder le plus rapidement possible.




J’ai marché longtemps entre les ruelles pour ne trouver rien d’autre que des panneaux divers annonçant des produits essentiels à la vie, une vie qui s’annonce pour les habitants paisible. Est-ce seulement une apparence ? Je ne peux rester ici à attendre encore. À explorer les environs autour de la plage. J’avais assez vu les maisons. J’avais assez vu tout ce qui entourait, sans pour autant trouver d’auberges. Sans rien trouver. J’ai l’impression que ce séjour s’annonce pénible – c’est malheureux. Avec autant de boutiques, je n’arrive pas à croire qu’il n’y ait aucune auberge. Rien pour des habitants de l’extérieur de cette ville. Je repense drastiquement à l’homme en rouge. N’avait-il pas mentionné quelque-chose à propos des gens venant d’ailleurs ? À ce que j’avais pu en comprendre, ils ne semblaient pas aimer les étrangers. Le manque de tourisme dont cet endroit fait preuve appuyait ce point. Ceux que j’ai croisés ne faisaient que me dévisager – mon attirail de soldat, mes vêtements différents de ce qu’ils portaient ici pouvaient attirer l’attention. Mon arme, non-dissimulée, causait peut-être une crainte grandissante. Je ne suis plus sur Cocoon, non ; pour eux, le Guardian Corps ne veut rien dire. Je suis l’ombre d’une justicière, l’ombre de la police se dévouant à la sécurité des citoyens. Malgré leurs visages curieux, je n’avais aucunement décelé une violence certaine. Qu’une petite crainte dans leurs manières simples et chaleureuses. Les paroles de cet homme revenaient mais ne me disaient rien. La ruse. Peut-être était-ce simplement cela. La ruse pour me faire tomber dans ses filets. Me faire réfléchir.

Je m’étais, dans les heures suivant mon réveil dans ce constant crépuscule, attardée souvent sur les panneaux. Incompréhensibles. Les symboles, les lettres, qu’importe – je ne comprenais rien. Aucune direction. Aucun nom d’endroit. D’autant plus que les boutiques. Leurs signes incompréhensibles. Pourtant, je les comprenais. Ils parlent ma langue, couramment. Je me rassure sur ce point. Il me resterait qu’à démystifier les symboles, l’alphabet. Avec chance, une fois appris, je pourrai comprendre quoi que ce soit. Où je me trouvais. La seule information que je détiens, c’est le nom de la ville. Twilight Town. Rien de plus logique. Le nom de cette ville n’aurait pu être mieux choisi. Il représente l’éclat doré sur tout ce que le soleil touche, les nuages rosés, bleuâtres, orangés. Tout ça dans une harmonie constante, sans nuit, sans étoiles. Une ville figée dans le temps. Un homme me salue d’un mouvement de tête cordial, sourire aux lèvres, auquel je réponds par simple politesse. Je suis perdue, est-ce si visible ? Je me retourne, marchant plus lentement, posant mon regard sur l’homme qui continue sa marche, totalement décontracté. Non, ils n’avaient pas peur de moi. Tant que je ne sortais pas Blazefire Saber, tout devrait aller pour le mieux, sans violence aucune.

Peut-être aurais-je la chance de m’en sortir, finalement.

Peut-être aurais-je la chance de croiser Serah. En quoi ma propre sécurité importe-t-elle ? Elle. C’est elle la plus importante. J’espère que rien ne lui est arrivé. J’espère qu’elle est toujours sur Gran Pulse, à remettre tout en ordre avec les autres. Que Snow l’accompagne – qu’il la garde avec lui, la protège. S’ils sont ensemble, je n’ai rien à craindre. Dans un cas contraire… Je frissonne. Autant ne pas y penser. Autant se concentrer pour la retrouver. J’ai ce pressentiment désagréable, la sensation que rien ne va plus, que je ne suis pas la seule à être touchée par cette supercherie. Les autres ? Mes pas se stoppent. Et si tout le monde était ici ? Ici… Quelque-part ? Mon regard scrute amèrement les rues, les intersections. Je ne vois que le tramway, des visages inconnus qui me fixent, des enfants qui déambulent joyeusement. La ville continue son rythme lent et constant. Comme si, dans ce mouvement prédit d’avance, elle reste figée autant que son ciel. Fang et Vanille devaient toujours soutenir le pilier. Si seulement j’étais encore là. J’aurais tout tenté pour les faire sortir. Malgré la voix de Fang, au plus profond de mon esprit, qui m’avait sommé de ne rien faire. Qu’en est-il de Sazh ? Le visage de son fils, joyeux, me revient en tête. J’espère qu’ils ne sont pas séparés. Le pauvre enfant n’aurait certainement pas quitté son père. J’espère. Tellement. Mon regard se pose un moment sur le soleil couchant.

Quelque-chose me percute soudain. Je reprends mon équilibre en faisant un pas devant, la tête relevée, en alerte. Un jeune garçon. D’une quinzaine d’années, environ, se retourne tout en courant, m’envoyant la main et criant un ‘désolé’ bien audible entre ses rires. Un autre garçon, son ami, sûrement, passe, de ce même entrain. Le premier semble changer devant mes yeux en une figure familière, dans un fragment de mon imagination. Hope. Mes yeux s’écarquillent. Ma main droite se pose instinctivement sur l’endroit même où cette marque encryptant notre destinée était jadis. Il est le plus vulnérable sans les pouvoirs des l’Cie. Notre marque disparue, que pouvait-il contre les dangers que cet endroit pouvait représenter ? Je reprends mes esprits. Pour le moment, l’endroit n’est rien de plus qu’une ville calme et sans aucun danger. Qu’importe ce qui arrive. Non, il ne peut être seul. Je me surprends à murmurer son nom silencieusement. Vulnérable. Il est vulnérable. Malgré tout ce calme. Même s’il a fait tant de progrès. Je doute que seul, il puisse survivre à un assaut. S’il se trouve dans ce même coin, dans cette ville paisible, je doute cependant que quoi que ce soit lui arrive. Au moins, ça avait un côté rassurant.

Je continue de marcher hors des rues achalandées de la ville. Je marche plus loin, sur une colline éclairée de la lumière crépusculaire de la cité. J’ai ici une vue d’ensemble. Je remarque les pavés alignés en pierre. Un ordre constant. Je remarque les maisons inégales dans la pente que présente la ville. Au loin, une tour d’horloge. Je plisse les yeux, tentative désespérée pour savoir l’heure. D’ici, je vois qu’à peine les aiguilles. Je soupire, c’est peine perdue. La faim tenaillait mon ventre depuis ce matin – ou était-ce le matin ? Je n’étais plus certaine. Les heures se perdent, ici, tout comme ma conscience. Cet endroit maudit me donne la chair de poule. Dire que j’ai vécu pire. Il y a eu tant de choses, tant d’endroits étranges. Gran Pulse en est un bon exemple. Pourtant, je reste sceptique. Jamais n’avais-je vu un endroit au crépuscule constant. Il n’y a pas encore de créature, de monstre. Que des animaux qui ont l’air tout aussi inoffensifs que vulnérables. Même les gens laissent passer un masque de sérénité ou de joie sur leur visage. Peut-être suis-je seulement en train de divaguer. Après tout, je reviens d’une catastrophe. Je reviens d’un endroit détruit. De voir ainsi le calme me trouble pour cette raison. Je suis tombée si loin de chez moi que tout me paraît instable.

Sunset Hill. C’est le nom que j’entends murmurer. On parle du district. Je comprends enfin où je me trouve, dans cette ville. D’ici, j’observe le train revenant de la plage, plus loin – le train que je n’ai pas pris, en dépit de vouloir marcher, me changer les idées, d’attirer l’attention le moins possible. Même le train est lent – dans ce rythme zen de la ville ; je le suis des yeux un moment. Autant me trouver quelque-chose à me mettre sous la dent.

Je redescends vers les rues marchandes pour finalement tomber sur le stand du boulanger de la ville. Facile à voir, avec le pain sur l’affiche. Ce coup-ci, j’avais eu beaucoup de chance. Je m’approche, d’autant que l’effluve d’un pain en train de cuire m’intrigue. M’hypnotise. J’ai tellement faim – ce doit être la raison. Peut-être aussi parce que c’est la première fois que je vois du pain fait maison, autrement que par un Fal’Cie. Qu’importe. Je capte le regard du marchand, qui m’esquisse un sourire.

    « Good afternoon, young lady! »


Son sourire est accueillant, chaleureux. Il ne semble pas du tout malicieux. Il se dégage même de lui un aura reposant – pas comme l’homme de hier. Je me rassure par cette notion de temps qu’il m’impose : L’après-midi. Je souris poliment en retour, tout en murmurant un bonjour simple.

    « I can tell that you are lucky, dear, those breads are fresh out of the oven! They are only 150 Munny! »


Je lui jette un regard hébété. Munny ? Ce mot résonne dans mon esprit quelques instants. Le vendeur semble remarquer mon changement d’air, mon sourire évaporé.

    « Munny… ? »


Je ne comprends qu’à peine. L’argent, ici, était différent ? J’ai de sérieux ennuis, dans un tel cas. Que fais-je si je ne peux m’acheter de la nourriture ? Je pense aussitôt à Hope. À Serah. Serah… As-tu les mêmes problèmes ? Je fronce les sourcils, inquiète.

    « Well, yes, Munny. You seem puzzled. Is there something wrong? »


Sa gentillesse me donne un tout autre regard sur cette ville. Pourtant, je tente de ne pas montrer mon abattement. Je suis si inquiète. Je ne peux dire que je suis perdue. Peut-être dire que je viens de loin ? Ce concept est-il proscrit en ces terres ? Inhabituel, certes, à ce que j’ai pu comprendre, mais proscrit ? Autant tenter.

    « I’m from far away. I’m afraid I can’t pay in… Munny. I only have Gils. »


Je m’empresse à sortir ma bourse de mon sac, en sortant l’argent que je transporte, quelques Gil pour démontrer que j’avais tout de même l’intention de payer. Le boulanger regarde avec intérêt les billets que je lui tends, en prend même un – remarque la vérité que je lance. Je suis sincère.

    « Gils, eh ? Never heard of ‘em. »


Il me lance un regard désolé. Je prends un air désespéré. J’espérais tellement que Serah ait pu trouver quelque-chose à manger. Mon regard se perd dans le vide un moment.

    « Are you okay? Seems like som’thin’s on your mind. Y’know, I don’t mind you payin’ in Gil, or whatever you call ‘em. But you might have some trouble with the other merchants. It’s not common for us to have people from… Where did you say you came from?

    Urm, far away.

    Oh, yeah, that’s it! All right… If you have any questions, I will be happy to help ‘ya. If ‘ya ever need some Munny, you could help me out there too. »


C’était une proposition intéressante. Si je pouvais trouver un moyen de faire de l’argent afin d’avoir le nécessaire, ici. J’étais reconnaissante de ce marchand de pain, si je pouvais l’aider, je lui devais bien.

    « Thanks. I appreciate it. I would be glad to help you out. »


Je penche la tête. Je finis par payer pour trois miches de pain. Cela serait suffisant – pour l’instant, du moins.



C’pas fini!


Dernière édition par Claire “Lightning” Farron le Mar 05 Aoû 2014, 3:14 am, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: Lightning   Dim 15 Jan 2012, 3:49 am

C'est mon passé qui m'a forgé comme je suis;
« It's not a question of can or can't. There are some things in life you just do. »



Plus les jours passent, plus je sens que j’ai du mal à m’habituer à ce rythme lent qu’offre cette ville. Twilight Town. Le district dans lequel je me trouve suit une certaine routine que je présume être le même pour toute la ville. Une ville calme et sans grands soucis. Plongée dans une routine constante sans grands changements de jour en jour. Une grande différence par rapport au rythme en accéléré de Bodhum, où les gens se pressent pour des centaines de choses. Et dire que je trouvais jadis les rues de ma ville calme dans les temps les moins touristiques. Rien de très effrayant, après tout. Si ça n’est que les rues deviennent désertes après quelque temps, à certains temps de la journée, on ne croise plus personne. Comme si tout le monde décidait en même temps de s’enfouir dans leur nid douillet pour ne plus toucher aux rayons de ce soleil immobile. Ce sont des choses que j’ai très rarement eu la chance d’être témoin. Le ciel est toujours calme, inhabité par les Airships que l’on croiserait à l’habitude dans les ciels de Cocoon. Le pain se fait maison, les légumes poussent dans les jardins. Tout se fait si naturellement, si tranquillement. On n’y voit plus l’industriel des villes ayant jadis entouré Bodhum. La ville est si différente de Bodhum. Tellement différente. Ce doit être la raison pour laquelle j’ai du mal à m’habituer. Pourtant, tout me fascine. Je reste subjuguée par les méthodes sans grande technologie des habitants. Leur vie paisible leur apporte une plénitude bien réelle.

Même la couleur orangée des bâtiments ramenait l’effet plus naturel et moins faux de Cocoon. Je ressens le même écart que je sentais quelques jours plus tôt en comparant Gran Pulse à Cocoon – et maintenant, tout ça me semble si loin. Je soupire. Mes pas continuent de me guider loin de la boulangerie où je viens de passer quelques heures. Mon regard se perd à nouveau sur le teint orangé de l’endroit. Cette lueur n’était pas du tout agressante. D’ailleurs, le contant crépuscule m’apaise. Un peu comme une pression de moins sur mes épaules. Je suis dans un tel moment de doute que ce tout petit détail a un effet grandiose sur moi. Je ne peux cependant aller jusqu’à dire que mon cœur ne ressent pas la crainte – je suis toujours aussi inquiète. Le boulanger, dans sa grande bonté, a depuis l’instant où je suis rentrée pour lui rendre service tenté de me changer les idées en m’apprenant un peu plus sur cette ville – des informations très utiles. Peut-être demanderais-je un peu plus tard de m’aider pour ce qui est de l’alphabet. Ce serait toujours utile de comprendre quelque-chose à ce qui est écrit. Je doute que ce soit très différent. Après tout, j’arrive à les comprendre, ils parlent la même langue que moi.

Un obstacle de moins.

Je me laisse guider par le son de mes pas. Mon esprit, lui, flotte dans les méandres profonds de mes pensées. Depuis que je suis arrivée, j’ai fais de la plage mon sanctuaire – elle est un lien, pour moi, entre le passé et ici. Un lien entre ce que je connais et l’inconnu que ce monde représente. Je me sens chez moi près des vagues. Comme si j’étais de retour à la maison. Avec Serah. Comme avant. Avant que tout tourne pour le pire. Quand toutes deux nous pouvions écouter les vagues en pensant au passé, à l’avenir, sous le ciel sombre de la nuit, où l’on ne voyait que la mer refléter le ciel, les bâtiments, là-haut, les reflets des vagues changeantes et mouvantes. Leur bruit donnant à l’atmosphère ce calme aux allures saintes. Notre profonde mélancolie s’entrecroisant, notre amour l’une pour l’autre grandissant de ces moments de peine et de reconnaissance. Je tiens à elle plus que je ne tiens à quiconque. Serah… Qu’aurais-je fais, sans toi ? J’ai cru à plusieurs reprises entendre sa voix. Comme si elle m’appelait. Comme si elle me portait conseil d’où elle était. Sa voix, pourtant, n’est qu’un murmure, comparable à l’eau qui s’écroule sur la plage pour revenir s’échouer dans l’océan. Son rire n’est rien de plus que les feuilles des arbres secouées par la brise. Un rêve. Flou, distant. Un souvenir que je tente de garder sur moi alors que je dors, qui m’échappe telle l’eau entre les doigts dès que mes yeux daignent se rouvrir. J’ai dû cauchemarder quelques fois, accotée sur cet arbre près du sable doux de la plage. Je sais que j’ai eu du mal à me rendormir quand son visage venait tant il était prenant. Tant j’avais envie de l’atteindre sans pouvoir rien y faire. Elle s’échappe comme un nuage de fumée, évanescente avec la brume. Et moi, je suis ici. À la chercher dès que j’ai la chance. À chercher tous ceux qui me sont chers dès que l’occasion se présente. Si seulement je pouvais les retrouver. La retrouver avant tout. Si je suis ici, elle ne doit pas être loin.

Je l’espère. J’espère tellement qu’ils sont tous en sécurité. Je regarde devant moi quelques instants. Sunset Terrace laisse place à Sunset Station. Avec l’argent que je m’étais faite aujourd’hui, je pouvais prendre le train pour me rendre plus loin dans la ville. Central Station, m’avait-il dit, est l’endroit qui relie tous les autres de Twilight Town. C’est là que l’on retrouve le grand clocher, l’horloge. Cet endroit mène à Market Street. On le dit l’endroit le plus achalandé et le plus large de la ville. Peut-être avais-je des chances, à partir de là, de trouver quelqu’un qui pourrait me dire s’il n’avait pas croisé quelqu’un. Avec un peu de chance, je pourrai avoir quelques indices sur l’endroit où je trouverai Serah à partir de là. Je revois une silhouette vêtue d’un grand manteau rouge nonchalamment faire son chemin dans mon esprit. Oh, lui. Si je devais le croiser encore une fois, je ne sais pas ce qu’il en coûterait. Je n’avais aucunement confiance en lui et en ses manières doucereuses. Il ne m’inspire rien de bon, qu’une crainte certaine, surtout après l’air donné face à mes paroles. Comme s’il s’énervait de ma méfiance. Tout cela n’annonçait rien de bon, certes. Un détail revient cependant à mon esprit ; il prétendait venir d’ailleurs. À cette réalisation, je me sens émettre un court sifflement. Si cet homme était ma seule chance de partir d’ici… Je me retrouvais dans de beaux draps.

J’achète un billet pour le train et j’embarque. Un air amer me vient à la bouche alors que j’entre dans un des wagons. La Purge. Comment ne pouvais-je pas me souvenir du dernier voyage en train que j’avais fais ? Dans des temps de crise. J’avais pris ce train seulement pour la retrouver, elle. Tant de risques. Ce train me mènerait-il au même but, à ce même objectif ? J’ose espérer la retrouver près d’ici, mais je sais au fond de moi que cette espérance est vaine. Un peu comme les rêves. Ils s’échappent. Le trajet est loin d’être long. Je m’enfuis au plus profond de mon être. Mes pensées ne sont pas roses, de ce fait même vient mon impatience de finalement sortir de ce train. Peut-être prendrais-je un autre chemin, la prochaine fois. Je sais m’orienter, pour prendre les chemins souterrains dont le boulanger m’avait fait part quelques temps plus tôt. Une ville bien organisée pour une population des plus sereines. Une petite cloche sonne ; je relève la tête. Nous sommes à destination.

La ville ici n’est pas bien différente de Sunset Hill. Quelques personnes marchant dans les rues les plus achalandées menant au centre du commerce de la ville, des enfants s’amusant entre les collines que créent les montagnes. Le tramway qui bouge toujours aussi doucement, décrivant un cercle de l’endroit où je me trouve. Plusieurs personnes parlent doucement, immobiles, sourire aux lèvres. Pour l’instant, je me sens à peine dépaysée ; ils semblent même qu’à peine remarquer ma présence. Je me fonds dans la foule. Bon signe, après tout, de passer inaperçu. Je me détends quelque peu. Mon regard scrute tout ce qu’il touche d’une manière experte, tentant de trouver un quelconque indice, quoi que ce soit qui pourrait m’indiquer la présence d’une connaissance, de Serah. Rien. Mes yeux se posent sur une brèche dans le mur, plus loin. Je fronce les sourcils. Pourquoi est-ce là ? Les gens ne semblent pas s’en approcher. Je décide de faire de même, d’un soupir. Des escaliers plus loin attirent mon attention ; je n’ai qu’à peine fini de regarder cette partie de la ville. Je m’aventurerai plus loin dans ce qui semble être une forêt entourant la ville plus tard. Il est plus probable que Serah soit restée dans la ville plutôt que dans la forêt si elle cherche quoi que ce soit.

Je rôde. Inlassablement. Peut-être finirais-je par trouver quelque-chose entre les rues marchandes et résidentielles de cette ville, de ce district. Je tombe sur un endroit vide. Comme une grande place. Je jugeai ainsi qu’ici, plusieurs choses pouvaient être organisés. Comme un rassemblement. Scrutant quelque peu les environs, je continue de marcher. Cet endroit mène à deux nouvelles rues montant dans la colline. Des chemins et intersections.

    « Hey, Pinkie ! »


J’entends des rires. Je fronce les sourcils un moment. Des rires gamins. Des jeunes teintés d’arrogance, à ce que je peux voir par la première remarque qui m’est, sans aucun doute, adressée. Pinkie. Original. Je roule les yeux et me retourne. Mon oreille ne m’a pas trompé ; des jeunes. À environ trois ou quatre mètres de moi, accotés sur les murs d’un bâtiment. Celui se tenant plus en avant a un bonnet noir sur la tête ; il semble plutôt en forme d’après sa carrure. Tout de ses vêtements fait prétentieux, de là les deux mèches dorées sur son front jusqu’au long manteau gris clair qu’il arbore fièrement d’un sourire sarcastique et pénétrant. Je fige un moment. Son habillement me rappelle que trop bien Snow. Snow… Cependant, ça ne peut être lui. Le jour où Snow oserait m’appeler Pinkie… ou n’importe quel surnom… L’arrogance se peint dans le regard de ce jeune, une arrogance teintée d’un mépris que je ne verrais pas chez Snow. Tss. Il pense vraiment intimider qui que ce soit ? Sans parler de ses congénères – À sa gauche, une jeune fille aux cheveux gris tournant sur le lilas lui cachant un œil, nonchalante, presque hautaine… ou simplement ennuyée. À sa gauche, huh. Je n’ose même pas parler tellement le jeune homme me donne une image presque complète de l’arrogance. Plus bas se tenait une créature plus qu’indéfinissable – yeux jaunes, grand chapeau qui semble lui-même avoir un visage. Mignon, en un certain sens, mais dans un autre, effrayant.

    « What are you doing in these parts of my town? Strangers – il ponctue cette parole d’un mouvement de bras suivant sa phrase – are not allowed here ! »


Je reste de pied ferme à ma position, droite, solennelle.

    « Your town? Tss. So, you must be Seifer. »


Révélation de ma part qui semble le troubler quelque peu. Mais pas assez. Un simple mouvement du visage m’avertis de cette évidence. Il se reprend vite, comme si l’éclair venait de le frapper soudainement. Poing serré, il le secoue devant moi, provocation ou tentative pour me faire fuir. C’était si pathétique.

    « I am the leader of the Twilight Disciplinary Comitee. I suggest you to get out of this town! »


Je souris. Il se croit vraiment, ce jeune. Hm. J’ai déjà eu à confronter des gens de son espèce. Snow me revient en tête. Que de ressemblances frappantes. Il cherche à défendre la ville. Amateur. Toujours de cette même position, plus décontractée, je pose mes mains sur mes hanches et je penche quelque peu la tête vers la gauche.

    « And what if I don’t? »


Provocation. Rien de plus. Je ne suis pas d’humeur à adhérer à leurs influences. Ils sont les seuls à me chercher, alors pas question de me laisser berner. Je dois retrouver Serah. Qu'importe le prix. Le gaillard aux côtés de Seifer s’agite. Il lève les mains et les remue, mouvement de dissuasion à mon encontre.

    « Whoa, lady, you’d better not do this, y’know! You’ll get hurt, y’know? »


Comme si Seifer était le plus fort de la ville. C’est ce qu’il semble insinuer dans ses paroles. La jeune fille émet un petit rire, sans trop de paroles. La petite créature plus bas, pour sa part, me regarde avec insistance.

    « Shut up, Rai. If the girl wants a fight, she sure knocked on the right door! »


Le jeune homme prend un bâton bleuâtre qui était jadis accoté sur le mur – une ‘arme’ bien inoffensive. Je n’avais eu guère l’intention de dégainer ma Gunblade. Dans ce combat, je doute qu’elle ne soit utile d’une quelconque manière. Il pointe sa supposée arme sur moi, sourire narquois aux lèvres.

    « You’d better change your mind before I decide to break your nice little face.

    Heh. Bring it on, then! »


Il me fixe quelques instants, incrédule. Ma réponse le laisse bouche-bée. Pense-t-il vraiment que j’allais me laisser faire ainsi ? Que j’allais fuir à la dernière minute ? Pathétique. Il reprend alors ses esprits, se cabre. Je me positionne moi-même d’une manière défensive, prête à l’assaut. Il fonce donc, sans plus d’hésitation, bâton bien devant lui, à la hauteur du torse, à ma gauche. J’évite habilement son coup, parant avec mon avant-bras droit et le repoussant d’un bon coup de pression au centre du torse de ma main gauche. Une lamentation étouffée résonne alors qu’il titube, reprenant son sérieux et se retournant vers moi. J’entends le supposé ‘Rai’ émettre une exclamation de surprise, tandis que les autres regardent sans bouger. Pour ce qui est du jeune homme, il rage. Peut-être trop facilement, d’ailleurs. Sa rage ne fait que l’aveugler, l’empêcher de combattre. Voilà, maintenant, il ne risque plus de me prendre à la légère. Je souris face à son air hébété, puis déterminé. Il s’élance une nouvelle fois, arme devant, un grand cri de rage fusant de ses lèvres. J’analyse ses mouvements. Son coup latéral tente de m’avoir. Je me positionne à sa gauche rapidement, évitant de même son coup, lui assénant un coup de coude puissant dans les côtes. Il ne vacille qu’à peine, me reprend d’un coup dans le dos de ce foutu bâton. Rien de très douloureux ; je roule sur le sol pour éviter un nouveau coup et me relève d’un bond ; me retournant pour lui faire face. J’entends ses amis qui l’encouragent. Encourager à la violence, tu parles. S’il pense que je vais me laisser avoir par un simple coup de bâton… J’en ai vu des pires, oh, s’il savait, il ne ferait plus l’imbécile heureux comme maintenant. Je n’ai plus le temps de jouer ; ses enfantillages m’agacent et ses manières sont tout autant vulgaires que Snow, aux premiers abords. Je ne me laisserai plus avoir aussi facilement, me laisser distraire par mes pensées.

    « I’ve had enough of this already. »


Il s'élance une nouvelle fois vers moi, tentant de me faire perdre pied d’un violent coup de bâton ; je retiens son poignet et tourne son bras pour faire en sorte qu’il ne m’atteigne pas et je lui assène un coup de poing mémorable au visage ; mes attaches métalliques sur mes jointures seraient assez pour l’assommer. Je lâche son poignet et le laisse chavirer. Comme prévu, il se laisse choir au sol, nez en sang. Je le toise, comme découragée. Il a un certain potentiel, certes, mais rien d’assez grand pour contrer ce que nous avons vécu. Ses amis accourent, l’aident à se relever.

    « L… Let’s get out of here, man! »


Nos regards se croisent une dernière fois avant que, tel un fuyard, un chat se sauvant d'un chien, il parte sans demander son reste. J’ai l’impression que je n’aurai plus à faire à lui de sitôt ; que si nous routes se croisent à nouveau, il n’aurait plus l’audace de m’appeler ‘Pinky’ aussi… affectueusement. Je les regarde s'évanouir dans l'horizon. En un sens, c’est rassurant. Maintenant, je peux continuer. Continuer ; chercher une auberge dans ce coin, un quelconque endroit où ma sœur aurait pu aller pour se reposer. J’ai tout ce district à chercher, je ne m’arrêterai seulement quand la fatigue tombera et m’enveloppera de ses bras froids.




Je sens que quelque-chose m’échappe. Que j’oublie un truc important. Et pourtant, rien ne me revient. J’ai beau me creuser la tête, chercher au plus profond de moi-même, tout reste si flou, l’écho incessant de mes interrogations futiles demeure la seule spéculation daignée de mon esprit. Le sentiment est fort, puissant, angoissant. Il pèse sur mes épaules, poids indéchiffrable, stress insatiable. La seule détente reste toujours cette plage, les vagues qui s’échouent, le souvenir béat. Ce souvenir. N’est-ce pas la seule chose qui me reste, la seule chose à laquelle je peux me fier ? Tout me semble perdu. Tout. Même la plus petite partie d’un souvenir. Entre les derniers signes de Gran Pulse et mon réveil sur la plage. Je me souviens d’être tombée. Je me souviens du vide, du néant, du noir. De ce sentiment de noyade m’arrachant à la vie. Serait-ce tout ? Quelque-chose maque d’où je me suis éveillée. Quelque-chose se fige dans mon esprit au moment où je tente de démystifier. Je ne peux être arrivée ici sans explication… Il doit y avoir une explication. Une explication logique à tout ce qui se passe. Si non… pourquoi serais-je ici, enfermée contre mon gré dans cet endroit plus qu’étrange ?

Oui, il doit y avoir une explication.

Je ressens ce vide. Un vide intense, étrange. Une pression. Qu’une pression. Et pourtant, quelque-chose de puissant semble habiter ma pensée. C’est incompréhensible, mais que puis-je faire ? Je ne peux me permettre de rester ici et d’attendre qu’un signe quelconque me frappe. Je dois continuer. Chercher. Chercher encore, même si mes recherches se sont vues infructueuses. Je reviens une nouvelle fois du stand de boulangerie, de la farine plein les cheveux à force de faire du pain. La chaleur de l’endroit apaise quelque peu. Elle n’est pas trop chaude, juste assez pour relaxer. Et l’odeur… L’odeur, c’est tout simplement sublime. Jamais je n’aurais cru que faire du pain aurait pu avoir sur moi un effet aussi tranquillisant. Comme si, en mettant ma main à la pâte, en faisant quelque-chose, j’arrivais à canaliser mes émotions et mes craintes pour ne serait-ce qu’un moment. Comme quoi faire quelque-chose aide plus que ne rien faire, attendre que le temps passe. Et puis, le boulanger faisait bien sa part, en parlant des trucs les plus simples qu’il pouvait y avoir ici. Ça m’aide à tranquillement m’adapter, à apprendre quoi que ce soit. Ici, il n’y semble pas avoir de monstre à tuer. Les civils ne sont en aucun danger. Alors, je suis démunie de mes vraies fonctions. Un soldat à la retraite. Certes, mais un soldat avec un but ultime. Ironiquement le même d’il y a déjà quelques jours. Le but de sauver Serah. De la retrouver. Avec cette quête, j’étais certaine de ne pas me retrouver ici sans raison. J’aurai l’espoir. L’espoir de la revoir. L’espoir de savoir qu’elle va bien ; qu’aucun danger ne la guette.

J’avais pris aujourd’hui un des chemins les moins achalandés de Twilight Town ; à savoir le hall souterrain qui reliait la ville d’un bout à l’autre. Et c’est ainsi que je marchais vers les rues principales de la ville, vers Central Station et le Market Place, où j’aurais peut-être la chance de trouver Serah, une nouvelle fois. Il est plus tard dans la soirée. Qui sait, peut-être se pointera-t-elle dans les temps plus tardifs. Ce matin, je n’avais eu aucun signe ici, aucun signe nulle part. J’ai fini par tout explorer de la ville. Il me reste cette brèche. Cette brèche mystérieuse dans le mur. Celle qui semble mener à une forêt. Qui sait ce qui peut s’y cacher ?

La seule certitude que j’ai, c’est que Seifer ne viendra plus me chercher. Dans l’ensemble, ça me semble rassurant. Je ne veux pas passer pour une menace. Par contre, qu’y a-t-il de mal à vouloir défendre son droit ? Ce jeune insolent, à mon humble avis, est celui qui devrait avoir plus de manières. De là à s’autoproclamer le ‘justicier’ de cette ville et recourir à la violence par n’importe quelle manière… Se plier à ses règles pour les habitants devait être quelque-chose d’assez problématique. Je roule les yeux à ce constat, repensant par la suite à ma sœur. Serah. J’espère qu’elle n’avait pas dû passer par ces mécréants, qu’importe où elle se trouve en ce moment. Certes, il avait prouvé une certaine puissance, mais rien d’assez fort. Je suis un soldat entraîné. J’ai eu le Blazefire Saber car j’étais une des meilleures de ma division. J’étais sergent. Avant de quitter. Tout quitter pour Serah. Avant de me retrouver ici. Je fronce les sourcils, soupire.

J’aimerais tellement la serrer dans mes bras. Entendre sa voix. Quoi que ce soit. Je m’inquiète peut-être trop à son sujet. Comment pourrais-je réagir autrement ?

Je tourne un coin et monte les escaliers menant vers la surface ; je me retrouve devant la grande horloge de la station centrale de Twilight Town, là où, hier soir, rentrant à la plage, j’ai remarqué trois silhouettes noires contrastant drôlement avec l’ambiance chaleureuse de la ville, perchée en haut des chiffres étranges que je n’ai toujours pas su déchiffrer. Dans un monde où presque rien n’est digital, il est dur de s’y retrouver. Hm, je vais bien finir par y arriver. Mais cette horloge n’a rien de très conventionnel ; plusieurs cercles et des chiffres que je ne peux que deviner. Je lève les yeux une nouvelle fois sur la grande horloge, me perdant dans le vide. Ces silhouettes, des jeunes, assurément, n’ont pas peur des hauteurs. Ce soir, ils semblent absents. Je me perds dans le crépuscule constant de la ville, repense aux nuits noires. Je ressens un malaise, un vide s’intensifiant. Une douleur au niveau de la poitrine. J’imagine le ciel noir de Bodhum, le jour avant mon anniversaire. Le regard perdu dans les feux d’artifices. Les pensées sur ma sœur, à qui j’espérais le meilleur, en ce soir où tous avaient droit à un souhait. Un soir d’espoir avant le malheur.

The never-ending twilight adds to the gloominess of finding oneself so far away from home.

…Tch. J’ai presque mal de penser qu’il a raison. J’ai presque mal d’avouer une défaite face cet homme, l’homme en rouge, le Poète et ses belles paroles, ses diatribes qui n’ont que le but de manipuler. Et pourtant… Des paroles si vraies. Des paroles qui s’enfoncent telle une lame dans mon cœur pour y laisser une plaie béante. Je suis si loin de la maison ; si loin d’elle. Je baisse la tête, quelque peu confuse, peut-être trop attristée, trop inquiète. Mes chances de la retrouver baissent. C’est horrible. La nostalgie me prend, puissante, et me tue graduellement ; je la sens s’installer dans ma chair petit à petit, lentement me détruire. Je prends mon collier dans ma main, cet éclair – Lightning. Celle que je suis devenue pour oublier. Pour combattre tout ce qui oserait se mettre en travers de notre route. Je le serre, fermant les yeux. Serah… Où es-tu ?

    « Hey ! »


Je sens un doigt sur mon épaule. Une voix gamine qui m’interpelle du même geste. J’ouvre les yeux, me retourne vers l’interlocuteur avec un léger mouvement de recul. Un jeune garçon quelque peu potelé, avec un grand chandail rouge et des cheveux en bataille me regardait, un grand sourire aux lèvres. Derrière lui, deux autres gamins courent pour le rejoindre. Ils semblent tout aussi heureux, peut-être un peu confus, je ne sais trop quoi dire. La voix du plus près résonne une nouvelle fois – je porte mon attention sur lui.

    « You’re the one who kicked Seifer’s butt yesterday! »


Je fronce les sourcils. Son ton témoigne d’un certain enthousiasme face à ce qu’il vient de dire. Ses amis finissent par le rejoindre, se placent à ses côtés et me regardent d’une manière plutôt intéressée. À sa gauche, une jeune fille qui me semble douce et posée. À sa droite, un jeune homme qui a tout dans le regard pour être un combattant. Je penche légèrement la tête.

    « We saw you, but you were gone before we could even speak! Oh, you should’ve seen the face he was making after that! It was priceless! Even his friends were laughing!


    That sure teached him a lesson. »


C’était la petite qui venait de parler – preuve flagrante du régime trop strict que posait Seifer aux gens de la ville. Ce qui ne faisait qu’appuyer mon point : Il n’était rien de plus qu’un persécuteur aux yeux des autres jeunes de la ville, peut-être même des adultes.

    « Uhm…

    Well! We are glad someone finally had the guts to stand his ground before him! You know, it doesn’t really have the same effect when it comes from us…

    Yeah! That was AWESOME!

    Well…Thanks, I guess. »


Ils ont environ l’âge de Hope. Ça me rassure de voir des gamins de cet âge moins… Indisciplinés que Seifer et sa bande. Hope. Oh, j’espère qu’il va bien, qu’il n’a rien de cassé. Le pauvre. S’il est tombé ici, je crois qu’il saura se défendre. Par contre, il doit se sentir seul… Seul. Un peu comme moi. Je reprends mes esprits, mon regard se fixe sur les jeunes une nouvelle fois. Je pense trop. Je dois me concentrer. Ils me regardent toujours, grand sourire aux lèvres, sans même bouger. Comme s’ils attendaient quelque-chose. Avais-je l’air de vouloir parler ? Qu’importe.

    « Did you guys stumble on a pink-haired girl that looks a lot like me? She’s… a little shorter than I, and she’s probably wearing a school uniform… »


Ils se regardent un instant, comme pour se consulter d’un seul regard, hochant négativement de la tête par la suite. Ils me regardent d’un air de dépit. Je soupire : Ils ne l’ont pas croisé. Où peut-elle être ?

    « You look worried. Is there something wrong? »


C’est la brunette. Elle a approché d’un pas et tend une main vers moi, comme pour me soutenir. Je suis tellement inquiète que ça doit se sentir à des milles. Tss. L’homme en rouge se révèle stupide de ses déductions. Les gens, ici, semblent avoir une certaine confiance aux étrangers. Ceux-là pris en exemple. Pire que des agneaux ! J’aurais honte de dire qu’ils s’attaqueraient à moi ou à un intrus potentiel, pacifique.

    « I… I am. I’ve been searching for her for quite a while, now. »


La ville en elle-même paraît fermée. Les inconnus sont donc rares – mais les gens, de leur style de vie plutôt pacifique, ne semblent pas les craindre. Ce qui est, dans un certain sens, bien étrange. Du moins, ça me rassure – dans l’optique certaine que je n’ai pas à me cacher du monde et que je peux révéler, non en détails, que je suis d’ailleurs. Ce qui doit être tout de même assez évident pour une ville où tous semblent se connaître de près ou de loin. Du coup… Il me paraît presque naturel de raconter que je viens d’ailleurs.

    « You see… We’re not from around here. I fear that she didn’t find any place to stay since there are no inns here… »


Ils m’écoutent tous avec une grande attention. C’en est presque déboussolant.

    « Is there… Any place she could’ve found to stay? I mean, there must be some place that can work as a shelter… »


Les trois se regardent, comme connectés, avec un regard presque effrayé.

    « Well… »


Leurs regards pèsent sur ma conscience. Quelque-chose cloche. Ou enfin…

    « There IS a place, but…

    … What?

    ...Uhm…

    The old mansion! »


Le jeune homme me regarde, un grand sourire aux lèvres. Toujours bien enthousiaste, il continue dans sa lancée, comme si ce sujet l’intéressait depuis un bout de temps.

    « There’s an old mansion in the forest close to Market Street! People say it’s haunted! »


Un vieux manoir délabré… Je n’ai jamais vu quelque-chose dans le genre. Je peux imaginer une des grandes maisons de Cocoon, abandonnée. Ce devait être semblable… Semblable, dans le style de cette cité. Ou peut-être dans le style d’Oerba… Je ne sais pas trop. Qu’importe – une maison qui pourrait accueillir une âme en détresse.

    « Haunted, huh? »


Mon regard se tourne vers la forêt ; quelque peu visible à partir de la station ; celle-ci étant plus élevée par rapport au reste de la ville.

    « No one has lived there in years. »


Serah pourrait bien y avoir trouvé refuge. Loin de la population – peut-être se sentait-elle persécutée par les différences de ce monde… Ce doit être un bon endroit pour passer inaperçu. Si j’avais su. Je me retourne vers les jeunes, leur esquisse un sourire de remerciement.

    « Thanks. I’ll go take a look. You’ve been a big help. I owe you. »


La jeune fille croise ses mains, me regarde avec un sourire. Le jeune homme enthousiaste me donne un sourire, tandis que l’autre pose ses mains sur ses hanches. Je hoche la tête, m’apprête à partir. Cependant, je m’arrête, prise d’une pensée.

    « Hey. You guys mind telling me your names? »


Ils me sourient.

    « I’m Pence!

    Olette.

    Hayner. What about you?

    Hmph. People know me as Lightning.

    Pleasure to meet you.

    Yeah!

    If you guys ever see that girl I’ve told you about… Tell her I’m searching for her. Her name is Serah.

    Will do!

    No worries!

    Thanks. Hope we can meet again, soon enough.

    Good luck! »


Je me retourne complètement, leur donnant un bref mouvement de main ; sûrement les reverrais-je très bientôt. D’une certaine manière, ces jeunes me font penser un peu à Hope; à Serah. Maintenant, je dois investiguer sur ce manoir supposément hanté. Serah… J’espère que tu y es.



Wouloulou ♥
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Lightning

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